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Archive pour avril 2009

Concentré de culture et religion à Kathmandou

Jeudi 30 avril 2009

11-13 et 18-20/04/2009

Après 10 jours de trek dans la chaîne des Annapurnas, et un second ‘bain de nature’ dans le parc du Chitwan, on peut dire que l’arrivée dans la ville de Katmandou est assez déconcertante. Circulation dense, pollution atmosphérique, klaxons, etc… on avait presque oublié l’existence de toutes ces nuisances, mais il faut vite nous réhabituer d’autant que notre destination finale est le quartier de Thamel, passage obligé de tous les touristes, avec ses hôtels, ses bars, ses restaurants, ses pizzerias, ses boutiques d’artisanat et ses magasins d’équipement de sport. Impossible de faire plus agité et plus bruyant !

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Une fois installés, notre premier réflexe est de s’éloigner de toute cette effervescence pour tenter de trouver un peu d’authenticité. Suivant notre flair nous nous engageons dans un dédale de ruelles dont nous ne ressortons que deux heures plus tard, après avoir découvert toutes sortes de merveilles. La vieille ville est un labyrinthe de passages et cours intérieures qui cachent presque tous des fontaines et des sanctuaires. Au fil de nos errances nous découvrons ainsi un ancien temple aux façades et fenêtres richement sculptées reconverti depuis peu en école, une place couverte de stupas de toutes tailles, un monastère shaolin, un temple dédié aux pigeons, et même la statue du dieu des maux de dents !

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Mais le lieu mythique de Katmandou, le véritable centre culturel et religieux reste Durbar square, site fort justement classé au patrimoine mondial de l’UNESCO. Il s’agit d’un complexe de temples (plus d’une vingtaine au total) et stupas à la fois bouddhistes et hindouistes regroupés dans un périmètre assez réduit. La plupart ont été construits entre le 12èmeet le 18ème siècle, sur le style de pagodes dont les façades ont été richement sculptées. Une importante partie du complexe est également occupée par un imposant palais qui fut la résidence des rois népalais jusqu’au début du XXème siècle.

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La visite du complexe est impressionnante ; on est constamment entouré de bâtiments plus imposants et curieux les uns que les autres et on ne sait pas trop où donner de la tête.

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Plusieurs de ces édifices ont des histoires intéressantes. La plus haute des constructions, le Taleju temple, 3 étages posés sur une plateforme en escalier à 12 marches (le tout culminant à 36m) est uniquement réservé à l’usage de la famille royale ; il est strictement interdit de construire un bâtiment plus haut que celui-ci. Le kumari ghar, est en fait la résidence d’une jeune déesse vivante. Repérée selon des critères spécifiques (aucune marque sur la peau, thème astrologique particulier…)à un très jeune âge (4-5 ans), la petite fille est traitée comme une vraie princesse. Tous ces désirs sont satisfaits, mais elle vit recluse dans sa maison entourée de sa prêtresse. Elle ne sort jamais sauf pour une ou deux cérémonies et apparait quelquefois au balcon de sa maison. Sa ‘sainteté’ prend fin à la première goutte de sang versée (blessure ou apparition des règles) car cela signifie qu’elle est devenue impure. Après son ‘règne’ la jeune fille est rendue à ses parents (avec de quoi leur assurer une vie bien confortable) et peut reprendre une vie normale si ce n’est qu’elle ne peut se marier, à cause d’une croyance superstitieuse qui voudrait qu’elle meure quelques jours après son mariage.

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Outre les visites de lieux culturels, notre séjour à Katmandou nous a également permis de longuement visiter la salle d’attente de l’ambassade d’Inde. Nous avons besoin de visa de transit car nous allons passer une journée à Delhi avant de nous envoler pour la Thaïlande. Nous nous présentons à l’ouverture des bureaux à 9 heures, la salle est déjà bien pleine. Notre ticket (et oui c’est comme au rayon charcuterie !)porte le numéro A41 et nous constatons avec stupéfaction que les panneaux électroniques situés au dessus des 2 guichets appellent les ‘C’ et les ‘F’… c’est finalement vers 12h30 que nous sommes appelés au guichet, où l’agent se contente de prendre nos passeports et 30$, et nous demande de venir rechercher nos documents en fin de journée. Nous avons attendu tout ce temps pour ça ? Notre journée est un peu perdue mais nous avons été bien inspirés de ne pas remettre cette formalité administrative à plus tard car nous apprenons que demain est le Nouvel An népalais ; ce sera donc un jour férié.

Les merveilles du Durbar Square de Katmandou ne sont qu’une introduction aux trésors dont regorge la vallée environnante. Dans un périmètre de 15 km autour de la ville, on compte pas moins de six autres sites classés au patrimoine mondial. La visite continue donc avec notre prochaine destination : Bhaktapur.

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L’école du monde n°4: qu’est-ce qu’on mange en Inde et au Népal ?

Jeudi 30 avril 2009

Si je vous demande quelle est votre nourriture préférée, j’aurais sûrement droit à des réponses du style : les pâtes, les frites, la purée, les saucisses, le Happy Meal

Et bien dites vous que vous seriez peut être assez malheureux en Inde ou au Népal car rien de tout cela n’y est vraiment courant, sauf dans les grandes villes.

poulet-tandoori

L’aliment de base dans la cuisine indienne et népalaise est le riz. On le mange ‘blanc’ (c’est-à-dire sans assaisonnement) quand il accompagne un curry (une sauce). Il existe une multitude de curry (aux épinards, aux choux, aux pommes de terre, aux légumes, à l’œufs, au poulet…).Quand on commande à manger on obtient donc deux plats, un ‘gâteau’ de riz blanc, et un bol de curry qu’on mélange à son goût. Au Népal le riz est typiquement accompagné d’une soupe aux lentilles.

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Une autre spécialité indienne est la cuisine au four tandoori (le tandoori est le nom du four utilisé). Le poulet tandoori est particulièrement savoureux ; c’est également dans ce four que sont préparées les naan, grandes galettes qui remplacent notre pain et sont très pratiques pour manger le curry étant donné qu’on mange avec les doigts.

naan

Du côté des desserts on trouve surtout d’excellents fruits tropicaux (ananas, bananes, mangues, papaye…) et parfois également de très bons yaourts.

Attention à vos gosiers car la nourriture indienne est très très épicée ! Si l’on n’y est pas habitué ça brûle la langue et les lèvres.

Et pour les boissons ? la boisson nationale, celle que tout le monde prend du matin au soir, en tout occasion est le chai ou thé au lait. Au Népal on trouve également beaucoup de thé épicé.

Voilà pour les tendances générales, mais sachez qu’on trouve aussi sur les menus des plats et influences des pays voisins, notamment des spécialités chinoises, comme les nems et les nouilles sautées. Et pour ceux qui n’arrivent vraiment pas à se faire à la cuisine orientale, il y aura toujours moyen de commander des spaghettis ou un burger.

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En ce qui me concerne, mon plat indien préféré est le palak paneer (sauce aux épinards agrémentée de morceaux de fromage frais), servi avec des naan au beurre…mmmmh un vrai délice même si j’avoue qu’à première vue cela n’est pas forcément très appétissant…

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Bon appétit et à bientôt !

L’école du monde n°3: les jeunes Indiens et Népalais

Jeudi 30 avril 2009

C’est assez facile d’observer les enfants dans ces deux pays car ils y sont très nombreux, presque aussi nombreux que les adultes ; on les voit donc partout.

Tout comme chez nous l’école est obligatoire et gratuite. Tous les jeunes Indiens et Népalais devraient donc bénéficier d’une bonne éducation. La réalité est malheureusement bien différente et de nombreux problèmes se posent aux familles. Les parents doivent notamment payer les fournitures scolaires (cahiers, stylos…) et surtout les uniformes. Et oui, alors que vous pouvez choisir chaque matin les vêtements que vous voulez porter pour la journée, les jeunes Indiens et Népalais sont tous habillés de la même façon, bizarre, non ? Pas tant que ça : si vous demandez à vos papys / mamies, ils vous diront qu’eux aussi portaient des uniformes quand ils étaient petits !!

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Comme l’Inde et le Népal sont des pays très pauvres, les familles n’ont pas toujours l’argent nécessaire pour envoyer tous leurs enfants à l’école. Dans ce cas, ce sont souvent les garçons qui vont en priorité à l’école, tandis que les filles restent à la maison. Dans les régions les plus isolées il arrive même qu’il n’y ait aucune école ; les enfants sont utilisés pour travailler dans les champs et les rizières dès leur plus jeune âge ; beaucoup ne savent ni lire ni écrire.

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La religion est très importante en Inde et au Népal, et elle fait partie intégrante de la vie quotidienne. Les enfants sont emmenés très tôt dans les temples où leurs parents leur apprennent à rendre hommage aux dieux et à leur présenter des offrandes. De nombreux enfants sont également destinés par leurs familles à devenir des moines (ou des nonnes pour les filles). Ils sont donc envoyés très jeunes dans des monastères où ils vivent en communauté et apprennent les textes sacrés, les rituels, etc… Ce genre de vie peut nous sembler difficile mais en fait les moinillons ne manquent de rien et tous ceux que j’ai rencontrés avaient l’air très heureux.

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Tous les enfants n’ont malheureusement pas la chance de vivre avec leurs parents (ils peuvent être morts ou trop pauvres pour s’occuper d’eux) ou dans les monastères. Ils vivent donc dans la rue, et demandent aux passants de quoi manger ou un peu d’argent.

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Mais d’où qu’il vienne, qu’il soit pauvre ou riche, un enfant reste un enfant et sa principale occupation, c’est de jouer : mis à part les classiques jeux de billes, les petites voitures (improvisées à base de canettes ou bidons d’huile en plastique et capsules de coca cola) deux activités qui nous sont assez étrangères sont omniprésentes en Inde et au Népal : le cricket et le cerf volant. Le jeu de cricket est relativement compliqué : il se joue à deux équipes, l’une est chargée de lancer une balle que l’adversaire doit frapper avec une batte plate et envoyer le plus loin possible afin que la première équipe ne puisse la rattraper. Pour les cerfs volants, c’est plus simple, il s’agit de les faire voler haut et loin. Mais il existe également des combats de cerfs volants dans lesquels les enfants attachent des bouts de verre à la ficelle de leur cerf volant et le but est de couper les ficelles des concurrents sans se faire couper la sienne.

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cricket

Safari au Parc du Chitwan

Mardi 21 avril 2009

07-10/04/2009

Attention, ne nous méprenons pas, le Chitwan n’a rien à voir avec les ‘Kruger’ ou ‘Serengeti’ africains : il s’agit d’une petite réserve protégée d’environ 1000km², essentiellement constituée de forêt, et qui est bordée par une paisible rivière. Les photos d’il y a un demi siècle montrent des amateurs de chasse au milieu de dizaines de carcasses d’animaux sauvages, mais le temps de l’abondance est révolu et aujourd’hui il ne reste plus dans la région que 370 rhinocéros unicornes, une centaine à peine de tigres, et encore moins d’éléphants sauvages. L’endroit est également présenté comme un paradis pour ornithologues. Nous voici donc prêts à traquer les grosses et moins grosses bêbêtes !

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Dès notre arrivée nous tentons de faire le tri dans les diverses excusions proposées par les agences qui s’agglutinent près de l’entrée du parc. Nous nous rendons vite compte que le programme est toujours le même. Les safaris en jeep et en canoë sont très populaires mais ne nous intéressent pas vraiment car nous souhaitons nous aventurer hors des sentiers battus et mettre toutes les chances de notre côté afin de vivre quelque chose d’unique. Nous optons finalement pour une journée entière de marcher dans le parc en espérant ainsi être au plus près des animaux. Notre principal souci est désormais de trouver les meilleurs guides, ceux qui pourront nous donner toutes les infos nécessaires sur les espèces végétales et animales que nous rencontrerons, et qui seront également à même de traquer et de nous protéger en cas d’attaque soudaine….Vous rigolez, mais dès le soir de notre arrivée nous avons assisté au retour en catastrophe d’un guide qui était parti accompagner un groupe de touristes dans la jungle et qui s’est fait attaquer par un rhinocéros : ce dernier lui avait mordu (et oui moi je pensais que le rhinocéros embrochait, et bien non il mord) l’arrière de la cuisse et le pauvre homme était mal en point…pas très rassurant. Parmi les curieux qui s’étaient rassemblés sur la rive de la rivière qui sépare le village de l’entrée du parc, plusieurs guides nous ont expliqué que cela arrivait et que chaque année plusieurs locaux ou visiteurs étaient blessés voire même tués par des rhino ou plus rarement par des ours à collier ou des tigres… on n’a jamais dit que le safari était une activité sans danger…

Rassurez-vous, nous ne sommes pas aussi fêlés que certains casses coups qui ont leurs émissions sur National Geographic, Planète, et autres chaînes animalières et qui vont observer la dentition des crocodiles dans la gueule même de la bestiole ; nous sommes accompagnés de deux guides qui travaillent chacun depuis au moins 12 ans dans le parc. La visite commence par l’énonciation des mesures de sécurité à respecter en cas de mauvaise rencontre. Très rapidement les premiers animaux sont en vue : il s’agit de groupes de singes. Ils sont faciles à repérer car leurs sauts de branche en branche font bouger les cimes des arbres. On quitte progressivement les grands sentiers pour nous enfoncer dans la jungle. On s’intéresse alors, sur les recommandations de nos guides, aux empreintes qui marquent le sol. On y repère vite des traces de ‘wild cat’, et de rhinocéros. Ce sont ces dernières que nous essayons de suivre. Nos pas nous mènent à plusieurs reprises dans des clairières où visiblement des rhino ont passé la nuit ; nous découvrons aussi les ‘toilettes de rhino’ et apprenons qu’ils font leurs besoins toujours au même endroit (une sorte de marquage de territoire, qui s’avère être remarquablement hygiénique). Notre parcours nous rapproche du centre du parc où se trouvent les principaux points d’eau, meilleurs ‘spots’ pour observer les animaux. Peu avant la pause déjeuner, alors que nous longeons un petit cours d’eau sinueux qui se trouve en contrebas, un des guides nous fait signe de nous arrêter. Comme à chaque fois nous nous immobilisons, l’oreille tendue, le rythme cardiaque s’accélérant à chaque nouveau bruit. Soudain nous comprenons : un énorme rhinocéros femelle est en train de se rafraîchir à une dizaine de mètres devant nous. Nous avançons doucement afin de la contourner et nous retrouver face à elle. Elle nous a entendus et décide de sortir de l’eau. Sa taille est impressionnante ; Bibi multiplie les clichés. Par chance elle choisie de grimper sur la rive d’en face. Avant de disparaitre, elle nous jette un dernier coup d’œil l’air de dire ‘je vous ai vus. Vous avez osé interrompre ma sieste/baignade : gare à vous si je vous recroise sur mon chemin !’. Quelle rencontre ! la magie de cet instant extraordinaire perdure quelques minutes puis nous reprenons lentement notre progression à travers la jungle.

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Entouka, nous sommes ravis de notre journée : on a beaucoup marché mais cela valait le coup ! en plus, nos guides étaient vraiment sympas. On leur a expliqué qu’on venait d’Afrique et ils étaient très curieux de la faune et la flore qu’on rencontre là-bas. L’un d’eux nous a fait beaucoup rire quand il a remarqué : « l’Afrique….je crois qu’il y a quelques noirs là-bas, non ? ».

Après cette longue journée de safari pédestre, nous nous octroyons une journée beaucoup plus cool, une journée spécialement conçue pour Nounoune puisque le thème central en est : l’éléphant.

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Nous démarrons avec la visite de la ‘nursery’ : il y a encore quelques dizaines d’années la plupart des éléphants qu’on trouvait au Népal venaient d’Inde et de Thaïlande. Puis le gouvernement a décidé de créer son propre centre d’élevage. Le centre compte de nombreux éléphanteaux très espiègles. Les plus jeunes ne sont pas attachés et si vous leur présenter des biscuits ils pourront se montrer très collants. Nous avons beaucoup rigolé en observant quelques visiteuses indiennes se précipiter vers les éléphanteaux pour les couvrir de fleurs et de sucreries (en hommage à Ganesh, dieu à tête d’éléphant et porte bonheur) et ensuite partir en courant lorsque les pachydermes gourmands se lançaient à leur poursuite.

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L’activité suivante – grand classique du Chitwan - m’a permis de réaliser un de mes rêves, puisque j’ai pris un bain avec un éléphant ! Montée directement derrière la tête de l’éléphante, celle-ci s’est longuement amusée à puiser de l’eau dans sa trompe et m’en asperger, avant de s’immerger totalement dans l’eau pour me désarçonner. C’était vraiment très chouette et le spectacle a ravi le public venu en nombre pour l’occasion.

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Nous avons terminé la journée par THE attrape touristes du parc : la balade à dos d’éléphant. Tous les touristes se retrouvent dans des nacelles extrêmement inconfortables (croyez moi c’est bien pire que les selles de chameaux). Tous les éléphants se suivent les uns les autres sur un chemin tracé au cœur d’une petite forêt. Le parcours est fait de telle sorte qu’on voit des rhinocéros dans une clairière, ensuite d’autres rhinocéros dans un bain de boue ; ensuite les éléphants eux-mêmes traversent quelques rivières avant de revenir tranquillement au point de départ. Aucune spontanéité mais très chouette quand même pour les photos !

pssshhhhhhiiitttt

Je termine par un petit coucou à un charmant couple de Toulonnais (Michel et Karine) qui nous ont filé plein de tuyaux sur la Polynésie Française où ils ont récemment passé leur lune de miel. Un grand merci à eux et bon vent pour les voyages à venir !

Et encore quelques clichés, juste pour le plaisir !!!!

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Trek de Jomsom, suite et fin

Mardi 21 avril 2009

Jour 7 Tatopani (1190m) – Sikha (1940m) 7kms

31/03/09

L’étape d’aujourd’hui n’est pas très longue mais ce n’est que de la montée, et ça commence dur avec une ascension de plus de 360m en à peu près 2km ! On grimpe péniblement une marche après l’autre en essayant de ne pas regarder en haut car ne pas voir le bout de cet ‘escalier’ est plutôt décourageant. Des caravanes de mulets lourdement chargés descendent avec agilité vers la vallée ; le tintement de leur cloche nous prévient de leur arrivée et nous permet de leur laisser le chemin libre (je ne suis pas mécontente d’en rencontrer plusieurs car cela augmente le nombre de pauses que nous faisons). Le soleil n’est pas encore très haut dans le ciel mais ces deux premières heures de montée abrupte nous font bien suer ! Nos efforts sont récompensés : une fois arrivés en haut une magnifique vue nous attend. Nous découvrons une large vallée entourée de collines. De nombreux villages et hameaux sont visibles sur les pentes tandis que le reste du paysage dévoile de vertes cultures en terrasse. A partir de là la pente est bien plus douce et nous suivons un chemin pavé qui traverse la plupart des zones d’habitation du versant sur lequel nous nous trouvons. Nous avons pénétré en zone maoïste comme nous l’indique un panneau et nous remarquons progressivement les éléments typiques de la zone de plateaux népalais : des maisons aux murs de terre peints en rouge, des toits en pente, des buffles en train de travailler dans les champs, et des épis de maïs qui sèchent aux balcons. La plupart des habitants de la région passent les heures chaudes de la journée dehors, au soleil, et nous ne comptons plus le nombre de salutations -‘namaste’-auxquelles nous avons droit et répondons poliment.

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Arrivés à Sikha nous posons nos affaires au premier hôtel dont nous sommes d’ailleurs les seuls clients, ce qui fait que la famille gérante est aux petits soins pour nous (plutôt agréable !). Notre chambre bien que des plus rudimentaires (4 murs et un lit) nous offre grâce à ses deux fenêtres une vue imprenable sur le Dhaulagiri et le Mont Tukuche, que demander de plus ?!

Jour 8 Sikha (1940m) – Ghorepani (2750m) 7kms

01/04/09

Rebelotte ! Encore un peu plus de 800m de dénivelé à se mettre dans les jambes (et ce n’est pas un poisson d’avril !). Le guidebook que nous utilisons pour nous repérer indique que cette étape est moins éprouvante que celle d’hier mais plus nous progressons et moins je suis d’accord avec ce qui est écrit.


En quittant Sikha nous rencontrons un fort sympathique groupe de 3 Québécois accompagné de leur guide et porteurs avec lesquels nous passerons l’essentiel de la matinée. Nous discutons de plein de choses et nous rendons compte que nous avons des connaissances en commun (une de nos anciennes collègues à Kinshasa) comme quoi le monde est vraiment petit. Un grand bonjour à eux s’ils nous lisent ! Ils nous ont filé quelques tuyaux sur le Vietnam, pays qu’ils connaissent déjà un peu et j’en profite pour citer une initiative dont ils sont à l’origine et qui mérite toute notre attention ; il s’agit d’une association qui récolte les lunettes pour les envoyer ensuite au Vietnam. Voici leur site : www.visionvietnam.ca

Nous ne faisons que monter, et même si l’environnement est un régal pour les yeux – forêts de rhododendrons et magnolia parsemées de clairières d’où l’on aperçoit les sommets enneigés - , j’en ai littéralement plein le dos et désespère de n’avoir que des marches de pierre à perte de vue devant moi. Bibi fait ce qu’il peut pour m’encourager mais je passe la dernière heure et demi du trajet à maudire cette randonnée, en avançant à la vitesse d’une tortue. En fait Bibi n’est pas de très bon poil aujourd’hui car suite à une panne (un poteau s’est effondré), il n’y a plus d’électricité dans la vallée depuis 2 jours. Il n’a pas pu recharger la batterie de l’appareil photo qui est désormais complètement vide, et un Bibi qui ne peut pas prendre de photo à sa guise est un Bibi bien malheureux et frustré. Espérons qu’à Ghorepani le courant sera au rendez-vous….

caravane

A Ghorepani, nous cherchons en vain un endroit où on pourrait brancher la batterie de l’appareil photo. La situation est vraiment critique car c’est demain matin aux aurores qu’on est censé grimper encore de plusieurs centaines de mètres pour admirer le lever de soleil sur une dizaine de sommets qui s’élèvent de 6000 à 8200m. Bibi se faisait une joie d’aller y traquer LE cliché de la randonnée…

On se couche dans le noir, le moral un peu dans les baskets, mais Bibi remarque par la fenêtre que l’hôtel d’en face est illuminé ; furieux il se rhabille et descend voir le gérant pour lui faire comprendre son mécontentement. Il lui avait demandé plus tôt dans la journée s’il y a avait un générateur dans la ville et on lui avait répondu que non mais qu’il ne fallait pas s’inquiéter car le courant allait revenir dans la soirée. Bibi revient se coucher en traitant l’hôtelier de tous les noms. Vers 22 heures la femme du gérant vient taper à notre porte en criant « electricity is back ! ». Alleluïa ! tout n’est pas perdu. La nuit est assez mauvaise car les cloisons des chambres sont épaisses comme du papier à cigarette et le système de fermeture des portes est des plus bruyants (il s’agit de loquets très grinçants) ce qui fait qu’on entend tous ceux qui se lèvent pour aller aux toilettes, qui toussent, qui ronflent, etc…

A 5h00 tout le monde s’agite et se prépare pour monter au point de vue. En tirant les rideaux on se rend compte que les nuages ont envahi la vallée : on ne voit pas à 15 mètres. Bibi me conseille de rester au lit car la vue risque de ne pas être meilleure là-haut. Je le vois quitter l’hôtel entouré de dizaines de randonneurs emmitouflés dans leurs parka et affublés de leur lampe frontale. Je suis la situation météo à travers mes fenêtres : les nuages ne semblent pas se dissiper malgré le jour qui se lève. Une heure plus tard je vois Bibi qui redescend en compagnie des Québécois rencontrés la veille. Ils me font signe qu’ils n’ont rien vu du tout. Je ne regrette vraiment pas d’être restée bien au chaud sous la couette, d’autant qu’aujourd’hui une nouvelle longue étape nous attend.

Jour 9 Ghorepani (2750m) – Tadapani (2700m) 9kms

02/04/09

Une des plus belles étapes du trek. Ça démarre par une belle montée qui nous mène sur une crête brumeuse avant de plonger dans une incroyable forêt humide tropicale (alors que nous sommes encore à bien plus de 2500m d’altitude !). Nous descendons doucement l’escalier de pierre, le nez en l’air pour ne rien manquer des cascades, rochers recouverts de mousse, arbres à lianes et colonies de singes qui nous entourent. Un tel spectacle nous fait vite oublier nos maux de genoux.

paysage-route-vers-tadapani

Plus bas, alors que nous sommes sortis de cette fabuleuse forêt la descente continue toujours aussi vertigineuse. Nous croisons plusieurs groupes de randonneurs plus ou moins en forme, la plupart ont le visage rouge écarlate et le souffle court, et nous n’osons pas leur raconter ce qui les attend pour rejoindre Ghorepani. Nous sommes bien contents de faire le trajet dans le sens de la descente !! Notre bonheur sera pourtant de courte durée car alors que nous entamons une énième pente dont nous ne voyons pas le fond, nous remarquons quelques randonneurs progresser à notre hauteur sur le versant d’en face… Bibi essaie de se convaincre qu’il s’agit de ceux qui vont vers Chomrong, une ville au nord est de Tadapani, mais après quelques minutes il nous faut bien nous rendre à l’évidence : nous allons devoir remonter tout ce que nous sommes en train de descendre, un détail que le guidebook s’est bien gardé de mentionner…

Arrivés à Tadapani, nous suivons machinalement le groupe qui nous précède et nous installons dans un hôtel plus que minable. La chambre est minuscule, aveugle, très mal isolée, et le lit est tout étroit, le tout pour 2 fois plus cher qu’ailleurs, bref THE arnaque of the trek (il fallait bien qu’on se fasse avoir une fois). J’espère au moins pouvoir profiter d’une douche chaude tel que le panneau l’indique. Je me rends dans l’une des 2 douches communes qui se situent sur le côté du bâtiment. Avant toute chose : vérifier qu’il y a bien de l’eau chaude. Satisfaite de la température que j’obtiens, je me déshabille. Au moment où je rouvre le robinet, j’entends le type qui est dans la douche d’à côté hurler avec un accent qui ne peut être que français : « the water is too hot ! it’s like a sauna, please do something ! » J’ai à peine le temps de comprendre ce qui est en train de se passer que je l’entends lancer un ‘thank you’ et que je me retrouve à court d’eau chaude. Quel imbécile !!! Il y a deux boutons, un pour l’eau chaude et un pour l’eau froide ; si c’est trop chaud, il suffit de rajouter de l’eau froide ! Et puis de toute façon ce n’est jamais trop chaud vu la température extérieure… Je suis restée 10 mn, à poil à attendre en vain le retour de l’eau chaude. Ils avaient tout bonnement coupé l’arrivée d’eau chaude. Dépitée (et franchement en colère contre ce compatriote) je me suis rhabillée et suis allée raconter ma mésaventure à Bibi qui n’a même pas tenté la douche ce soir là.

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Jour 10 Tadapani (2700m) – Naya Pul (1070m) 18kms puis retour sur Pokhara

03/04/09

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Une très longue étape de descente pour terminer ce trek. Nous étions a priori censés la faire en deux jours, avec une escale dans le très beau village de Gandruk, mais bien que cette randonnée nous ait pleinement satisfaits, la perspective de retrouver les bons restos et notre petit hôtel de Pokhara a été la plus forte et nous a fait presser le pas. Nous dévalons les escaliers, traversons les champs en terrasse, doublons les caravanes de chevaux et mules jusqu’à atteindre le fin fond de la vallée où nous pouvons prendre un bus qui nous ramène à Pokhara.

foret-entre-tadapani-et-naya-pul

Nous voilà de retour, un peu poussiéreux, mais vraiment heureux et des images plein les yeux ! Bibi a déjà décidé qu’il reviendra faire le circuit complet du Tour des Annapurnas combiné au Camp de Base (durée d’environ un mois) : avis aux amateurs !!

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Trek de Jomsom, jours 4-6

Mardi 21 avril 2009

Jour 4 Marpha (2670m) – Kalopani (2530m) 18kms

28/03/09

Une longue journée de marche pour cette étape qui nous transporte à travers de beaux villages Thakali situés le long de la rivière, et qui offre à nos yeux de belles pentes boisées, le tout surmonté des magnifiques chaînes enneigées du Dhaulagiri et du Nilgiri.

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La région de Marpha est devenue le refuge de nombreux Tibétains qui ont combattu l’occupant chinois avec l’aide de la CIA jusque dans les années 70. Par la suite le gouvernement népalais les a également persécutés pour leurs activités clandestines mais la Croix Rouge a permis la conservation de plusieurs campements qui sont visibles de l’autre côté de la rivière que nous longeons.

4km après Marpha nous atteignons le beau village de Tukuche, ancienne plaque tournante du commerce du sel entre l’Inde, le Népal et le Tibet. Les caravanes arrivaient du nord chargées de sel et de laine que les commerçants échangeaient contre des céréales. La petite ville garde les marques de cette richesse passée à travers son impressionnante architecture : plusieurs rues sont bordées de grosses bâtisses avec balcons et fenêtres sculptées : il s’agit là principalement des anciennes résidences des commerçants, de leurs entrepôts et bureaux…). A la fin des 50’s la région a assisté au déclin et éventuellement à la fin du commerce du sel : les marchands ont progressivement quitté la ville et laissé leurs belles demeures à l’abandon. Le développement du tourisme a sauvé bon nombre de ces bâtiments qui sont aujourd’hui devenu de confortables lodges pour les trekkeurs.

La route progresse le long de la rivière qui est quasiment à sec à de nombreux endroits ce qui nous permet de prendre (parfois sans même nous en rendre compte plusieurs raccourcis en la traversant). Peu à peu le chemin prend de la hauteur et nous arrivons finalement en face de ce qui m’a paru être un (très) long pont suspendu. (Je ne l’ai pas inscrit dans ma description mais sachez que j’ai terriblement peur du vide). J’ai un instant eu l’espoir que nous pouvions suivre le chemin à droite de la rivière mais une habitante locale nous a malheureusement confirmé qu’il fallait traverser pour atteindre Kalopani. Prenant mon courage à 2 mains (enfin plutôt une car de l’autre je m’agrippais fortement au sac à dos de Bibi) je suis Bibi qui s’avance sur le pont et qui me répète continuellement de ne surtout pas regarder en bas mais droit devant. J’arrive finalement de l’autre côté, les genoux tremblants et le cœur battant mais tout de même relativement fière de moi !

Quelques dizaines de minute plus tard, nous atteignons le charmant petit village de Kalopani, éblouis par une magnifique vue sur les sommets alentours (c’est à Kalopani que nous pouvons pour la première fois admirer l’Annapurna I) et notamment le superbe glacier du Dhaulagiri. Ici les terres arides ont définitivement laissé place aux forêts de pins ; à peu de choses près, on pourrait se croire dans nos chères Alpes.

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Jour 5 Kalopani (2530m) – Dana (1440m) 18kms

29/03/09

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Avec un panorama comprenant (en partant de la gauche) le Dhaulagiri (8167m)et son glacier, le Mont Tukuche (6920m), les Nilgiri nord, centre (6940m) et sud (6839m), et l’Annapurna I (8091m), Kalopani est certainement un des meilleurs endroits pour apprécier la plus profonde vallée du monde, celle qui s’ouvre entre les 7ème et 10ème plus hauts sommets.

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Nous quittons Kalopani de bon matin, prêts pour une rude journée de marche (on va se prendre tout de même plus de 1100m de dénivelé négatif dans les gambettes !), mais ne sachant pas qu’il s’agira en fait d’une des étapes les plus éprouvantes de notre trek…

La descente s’amorce de façon assez sévère très peu de temps après avoir quitté Kalopani. Le chemin qui n’est plus qu’un minuscule sentier de terre zigzague sur une pente vertigineuse. Arrivée une centaine de mètres en contrebas j’ai le plaisir de constater qu’il nous faut à nouveau traverser un pont suspendu (long de 107m). Il y en aura 3 autres dans cette même étape, ce qui me permettra de m’habituer et gagner en aisance pour la traversée. En chemin nous rencontrons de nombreux sadhu, des hommes (et aussi quelques femmes) en quête de sainteté. Pour cela ils ont fait vœu de pauvreté et consacre généralement une douzaine d’années de leur vie à la méditation et à des pèlerinages. Ils sont vêtus de pagne orange et ne possèdent souvent qu’une couverture, un bâton et un bol pour recevoir la nourriture que les hindous qui leur vouent un grand respect leur donnent chaque jour (en fait pour un hindou, pratiquer régulièrement l’aumône augmente considérablement son karma). Les sadhu font souvent aussi des vœux très bizarres pour preuve de leur foi : la plupart ne se coupent jamais les cheveux ni la barbe ; certains se laissent pousser les ongles, d’autres encore comme celui que nous rencontrons ce matin, s’attachent les testicules avec une chaîne qu’ils laissent ensuite pendre entre leurs cuisses… les sadhus sont devenus avec l’essor du tourisme en Inde et dans toute la région un véritable phénomène ‘commercial’ : ils se barbouillent la figure de rouge et jaune, se parent de collier de fleurs, jouent d’un instrument, ou se déshabillent devant vous pour être pris en photo et ensuite réclamer un ‘backshish’.

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Le chemin continue de descendre, avec une succession de marches en pierre – certains endroits sont même en marbre - , et je commence à regretter de n’avoir pas investi dans des bâtons pour mieux accompagner mes pas. Une pause café s’impose dans le petit village de Ghasa. On a déjà mal aux pieds alors qu’on n’a pas encore parcouru la moitié de l’étape….pas très encourageant tout ça !

Mais les déboires ne font que commencer : à la sortie du village de Ghasa, on se trompe de chemin et on débouche sur un petit pont de bois qui nous semble assez branlant. Ne voyant pas d’alterntive nous l’empruntons et arrivons sur un étroit sentier à flanc de falaise. Un peu plus loin le sentier est coupé suite à un éboulement. Après avoir hésité à rebrousser chemin, on se décide à se lancer dans quelques enjambées acrobatiques pour poursuivre notre route. On commence toutefois à avoir de sérieux doutes quant à la fiabilité de cet itinéraire ! Quelques dizaines de mètres plus loin on aperçoit un long pont suspendu (tout beau tout neuf) : il s’agit certainement de celui qu’on aurait du prendre. Soulagement, nous ne sommes pas si loin du sentier normal. Reste à rejoindre la plateforme d’arrivée du fameux pont, ce qui nous demande encore quelques acrobaties pas évidentes à réaliser avec un sac sur le dos… Après toutes ces émotions nous continuons à progresser sur l’étroit sentier qui longe la rivière, mais à plusieurs dizaines de mètres de haut. On arrive au petit hameau de Pairothapla, dernier village du district Mustang. De là démarre une descente que je qualifierais d’infernale : 300 mètres de dénivelé sur une très courte distance, des marches qui n’en finissent plus et nos pieds et genoux qui nous signifient leur désapprobation quant au choix du terrain traversé. Ce n’est qu’une heure plus tard que nous atteignons Dana, misérables trekkeurs clopin-clopant. Seul réconfort pour nos petits corps meurtris par cette dure journée, nous sommes bien descendus dans la vallée et nous pouvons enfin quitter nos vestes polaires et chaussettes en laine, Youpi !!

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Jour 6 Dana (1440m) – Tatopani (1190m) 5kms 30/03/09

Aujourd’hui nous optons pour une très courte étape histoire de nous remettre de notre épreuve d’hier, mais aussi de prendre des forces pour la suite car les jours à venir seront principalement constitués d’ascension.

La petite ville de Tatopani est très populaire auprès des trekkeurs car elle comporte plusieurs sources d’eau chaude (c’est d’ailleurs ce que son nom signifie). Imaginez en effet la joie des randonneurs fourbus à l’idée de s’immerger dans des bassins d’eau chaude : quel bienfait inéspérépour des muscles fatigués ! Dès notre arrivée, nous partons explorer le site et ne tardons pas à en revenir extraordinairement déçus. Il s’agit en fait d’un simple petit trou bétonné situé au bord de la piste qu’empruntent des dizaines de bus et de jeeps chaque jour. Bonjour la poussière et l’intimité ! Tous les randonneurs et leurs guides/porteurs s’y précipitent, rien à voir avec ce qu’on imaginait…et en plus l’accès est payant ! On retourne à notre chambre d’hôtel pour ranger nos maillots de bain. De toute façon il pleut la majeure partie de l’après midi, comme quoi nous avions été bien inspirés de nous rendre dans le ‘book shop’ de la ville pour y acheter quelques livres. Nous passons donc la journée dans notre chambre, à l’écart de la pluie et de la foule de touristes qui a assiégée Tatopani. N’ayant pas rencontré beaucoup de monde en chemin jusqu’à présent je me demande d’où viennent tous ces gens et où ils vont. En fait il existe un petit circuit qui parcoure les basses plaines du parc des Annapurnas, Tatopani en constitue certainement une étape.

Je profite du récit de cette courte journée pour revenir sur l’expédition de Maurice Herzog dont j’ai déjà parlé un peu plus haut. J’ai eu l’occasion d’en apprendre davantage sur cet incroyable exploit (la première ascension de l’Annapurna I à 8091m en 1950, soit 3 années avant le succès de Sir Edmund Hillary et son sherpa sur le Mont Everest) car le livre choisi par Bibi (un des seuls disponibles en français) le relate dans ses moindres détails. Il s’agit d’une histoire passionnante, au terme de laquelle je ne parviens toujours pas à comprendre ce qui pousse ces gens à entreprendre de telles folies. Pour résumer : l’équipe des 8 montagnards français est arrivée sur place en avril 1950. L’accès à l’Himalaya par le Népal était ouvert depuis peu et il était important que la France se positionne comme grande nation de montagnards, aux cotés notamment des Américains et Britanniques. Pas moins de 200 porteurs ont été embauchés pour transporter 41/2 tonnes d’équipement et 11/2 tonne de nourriture. Venus à l’origine pour conquérir le Dhaulagiri, l’équipe s’est vite rendu compte qu’aucune voie praticable ne menait au sommet ; ils se sont donc rabattus sur l’Annapurna. C’est vers le 20 mai 1950 que les montagnards maitrisent totalement leur itinéraire et démarrent l’ascension. 15 jours et 5 camps d’altitude intermédiaires plus tard, 2 d’entre eux atteignent le sommet. La descente sera semée d’embûches (avalanches, chutes dans des crevasses), et surtout incroyablement douloureuse pour les deux héros qui y laissent la plupart de leurs doigts et orteils gelés. La passion de la montagne, OK, le dépassement de soi, je veux bien, mais à quel prix ? Ceux-là ont finalement eu la chance d’en revenir vivants (mais pas entiers…), mais que dire de tous les autres ? (40% des alpinistes qui ont tenté l’ascension y sont morts). J’avoue que je ne comprends pas la motivation mais je salue le courage de ces hommes et je vous encourage à lire ce récit et bien d’autres du même type.

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Et pour finir, je vous fais part de la conclusion de Bibi : « il y a chaque année des milliers de morts sur les routes de France, et quitte à crever, je préfère mourir à 8000 mètres d’altitude plutôt qu’au bord de l’A7, même si on l’appelle l’Autoroute du Soleil »….. no comment.

Trek de Jomsom, jours 1-3

Mardi 21 avril 2009

Le trek de Jomsom constitue le dernier 1/3 du grand circuit qui fait le tour des Annapurnas. Il correspond également à un chemin de pèlerinage très populaire auprès des hindous de toute la région. Le trajet débute à de hautes altitudes (plus de 3600m) pour redescendre vers Pokhara ; le randonneur traverse tout d’abord des paysages lunaires et stériles avant d’atteindre des pentes boisées et de magnifiques forêts de rhododendrons. Les sommets culminant à plus de 8000m sont visibles tout au long du périple.

Trek de Jomsom – Jour 1            Muktinath (4000m)

25/03/2009

Mercredi, 5h00 : ça y est, c’est le grand jour ! Nous partons dans la montagne ! Bibi est super excité, moi un peu moins car nous devons prendre un petit avion pour monter à 2800m. Nous quittons l’hôtel où nous avons pu laisser toutes nos affaires ‘non essentielles’ ; comme nous avons choisi de nous balader sans guide et sans porteur, Bibi a conservé son grand sac à dos que nous avons essayé d’alléger au maximum, mais je crois bien qu’il accuse tout de même une bonne dizaine de kilos… je suis quant à moi en charge des matériels ‘sensibles’ (papiers, argent, appareil photo…).

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8h00 : le vol s’est très bien passé ; on a eu droit à de formidables vues sur les sommets. Les pilotes qui font le trajet 4 à 5 fois par jour profitent du beau temps pour passer près des crêtes, au grand bonheur des passagers. Nous arrivons à Jomsom sous un magnifique soleil mais la fraicheur de l’air a tôt fait de nous rappeler que nous sommes à 2800m d’altitude. Jomsom, capitale du district Mustang, est une petite ville relativement moderne qui a profité de l’afflux de réfugiés tibétains dans les années 60 pour se développer (l’aéroport date de cette époque). La rue principale est désormais bordée d’hôtels et guest houses pour tous les types de bourses ; l’un d’eux a été rendu célèbre car il a accueilli Jimi Hendrix en 1967 qui a laissé quelques unes de ses pensées sur les murs de sa chambre.

9h00 : rien de tel pour se mettre en jambe qu’un bon petit déjeuner. Nous sommes censés quitter Jomsom dans la matinée et démarrer la descente, mais Bibi qui est sous le charme de la montagne a vu la plupart des trekkeurs partir dans la direction opposée et une idée lui trotte dans la tête. La ville de Muktinath, destination finale des pèlerins ne se situe qu’à 2 jours de marche…nous apprenons même que des jeeps peuvent nous y emmener en quelques heures. Située à plus de 3800 mètres le paysage promet d’être grandiose ! Je vois bien que l’envie d’aller plus haut le démange, et après de longues minutes de tergiversations (on y va, on n’y va pas), on se décide à modifier nos plans initiaux pour effectuer le pèlerinage en entier et monter à Muktinath. Nous optons pour le trajet en jeep (pas très glorieux pour de grands trekkeurs comme nous, mais c’est rapide) ; au final ce détour prolonge notre itinéraire de 3 jours, mais après tout nous avons le temps.

10h45 : la plupart des passagers des jeeps sont des Indiens et Népalais qui se rendent aux temples de Muktinath. Le véhicule gravit un chemin sinueux pendant un peu plus d’une heure. Les précipices que nous longeons sont impressionnants. Arrivés à Muktinath chaque centimètre de notre peau qui n’est pas couvert constate que nous sommes à près de 4000 mètres : il fait froid !!

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Après midi : après un bon déjeuner chaud (pris sans enlever nos vestes, ni nos gants) nous partons visiter les fameux temples. Le complexe renferme quatre temples, dont 2 sont vraiment visités par les pèlerins. Dédié à Vishnu, le principal édifice est entouré de 108 sources d’eau. Selon la légende elles ont été créées lors de la visite du Guru Rimpoche à Muktinath, lorsque chacun des gurus qui l’accompagnaient ont planté leur bâton dans la terre pour en faire jaillir l’eau sacrée. L’autre attraction du complexe est un feu sacré qui brûle à proximité d’une source d’eau glacée, sous l’autel du Dholambar Gompa. Il s’agit en fait d’une simple flamme bleue provenant d’un gisement de gaz naturel, mais l’association du feu, de l’eau et de la terre revêt pour les personnes pieuses une grande signification religieuse. Une jeune nonne qui gardait ce temple nous a expliqué que le complexe est habituellement la résidence d’une soixantaine de ses semblables, mais que pendant les rudes mois d’hiver la plupart partent pour Katmandou et seule une petite dizaine garde les temples. Je n’aimerais vraiment pas être à leur place. L’endroit est certes très sauvage et beau, mais nous sommes au début du printemps et je n’arrive pas à me réchauffer ; j’ose à peine imaginer les températures qu’elles endurent au plus profond de l’hiver !

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Sur le chemin du retour à l’hôtel il me semble que le froid se fait de plus en plus mordant. Je rêve d’un bon feu de cheminée, mais je ne vois pas de fumée sortir des toits du village… En fait les murs protègent du vent, mais pour le reste il fait tout aussi froid dedans que dehors ; nous sommes donc condamnés à garder tous nos vêtements sur nous. La seule solution pour ne pas geler sur place est de boire du thé ; les Autrichiens qui sont à côté de nous ont commandé une grande thermos de thé bien chaud et ne cessent de remplir leur verre. On peut également opter pour l’alcool (choix populaire auprès des populations locales semble-t-il) mais l’effet n’est pas immédiat, et en attendant….on a froid ! Entre temps il a commencé à neiger, d’abord légèrement, mais les flocons se font de plus en plus gros.

Les heures passent (très lentement) et il neige toujours ; tous les clients de l’hôtel Bob Marley (un nom pareil, à 4000m fallait y penser !!) se retrouvent dans la grande salle à manger pour essayer de partager le peu de chaleur qu’ils ont. Finalement, nous voyant transis de froid, les gérants se décident à nous faire profiter de leur système de chauffage : sous les tables se trouvent des trous dans lesquels ils placent des braseros. Les braises ne tardent pas à dégager une forte chaleur. Je suis aux anges, mais mon bien être est de courte durée car les braises faiblissent et je me retrouve bientôt à avoir aussi froid qu’avant (si ce n’est plus).

De toute façon maintenant que nous sommes ‘en route’, nous devons prendre le rythme des trekkeurs, à savoir se coucher avec le soleil et se lever avec le soleil. La plupart des trekkeurs emportent avec eux leur sac de couchage ; nous avions décidé de laisser les nôtres à Pokhara… Nous n’hésitons pas à demander 2 couvertures supplémentaires avant de rejoindre notre chambre. Avec celles qui se trouvent déjà sur notre lit, et les nombreuses couches que nous portons, cela devrait suffire pour cette nuit !

Jour 2 Muktinath (4000m) – Kagbeni (2800m) 10kms

26/03/09

Cette première nuit a été plutôt mauvaise. Nous nous sommes réveillés vers minuit avec un mal de crâne du tonnerre (on se doutait bien que passer de 850 à 4000 mètres en une demi-journée allait avoir quelques conséquences…). Lorsqu’on parvient à rassembler assez de courage pour sortir du lit, on constate qu’il neige toujours ; il est bien tombé une quinzaine de centimètres depuis hier.

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Nous prenons la route et très vite les flocons sont replacés par de très beaux rayons de soleil. Nous sommes époustouflés par la beauté des paysages qui nous entourent. Nous progressons à travers des terres arides, avec pour seul horizon des gorges profondes et des sommets enneigés. Une route a été percée pour les jeep mais le chemin que nous empruntons est celui du pèlerinage ; nous traversons plein de petits villages perchés sur d’abruptes parois. Tous sont dominés par de mignons monastères de briques rouges que nous pouvons visiter si nous le souhaitons.

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La descente sur le village de Kagbeni est très pentue ; nous croisons des dizaines de pèlerins qui se rendent à Muktinath. La plupart me font vraiment peine à voir. Il s’agit principalement de personnes d’un certain âge ; beaucoup de femmes portant de lourdes charges à la force de leur cou (les sacs sont positionnés sur le dos, mais une courroie placée sur le haut du front supporte le poids) ; à leurs pieds, des tongs et des chaussettes (pas idéal pour marcher dans la neige et la gadoue) ; j’ai beau me dire que les Népalais sont un peuple de montagnards et qu’ils sont dans leur élément, je ne peux m’empêcher de les trouver un peu inconscient sur ce coup-là. Un homme m’arrête ; il n’est pas peu fier de me présenter son père qui a 83 ans ! Certains nous demandent si Muktinath est encore loin. Well, let’s see….nous faisons le chemin dans le sens de la descente et nous marchons depuis plus de 3 heures ; vous êtes très chargés, plutôt âgés et mal équipés, et vous allez dans le sens de la montée…donc oui je pense que vous en avez pour plus de 2 heures….bien plus de 2 heures !!! Qu’est ce que la foi ne fait pas faire !!

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Arrivés à Kagbeni, nous nous rendons au célèbre Yak Donald’s pour déguster un excellent YakBurger ; un peu plus tard, la douche chaude de l’hôtel est un miracle.

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Jour 3 Kagbeni (2800m) – Marpha (2670m) 11,5kms

27/03/09

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C’est une journée de marche plutôt facile, le chemin longeant le lit de la rivière Kali Gandaki. La seule contrainte est de partir tôt le matin car à partir de la mi journée la plaine est balayée par un vent très violent qui rend difficile la progression des marcheurs. Le sol que nous foulons est stérile, pratiquement uniquement constitué de cailloux , parmi lesquels figurent des ammonites en grand nombre. Il s’agit de galets ronds de couleur noire qui sont en fait des fossiles d’un mollusque qui vivait enroulé dans un coquillage. La région en est pleine et certains locaux passent leur temps à les ramasser pour ensuite les revendre aux pèlerins qui les considèrent comme des formes du Dieu Vishnu.

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Cette étape nous ramène à Jomsom notre point de départ où nous nous arrêtons pour la pause thé avant de poursuivre notre route vers Marpha, « la capitale de la pomme au Népal ».

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Ici le paysage change un peu ; il se fait plus vert, le village est entouré de pommiers et adossé contre une grande paroi rocheuse. En hauteur on distingue un temple et plus haut encore accroché à la pierre une petite hutte qui abrite un moine ermite. Le village de Marpha est très charmant et vaut le détour. On y entre en passant à travers un Kani - large mais basse structure en pierre en forme d’arche. Il faut se baisser pour y entrer mais le toit est creusé et renferme souvent de belles peintures et des moulins à prières. De très belles bâtisses aux murs d’un blanc éclatant bordent la rue principale. Le village est célèbre dans toute la région pour sa propreté ; il possède même un système d’évacuation des eaux usées sous-terrain !

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Après un bon repas et une douche malheureusement bien fraiche à mon goût, nous sommes allés visiter le monastère et avons longuement parcouru les boutiques d’artisanat qui bordent la rue principale. Nous y avons trouvé de très beaux objets, notamment des boîtes à encens et moulins à prières décorés de turquoise ; les prix nous ont semblé relativement raisonnables, mais nous n’avions malheureusement pas prévu de tels achats pendant le trek et avons donc peur de ne pas avoir assez d’argent pour le reste de la randonnée ; espérons que nous trouverons des pièces semblables à Pokhara ou Kathmandou !

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Avant de poursuivre notre route, sachez que la culture de la pomme a débuté à Marpha dans les années 60, dans le cadre d’une expérimentation. Un sherpa parti étudié l’horticulture en France a tenté de planter plusieurs variétés de pommiers et ce fut un succès qui a depuis été reproduit dans toute la vallée.

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Pokhara, ‘ville carte postale’

Dimanche 5 avril 2009

21-24/03/2009

Notre premier passage de frontière s’est déroulé sans encombre ; j’espère que les suivants seront semblables ! J’aurais pu me passer de l’étape nocturne dans la ville sinistre de Ghorakpur (l’hôtel remportant haut la main la palme de la chambre/salle de bain la plus sale jusqu’alors rencontrée, vous savez celle où on ose rien toucher….) mais apparemment il n’y a pas trop le choix, c’est ça ou bien une nuit tout aussi glauque au poste frontière de Sonauli. Pour le reste, rien à signaler ; on a bien eu droit aux désagréments habituels des transports en commun, à savoir le bus qui met deux heures à se remplir, le chauffeur qui nous assure qu’on sera arrivé à 19h alors qu’on est toujours en route à 21h30,… L’achat des visas s’est passé comme une lettre à la poste, avec en prime un officier des douanes des plus charmants qui n’a cessé de nous souhaiter un excellent séjour au Népal.

Arrivés à Pokhara alors qu’il faisait déjà nuit ce n’est que le lendemain matin que nous découvrons notre nouvel environnement. Et quelle surprise !! Bibi ouvre un œil, et puis l’autre ; il entrouve le rideau qui se trouve derrière nos têtes et je le vois soudainement sauter hors du lit et se précipiter vers les différentes fenêtres de la pièce. Il est comme fou : « Nounoune !! Regarde moi ça ! J’ai jamais vu des montagnes pareilles ! C’est dingue ! ». En moins de temps qu’il ne faut pour le dire Bibi s’habille, attrape l’appareil photo et disparait. Je le retrouve quelques minutes plus tard sur le toit terrasse en train de mitrailler l’horizon. Il faut dire que le panorama est à couper le souffle : le ciel est bleu, pas un nuage en vue, et devant nous se dresse l’imposante chaîne des Annapurnas. Nous passons la journée à déambuler dans le quartier ‘touristique’ de Pokhara qui se déroule le long du lac Phewa, le deuxième plus vaste du Népal.

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Imaginez : un lac sur lequel glissent de nombreuses barques entouré de collines verdoyantes, avec au loin les sommets enneigés de l’Himalaya…le tout dans un climat parfaitement reposant alliant soleil et air frais, plutôt enchanteur, non ? Les chevaux Mustang remplacent les vaches et portent d’énormes cloches au cou, le fromage de Yack remplace le gruyère, mais la ressemblance avec nos Alpes est forte (ce n’est pas pour rien que les Rösti figurent sur la carte de la plupart des restaurants de la place !!).

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Le fait que le quariter Lakeside de Pokhara soit touristique présente certes des avantages non négligeables, tels que la présence en masse de restaurants, de petits supermarchés et de magasins d’équipement de montagne ; par contre le revers de la médaille est que les boutiques d’artisanat, elles aussi fort nombreuses, pratiquent des prix exorbitants et il nous est quasiment impossible de négocier quoi que ce soit car les commerçants savent qu’ils pourront écouler leurs marchandises à des prix élevés auprès des grands groupes de touristes. Nous nous résolvons donc à établir mentalement la liste des objets qui nous plaisent et que nous espérons pouvoir acquérir à un prix plus raisonnable sur les marchés de Katmandou.

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Pokhara est depuis de longues années le point de départ des touristes venus faire un trek dans la réserve des Annapurnas. Nous ne dérogeons pas à la règle. Amoureux de la montagne, nous préparons minutieusement ce qui promet d’être un moment fort de notre voyage. Les premiers renseignements glanés par ci par là sont encourageants : nous sommes à la meilleure période de l’année pour effectuer cette randonnée. Il existe différents types de circuits, plus ou moins long, et tous sont réalisables en ‘solo’, sans l’aide d’un guide. Enthousiastes, mais conscients que nous manquons peut être un peu d’entrainement, nous optons tout d’abord pour un petit périple de 6-7 jours au pied des montagnes, à travers les rizières et villages pittoresques ; mais notre curiosité et notre ambition augmentent au fur et à mesure de nos lectures et nous finissons par nous décider pour le fameux trek de Jomsom, qui est en fait un pèlerinage cher aux Hindous qui rejoignent par centaines les temples de Multinath, situés à près de 4000 mètres d’altitude. Nous partons donc pour une dizaine de jours : nous nous envolerons d’abord pour la petite ville de Jomsom (2720m), d’où nous redescendrons progressivement en contournant la chaîne des Annapurnas. Une fois cette grande décision prise, reste à vérifier que nous sommes bien parés. Etant habitués à la chaleur africaine, et plus récemment aux hautes températures indiennes, c’est surtout le froid que nous craignons. Nous sommes a priori bien équipés mais préférons tout de même assurer nos arrières en investissant dans quelques paires de chaussettes supplémentaires ainsi qu’une paire de moufles. Le reste des préparatifs consiste à obtenir le permis de trek (il s’agit en fait du droit d’entrée dans le parc des Annapurnas) et à réserver notre billet d’avion.

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Nous profitons de notre dernier jour avant le départ pour les sommets, afin de peaufiner notre mise en condition : le matin, nous ‘grimpons’ une des collines donnant sur le lac pour atteindre la Pagode de la Paix, magnifique édifice blanc et or dédié au bouddha. Sur ses 4 faces se trouvent des statues du Bouddha marquant les grandes époques de sa vie : sa naissance à Lumbini, son ‘Eveil’ à Bodhgaya, son premier sermon à Sarnath, et sa mort à Kushinagar. L’endroit est très reposant et la vue sur Pokhara et les sommets himalayens imprenable. L’après midi, nous nous rendons au Musée International de la Montagne, escale particulièrement recommandée aux trekkeurs afin de se familiariser avec le monde de la montagne. De très belles expositions sont présentées, sur les peuples himalayens, la faune et la flore, les différents sommets et leur conquête par l’homme. Nous sommes particulièrement marqués par le récit de la conquête de l’Annapurna (8091m) par le Français Maurice Herzog et son équipe en 1950 qui demeure parmi les plus grands exploits montagnards jamais réalisés.

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Un dernier bon repas et nous voilà fin prêts pour cette grande aventure…récits et photos à suivre…

Ecole du monde n°2:Les transports en Inde

Dimanche 5 avril 2009

Certains moyens de transport nous sont familiers mais présentent tout de même des particularités. Parmi les véhicules classiques nous retrouvons les camions qui sont très nombreux sur les grands axes routiers. Ils relient les grandes villes et sont chargés d’objets et denrées de toute sorte. Ce qui est étonnant c’est qu’ils sont tous richement décorés. Guirlandes de Noêl et pompons ornent la cabine, tandis que les côtés et l’arrière présentent des peintures colorées. Un chauffeur nous a expliqué que certaines de ces décorations ont une signification religieuse et sont censées protéger le véhicule, tandis que d’autres ont un but réellement sécuritaire ; en effet, la nuit lorsque les feux des autres véhicules éclairent le camion, les peintures claires reflètent la lumière et permettent aux autres conducteurs de mieux discerner le camion, un peu comme les gilets de couleur jaune fluo rescent que nous avons dans nos voitures, ou les plaques de réflecteurs qui sont fixées sur les roues de nos vélos.

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Les trains sont également un moyen de transport très utilisé par les Indiens car ils permettent de couvrir de longues distances. Chaque jour plus de 14 millions de voyageurs empruntent ce mode de transport ! Comme vous pouvez le voir les trains indiens n’ont rien à voir avec notre TGV, mais les trajets parfois longs sont parait-il très animés grâce à la diversité des ‘voyageurs’ (hommes, femmes et enfants, mais aussi animaux domestiques tels que chèvres, poules,etc…), et aux odeurs qu’ils offrent. Nous vous raconterons nos expériences en train dans quelques semaines.

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D’autres transports que nous connaissons bien et qui sont fréquents lorsqu’on approche des villes sont les bus, les motos, les vélos et les tracteurs, souvent parés de guirlandes multicolores.

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L’Inde reste un pays largement rural, c’est-à-dire que la majorité de la population vit dans les campagnes. Les moyens de transport non motorisés y sont très courants. Les Indiens utilisent leurs animaux pour les transporter d’un endroit à l’autre. Nous croisons donc beaucoup de chariots tirés par des ânes, des chevaux ou encore des buffles, mais ce qui nous étonne le plus, ce sont lesnombreux Indiens qui se déplacent à dos de chameaux et d’éléphants, aussi bien sur les routes de campagne qu’en plein centre ville !

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Enfin il y a la catégories des véhicules ‘inédits’, ceux qu’on ne trouve nulle part ailleurs. Le plus typique est l’auto-rickshaw, aussi appelé ‘tuk tuk’ (il doit sûrement ce surnom au bruit qu’il fait). Il s’agit d’un tout petit véhicule à moteur, monté sur 3 roues et couvert d’une capote en toile. C’est un mode de déplacement très pratique en ville car peu cher et qui peut passer partout, mais dans lequel les passagers (les étrangers/touristes s’y installent à 2 ou 3 maximum, alors que les Indiens parviennent à s’y entasser jusqu’à 7 ou 8) ne sont pas à l’abri de la pollution. Il en existe une version un peu plus grande appelée ‘tempo’ et qui fait office de mini bus.

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A la campagne, nous avons également croisé des drôles de véhicules, mélange entre le tuk tuk et le tracteur, qui rappellent un peu les dragsters américains (ces engins construits près du sol et tout en longueur utilsés pour les courses de vitesse en ligne droite), mais n’en possèdent pas la vitesse !!

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Tous ces moyens de locomotion se côtoient sur les routes de campagne et à l’intérieur même des villes, ce qui cause quelques problèmes de sécurité. Les routes ne sont pas toujours en très bon état et la plupart des conducteurs ne respectent aucune mesure de sécurité (pas de ceinture, pas de casque, non respect des limitations de vitesse, etc…). De plus les transports en commun sont souvent surchargés (trop de passagers) et mal entretenus.Les routes et rues indiennes deviennent ainsi de véritables mélimélos inondés par le bruit incessant des klaxons, sans oublier la présence des vaches qui se couchent où bon leur semble et constituent de nombreux obstacles parfois difficilement franchissables.

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Ecole du monde n°1

Dimanche 5 avril 2009

Bonjour aux petits (et grands) curieux !

Bertrand et moi, nous faisons un grand voyage tout autour de la terre et nous avons décidé de partager avec vous nos découvertes.

Pendant 10 mois, nous allons visiter plus d’une douzaine de pays différents et nous essaierons de vous expliquer comment les gens y vivent.

A très bientôt !