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Archive pour février 2009

Jodhpur, la ville bleue

Mardi 24 février 2009

21-22/02/09

Une nouvelle longue journée de route nous attend entre Jaïsalmer et Jodhpur, ce qui ne me dérange pas trop étant donné que ma nuit sous les étoiles ne fut pas très reposante (le ciel était certes splendide, mais le lit très inconfortable).

L’impressionnante forteresse de Mehrangarh surplombe la ville bleue. Nous ne sommes pas mécontents d’avoir rallongé notre séjour ici car les lieux à visiter ne manquent pas. La journée commence par la visite du fort qui s’étend sur une colline haute de 125 mètres. Pour y parvenir nous progressons à travers d’étroites ruelles dont la plupart des maisons sont peintes en bleu pâle. Jadis seules les maisons des brahmanes, les prêtres hindous, étaient de cette couleur, mais aujourd’hui tout le monde peut utiliser cette couleur qui a le mérite de repousser les insectes.

Plus on approche du fort et plus les remparts nous semblent infranchissables ; il a été construit en épousant les contours de la colline ce qui rend l’assaut très difficile. Parmi les sept portes qu’il compte plusieurs sont précédées par des couloirs en angle droit ce qui empêchait les assaillants d’utiliser les charges d’éléphants pour les enfoncer. En fait le fort de Mehrangarh, fondé au milieu du XVème siècle n’a jamais été pris. A l’intérieur on retrouve une succession de cours et de palais typiques de l’architecture rajput. Toutes les salles sont richement décorées. Nous avons opté pour une visite avec audioguide et nous ne sommes pas déçus car cela nous permet d’obtenir énormément d’infos et anecdotes sur l’histoire de la cité. Par exemple (attention amis scatologues – et je sais que vous êtes nombreux à me lire – cette digression vous est dédiée) le maharadja actuel nous explique que lorsqu’il a pris possession du fort (lors de son passage à l’âge adulte), il était alors inhabité depuis de longues décennies ; seuls des oiseaux et des chauves souris l’occupaient. Les sols étaient jonchés de fientes d’animaux, et ce sont ces déjections qui offrirent à l’association de conservation du fort ses premiers revenus car les paysans de la région les utilisent comme engrais.

fort-de-merangarh

La journée se poursuit avec la visite du Baswant Thada, très beau mémorial de marbre blanc, et celle de l’immense palais Umaid Bhawan (l’un des plus vastes au monde), dont la construction démarrée en 1929 dura 15 ans et nécessita l’emploi de 3000 ouvriers ; il s’agissait en fait d’une mesure économique pour affronter la terrible sécheresse qui faisait alors rage. Les descendants du maharadja occupent encore une partie du palais tandis qu’une autre partie a été aménagée en hôtel de luxe. Un petit musée relate les étapes de la construction du palais et expose quelques objets appartenant au maharadja.

jaswant-thada-memorial


L’anecdote ‘découverte culturelle’ de la journée : bon, elle n’est peut être plus vraiment d’actualité (quoique, vu la coquetterie des indiennes, il y a de quoi se poser des questions…). Lors de la visite guidée du fort nous avons appris que les maharani (épouses du maharadja) observaient un rituel de 16 gestes de beauté avant de s’offrir au maharadja ; parmi eux, le coiffage, l’application de henné sur les mains et la plante des pieds, les bracelets au poignets et chevilles, le maquillage des yeux et de la bouche, les clous de girofle croqués pour avoir bonne haleine, le parfum etc… bonjour la spontanéité ! « tu viens chérie ? euh pas maintenant, je n’en suis qu’à la moitié… ».

Le fort de Jaïsalmer, mirage dans le désert du Thar

Mardi 24 février 2009

Jaïsalmer ‘la Cité dorée’, et le désert du Thar 19-20/02/09

La route entre Bikaner et Jaïsalmer est longue et le paysage ne change pas vraiment, si ce n’est que les militaires se font de plus en plus présents (nous nous rapprochons de la frontière pakistanaise).

Kumar, en bon chauffeur soucieux du confort de ses clients, continue à suivre les recommandations de son patron et nous dépose pour le déjeuner dans un ‘restoroute’ bourré de touristes où les prix sont de trois à cinq fois plus chers que la normale ; dépités, nous commandons des sandwichs au poulet et fromage qui ne ressemblent à rien et qui nous coûtent pourtant le double de ce que nous nous permettons habituellement pour manger. De retour à la voiture nous expliquons une fois de plus à Kumar que cela ne nous convient pas et que dorénavant nous mangerons au même endroit que lui ; il n’a pas l’air convaincu mais nous promet de ne plus nous emmener dans les ‘parcs à touristes’.

Nous reprenons la route et apercevons enfin le fort de Jaïsalmer. De près il évoque un immense château de sable avec ses 99 bastions ronds. Au pied des remparts, la ville s’étend sous forme de ruelles étroites bordées de boutiques destinées à attirer l’attention des visiteurs. Le bruit y est souvent assourdissant et la circulation difficile ; les motos, tuk tuk, vélos ne font guère attention aux piétons et se contentent de klaxonner avant de vous frôler à toute allure. Les vaches sont partout, paisibles et insouciantes, elles broutent tout ce qu’elle trouve et errent comme bon leur semble.

la-forteresse-de-jaisalmer

Une fois nos affaires déposées à l’hôtel, nous allons faire un tour dans le fort ; celui-ci regorge de boutiques artisanales et havelis plus beaux les uns que les autres. Chaque commerçant interpelle les touristes en leur demandant de quel pays ils sont originaires pour ensuite leur souhaiter la bienvenue dans leur langue, une stratégie marchande qui se montre relativement efficace.

Je suis choquée de voir le nombre d’hôtels et guest house à l’intérieur du fort ; j’ai en effet lu dans notre guide que la citadelle fait partie des 100 monuments les plus menacés au monde. Elle est très ancienne (elle fut fondée en 1156) et n’est pas prévue pour abriter autant de personnes et actiivtés ; son système d’écoulement des eaux n’est pas adapté et entraîne l’affaissement progressif des bastions. Je ne comprend pas pourquoi l’office du tourisme autorise ce genre d’abus. Peut être que l’appât du gain immédiat prime sur la conservation d’un monument historique d’une grande beauté ; si tel est le cas c’est vraiment dommage.

Le lendemain matin nous poursuivons notre visite de la vieille ville, qui me fait un peu penser à l’ambiance d’’Ali Baba et les 40 voleurs’. On se croirait presque davantage en Afrique du Nord qu’en Inde. Nous rencontrons quelques curiosités typiques de ce pays comme les fabricants de marionnettes colorées et des hommes en turban déroulant leurs moustaches interminables.

Notre visite de la ville prend fin vers midi car nous devons nous préparer pour un petit safari à dos de chameau. Ce n’est pas une nouveauté pour nous qui en avons déjà fait lors de notre mission au Tchad, mais l’expérience est globalement plaisante ; le chameau (il s’agit en fait de dromadaire) n’est certes pas le moyen de locomotion le plus confortable, mais les quelques dunes de sable que nous rencontrons en chemin, et surtout la nuit à la belle étoile sous une voûte céleste absolument magique (blottis sous de grosses couvertures car il fait frais la nuit dans le désert !!) resteront des moments forts de notre séjour au Rajasthan.

un-moment-de-detente2

Info ‘découverte culturelle’ du jour : depuis notre arrivée en Inde nous croisons régulièrement de drôle de convois, très colorés et agrémentés d’un char et d’une fanfare. Il s’agit en fait d’un mariage. Les mariés sont généralement relativement jeunes (15-16 ans, parfois moins pour les familles les plus pauvres). La mariée est habillée d’un sari rouge richement brodée, et elle est couverte de parures de bijoux. Le marié est en costume blanc, porte une épée et revêt également un beau chapeau ressemblant à un turban orné de perles et de plumes. Il monte souvent un cheval également paré pour l’occasion. Les deux familles fêtent le mariage séparément et en grandes pompes (fanfares, danses, feux d’artifice…) puis les mariés se retrouvent le lendemain pour la cérémonie officielle.

Départ pour le Rajasthan

Vendredi 20 février 2009

Sur la route des caravanes, des princesses et des Maharadjas 17-18/02/09

6 heures du matin ; c’est l’heure de vérité. Nous allons avoir une première indication de la fiabilité de l’agence de voyage par laquelle nous sommes passés pour organiser notre séjour au Rajasthan.
Nous poussons la porte de notre hôtel, les yeux encore plein de sommeil, et c’est le soulagement : Kumar, notre chauffeur est là. 200km nous séparent de notre première étape, mais les routes sont en mauvais état et notre vitesse moyenne est d’environ 45km/h donc nous avons largement le temps de profiter du paysage. La sortie de New Delhi ne présente aucun intérêt, mais très vite nous traversons des paysages de campagne, où la verdure se fait de plus en plus rare ; pas de doute nous sommes bien en direction du désert.

Tout se passe bien avec Kumar qui n’hésite pas à nous faire part de ses connaissances sur la région dans un anglais moyen et avec un fort accent (Bertrand le comprend presque mieux que moi !). Le seul souci est qu’il se préoccupe beaucoup (trop) de la santé de nos estomacs et refusent de nous laisser manger n’importe où. Il nous a même montré la photo d’une ancienne cliente clouée sur un lit d’hôpital ; nous avons beau lui expliquer que nous venons d’Afrique et que nos estomacs sont sûrement un peu plus tolérants que la normale, il n’y a rien à faire il préfère tourner pendant une demi heure à la recherche du seul restaurant de la ville plutôt que de nous laisser manger dans un boui boui sur le bord de la route. Du coup on se retrouve dans des ‘pièges à touristes’ qui ne sont pas forcément de notre goût, mais cela nous permet aussi d’avoir de bonnes surprises comme aujourd’hui où au lieu de manger dans la cantine d’un temple qu’il nous avait recommandée, nous nous sommes retrouvés dans la salle de prière principale en plein milieu de ‘l’office’. Tintements des cloches, roulement de tambour, encens, colliers de fleurs…un moment magique supplémentaire imprimé dans nos esprits !
Ce somptueux temple vert et rose, le Rani Sati Temple est dédié à la déesse des marchands, une veuve qui pratiqua le suicide rituel (sati) sur le bûcher funéraire de son mari en en 1595.

rani-sati-temple

La région que nous traversons ces premiers jours s’appelle le Sekhawati ; elle est célèbre pour ses Haveli, des maisons qui appartenaient jadis à de riches marchands (nous sommes sur une ancienne route de caravanes) et dont les façades sont richement peintes et sculptées. La plupart sont en assez mauvais état mais on ne se lasse pas de les observer à la recherche du moindre détail ; ainsi les scènes de guerre et de chasse sont monnaies courantes, tout comme les représentations des déités les plus populaires (Vishnu et Ganesh) ; on y a même trouvé quelques représentations du Kama Sutra !

L’hôtel que nous avons choisi à Mandawa est fabuleux ; il est entièrement (façades, coursives, chambres) recouvert de peintures très colorées et un peu naïves. Nous souhaitons aller faire un tour en ‘ville’ et c’est le début d’une nouvelle belle ‘galère’. Le gérant de l’hôtel qui nous a vus sortir nous envoie un jeune homme qui parle couramment français et qui pourra nous guider à travers les rues étroites de la cité. Il nous trimbale au pas de course sur un itinéraire prédéterminé qui nous fait passer chez tous ses amis commerçants. On entre même dans des havelis qui sont habités (c’est un peu gênant), dont les propriétaires nous présentent toutes sortes de bibelots à acheter. Je me suis faite bousculée par une femme en sari qui en profite pour me coller une pastille rouge sur le front et réclamer une photo ; il faudra donner un backshich évidemment…

conversion expresse

Enfin nous sommes accueillis par un homme charmant qui nous entraîne dans sa boutique d’artisanat et qui commence à nous déballer une vingtaine de tapisseries en nous expliquant qu’elles sont faites par les femmes de sa famille. Nous nous sentons quasiment ‘obligés’ de lui prendre quelque chose et nous ressortons de chez lui après avoir dépensé un peu plus de 10€ pour un objet que nous n’aimons pas tant que ça ! A l’avenir il nous faudra être un peu plus ferme. Tout cela est un peu frustrant pour moi, car je n’aime pas avoir à être sèche avec les gens, mais je crains qu’ici je n’aurai guère le choix si je veux un peu de tranquillité.
Résultat : après une petite heure de visite, on a dépensé 15€ pour des choses qu’on n’avait pas l’intention de faire…les Indiens sont très forts !!

Tout cela est vite oublié quand nous rentrons à l’hôtel et découvrons que l’eau chaude promise par le Lonely Planet est bien réelle ; la soirée se termine en beauté par une bon dîner sur le toit-terrasse de l’hôtel.

L’anecdote ‘découverte culturelle’ du jour : quand un indien secoue la tête de gauche à droite, il veut dire « OUI » ; à l’entrée du temple, nous avons demandé à un garde si nous pouvions entrer ; il secouait la tête et disait ‘you can go’ en même temps. Avec l’accent pas évident de faire la distinction entre you can, et you can’t…nous sommes restés plusieurs secondes sans savoir quoi faire avant de comprendre que nous pouvions pénétrer dans le bâtiment.

Le lendemain matin nous poursuivons notre route en direction de l’ouest et les paysages se font de plus en plus désertiques. Les villages le long de la route sont des mélanges de maisons en dur et de ‘toukouls’ (terme africain désignant des huttes rondes en paille et terre ou torchis recouvertes de chaux). Nous rencontrons aussi quelques antilopes.

Avant d’arriver dans la ville de notre seconde étape, nous faisons un détour par Deshnok, où se trouve un des temples les plus étranges du pays. J’imagine que plusieurs d’entre vous auraient eu du mal à y mettre les pieds. En effet, le Karni Mata Temple est dédié aux…rats. Les rats y prolifèrent par centaines ; ce sont certainement les rongeurs les plus heureux de la terre car ils sont copieusement nourris et sont vénérés par les fidèles qui viennent parfois de loin pour leur faire des offrandes. Certains visiteurs s’installent par terre et partagent leur repas avec les rats ; j’avoue que je préfère rester au centre des pièces car les rats restent essentiellement le long des murs. On m’explique que si je vois un rat blanc ou si un rat me trottine sur le pied c’est un signe de grande chance, mais honnêtement je m’en passerai ; être pied nu dans ce temple couvert de déjections animales me suffit amplement !!
Ceci étant dit le temple en lui-même est très beau et cette expérience pour le moins étonnante valait le coup.

les-rats-sacres-du-karni-mata-temple

Nous arrivons à Bikaner en début d’après midi. L’intérêt principal de cette ville réside en son impressionnant fort de grès rouge et marbre construit par un maharadja très féru d’art. Tous les murs des pièces (y compris les plafonds) sont richement décorés et la visite est très bien organisée. Puis nous abandonnons Kumar pour profiter de la vieille ville, véritable labyrinthe de rues étroites où s’entassent une multitude de boutiques. Nous visitons un merveilleux temple jaïn (le jaïnisme fut fondé au VIème siècle av JC par un contemporain du Bouddha, en réaction au système des castes et aux rites de l’hindouisme ; la juste conduite est essentielle et la non violence en pensée comme en actes en est l’un des fondements) et déambulons pendant quelques heures volant par ci par là quelques instants de la vie quotidienne des habitants de la ville et de ses artisans. C’est ainsi que nous entendons voyager, en nous imprégnant au maximum de la culture ; les grands complexes hôteliers tout confort mais généralement loin de cette réalité certes parfois difficile à supporter mais tellement vivante ne nous intéressent pas.

salle-daudience-au-fort-de-bikaner

Un bon repas, une douche tiède, et un matelas douillet…la vie est belle !

Quelques infos culturelles : nous avons demandé à notre chauffeur s’il existe un salaire minimum en inde ; c’est sûrement le cas d’un point de vue légal, mais c’est rarement appliqué. Kumar gagne 5000 INR (pour rappel 1€ = 61 INR) ; il paie son loyer mensuel 3000 INR, et l’école de sa fille lui revient à 300 INR par mois. Le reste lui suffit tout juste à ses frais personnels quotidiens et à faire vivre sa famille (6 personnes) restée au village dans le nord ouest du pays.

Un lundi à Delhi

Vendredi 20 février 2009

Un lundi à Delhi 16/02/09

Ce matin nous poursuivons notre quête de l’office du tourisme et l’abandonnons définitivement après avoir été guidés vers un énième soit-disant bureau officiel. Ce coup-ci l’agent s’est montré attentif à nos attentes et nous optons pour une location de voiture avec chauffeur pour 15 jours. Pas de réservation d’hôtel ou de visites farfelues, nous voulons choisir nous-mêmes nos destinations et visites. Départ prévu demain matin. Nous espérons ainsi gagner du temps (le faire en solo avec trajets en train et bus semble un peu compliqué), et rallonger notre séjour au Népal/Tibet.

Une fois cette étape terminée, nous pouvons à nouveau profiter de la capitale, sauf que…l’essentiel des sites touristiques est fermé le lundi. Pas de chance !
Après vérification dans notre bible qu’est le guide Lonely Planet, nous identifions quelques lieux dignes d’intérêt et organisons notre itinéraire pour l’après midi. Nous effectuons notre baptème de tuk tuk (moyen de transport typiquement indien qui consiste en un triporteur équipé d’un moteur à 2 tempes et couvert d’une capote en toile, aussi appelé auto-rickshaw) qui nous dépose devant un superbe arc (india gate) commémorant les soldats indiens morts pendant la première guerre mondiale (et oui ils étaient présents en France et dans les Flandres !). De là part la Voie Royale qui nous mène tout droit aux Ministères, Parlement et Résidence du Président de la République. La perspective est magnifique. Ces sites sont essentiellement fréquentés par des nationaux, et on nous demande de prendre la pause à plusieurs reprises.

Nous profitons de la douceur de la fin d’après midi dans les jardins fleuris de Talkatora, repaire des jeunes couples d’amoureux timides. Enfin, sur le chemin du retour nous procédons à notre second baptème de la journée, et pas des moindres, puisqu’il s’agit de notre première visite d’un temple hindou. Nous faisons tout le nécessaire pour respecter les fidèles qui sont en train de se recuueillir dans les nombreuses salles (pas de chaussures, pas de photos…), mais je me sens tout de même assez mal à l’aise car j’ai peur de les déranger dans leurs prières et méditations. Mon mal aise ne semble pas du tout partagé par les indiens, et la beauté du site me le fait vite oublier. Comment vous décrire la chose ? tout l’intérieur est très coloré, décoré de façon à la fois kitch (trop chargé et ça brille de partout) et remarquablement simple (des fleurs, des fresques, des cloches, de l’encens…). Tous les fidèles se présentent avec des offrandes et certains se prosternent devant les idoles. C’est un endroit magique et paisible, parfait pour terminer notre seconde journée en Inde.

Je termine avec l’anecdote ‘découverte culturelle’ du jour : Bertrand confirme que l’Inde est le pays du thé…et seulement du thé. Accro au café, il savait qu’il débarquait en terre hostile. Il fait de gros efforts et accepte le tchai qu’on nous propose à longueur de journée. Au restaurant il n’a pu cacher sa joie lorsqu’il a vu ‘café’ sur la carte, mais quelle ne fut pas sa déception lorsqu’on lui amena un café bien noyé dans du lait ! Pas découragé pour 2 sous, il insiste car il avait vu dans le hall d’entrée de notre hôtel une machine à café ; pas de choix particulier il n’y a qu’un bouton, mais là encore le café qui en sort est bien clair…Tout comme j’ai tiré une croix sur les glaces en Afrique, je crains bien qu’il ne doive se passer de son carburant quotidien pour les mois à venir…courage bibi !

Premiers pas sur le sous continent indien

Vendredi 20 février 2009

Acclimatation progressive 14-15/02/09

Nous avons goûté à l’Inde avant même d’y avoir mis les pieds. En effet, la veille de notre départ nous avons organisé un petit dîner ‘exotique’ pour ma famille. Au menu, des plats typiques des différents continents que nous allons visiter: Des tacos et du guacamole en entrée, une petite soupe thaî et un poulet au curry. A priori rien d’extraordinaire mais je peux vous assurer que ces quelques mets nous ont donné du fil à retordre en cuisine !! Je pense pouvoir dire qu’on ne s’en est pas trop mal sorti, mais Bertrand a tout de même conclu la soirée par un “laissons la cuisine indienne aux Indiens” convaincu… J’espère que personne n’a été malade pendant la nuit.

Deuxième étape de notre immersion, tout à fait fortuite celle-ci: nous sommes arrivés à l’aéroport de London Heathrow en même temps qu’un vol en provenance d’Inde. En sortant des toilettes voilà que je me suis retrouvée au milieu d’une foule de femmes en saris multicolores; c’était à la fois très beau et très dépaysant.

Et puis il y a eu le fameux plateau repas à bord de l’avion: et bien je dois avouer que bien que nous trouvant sur un vol anglais, la nourriture fut très bonne. Nous avons d’ailleurs eu droit à….du poulet au curry (le nôtre n’était pas moins bon), le premier d’une longue série j’imagine.

L’anecdote ‘découverte culturelle’ du jour: sur le plateau repas, nous avons trouvé pas moins de 3 sauces différentes présentées dans des petits pots, et nous n’avions aucune idée de ce avec quoi il fallait les manger…Bertrand a été plus courageux que moi et les a toutes mélangées avec le poulet. verdict : c’était bon. De manière générale, un de nos défis pour ce voyage sera d’apprendre à reconnaître et nommer les plats et spécialités que nous rencontrerons.  Articles culinaires à suivre…

L’arrivée s’est faite, contrairement à d’autres voyageurs malchanceux, tout en douceur. Un des agents de notre hôtel était présent à l’aéroport avec une pancarte à mon nom, et une superbe voiture (il s’agit certainement d’un modèle bas de gamme ici mais son look rétro nous a beaucoup plu). Nous avons tant bien que mal circulé dans un épais et froid brouillard  (pas de marquage au sol, des voitures et autres engins non identifiés dans tous les sens, des travaux à tous les coins de rue - signalés par des guirlandes clignotantes de Noël) et sommes arrivés vers 6h30 du matin à notre hôtel (dont l’entrée de la ruelle abrite une pissotière, mais à cette heure matinale et après un long voyage, cela nous a à peine interpelé).

Premières impressions

Nos premiers ’souvenirs’ d’Inde seront olfactifs. Ici, à chaque pas c’est une nouvelle odeur qui vous accompagne; malheureusement il ne s’agit pas que de bonnes effluves!  La ruelle de notre hôtel est un bon exemple car juste à côté de la ‘fameuse’ pissotière se trouve un stand de brochettes et ensuite un marchand d’encens, bref nos nez ont du mal à suivre. Ce qui est chouette, c’est qu’au moment où on identifie une mauvaise odeur, la suivante, qui peut être bien meilleure est déjà à portée de nos narines!

Nous étions tellement fatigués en arrivant que nous nous sommes immédiatement couchés pour récupérer un peu de sommeil. Réveillés vers midi, nous quittons l’hôtel et partons à la découverte de la rue animée de Main Bazaar. Le quartier est très vivant et coloré; les boutiques sont collées les unes aux autres et proposent quasiment les mêmes articles. Nous ne pouvons pas faire trois pas sans être accostés; on nous propose tout et n’importe quoi mais la rue est surtout sillonnée par des rabatteurs d’agences de voyage qui cherchent des clients pour organiser des séjours dans les états voisins de la capitale, le Rajasthan étant le plus couru.
L’extrême serviabilité des gens est surprenante ; nombreux sont ceux qui se soucient de nous et souhaitent nous aider à trouver ce que nous cherchons (même si nous ne cherchons rien de particulier). Ils insistent même pour nous accompagner jusqu’au lieu conseillé (de peur qu’un autre nous harponne ?! impossible à confirmer mais j’ai ce drôle de sentiment de ne plus rien maîtriser ; je suis comme une marionnette qui fait ce qu’on lui dit.)

L’après midi nous perdons 2 heures dans des soit-disant offices du tourisme à essayer d’obtenir des infos sur les moyens de transport existants pour visiter le Rajasthan ; nous n’aurons rien que des propositions de ‘package’ complet (2 semaines, avec voiture, chauffeur, logement…) qui ne nous intéressent guère.
Le repas du soir sur un toit-terrasse de Main Bazaar est plus que bienvenu, et nous permet de faire connaissance avec l’ambiance ‘by night’ du quartier, et notamment les nombreuses vaches qui zigzaguent entre les voitures et les motos, et vont ‘brouter’ les montagnes d’ordures dispersées ici et là. Je commence à comprendre pourquoi ils sont tous végétariens ici !

Dans nos sacs il y a…

Jeudi 12 février 2009

Dans nos sacs, il y a…

tout ce qu’il faut pour avaler les kilomètres: une paire de chaussures de randonnée (montantes), une paire de basket (pour marché en ville, en forêt…), une paire de tatanes, un petit sac à dos (10-15L), 2 paires de chaussettes de randonnée, 6 paires de chaussettes de sport, une poche à eau de 2L,

tout ce qu’il faut pour passer les frontières sans problème: un passeport tout beau tout neuf, un visa pour l’Inde, 13 billets d’avions (par personne), un permis de conduire international,

tout ce qu’il faut pour rester présentable: 2 pantalons ‘2en1′ (qui font short), 2 pantalons de ville (type jean ou toile), 8 Tshirts (manches courtes et longues), des débardeurs, des sous vêtements,

tout ce qu’il faut pour affronter les grands froids himalayen et andin:
une veste polaire, une veste coupe vent, un bonnet qui fait également tour de cou en laine polaire, des sous vêtements Odlo pour rester bien au chaud, 2 Tshirts manches longues, des chaufferettes, des gants

…et les plages de sable fin: un maillot de bain, un pagne, des lunettes de soleil, nos carnets de plongée sous marine,

tout ce qu’il faut pour bien dormir n’importe où: une petite tente et deux sacs de couchage, un sac à viande en soie, des boules quiès, deux lampes frontales,

tout ce qu’il faut pour rester propre:
une trousse de toilette (gel douche, shampooing, brosse à dents et dentifrice, crème hydratante visage et corps, crème pour les mains, pince à épiler, coupe ongles, peigne, élastiques…), deux serviettes ultra absorbantes,

tout ce qu’il faut pour soigner d’éventuels petits bobos/maux:
Dafalgan, Monuril, spray antiseptique et pansements, Spasfon, Smecta, Aspegic, Homéoplasmine, Arnica + du collyre et du spray anti-moustiques,

tout ce qu’il faut pour parer aux grosses grosses galères (à éviter bien évidemment): une assurance/assistance VIA international pour les grosses galères de la vie de tous les jours, une assurance/assistance Vieux Campeur pour les grosses galères sportives

tout ce qu’il faut pour vous rendre jaloux (ou plutôt pour vous donner envie de nous rejoindre en cours de route!): appareil photo réflex numérique avec objectif 18-200 et disque dur externe pour que Bibi fasse des centaine de superbes photos, netbook pour alimenter régulièrement ce blog

tout ce qu’il faut pour passer le temps dans les transports en commun: un petit carnet Moleskine pour saisir l’inspiration au moment où elle frappe, un Ipod (chacun), un jeu de carte et des dés, des guides touristiques

Au final, le sac de Nounoune pèse 13kg, et celui de Bibi accuse une quinzaine de kg.

Pourquoi partir ?

Jeudi 12 février 2009

Pourquoi partir ?
Parce que c’est un de nos plus vieux rêve.
Parce qu’on a tous les deux la bougeotte.
Parce que les voyages et découvertes font partie de notre vie depuis de longues années et qu’on a encore beaucoup de choses à voir.
Parce que nous avons la chance de compter parmi nos amis très chers un couple de globetrotters dont les récits et les photos nous ont toujours inspirés; un grand merci à Xavier et Anna pour leurs conseils !

Pourquoi maintenant ?
Parce qu’on n’a plus 20 ans,
qu’on n’a ni maison, ni enfant,
et qu’on ne le ferait plus de la même façon dans 5 ou 10 ans,
bref, c’est maintenant ou jamais.

Pourquoi l’Asie et l’Amérique Latine ?
Parce qu’après plus de 6 années passées à sillonner le continent africain, on s’est dit qu’il était peut être temps d’aller voir ce qui se passe ailleurs.

Pourquoi 10 mois ?
Parce que moins, c’est trop court, et plus, c’est trop cher.

Introduction : Des rêves

Mercredi 11 février 2009

Des rêves, tout le monde en a; la plupart sont condamnés à demeurer à l’état de chimères, tandis que d’autres peuvent être amenés à se réaliser.
Je m’estime pour ma part excessivement chanceuse, car si je fais le bilan des trente dernières années je me rends compte que j’ai vécu bon nombre de mes rêves (j’avoue que je suis tout de même généralement restée dans le domaine du réalisable; il n’était aucunement question d’épouser un riche, jeune et beau prince ou de devenir Miss Univers). J’ai ainsi pu consacrer une bonne partie de ma jeunesse à des activités extra scolaires qui me passionnaient (danse et théâtre); j’ai été l’heureuse propriétaire d’un scooter puis d’une moto (à chaque âge ses rêves !); j’ai vécu le rêve américain sous toute ses formes (études dans une prestigieuse université, road trip à travers tout le pays, american standard of living pendant plusieurs années…); et je vis un de mes plus beaux songes depuis maintenant presque 6 années, à travailler sur ce merveilleux continent qu’est l’Afrique.

Certains pourraient penser qu’à force de vivre ses rêves on finit par en épuiser la réserve, ou on vient à manquer d’inspiration. Que nenni ! La preuve avec ce mail que je vous envoie afin de vous informer que je m’apprête à expérimenter un nouveau rêve en 2009. Je vais en effet partir à la découverte de notre planète pendant 10 mois. Un petit tour du monde qui me permettra d’explorer des régions que je ne connais jusqu’à présent qu’à travers des livres ou des films. Je crois que l’envie de faire un tel voyage existait depuis longtemps, sans avoir vraiment trouvé le bon moment pour ‘bourgeonner’; elle a été momentanément détrônée par des rêves immobiliers mais ces derniers ne s’étant pas (encore) concrétisés, c’est tout naturellement qu’elle a repris le devant de la scène pour finalement prospérer. Tous les ingrédients sont désormais rassemblés pour que ce rêve devienne réalité. J’ai en effet trouvé LE compagnon de voyage idéal (aucun doute là-dessus, nous avons même déjà testé sans encombre la promiscuité extrême 24/24 lors de notre séjour à Madagascar), et mon compte bancaire a atteint un niveau suffisamment confortable pour que je puisse me lancer dans cette grande aventure.

Alors voilà, j’espère que ce message est le premier d’une longue série. J’ai en effet la ferme intention de partager avec vous un maximum de ces 305 jours autour du monde, et également ses étapes préliminaires. Pour l’heure nous en sommes encore aux préparatifs, mais je peux déjà vous dire que le départ est prévu depuis mon alsace natale pour le 14 février 2009, et le retour devrait se faire autour du 15 décembre de la même année. Entre temps nos pérégrinations devraient nous transporter d’Est en Ouest à travers l’Asie du Sud Est, le Pacifique et l’Amérique Latine. Plus précisément notre itinéraire se compose comme suit:
Inde du Nord – Népal – Tibet – Thaïlande – Laos – Vietnam – Cambodge – Indonésie – Australie (seulement quelques jours à Sydney) – Polynésie Française – Chili (en commençant par la mythique Île de Pâques) – Bolivie – Pérou – Brésil – Argentine.

Si l’une de ces destinations vous tentent, sachez que nous serions ravis de vous y retrouver !