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Archive pour mars 2009

Loin des sentiers battus, Orchha et ses palais cachés

Vendredi 20 mars 2009

09-11/03/09

Relativement peu visitée, la petite cité d’Orchha n’est pas vraiment facile d’accès. Nous passons donc la journée du 09 mars dans les transports. Un long voyage d’une dizaine d’heures de train que j’appréhende particulièrement étant donné mes récents problèmes intestinaux ; et bien finalement sachez que tout s’est bien passé, le régime coca-riz blanc ayant été une fois de plus des plus efficaces ! Cette fois-ci nous voyageons en classe moyenne, tout de suite après ce que Bibi appelle les ‘bétaillères’. Le wagon n’est pas propre, le bruit et les odeurs sont loin d’être plaisants, et les vendeurs monopolisent les allées ce qui rend la ‘circulation’ difficile. L’agent qui nous a vendu les billets s’est par ailleurs trompé dans les horaires et nous arrivons à Jhansi à 21h15 au lieu des 19h30 initialement annoncés ; nous trouvons tout de même un tuk tuk pour nous amener à Orchha, à une trentaine de minutes de là.

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Orchha est un de nos coups de cœur de ce voyage ; la petite cité tranquille compte une dizaine de véritables merveilles, et l’atmosphère générale y est particulièrement paisible et conviviale.

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Un îlot fortifié abrite trois magnifiques palais, un jardin d’apparât moghol, des bains turcs et une écurie à chameaux (soit disant la seule du pays, mais les guides ne sont en fait pas si certains de l’usage qui était fait de ce batiment à l’époque…). De l’autre côté du canal se dressent trois temples dont deux sont aujourd’hui malheureusement laissés à l’abandon, alors que certaines de leurs salles sont ornées de superbes peintures très bien conservées ; sous nos yeux ébahis se déroulent des scènes de guerre et de chasse très vivantes. Le troisième temple était initlalement un palais, mais fut proclamé lieu saint lorsqu’une effigie de Rama provisoirement installée dans les lieux s’avéra impossible à déplacer. Rama y est vénéré comme un roi.

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Tout au long de la journée nous sommes surpris de voir les étales des commerçants se remplir de plateaux de poudres colorées. A la pause déjeuner, on nous explique le lendemain est un jour férié très important dans tout le nord de l’Inde ; il s’agit de la fête de Holi, ou fête des couleurs, qui marque la fin de l’hiver et l’arrivée du printemps (ils ne sont pas un peu en avance ?). A cette occasion, tout le monde se congratule et se couvre de peinture de la tête aux pieds. Nous sommes curieux de voir cela et décidons de rester un jour de plus à Orchha. Prudents, nous passons au marché pour acheter quelques vêtments de seconde main qui ne craindront pas les colorants (après tout on ne sait pas trop si les couleurs partent au lavage).

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‘Happy Holi !!’ Nous sommes réveillés par ces cris et dès notre sortie de l’hôtel des enfants nous courent après et nous jettent de l’eau colorée à partir de bouteilles en plastique qu’ils ont pour l’occasion transformées en pistolet à eau. Après quelques heures nous réalisons que cette fête est surtout célébrée par les enfants et les hommes. Les jeunes hommes semblent en profiter pour comsommer de l’alcool en grande quantité, ce qui n’est vraiment pas malin car la plupart d’entre eux circulent à moto à longueur de journée. Nous avons droit à plusieurs ‘marquage’ au cours de la journée et nos vêtements ressemblent progressivement à des arcs en ciel. Nous avons aussi droit à notre mauvais marquage : alors que Bibi qui avait particulièrement faim était en train de savourer un bon fried rice qu’il avait attendu suffisamment longtemps, un jeune homme apparemment éméché a déboulé à notre table et a versé une plein poignée de poudre rose dans nos assiettes…Bibi était furieux et le jeune indien a vite compris qu’il valait mieux pour lui ne pas rester dans les parages. On a également vu une petite mamie se faire quasiment roulée dessus par un chauffard qui parcourait le village-rue à toute allure. Le soir à la télé passait un reportage sur les célébrations de la journée, dans lequel on voyait un saint homme littéralement arroser la foule de fidèles à l’aide d’une pompe semblable à celle qu’utilisent les CRS pour disperser une foule. En voici une curieuse façon de faire la fête !!

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Le saviez-vous ? La ville la plus verte d’Inde est d’origine française

Vendredi 20 mars 2009

07-08/03/09

Pour rejoindre la ville de Chandigarh nous battons notre record du lever matinal (4h45). Le trajet est tout à fait correct, dans un bus relativement confortable, dont le seul désagrément est la projection d’un film indien qui n’en finit plus et dont le volume manque de me crever les tympans ; ceci-dit les passagers locaux semblent vraiment apprécier le divertissement.

Notre première demi journée à Chandigarh ne sera pas très mouvementée car nous en passons une bonne partie à tenter de résoudre un épineux problème de transport. La guichetière du bureau des réservations de train ne nous est d’aucune aide, au contraire ; elle se contente de me montrer le formulaire de réservation que je dois remplir et lui rendre ; j’ai beau lui expliquer que je ne comprends pas les inscriptions sur les panneaux qui sont toutes en hindi, elle continue de baragouiner dans un anglais plus qu’approximatif que je dois remplir le formulaire. J’insiste mais elle m’ignore superbement et préfère s’occuper de vieux sikkhs qui ne se gênent pas pour jouer des coudes, et se poster devant sa fenêtre. Bibi est furieux mais face à tant d’indifférence nous n’avons d’autre choix que d’abandonner la partie. Nous avons vu des agences privées un peu plus loin qui pourront sûrement nous aider. Le service y est bien plus aimable…mais tout aussi compliqué ! au bout d’une demi heure nous pensons avoir enfin trouvé les billets qu’il nous faut, quand un des agents nous annoncent qu’il existe différents prix, chacun avec des quota, et que dans notre catégorie nous n’aurons d’autre choix que de payer pour le trajet entier (celui que le train effectue, pas nous, or après vérification il s’avère que le train doit parcourir la moitié du pays ; il est hors de question que nous payons pour des centaines de km que nous ne ferons pas ! quel barême étrange…).

Le tourisme commence vraiment le lendemain avec un programme bien chargé.

Aujourd’hui c’est la journée internationale de la femme, et bien en ce qui me concerne on ne croirait pas ! j’ai passé une nuit terrible à batailler en vain contre une bestiole qui m’a piquée un peu partout. Le réveil est difficile ; je prend une douche fraîche et me poste devant le lavabo pour me brosser les dents, et là….aaaaahhhh ! horreur ! je me retrouve nez à nez avec une sorte de monstre qui ressemble à sinok (Cf le film les goonies). Cette sale bêbête ne s’était pas contentée de me mordre les mollets, elle m’avait complètement défigurée : je me retrouve avec une énorme bosse au milieu du front, des boursouflures sous les yeux, et deux points rouges sur le menton. Et pour couronner le tout, une petite tourista s’est également invitée ! La journée commence bien ! Mais il en faut plus pour me décourager de partir à la découverte de Chandigarh.

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Si Chandigarh peut se prévaloir d’être la ville la plus propre du pays, c’est en grande partie du à son histoire. Au lendemain de l’Indépendance et de la partition Inde-Pakistan, le pays avait besoin d’une capitale pour l’Etat du Punjab nouvellement formé. De plus, de nombreux réfugiés affluaient de la frontière, et il fallait les reloger. Nehru, alors premier ministre, décida de construire une nouvelle ville qui symboliserait la modernité de son pays. Chandigarh est donc une ville jeune. Le projet avait initialement été confié à deux architectes américains, mais l’un d’eux est malheureusement décédé dans un crash aérien ; Le Corbusier fut alors sollicité pour reprendre les travaux. Très vite il fut confronté à la difficulté d’apposer un urbanisme moderne au mode de vie indien ; l’architecte français envisagea de remplacer les vaches, chèvres et autres éléments encombrant les rues des villes indiennes par des concepts géométriques. C’est ainsi qu’on trouve à Chandigarh des trottoirs, des avenues bordées d’arbres, des jardins publics et même un lac artificiel. L’ordre et la propreté ambiantes sont en effet assez déconcertants, mais pour ce qui est de l’architecture proprement dite, j’avoue que les grands ensembles de béton qui bordent les allées rectilignes ne m’ont pas vraiment séduite.

La ville compte de nombreux jardins ; parmi eux la plus grande roseraie d’Asie, qui abrite plus de 1600 espèces différentes. La plupart étaient en fleurs ce qui nous a particulièrement fait apprécier la promenade.

Nous nous retrouvons ensuite fa ce au Musée d’Histoire Naturelle qui renferme une galerie de l’évolution de l’homme qui a retenu toute notre attention : dans un des ‘tableaux’ mis en scène, un homme de Cromagnon éclaire un collègue en train de preindre une fresque sur les parois d’une grotte à l’aide d’une…..torche électrique !!!

Le musée d’architecture est certainement très intéressant, mais pour nous incultes en la matière l’intérêt s’avère minime.

Nous nous rendons ensuite à l’attraction principale de la ville : le Nek Fantasy Rock Garden. Il parait que c’est le second site le plus visité en Inde après le Taj Mahal avec plus de 5 000 visiteurs par jour ! Monsieur Nek s’est réfugié à Chandigarh peu après l’indépendance et la partition du pays ; il y a trouvé un emploi en tant que responsable de l’aménagement routier et a été immédiatement fasciné par la quantité de déchets générés lors des travaux de construction. Il a commencé à les récolter et a les recycler en leur donnant une nouvelle vie. Des centaines d’animaux et bonshommes de toutes sortes furent découvèrent dans un terrain vague en 1973 et face à l’ampleur de cet espace créatif, les autorités locales ont décidé de le conserver et de le développer. Nek bénéficie depuis de l’aide d’une cinquantaine d’ouvriers et ne cesse d’agrandir son jardin. La visite de ce jardin nous plonge dans l’univers fantastique de Nek ; des centaines de figures humaines et animales surgissent au détour d’une cascade, dans un amphi théâtre ou tout simplement le long des sentiers. Bibi a complètement adoré l’endroit qui n’est pas sans rappeler le Palais du Facteur Cheval dans la Drôme.

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Notre journée se poursuit avec un repas et une petite balade autour du lac artificiel de Chandigarh. L’endroit est kitsch au possible (surtout un dimanche après midi) ; les Indiens s’éclatent sur des pédalos en forme de cygnes ; tout Chandigarh s’est donné rendez-vous pour manger une glace. C’est beaucoup moins calme queje ne l’avais imaginé. Je suis très amusée par le fait que malgré ma tête (Cf épisode du moustique) les locaux continuent d’affluer vers moi pour être pris en photo en ma compagnie…heureusement que leurs téléphones portables/appareils photos ne sont pas de la meilleure qualité !!

Nous terminons cette journée avec un beau fisco à propos des constructions du Corbusier (désolé frangin, mais j’ai bien peur qu’il ne te faille venir voir par toi-même les prouesses de ton bientôt confrère). Nous n’avions pas réalisé qu’aujourd’hui, c’est dimanche…le Lonely Planet annonçait la fermeture des bâtiments publics uniquement les jours fériés… les lieux (Cour Suprême, Assemblée, Secrétariat) sont déserts si ce n’est pour quelques agents de sécurité, qui sont suffisamment sympas pour nous laisser approcher les édifices et prendre des photos, mais qui n’ont malheureusement pas la capacité de nous y faire rentrer. Après tout nous ne sommes pas des spécialistes et l’intérieur ne nous aurait sûrement pas beaucoup ‘parlé’. Tout ce que nous avons pu voir de la ville nous suffit pour dir e que Chandigarh est vraiment singulière dans sa conception ; elle n’a rien à voir avec le reste des villes indiennes : on y trouve de longues artères arborées, de nombreus espaces verts, l’écoulement des eaux usées se fait sous terre donc la saleté est nettement moins visible (quel bonheur pour nos narines et nos yeux!!). Bref on est venu, on a vu et on ne le regrette pas du tout.

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Amritsar, fief des Sikkhs (partie II)

Vendredi 20 mars 2009

06/03/09

Aujourd’hui pour cette seconde journée à Amritsar nous improvisons, mais nous aurons ainsi de belles surprises. Toujours soucieux de savoir comment nous allons rejoindre notre prochaine étape nous cherchons des renseignements sur les moyens de transport pour rallier Chandigarh. Il n’y a pas de liaison en train donc nous prendrons un bus qu’on nous assure être tout confort, mais qui est très matinal. Pour la suite de la journée nous faisons une fois de plus confiance au Lonely Planet.

Nous commençons par le Mata Temple dont la description nous intrigue : « temple de style troglodytique (…) la grotte qui accède au temple représente l’intérieur d’une bouche divine. ». Après nous être déchaussés nous pénétrons dans ce qui nous semble être un temple comme bien d’autres : plusieurs fidèles sont assis dans une grande salle, faisant face aux idoles colorées ; des musiciens jouent une belle mélodie et les femmes chantent doucement. Nous aurait-on menti ? Soudain, un garde s’approche de moi et me montre un petit escalier sur la gauche. Nous grimpons les quelques marches étroites et là commence un parcours semé d’embûches et d’idoles plus ‘kitsch’ les unes que les autres. Je ne sais pas si le terme troglodytique s’applique à ce genre de construction mais en tout cas c’est très amusant ; cela me fait d’ailleurs beaucoup penser à une attraction de fête foraine. On escalade des rampes étroites le long du batiment, on rampe dans de petits tunnels peints en noir, on traverse des mini rivières pour finalement accéder tout en haut du temple dans une sorte de palais des glaces. Là des dizaines d’idoles nous attendent dans des décors faits de mosaîques et miroirs : je suis totalement émerveillée par l’endroit. En Europe les lieux de cultes sont pour moi surtout synonyme d’austérité alors qu’ici c’est tellement vivant et tellement gai ! j’adore !

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Notre seconde visite nous laisse tout aussi rêveur ; il s’agit du Sri Durgiana une réplique hindoue du Temple d’Or. La ressemblance est en effet frappante : un petit temple dont la partie supérieure est couverte d’or se trouve au milieu d’un bassin ; les portes et fenêtres sont par contre en argent, ce qui lui a valu le surnom de temple d’argent. Nous sommes chanceux car aujourd’hui un spectacle y a lieu. Nous assistons quelques minutes aux chants et danses de cinq enfants dont 2 sont ‘lourdement’ déguisés en je ne sais quelle divinité.

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Nous terminons cette journée par une autre grosse attraction de la région : la cérémonie de fermeture du poste frontière Inde-Pakistan. Tous les soirs, juste avant le coucher du soleil, des soldats indiens et pakistanais se retrouvent pour une parade martiale emphatique, empreinte de fierté nationale et réglée comme un métronome. Ce spectacle de 20 minutes m’a semblé plus que surréaliste. On sait que les relations sont plutôt tendues entre les deux pays, surtout depuis les attentats de Bombay et plus récemment l’attaque contre l’équipe de cricket du Sri Lanka. On s’attendait à quelque chose de très sérieux, voire agressif étant donné que la cérémonie est ouverte au public. En fait, on a davantage eu l’impression d’assister à une grande soirée disco en plein air ! Les gradins étaient bondés du côté indien, et très clairsemés du côté pakistanais, où les femmes et les hommes étaient d’ailleurs séparés. Les saris très colorés et brillants des indiennes tranchaient avec l’austérité des robes et voiles noirs des pakistanaises. C’était très étrange de se trouver au milieu de l’agitation indienne et de voir ces femmes sagement assises de l’autre côté de la grille ; ce sentiment singulier, presque désagréable s’est nettement accentué lorsque les soldats indiens ont sorti quelques grands drapeaux et ont invité les jeunes indiennes à venir les agiter. Les candidztes étaient très nombreuses et le défilé a duré longtemps ; ensuite, lelieu s’est transformé en boîte de nuit : des dizaines d’Indiens dansaient dans l’allée face à un public pakistanais incrédule. Enfin après une heure de ce spectacle peu glorieux la cérémonie commence : sur ordre de leur chef chacun des escadrons entame un défilé au pas cadencé devant ses supporters. Chaque soldat en magnifique tenue d’apparât tape des pieds, pousse des cris et va se ranger face à ‘adversaire, sourcils froncés, torse bombé et poings serrés. Leurs acrobaties me font un peu penser au French Cancan… Lorsque les portes de la frontière s’ouvrent, les officiers commandant la garde s’avancent l’un vers l’autre et échangent une brêve poignée de main. La cérémonie s’achève avec la descente des drapeaux.

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Et pour terminer ce récit sur Amritsar, un petit mot tout de même du sikkhisme. Il fut fondé par le gourou Nanak à la fin du XVème siècle, en réaction au système des castes et à la domination des brahmanes sur les rituels. La croyance en l’égalité de tous les êtres se trouve au cœur du sikkhisme ; on peut oublier les burgers et chicken curry quand on voyage en pays sikkh ! Les sikkhs sont facilement reconnaissable à leurs turbans qu’ils ne quittent jamais. Ils croient en un dieu unique mais refusent le culte des idoles ; comme les hindous et les bouddhistes ils admettent les principes de la réincarnation, mais ignorent en revanche le concept de la voie monastique mettant fin au cycle des renaissances.

Amritsar, fief des Sikkhs (partie I)

Vendredi 20 mars 2009

05/03/09

Aujourd’hui nous poursuivons notre découverte culturelle de l’Inde avec une activité incontournable : un voyage en train. Habitués au joyeux bordel typique des transports en commun africains et malgaches, nous sommes en fait très agréablement surpris par la Indian Railways Company. Il me faut préciser que pour ce premier trajet qui n’est pas très long, nous avons opté pour un train express, qui est donc forcément plus rapide, plus cher et plus confortable que la moyenne. Le wagon est un peu vieillot, mais relativement propre. Les sièges sont larges, inclinables et on bénéficie d’un grand espace pour nos jambes. Mais notre étonnement ne s’arrête pas là : tout au long du voyage, des stewards nous servent à boire et à manger, comme en avion ! Bref, pour l’aventure, on repassera !

Deux visites nous attendent cet après midi : le Jallianwala Bagh, petit parc tristement célèbre pour le massacre en avril 1919 de plus de 400 personnes qui participaient à une manifestation pacifiste. Les troupes britanniques ont investi le lieu et ont ouvert le feu sur la foule sans avoir donné aucun avertissement. En 6 minutes ils ont fait 400 victimes et plus de 1500 blessés. Cette dure répression choqua proféondément Gandhi qui lança dans les mois qui suivirent un large programme de non coopération avec les autorités britanniques. Le site porte encore les marques de cette triste journée, avec des murs criblés d’impacts de balles et de grands puits dans lesquels plusieurs dizaines de manifestants se seraient déséspérément jetés.

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Amritsar est surtout célèbre pour son Temple d’Or, lieu saint absolu des Sikkhs. Ce site figure sans conteste parmi nos coups de cœur. L’entrée dans l’enceinte du temple est soumise à quelques conditions (il faut se déchausser, se laver les pieds, se couvrir la tête), mais ces efforts sont largement récompensés lorsqu’on atteint le but. Il s’agit en fait d’un ensemble de batiments, le principal étant bien évidemment le temple recouvert d’or qui flotte au milieu d’un bassin sacré, et qui est entouré de grands édifices d’un blanc immaculé. La réflexion du temple dans l’eau est magnifique. 4 moines se relaient tout au long de la journée pour chanter les textes sacrés ; leurs chants mélodieux, retransmis par des hauts parleurs, inondent les lieux. La plupart des fidèles font plusieurs fois le tour du bassin avant de s’avancer sur le pont des gourous pour atteindre le temple ; certains d’entre eux se baignent car l’eau est connue pour avoir des vertus curatives. Nous effectuons nous aussi plusieurs rotations, nous asseyons sur le bord du bassin, transportés par la magie du site, qui s’accentue au fur et à mesure que l’intensité lumineuse décroit. A notre grande surprise nous ne croisons quasiment aucun touriste, et nous constituons donc une belle attraction pour les indiens qui semblent à la fois curieux et amusés de nous voir parmi eux (en fait mon point de vue personnel est que c’est surtout Bibi qui les fait rigoler car avec son écharpe simplement posée sur la tête il ressemble davantage à une femme qu’à un homme – qui ici portent presque tous le turban).

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Je vous laisse avec la pensée du jour du grand sage Bibi, qui alors qu’il dégustait une soupe aigre douce (et oui chez les sikkhs pas question de tuer une bête) a lâché : « ces Indiens, ils font vraiment des merveilles avec les légumes !! ».

De retour à Delhi pour 48 heures

Samedi 14 mars 2009

03/03/09

Aujourd’hui c’est un véritable marathon touristique que nous entreprenons dans la capitale. On nous a consillé de réserver les billets de train plusieurs jours à l’avance et c’est donc par la gare centrale que nous commençons cette chaude journée. Alors que nous nous attendions à y passer un bon bout de temps, nous sommes surpris de constater qu’un bureau a été spécialement créé pour les touristes, malin !! (nous verrons que ce n’est pas toujours le cas et alors là bonjour la galère !!).

Etape n°1 : le Red Fort que nous trouvons plutôt décevant. Il faut dire que nous en avons vus de bien plus somptueux durant notre périple au Rajasthan. Celui-ci nous parait très mal conservé (malgré un droit d’entrée peu raisonnable) et de nombreux batiments sont fermés au public. Les jardins sont par contre plutôt agréables.

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Etape n°2 : nous filons au Tombeau de Humayun. Qui fut construit par l’épouse d’un empereur moghol. C’est le premier édifice construit en Inde selon l’inspiration architecturale perse. Il ne fait aucun doute que ce tombeau préfigure le TajMahal d’Agra. Cet imposant mausolée surmonté d’un dôme en forme de bulbe, et entouré de magnifiques jardins est un véritable ravissement. Le tout est très bien conservé et l’appui de la fondation Aga Khan y est certainement pour beaucoup, et notemment le fait qu’il soit classé au patrimoine mondial.

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Etape n°3 : le Temple du Lotus (temple Baha’i). Difficile de croire qu’on puisse trouver un tel endroit en plein centre de Delhi ! Ce temple en forme de lotus blanc fermé, entouré de bassins et jardins bien entretenus est un havre de paix, malgré les centaines de visiteurs qui affluent tout au long de la journée. Quel bonheur de s’évader un instant durant de la pollution et du bruit de Delhi ! Je connais déjà un peu la foi Baha’i, mais cette visite est une vraie découverte pour Bibi qui n’en avait jamais entendu parler et qui tombe immédiatement sous le charme.

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Baha’i, quezako ? la foi baha’i est une religion universelle indépendante, d’origine divine, ouverte à toutes et tous quelle que soit leur confession, scientifique dans sa méthode, et humanitaire dans ses principes. LA religion idéale il semblerait… On laissera le soin à chacun de se faire son opinion ; en ce qui nous concerne nous sommes séduits par l’approche et la modernité des concepts (la foi a vu le jour au milieu du XIXème siècle), mais nous restons sceptiques quant à la ‘gestion’ de l’organisation (les messages de Dieu ont été transmis par trois prophètes et sont maintenant gardés par leur descendance). En très peu de temps la foi Baha’i a su rassembler une large communauté et se faire une place sur la scène internationale ; elle est présente aux Nations Unies en tant qu’organisation non gouvernementale.

Certains principes qui nous plaisent bien dans la foi Baha’i : l’harmonie essentielle entre la science et la religion, l’égalité homme-femme, l’éducation obligatoire pour tous, l’abolition des extrêmes en termes de richesse et pauvreté, la recherche spirituelle de solutions aux problèmes économiques (bon celle-là c’est surtout pour Bibi et les grands utopistes…). On a aussi beaucoup aimé l’intérieur du temple qui est on ne peut plus minimaliste : des rangées de bancs, un pupitre et quelques arrangements floraux, c’est tout. Il n’y a que 7 temples baha’i au monde (Western Samoa ( ?!!), Australie, Ouganda, Panama, Allemagne, USA et Inde) et j’avais déjà eu l’occasion de ressentir cette sérénité au temple de Kampala (Ouganda) niché sur une petite colline et entouré de verdure.

Kumar nous a également fait visiter trois Emporiums d’Etat – véritables cavernes d’Ali Baba où on trouve tout l’atisanat indien de qualité, mais très très cher (et les prix sont fixes donc pas moyen de marchander). Cela faisait certainement partie de son ‘contrat’ que de nous emmener dans ces endroits, mais c’est une bonne chose car cela nous donne une idée de la qualité à rechercher et des prix de base des produits. On a bien rigolé avec Bibi car à chaque fois qu’on pénétrait dans un de ces établissements, les vendeurs avaient l’œil qui brillait à la vue de notre imposant appareil photo ; ils venaient immédiatement nous saluer et ne tardaient pas à nous demander dans quel hôtel nous étions logés (sûrement pour avoir une estimation de notre pouvoir d’achat). Bibi prenait alors un malin plaisir à répondre que nous avions élu domicile dans Main Bazaar, le quartier le plus populaire de Delhi, apprécié des backpackers que nous sommes. La plupart des vendeurs semblaient déçus voire carrément horrifiés à cette annonce !!!

Agra et sa merveille, le Taj Mahal

Samedi 14 mars 2009

Petite incursion en Uttar Pradesh                                             1-2/03/09

Nous avons en l’espace de deux petites semaines visité la plupart des ‘grands’ sites du Rajasthan, mais la magie va perdurer encore quelques heures avec notre dernière étape avant le retour à Dehli qui nous emmène à Agra, ville qui abrite le monument le plus célèbre de l’Inde, symbole absolu de l’amour, j’ai nommé : le Taj Mahal.

Mais avant de nous poser aux abords de cette merveille, nous nous arrêtons quelques heures dans la petite ville de Fathepur Sikri qui fut jadis la capitale de l’empire moghol et qui abrite à ce titre les restes d’un des plus beaux palais du sous continent. Le complexe comprend les édifices habituels qui nous sont désormais familiers (salle des audiences publiques, harem…). L’alliance du grès rouge et du marbre blanc est du plus bel effet, et la beauté des lieux est, comme dans la majorité des autres sites visités, accentuée par les fines sculptures qui ornent les colonnes et les murs.

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Parmi les constructions qui retiennent notre attention se trouve une vaste mosquée très visitée car elle renferme le tombeau de Shaikh Salim Chishti. La légende veut que l’empereur moghol Akbar se rendit à Sikri pour consulter le Shaikh Salim Chishti, un saint soufi, qui lui prédit la naissance d’un héritier. Lorsque la prophétie se réalisa, Akbar fit construire sa nouvelle capitale àSikri. Tout comme Akbar était venu implorer le saint il y a plusieurs siècles de nombreuses femmes sans enfant viennent se reccueillir sur son tombeau. Elles pénètrent dans le mausolée et déposent sur la tombe une étoffe rouge dont elle retire un fil qu’elles accrochent ensuite aux fenêtres de la pièce.

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Nous arrivons à Agra en fin d’après midi. Notre premier geste est de grimper sur la terrasse de notre hôtel choisi pour sa vue sur le Taj Mahal. Nous ne sommes pas déçus du résultat ! Il est là, tout près, encore plus majestueux que sur les photos et films que nous avons vus. Le coucher de soleil n’est malheureusement pas à la hauteur de la beauté du site car la pollution ambiante maintient un épais nuage gris au-dessus de nos têtes. Autour de nous, les touristes sortent leurs téléphones mobiles et appellent leurs parents pour leur décrire le fabuleux panorama qui s’offrent à leurs yeux. Tout le monde est sous le charme, mais plusieurs déceptions vont toutefois assombrir les souvenirs que nous garderons de cet endroit merveilleux. Au fur et à mesure que la nuit tombe Bibi s’étonne que le mausolée ne soit pas illuminé ; il attend en vain que de puissants spots lui rendent la vue magique que nous avions en arrivant. Les mauvaises surprises se poursuivent le lendemain matin alors que nous nous sommes levés très tôt pour admirer le lever du soleil sur le Taj Mahal. Le prix d’entrée nous parait très élevé (3 à 4 fois ce que nous avions l’habitude de payer au Rajasthan), mais le plus gros désagrément est le fait que les sacs à dos sont interdits à l’intérieur du site. Ce que je ne comprends pas c’est que cette mesure ne concerne que les sacs à dos ; je vois des femmes rentrer dans le site avec d’énormes sacs en bandoulière, mais moi je n’ai pas le droit de garder mon petit sac à dos ? Les gardes voient bien que je suis une touriste parmi les touristes ; ils se doutent bien que le contenu de mon petit sac à dos m’est très précieux, j’y ai mes papiers, mes billets d’avion, mon argent et mon ordinateur, choses dont je peux difficilement me séparer…pas moyen de les convaincre… je leur propose de le fouiller de fond en comble, leur fait remarquer que des femmes pénètrent dans l’enceinte avec des sacs bien plus gros, mais rien n’y fait, ils continuent de me montrer la pièce sur le côté où je dois laisser mes affaires. Je finis par abandonner ma cause et c’est avec un sentiment de colère que je passe le portique électrique et que je subis la fouille des officiers postés à l’entrée du site. Cet épisode malheureux m’a gâché toute ma visite car je me suis inquiétée pour mes affaires. Je comprends la crainte des Indiens par rapport au terrorisme, et la nécessité de respecter certaines mesures de sécurité, mais je trouve injuste et ridicule de discriminer les seuls propriétaires de sacs à dos. Voilà, c’est dit, parlons maintenant du site :

Force est de constater qu’il est à la hauteur de sa réputation. Le mausolée est grandiose ; les effets marbrés donnent au batiment des couleurs et une texture fabuleuses. Nous sommes subjugués par le détail des sculptures et des incrustations de pierres semi précieuses. Le bonus de la journée : nous ne nous sommes pas levés aux aurores pour rien : étant par mi les premiers visiteurs a pénétrer dans le site, nous avons la chance de prendre en photo le Taj Mahal ‘vierge de touristes’, une occasion rare de nos jours.

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Un peu d’histoire pour terminer, car si la plupart d’entre vous connaissent bien cet édifice, certains détails vous ont peut être échappés. Le Taj Mahal fut construit par l’empereur Shah Jahan à partir de 1631, pour accueillir la dépouilole de sa seconde épouse qui venait de décéder en donnant naissance à son 14ème enfant. L’homme était si triste qu’on dit que ses cheveux seraient devenus complètement gris en une nuit ! Le chantier a duré plus de 22 ans et a nécessité l’emploi de 20 000 ouvriers. Le Taj apparait aujourd’hui comme au premier jour car le batiment a bénéficié d’importants travaux de restauration mais reste très vulnérable à la pollution. Des mesures strictes ont été prises pour sa conservation : aucune usine ne peut s’implanter dans la région et seuls les véhicules non polluants sont autorisés dans un périmètre de 500 mètres.

La fin de l’histoire est triste : peu de temps après que le mausolée soit achevé, Shah Jahan fut renversé par son propre fils qui le fit emprisonné au fort d’Agra jusqu’à la fin de ses jours. Il repose tout de même aux côtés de sa bien aimée. Les raisons qui ont poussé son fils à agir ainsi restent inconnues mais certains aiment à dire que Shah Jahan avait l’intention de faire construire un autre mini Taj Mahal pour lui-même et que son fils trouvait ce projet trop coûteux.

Ça y est, cette fois-ci le séjour en voiture de location prend fin ; nous rentons à Dehli où nous pouuront poursuivre visites et shopping.

Jaïpur, la ville rose

Samedi 14 mars 2009

27-28/02/09

Notre séjour au Rajasthan touche à sa fin. Après Jaïsalmer – la ville dorée – et ses chameaux, Udaïpur – la ville blanche – et ses chevaux, nous voici en route pour Jaîpur – la ville rose – dont les éléphants font également la célébrité.

Ville en plein essor économique (quartiers résidentiels, imposants buildings, nombreux centres commerciaux…) on voit qu’il y a de l’argent .

Une fois nos affaires déposées à l’hôtel, nous nous dirigeons vers la vieille ville. Il s’agit principalement d’un enchevêtrement de rues commerçantes dont chacune a sa spécialité. Le tout crée un joyeux bazaar où on trouve pratiquement tout ce dont on peut avoir besoin.

Jaïpur a été baptisée la cité rose car en 1876 le maharadja Ram Singh fit peindre tous les batiments en rose, couleur de l’hospitalité, pour accueillir le Prince de Galles (futur Edouard VII) ; la tradition a toujours été maintenue.

Détail d'une porte du City Palace

Détail d'une porte du City Palace

Notre promenade nous mène jusqu’aux portes du City Palace que nous visitons. Nous y retrouvons les principaux édifices constitutifs des demeures de maharadja, à savoir les salles d’audience, le palais principal, les palais réservés aux épouses et aux invités. Le maharadja actuel et sa famillle habite un magnifique bâtiment jaune appelé Palais de la Lune ; nous avons la chance de croiser son hôte alors qu’il s’apprête à quitter sa demeure. La cour principale du palais abrite la salle d’audience privée dont les colonnes sont finement sculptées et où 2 énormes jarres en argent massif sont exposées. Chacune d’elles pèse environ 350Kg et elles ont été fabriquées afin de permettre au Maharadja Madho Singh d’emporter avec lui de l’eau sacrée du Gange lors de ses voyages en Angleterre en ; ainsi l’homme qui était très pieux était sûr de pouvoir effectuer ses rituels. Lors de notre visite cette cour étaient apparemment en train d’être apprêtée pour des festivités. Nous apprendrons plus tard qu’il s’agissait en fait des préparatifs pour le mariage de la fille d’un important homme d’affaires du milieu de la communication ; le palais avait été loué pour plusieurs jours et allait donc être fermé au public (nous avons été bien inspirés de le visiter ce jour !). Le mariage dont le coût était annoncé à plusieurs millions de dollars et qui avait nécessité la réservation de quasiement la totalité des chambres d’hôtels cinq étoiles de la ville allait durer toute la semaine et es journaux locaux ne parlaient que de cet événement.

les jarres d'argent du maharadja

les jarres d'argent du maharadja

La visite de la cité et de ses environs se poursuit le lendemain en compagnie de Kumar qui vient nous chercher tôt le matin pour nous emmener réaliser notre ‘aventure’ de la journée : un ‘safari’ à dos d’éléphant compris dans le prix de notre séjour. Au début ne sachant pas du tout à quoi m’attendre j’imagine une ballade tranquille dans la verdure, mais je me rends bien compte que nous restons dans un environnement ‘urbain’…plus la voiture s’engage vers les collines qui entourent la ville et plus je commence à comprendre ce dans quoi on nous a embarqués. J’ai en effet lu dans le guide Lonely Planet qu’une des principales attractions de la région est le fort d’Amber, petite bourgade qui se situe à une dizaine de Km de Jaïpur. Pour accéder à la porte d’entrée de cette forteresse il faut grimper un versant rocheux ; une autre solutiion consiste à parcourir cette distance à dos d’éléphant, mais les rédacteurs déconseillaient ce choix étant donné les éventuels mauvais traitements infligés aux animaux…Mon excitation fait une chute libre et Bertrand et moi décidons de voir de quoi il retourne, mais si nous estimons que ce nouvel ‘attrape touristes’ contribue à faire souffrir nos chers amis pachydermes, nous refuserons d’y participer. Tout au long de la route qui mène à Ajmer nous doublons des éléphants qui progressent paisiblement sur le bitume. Une fois arrivés au pied du fort nous sommes surpris par le nombre de montures qui attendent leurs passagers. Une longue file d’attente s’est déjà crée. Nous sommes littéralement harassés par des vendeurs ambulants qui brandissent sous notre nez une multitude de gadgets et souvenirs plus inutiles et laids les uns que les autres. Nous gravissons quelques marches et prenons place à bord de la nacelle installée sur le dos d’un éléphant qui a été richement ‘maquillé’ pour l’occasion. La montée jusqu’à l’entrée du fort dure un petit quart d’heure ; nous doublons une bonne trentaine d’autres éléphants et sommes impressionnés par le nombre d’individus de la même espèce qui nous suivent. Au total il doit bien y avoir une centaine de pachydermes qui se suivent de près et enchaînent les ascensions/descentes. La vision de ce ‘manège’ touristique est quelque peu écoeurante, et l’idée d’y prendre part ne me plaît pas trop mais notre monture à l’air en bonne santé ; nous avons vu que les éléphants ont de l’eau et de la nourriture qui les attendent au pied de la côte, et un des responsables du site nous assure que les bêtes n’effectuent que trois rotations le matin et trois en fin d’après midi, quand il ne fait pas encore trop chaud…

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Nous entamons ensuite la visite du palais dont les fortifications ocres sont splendides. On nous explique que le site sert souvent de décor pour les films de Bollywood, et nous en avons la preuve dès notre entrée dans la première cour où de nombreux panneaux en carton sont en train d’être détruits.

De retour à Jaïpur nous nous rendons à son édifice le plus symbolique, le Palais des Vents, un bâtiment spécifiquement conçu pour abriter les jeux et divertissements des épouses du maharadja et de leurs suivantes. Il s’agit d’une cour intérieure entourée de hautes façades percées de nombreuses ouvertures sculptées dans la pierre qui permettaient aux femmes d’observer l’agitation du bazaar sans être vues. Le bâtiment est absolument superbe, mais il est décevant de voir le peu de respect que les indiens lui réservent : les murs de l’escalier en colimaçon qui relie les divers étages du palais sont couverts d’inscriptions et gravures reprenant les initiales des couples d’amoureux.

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Après un repas express au Mac’Do (et oui une petite touche d’occident de temps en temps ça ne fait pas de mal…et ça change du riz !!!) nous continuons de déambuler dans les ruelles animées, et faisons quelques emplettes avant de rejoindre Kumar qui a promis de nous emmener faire une séance photo au bord du lac. L’endroit me fait penser à la Croisette, sauf qu’il vaut mieux rester éloigné du bord de l’eau car l’odeur n’y est pas vraiment agréable…

Nous terminons cette longue journée par la visite d’un beau temple érigé par un riche industriel indien, Birla, dont nous avions déjà pu admirer les œuvres à Delhi.

Voilà qui clôt un bien beau séjour au Rajasthan, mais notre voyage ne se termine pas là, puisque nous avons encore une dernière étape de taille avant de rentrer à Delhi : Agra et sa célèbre merveille, le Taj Mahal.

Pushkar…la ville où je ne me sens pas vraiment à ma place

Samedi 14 mars 2009

26/02/09

Difficile de quitter Udaïpur qui nous a vraiment beaucoup plu. On a toujours envie de découvrir de nouvelles choses, mais en même temps on ne sait pas ce qui nous attend et on ressent un peu d’appréhension à ne pas trouver mieux…

La route vers le nord est longue et le paysage change peu .

Un petit moment savoureux au moment de la pause déjeuner : nous nous arrêtons au bord de la route, dans un petit resto local et commençons à manger paisiblement lorsqu’un cortège de mariage envahit le lieu. Les occupants des 2 voitures et du bus déboulent à toute vitesse et s’installent, femmes d’un côté, hommes de l’autre, les enfants un peu partout, et nous en plein milieu. Tout le monde a l’air très heureux ; les femmes se mettent à chanter, tout cela est très gai.

Pushkar est une belle petite ville lovée autour d’un lac qui est malheureusement pour l’instant peu alimenté. De somptueux palais, hôtels et temples sont visibles derrière les ghats qui longent les rives. Je suis immédiatement surprise de la densité de touristes qui me semble particulièrement élevée étant donné la taille de la cité. Mais contrairement aux autres villes visitées, il ne s’agit pas de groupes de voyageurs retraités, mais plutôt de personnes – jeunes et moins jeunes – de style baba cool ; il y a même plusieurs familles ‘nombreuses’ dont les jeunes enfants ont les cheveux ‘tressés’ en ‘dread’. Au début nous trouvons cela très étrange, mais nous ne tardons pas à comprendre : il s’agit en fait en majorité de commerçants européens qui ont des boutiques bohèmes et qui viennent s’approvisionner en babioles hippies qu’ils revendront ensuite 3 à 4 fois le prix de base.

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Plus je progresse dans la ville (qui se résume à une longue rue marchande)et plus je me sens mal à l’aise face à cette ambiance que je qualifierais de très superficielle. Nous nous trouvons dans une ville qui est un haut lieu de pèlerinage pour les hindous car elle enferme un des rares temples au monde dédié au dieu Brahma, mais tous ces gens venus d’ailleurs n’en ont rien à faire ; ils sont juste là pour affaires, et on les croise tout au long de la journée avec des sacs en jute emplis de bibelots. Ils sont tous vêtus de sarouel et babouches, alors que les indiens ne portent pas ce genre de vêtement…certains osent même porter un turban sans bien comprendre l’importance et la signification de cet élément central dans l’habillement des indiens.

Bon, je ne vais pas m’étendre sur le sujet…revenons à nos moutons, nous sommes à Pushkar pour visiter le temple de Brahma. La légende veut que Brahma se soit rendu près du lac ; son épouse Savitri ne l’ayant pas accompagné, il en profita pour prendre une nouvelle femme. Savitri, très contrariée fit le vœu que Brahma ne soit vénéré nulle part ailleurs.

Je suis seule à visiter le temple car nous ne pouvons pénétrer avec nos sacs or il est hors de question de les laisser à l’entrée. L’enceinte est toute petite, avec un autel très coloré au milieu. Presque toutes les dalles qui l’entourent sont gravées en mémoire des défunts des familles riches de la région. Le sol est assez sâle et plusieurs petits vieux sont quasiment à l’agonie par terre, raisons pour lesquelles je ne m’attarde pas trop, d’autant que bibi m’attend dehors. Les pélerins affluent par centaines dans cet endroit étroit, preuve que l’importance et le degré de sainteté des temples n’ont rien à voir avec la grandeur et la splendeur des édifices religieux. Après 2 semaines de visites de temples et palais peut être que l’overdose nous guette… en tout cas, Kumar qui était persuadé que nous aimerions beaucoup Pushkar et qui nous avait conseillé d’y rester une nuit supplémentaire a encore une fois tout faux !!

Après un dîner quelconque sur une terrasse infestée de moustiques, nous rentrons à l’hôtel et nous endormons en rêvant avec enthousiasme à notre prochaine étape : Jaïpur, la cité rose, ville des éléphants.

Sud Rajasthan, deuxième partie

Mercredi 4 mars 2009

25/02/09

Nous profitons de notre séjour (prolongé) à Udaïpur pour faire un détour par Chittorgahr (également appelée Chittor). Convaincre Kumar n’a pas été chose facile ; il s’est présenté à nous ce matin en nous disant qu’il avait été malade toute la nuit (il avait en effet l’air patraque). Nous étions tout à fait prêts à lui accorder sa journée et souhaitions même appeler son boss pour demander une journée supplémentaire, mais soudain Kumar était prêt à prendre la route pour rejoindre Pushkar, soit plus de 6h30 de route….nous ne comprenions plus très bien : il était malade, et refusait de faire l’aller-retour jusqu’à Chittor (2 fois 2 heures) mais voulait absolument que nous rejoignions l’étape suivant à l’autre bout de l’état…

Nous prenons finalement la route pour Chittor, qui abrite le plus vaste fort du pays. La plupart des édifices sont en ruine mais la verdure et les colonies de singes qui ont envahi le site donnent un certain cachet à l’ensemble.

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La majestueuse tour de la Victoire, Jaya Stambha, qui culmine à 37m est le symbole de la ville ; nous en avons gravi les 8 étages : l’ascension fut parfois laborieuse (un escalier très étroit par endroit, avec un plafond bas, bref cela nous a demandé quelques efforts acrobatiques) mais la vue sur le reste du fort était admirable.

la tour de la victoire à Chittorgarh

la tour de la victoire à Chittorgarh

Lors de la pause déjeuner nous rencontrons un jeune couple de Français ; ils nous expliquent qu’ils ont beaucoup de soucis avec leur chauffeur qui ne fait absolulment rien de ce qu’ils lui demandent. Ils sont un peu rassurés quand nous leur comptons nos quelques galères avec Kumar et nous les encourageons à se rebeller et à ne pas céder au chantage. ‘Entouka’, comme disent nos chers amis congolais, bonne chance à eux !

De retour à Udaïpur, nous grimpons une petite colline pour profiter d’un beau coucher de soleil sur le lac et le palais qui y flotte comme par magie. Demain il nous faut quitter cette merveilleuse ville où, comme Bibi se plaisait à me le rappeler toutes les 10 minutes, « qu’est ce qu’on est bien ! »

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Sud Rajasthan (partie I)

Mercredi 4 mars 2009

23-24/02/09

Nous quittons Jodhpur tôt le matin direction plein sud. Le paysage relativement plat jusque là commence à onduler et nous progressons bientôt au milieu de collines arides parsemées de rizières d’un vert éclatant. Le système d’irrigation utilisé par les cultivateurs de la région nous échappent, mais très vite nous avons l’occasion d’observer comment l’eau parvient aux différentes parcelles. Les paysans rajput identifient une source d’eau (souvent profonde) et y installent une sorte de moulin à eau actionné non pas par la force du vent, mais par celle de leurs buffles qu’ils font tourner pendant des heures autour d’une roue ; le mouvement des bêtes fait tourner les poulies et des godets remontent l’eau qui est versée dans un canal qui sillone entre les différentes parcelles.

système d'irrigation

système d'irrigation

Cette journée est à marquer dans les annales en ce qui me concerne car c’est sur la route que je rencontre mon premier éléphant. Jusqu’à présent nous ne pouvions pas faire un pas sans nous trouver nez à nez avec une vache, une chèvre, ou bien encore un singe, mais pas d’éléphant…je commençais même à désespérer. La vision de ce pachyderme progressant calmement le long de la route, suivie d’un autre se reposant dans un pré me rassure, mais il me faudra certainement attendre encore quelques jours pour profiter pleinement de mes animaux préférés (la ville de Jaïpur, sur le retour pour Delhi est connue pour être la ville des éléphants).

Ranakpur et le temple au 1400 colonnes

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Juste le temps de me remettre de mes émotions et nous voilà parvenus à Ranakpur, nouvelle étape de notre cicuit. La bourgade est très fréquentée car elle enferme l’un des plus vastes temples jaïns du pays, le Chaumukha Mandir (temple aux 4 visages). Pour y pénétrer nous devons nous délester de nos chaussures, de nos cigarettes (celles de bibi bien sûr) et de tout article en cuir ; les femmes ‘impures’ (qui ont leurs règles) ne peuvent pas entrer sous peine de souiller la sainteté des lieux. L’extérieur du temple est assez banale, mais l’intérieur est époustouflant. Le batiment comporte une trentaine de salles ouvertes les unes sur les autres, soutenues par une forêt de 1444 colonnes finement sculptées, le tout en marbre blanc. Chaque colonne est différente et nous ne nous lassons pas d’observer dans le détail le chef d’œuvre qui se déroule sous nos yeux.

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Kumar nous emmène ensuite déjeuner dans un nouvel ‘attrape touristes’ ; nous n’avons pas le choix étant donné l’isolement de Ranakpur (nous y sommes arrivés en suivant une route sinueuse). Il souhaite que nous y restions pour passer la nuit mais refusons. Il y a quelques jours nous avions ‘zapper’ une étape de notre circuit car nous voulions davantage prendre le temps et nous avons donc une nuit supplémentaire que nous souhaitons utiliser à Udaïpur dont nous avons entendu beaucoup de bien. Kumar est vraiment mécontent car lorsque nous dormons dans les hôtels avec lesquels son agence a l’habitude de traiter il bénéficie d’une petite chambre de bonne et du couvert gratuitement (ou presque); or depuis le début du voyage nous avons toujours souhaité choisir les hébergements nous-mêmes, généralement en plein centre ville, ce qui ne l’arrange pas du tout.

Nous poursuivons notre route en direction d’Udaïpur et zappons un autre site digne d’intérêt, le fort de Kumbalgarh dont l’architecture est parait-il colossale, mais on ne peut pas tout faire et Udaïpur est encore loin! (nous espérons pouvoir convaincre Kumar dans quelques jours de faire un détour par la ville de Chittorgarh où se trouve la plus vaste et la plus belle citadelle du pays, ça fera déjà beaucoup de forteresses à notre actif).

Kumar, toujours dans son trip ‘business & money tour’ nous fait faire un arrêt de plus avant d’arrivée à Udaïpur ; il s’agit d’un village d’artisans. C’est intéressant de voir comment les objets sont fabriqués. Ce que nous ne savions pas bien sûr c’est que l’entrée est payante…nous sommes d’autant plus déçus lorsque nous constatons que les 9/10ème des stands sont vides. Il n’y a presque rien à voir. Un artisan nous explique alors que le site (sponsorisé par le gouvernement indien) a pour principal utilisation une grande foire nationale qui a lieu chaque année en décembre…le reste de l’année, seuls les artistes locaux sont présents.

Un peu plus tard, Kumar nous explique qu’il souhaite nous montrer de très beaux jardins construits jadis pour les 48 suivantes d’une princesse (elles faisaient partie de la dot) ; un rapide coup d’œil au guide et je constate que ce site est payant. Stop ! c’en est trop. Nous demandons à Kumar de simplement nous amener en ville car nous souhaitons nous reposer à l’hôtel.

Après une première grosse arnaque pour une chambre certes très belle mais dont le luxe ne correspondait pas à notre budget, nous trouvons avec plaisir un charmant petit hôtel tenu par une israélienne. Les chambres sont tout à fait correctes, et le toit terrasse est idéal : très confortable et bénéficiant d’une vue imprenable sur le lac (et du wifi !!!). Nous nous installons sur les énormes coussins pour admirer le coucher du soleil et n’en repartons qu’à 21 heures.

Udaïpur et son lac, ambiance des 1001 nuits

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Ce matin nous prenons un copieux petit déjeuner car nous avons plusieurs sites à visiter. Nous commençons par le Jagdish Temple, dédié à Vishnu dont il présente une superbe statue noire. Les visites de temples se font de plus en plus vite car nous connaissons désormais les rituels et les significations des différents lieux et objets. A l’arrière du temple, nous découvrons une sorte de dispensaire où les plus indigents de la cité viennent chercher un repas chaque jour ; nous contribuons avec plaisir (nous sommes contraints à répéter inlassablement ‘non’ tout au long de la journée tant les sollicitations sont nombreuses ici, mais nous avons l’habitude car les choses se passent de la même façon en Afrique).

Nous entamons ensuite la longue visite du City Palace. Je suis à nouveau emballée par la richesse des informations et anecdotes fournies par l’audioguide qui rend la visite un peu plus vivante. Le palais construit selon les traditions architecturales rajput (succession de petits palais et cours intérieures) est le plus vaste du Rajasthan (décidément notre circuit ne manque pas de superlatifs !!!)

Voici deux anecdotes qui ont retenu mon attention :

à l’époque du règne de la dynastie Mewar, les guerres étaient légion. Les Mewar ont trouvé une astuce militaire qui leur garantissait presque systématiquement la victoire. Il était de coutume que les maharadja se battent à dos d’éléphants, mais les Mewar préféraient la vitesse et l’agilité des chevaux. Avant de partir au combat les Mewar affublaient leurs montures d’une fausse trompe : les éléphants adversent confondaient alors les étalons Mewar avec de jeunes éléphanteaux et refusaient de charger. Malin, non ?!

Cheval de combat déguisé en éléphant

Cheval de combat déguisé en éléphant

dans un registre moins ‘drôle’ : suite à une erreur administrative la fille d’un mahardja avait été promise à deux hommes dont les noms se ressemblaient fortement. Le maharadja se trouvait dans l’incapacité de faire un choix, car cela aurait immédiatement signifier ‘état de guerre avec le candidat malchanceux. La seule issue acceptable était de tuer sa fille or aucun homme du royaume ne voulait accomplir ce terrible acte. Le père décida alors d’empoisonner sa fille mais la boisson concotée n’eut aucun effet. Le maharadja a finalement ordonné d’y ajouter une forte dose d’opiacées, et la princesse s’endormit pour toujours.

L’après midi nous déambulons tranquillement dans la ville et le long des ghats, ces escaliers si typiques de l’Inde qui mènent directement dans les eaux d’un lac ou fleuve et où les indiens viennent tous les jours se laver et se purifier.

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Le lac d’Udaïpur est à sec par endroit et le niveau de l’eau est visiblement peu élevé ; la mousson n’a pas du être très imoprtante), mais le site reste extrêmement séduisant. La ville est construite tout autour du lac et sur une petite colline d’où on bénéficie d’un fabuleux panorama. L’essentiel des façades est d’un blanc immaculé, ce qui vaut à Udaïipur le surnom de la cité blanche.

Nous finissons cette très belle journée par un peu de shopping ; les artistes locaux sont connus pour leur talent dans le domaine de la peinture des miniatures. Nous succombons donc à la tentation et achetons deux très belles pièces pour un prix raisonnable (enfin c’est ce que nous pensons mais n’étant pas certains nous n’osons plus entrer dans les boutiques une fois notre achat réalisé de peur de nous rendre compte que nous nous sommes une fois de plus faits berner…)

J’en termine avec l’anecdote du jour….. « Bond…my name is Bond, James Bond » et oui figurez vous qu’Udaïpur a été le lieu de tournage d’un de ses fameux films ; Octopussy pour être exact. Du coup, tous les hôtels proposent des projections tous les soirs à partir de 19h : sympa, mais bruyant !!