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Archive pour mai 2009

Hanoï, ‘la ville au-delà du fleuve’

Samedi 30 mai 2009

12- 14/05/2009

7h00 : premier réveil vietnamien en fanfare, c’est le cas de le dire ; en effet la ville est truffée de hauts parleurs et chaque matin, les Hanoïens ont droit à 1 heure de propagande à coup de discours moralisateurs, chants patriotiques et hymne national.

propaganda

Première impression : cette ville serait le paradis de mes neveux qui sont en adoration devant les deux roues motorisés. Ici, la chaussée et les trottoirs appartiennent aux milliers de scooters dont la règle d’or semble être ‘ne jamais freiner ou s’arrêter’. Les voitures roulent au pas de peur de les renverser ; traverser une artère à pied relève d’un véritable tour de force (même quand le petit bonhomme est vert !). Scooters et mobylettes en tout genre occupent la ville 24h/24, quelle que soit la couleur du ciel ; les conducteurs ont d’ailleurs tout prévu afin d’être opérationnels en tout temps : des casques à rebords pour se protéger du soleil de plomb, des ponchos à deux trous pour tenir au sec conducteur et passager. Etant donné les alignements impressionnants d’engins le long des trottoirs et sur les parkings, je me demande comment les gens font pour retrouver rapidement leur ‘monture’. La solution est évidente : il suffit de customizer le véhicule. Les selles reprenant les motifs/logo des grandes marques de luxe (monogramme de Louis Vuitton ou Gucci, Burberry… ).

circulation-dense-hanoi

Le quartier ‘backpackers’ se situe au beau milieu de la vieille ville, et à deux pas du Hoan Kiem Lake, un petit plan d’eau enchanteur. Notre visite débute par le tour du lac. Un joli temple protégé par de grands arbres occupe une minuscule île au nord du lac ; on y accède par un petit pont arqué rouge. Ce lieu, calme, romantique et extrêmement photogénique attire de nombreuses personnes chaque jour en fin d’après midi. De l’autre côté du lac se dresse la Tour de la Tortue, en mémoire de la légende selon laquelle au milieu du 15ème siècle l’empereur Le Thaï To reçut du Ciel une épée magique avec laquelle il parvint à repousser les envahisseurs chinois en dehors du pays. Une fois la guerre terminée, l’empereur, alors qu’il se promenait sur le lac rencontra une tortue géante qui lui prit l’épée et disparut aussitôt sous les flots, ramenant ainsi l’arme à ses divins propriétaires.

hoan-kiem-lake-hanoi

Il faut bien une demi-journée pour profiter à sa juste valeur de la vieille ville. Personnellement nous sommes fans des vieux quartiers, avec leur enchevêtrement de ruelles dont l’hyper activité ravit nos sens. Vieux de plus de 1000 ans le quartier conserve aujourd’hui encore un air médiéval. Les rues commerçantes reflètent l’existence de dizaines de corporations, chacune étant spécialisée dans la fabrication et la vente d’une catégorie de produits spécifique. Nous avons ainsi pu facilement reconnaître la rue des instruments de musique, celle des chaussures, celle des épices, celle des poissons, celle de la ferronnerie ou du travail de l’aluminium, mais notre préférée est sans aucun doute la rue de la contrefaçon. Il s’agit en fait d’un alignement de boutiques vendant des accessoires de culte pour les temples et les autels familiaux. Parmi les statues de bouddha et les lampes on peut voir des liasses de billets de 5000$ ou €. Les Vietnamiens les achètent et les déposent dans les temples où les billets seront ensuite brûler lors de cérémonies religieuses. Pratique des plus étranges, n’est-il pas ?

rue-de-la-contrefacon-hanoi

Après les vieux quartiers, nous nous intéressons au centre ville qui renferme quant à lui des monuments dédiés à la mémoire d’une histoire vietnamienne plus récente. Le complexe du mausolée d’Ho Chi Minh est le lieu sacré par excellence pour tout bon vietnamien qui se respecte. Ils sont d’ailleurs nombreux à venir chaque jour se recueillir devant la dépouille de l’Oncle Ho tant aimé. Alors qu’il avait exprimé le souhait d’être simplement incinéré, le héros national repose depuis 40 ans dans un sarcophage de verre, placé au centre d’un énorme cube de béton édifié dans la plus stricte tradition communiste. Tout au long de la matinée, des milliers de personnes viennent lui rendre hommage. La file d’attente ‘mobile’ (on n’a pas le droit de s’arrêter) commence à une centaine de mètres du bâtiment ; des gardes vêtus d’un uniforme militaire d’un blanc immaculé sont postés tout le long du parcours ; le sarcophage trône au centre d’une pièce sombre et très climatisée ; une lumière rosée éclaire le corps parfaitement conservé d’Ho Chi Minh. Les Vietnamiens sont visiblement très touchés par le spectacle ; quant à moi, je ne sais pas trop, je ressens davantage d’autorité que de solennité dans ce lieu de pèlerinage. Et puis à la vue de ce corps à l’apparence étrangement luisante et sirupeuse, je ne peux m’empêcher de songer à la rumeur qui court selon laquelle le contrat d’entretien de la dépouille appartiendrait à Madame Tussaud[1]. Officiellement toutefois le corps s’envole chaque fin d’année trois mois durant en Russie pour l’entretien de l’embaumement.

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Le complexe comporte également des pagodes, des parcs et un très chouette musée, le Musée Ho Chi Minh qui retrace les différentes étapes de la vie du leader communiste, au moyen d’expositions fortes en symbolisme et le plus souvent surréalistes.

ho-chi-minh

Ce soir, nous avons choisi de nous divertir façon locale avec un spectacle de Water puppets (marionnettes sur l’eau). Cet art mérite un article à lui seul (ce qui sera fait sous peu dans la rubrique ‘école du monde’), mais pour résumer, il s’agit de saynettes inspirées des activités quotidiennes des campagnes vietnamiennes qui sont jouées par des marionnettes sur un petit plan d’eau. J’ai adoré !

marionnettes-sur-leau

Culture, encore de la culture, toujours de la culture (et oui, sinon à quoi bon voyager ?!), un autre musée nous ouvre ses portes, il s’agit de l’excellent Musée de l’ethnologie. Désormais la fabrication des chapeaux coniques, la construction des maisons traditionnelles, les costumes typiques des différentes tribus et le déroulement des cérémonies shamaniques n’ont plus de secrets pour nous.

maison-traditionnelle

Pour la suite des visites notre duo s’agrandit ; en effet Emir, un ami indonésien, ancien collègue congolais est venu nous rejoindre pour 2 semaines.

photo-de-groupe

Aussitôt ses valises déposées nous l’entraînons au Temple de la Littérature, une succession de jardins, bassins, portes, cours et pavillons qui fut la première université du Vietnam. Construit il y a près de 1000 ans, ce lieu accueillait les élèves les plus brillants du pays ; ils étudiaient pendant 3 années les grands textes du confucianisme, et s’entrainaient à la composition littéraire avant de devenir mandarins. Les noms des lauréats de 82 sessions d’examens réalisées entre 1442 et 1779 sont gravés sur 82 impressionnantes stèles montées sur des tortues de pierre, symbole de longévité.

temple-de-la-litterature-hanoi

Encore quelques séances photos des plus réussies au bord du lac et il est temps pour nous de quitter cette belle capitale pour nous rendre dans le site touristique le plus célèbre du Vietnam : la fabuleuse Baie d’Ha Long.

hanoi-by-night

Et pour terminer, une petite anecdote vestimentaire. On connait les Vietnamiennes dans leur costume traditionnel, le ao dai cet élégant ensemble composé d’un pantalon soyeux et d’une longue tunique à manches longues (sans oublier le chapeau conique bien sûr). Et bien si le couvre chef pointu est encore de mise un peu partout, sachez que la tenue traditionnelle se fait plus rare (essentiellement portées par les jeunes étudiantes et les employées des hôtels/restaurants). Non, ce que les vietnamiennes de tous âges aiment porter matin, midi et soir, ce sont des……pyjamas. Et bien rose, jaune ou vert pastel s’il vous plait ; et c’est encore mieux avec Mickey ou Winnie l’Ourson dessus….confortable certes, mais assez surprenant sur un scooter ou dans un magasin ! ;)

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[1] Madame Tussaud est l’équivalent du Musée Grévin de Paris, un musée spécialisé dans la création de statues de cire des grandes personnalités de ce monde.

Quand déplacement rime avec mauvais plan…

Samedi 30 mai 2009

11-12/05/2009

Rien n’est plus facile que d’organiser un transport à partir de Luang Prabang ; les agences de voyage se comptent par dizaines et chacune d’entre elles détaille ses services sur de grands panneaux postés devant leur bureau. Toutes proposent des prestations similaires. Nous pensions passer au Vietnam par le poste frontière de Dien Bien Phu au nord, mais le trajet même s’il demeure possible, semble un peu compliqué (3 bus différents dont les horaires ne sont pas très précis, bref on risque d’être coincés au milieu de nulle part pendant plusieurs jours). Une autre option consiste à rejoindre directement Hanoï, la capitale vietnamienne mais pour cela il faut d’abord nous rendre à Vientiane, ce qui rajoute une bonne dizaine d’heures de bus. Finalement nous trouvons une alternative qui nous convient : il s’agit d’effectuer en bus V.I.P le trajet Luang Prabang – Vinh (une ville qui se trouve à 200 km au sud de Hanoï). De là nous pourrons prendre un train pour la capitale. Le prix annoncé nous semble relativement raisonnable et la jeune laotienne qui s’occupe de nous nous assure que le voyage dure moins de 13 heures.

Le départ est prévu à 18 heures. Un tuk tuk est censé venir nous chercher à l’hôtel une heure plus tôt pour nous amener à la gare routière.

17h15 : on attend toujours sagement devant la réception. L’agence de voyage étant toute proche je me permets d’aller demander aux agents si le taxi est en route. On me répond simplement « you go and wait at your guesthouse ».

17h30: on n’a pas bougé. Bibi prend le relai ; il passe sa tête par la porte de l’agence et lance à la nonchalante laotienne « no taxi, no bus. If no bus, you buy me a plane ticket, OK ? ». Son intervention semble produire de l’effet; la jeune femme se lève et on la regarde, incrédules, sortir dans la rue et arrêter le premier taxi qui passe pour lui demander de nous conduire à la station de bus.

17h50 : nous voilà à la gare routière. Plusieurs bus sont prêts à partir, dont certains ont fière allure. Malheureusement pour nous ceux-ci sont à destination de Vientiane. On nous conduit derrière le bâtiment principal où nous découvrons un bus qui n’a rien du standard V.I.P annoncé. Pas de climatisation, et les sièges ne s’inclinent presque pas. Pire : l’odeur âcre qui y règne, un mélange de pieds et tabac froid car malgré l’interdiction affichée sur les fenêtres et incessamment répétée par la propriétaire du bus, la plupart des passagers enchaîne cigarette sur cigarette. Pouaaahhhhh !!

18h45 : nous démarrons enfin. Nous sommes relativement mal installés à l’arrière du bus au milieu des bagages des autres passagers. L’assistant chauffeur contrôle nos billets le sourire aux lèvres : il nous explique que nous aurions du venir les acheter directement à la gare routière, cela nous aurait fait faire de belles économies. En effet nous avons payé 230 000 kip/personnes alors que le prix sur place est de seulement 150 000 kip (et nous qui pensions que c’était raisonnable…)

19h00 : notre véhicule est loin d’être un bus V.I.P mais il possède tout de même une télévision. Chouette, nous allons peut être avoir droit à un bon film !! et bien non, même pas car en fait le DVD que l’assistant chauffeur insère dans l’appareil est en fait un DVD audio et nous allons donc devoir supporter des heures durant les abominables clips et chansons d’un équivalent de la Star Ac’….au secours, laissez nous sortir !!!

Nous essayons tant bien que mal de nous reposer une fois la nuit tombée. Bibi ne trouve pas de position confortable et finit par s’installer par terre sur 2 ou 3 sacs, ce qui s’avère ne pas être plus commode pour dormir. La pause dîner que nous attendons impatiemment a finalement lieu vers 3 heures du matin, mais nous sommes trop comateux pour en profiter.

6h00 (le lendemain matin) : le bus s’arrête. Nous voilà peut être arrivés. Que nenni ! Je vous rappelle que nous sommes censés traverser une frontière, or nous n’avons rencontré aucun douanier au cours de la nuit… Le paysage désert que nous découvrons à travers la vitre confirme nos doutes : nous sommes, après près de 12 heures de trajet, seulement à la frontière lao-vietnamienne. On nous fait descendre du bus, bagages compris. Il est tôt, le bureau (une simple baraque) n’est pas encore ouvert. Nous attendons 7h00 tapantes pour obtenir nos tampons de sortie de territoire. Chargés de nos sacs à dos nous nous dirigeons ensuite à pied vers le poste vietnamien, un énorme cube en béton.

8h00 : le bus repart. On a faim… Un des passagers nous explique qu’on en a encore pour 3 heures de trajet avant d’atteindre Vinh, enfin c’est ce qu’on croit comprendre…

11h00 : pause déjeuner, ce qui signifie qu’on n’est pas prêt d’arriver. En fait le type de tout à l’heure voulait dire qu’on arriverait à Vinh à 15h00…on prend notre mal en patience.

14h45 : nouvel arrêt du bus, sur une grande route. On nous fait signe de descendre avec nos sacs. Un autre véhicule nous attend pour nous mener à Vinh.

15h15 : nous voilà enfin à la gare routière de Vinh, après plus de 20 heures de trajet. Nous filons voir les horaires de train pour Hanoï. Malheureusement, le prochain ne part qu’à 20h. Retour à la station de bus où on pousse littéralement dans un mini bus à destination d’Hanoï. A priori le trajet ne devrait pas durer plus de 4 heures car les 320km qui nous séparent de la capitale se font sur une bonne route. La première heure se fait à l’allure de l’escargot ; on s’arrête tous les 500 mètres pour embarquer ou débarquer des passagers. La vitesse ne s’améliore guère par la suite, mais au moins nous profitons d’une pause dîner qui est vraiment la bienvenue car cela fait près de 24h que nos estomacs sont vides.

23h45 : le mini bus nous largue sur le bord d’un périph’. Des dizaines de chauffeurs de taxi nous sautent dessus. Le compteur du taxi défile à une vitesse hallucinante. On n’a pas parcouru 2 km que déjà il affiche plus de 100 000 dong, soit le prix du bus Vinh-Hanoï ; il y a un truc qui cloche ! Je demande au chauffeur pourquoi le prix est si élevé ; il fait mine de ne rien comprendre. J’insiste, il sort son téléphone portable et me passe son boss qui ne parle pas un mot d’anglais….je commence à m’énerver, et Bibi s’y colle, sans grand succès. On demande finalement au chauffeur de nous arrêter et par chance on se trouve devant un hôtel. Nous sommes encore à quelques km du centre ville mais nous n’avons pas le courage d’aller plus loin ce soir. La chambre est à 40$/la nuit, c’est au-dessus de notre budget mais tant pis, on est crevé. On a besoin d’une bonne douche et d’un gros dodo…

Nord Laos, partie II

Lundi 25 mai 2009

07- 11/05/2009

Nous avons encore beaucoup de trésors à visiter mais la chaleur est telle qu’il est difficile de se bouger aux heures les plus chaudes de la journée. Heureusement il existe à une trentaine de kilomètres de la ville le lieu idéal pour se rafraîchir : le site de Kuang Si est une véritable bénédiction avec ses magnifiques chutes d’eau et sa succession de piscines naturelles.

la-chute-deau-de-kuand-si

L’eau est turquoise, la végétation dense, c’est parfait pour un bon pique nique au bord de l’eau. Nous ne sommes certes pas les seuls à avoir fait le trajet mais cela permet d’assister à des scènes originales, notamment celles d’un groupe de jeunes moines venus profiter des joies de la baignade.

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Une fois rafraîchis nous reprenons les visites, et pas des moindres s’il vous plaît puisqu’il s’agit des deux principaux sites qui valent à la ville le statut de site classé au Patrimoine mondiale UNESCO. Le palais royal est un magnifique bâtiment construit au début du XXème siècle pour le roi Sisavangvong. L’architecture traduit clairement l’influence coloniale française de l’époque en mêlant motifs traditionnels et des Beaux Arts. Les salles de réception se situent à l’avant de l’édifice tandis que les différentes pièces à vivre de la famille royale se trouvent au centre de d’édifice et sont entourées d’une judicieuse galerie qui facilite les déplacements et tient les chambres à l’abri de la chaleur extérieure. La salle de réception du secrétaire royal expose les nombreux présents offerts au roi par les envoyés diplomatiques de divers pays ; force est de constater que les cadeaux en provenance des pays ‘orientaux’ (Cambodge, Chine, Japon, Myanmar, Thaïlande…) sont de bien meilleurs goût et facture que ceux présentés par les USA et la Russie. Le petit parc qui entoure le palais est somptueux. Dans un garage, on peut encore admirer les voitures du roi, notamment une vieille DS toute déglinguée qui trône, non sans fierté, aux côtés de trois superbes spécimens américains bien mieux conservés.

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Le complexe refermant l’impressionnant temple Wat Xieng Thong vaut également le détour : plusieurs chapelles aux murs richement ornés entourent le temple principal dont la façade arrière présente une très belle mosaïque. On ne compte plus le nombre d’édifices religieux visités jusqu’à présent, mais ‘entouka’ on ne se lasse pas de leur beauté et de la sérénité qu’ils exaltent.

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Après une telle journée, rien de tel qu’un petit café (ou une bonne glace selon les préférences…) sur une terrasse en regardant les passants défilés, histoire de reprendre quelques forces car figurez-vous que les réjouissances ne sont pas terminées ! Chaque soir, la rue principale de la péninsule est fermée à la circulation et des dizaines de stands sont installés pour créer un adorable marché nocturne. La plupart des produits présentés proviennent des tribus Hmong ; tout est vraiment beau et les choix sont parfois difficiles, surtout quand on est limité par le volume et le poids comme c’est notre cas…plusieurs visites nous sont nécessaires pour finalement tomber d’accord sur les quelques articles qui trouveront peut être dans quelques mois/années une place dans notre petit nid douillet.

la-quete-matinale

Enfin, on ne peut évoquer Luang Prabang sans mentionner la tradition vivante perpétuée par la population de la ville chaque matin, à savoir la quête des bonzes (tak bat en langue lao). Cette cérémonie est l’expression ultime de la générosité, une vertu essentielle pour les bouddhistes. Très tôt le matin, bien avant que le soleil ne se lève, les familles préparent du riz. A 6h00, les fidèles s’installent à genoux sur des nattes le long des trottoirs et attendent la file des moines. Chacun à leur tour ils déposent en silence et avec humilité un peu de riz, ou bien des fruits dans le bol à aumône des moines. C’est avec joie qu’ils accomplissent quotidiennement cette donation car elle leur assure ainsi qu’à leurs proches vivants ou décédés une journée placée sous le signe de la chance et du bienfait. Rapidement, les bols des moines débordent de nourriture, mais rien ne se perd car derrière chaque bonze se tient un ou plusieurs enfants visiblement issus des classes sociales les plus pauvres, tenant un grand sac plastique ou un carton dans lequel les moines déversent le trop plein de nourriture reçu. La générosité de la population contribue ainsi non seulement au repas quotidien des moines, mais également à alimenter les familles qui sans cela souffrirait certainement de famine ; un bien bel exemple de solidarité (certes indirecte) populaire !

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Vous imaginez qu’étant donné son potentiel photogénique élevé la cérémonie de quête des bonzes est devenue une véritable attraction touristique. Malheureusement si ces derniers ont le mérite de se lever tôt pour y assister, il est regrettable de constater que certains d’entre eux n’ont pas pris la peine de s’informer des coutumes liées à l’événement ; leurs maladresses peuvent dès lors en perturber le bon déroulement et c’est bien dommage. Je me souviens d’une famille qui s’était préparée à prendre part activement à la donation. Ils avaient acheté des bols de riz et avaient pris place sur des nattes au bord du trottoir. Dès que les moines sont arrivés ils se sont tous mis à hurler et rire, n’ont cessé de se lever et se déplacer, et n’hésitaient pas à se planter devant les moines interrompant ainsi la progression de la file, en prenant des poses ridicules. Un bien triste spectacle qui ne cadrait pas avec l’attitude de recueillement adoptée par les moines !

Voilà pour l’essentiel de ces quelques jours bien paisibles passés au bord du Mékong. On aimerait que ça dure toujours mais le Vietnam nous attend alors il nous faut reprendre la route. Au revoir Luang Prabang, mais mon petit doigt me dit qu’on se reverra…

Nord Laos, partie I

Dimanche 24 mai 2009

01- 06/05/2009

Sa bai di !

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Depuis le poste frontière d’Huan Xay la plupart des voyageurs embarquent sur des bateaux à touristes qui descendent le fleuve jusqu’à Luang Prabang. Le trajet dure deux jours et peut, selon le type d’embarcation et le temps, s’apparenter à une agréable croisière ou au contraire à un véritable cauchemar. Comme à notre habitude, nous ‘zappons’ cette attraction touristique et prenons la direction opposée. Nous voilà donc en route pour le nord du pays, à une cinquantaine de kilomètres de la frontière chinoise. Le Lonely Planet ne nous a pas menti, la ville de Luang Nam Tha est bien ‘endormie’ mais il s’agit en fait d’une ‘belle au bois dormant’. Nature et scènes villageoises (authentiques cette fois !) ne sont qu’à quelques tours de pédalier. Des rizières à perte de vue, des collines cachant de belles cascades et des villages tout en couleur, voilà de quoi agrémenter une belle promenade à bicyclette !

campagne-de-luang-nam-tha

Après cette entrée en matière laotienne tout en douceur, nous sommes prêts à nous mesurer à celle que certains nomment la ville la plus photogénique de toute l’Asie du Sud Est, j’ai cité l’ancienne capitale royale, la majestueuse Luang Prabang. Un riche passé historique et la diversité des activités à réaliser dans la région font de ce lieu classé au Patrimoine Mondial de l’UNESCO un vrai paradis. La vieille ville occupe la péninsule formée par la confluence des fleuves Mékong et Nam Khan. La plupart des riches demeures héritées de la période coloniale ont été élégamment réhabilitées en restaurants ou guesthouses ; les boiseries en tek tranchent avec le blanc cassé des façades et se marient parfaitement avec le ‘vert chlorophylle’ de la flore abondante. Les rues sont d’une propreté impeccable et les vitrines particulièrement soignées : une véritable invitation à d’interminables flâneries.

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Une seule chose complique parfois notre séjour: la confusion linguistique. Quelques ‘anciens’ maitrisent encore les bases de la grammaire française mais ils sont rares ; pour ce qui est de l’anglais, ce n’est pas plus glorieux : il faut souvent s’armer de patience et ne pas avoir peur de se répéter pour obtenir une information fiable. Bibi en a d’ailleurs fait les frais dès notre arrivée à Luang Prabang. Les premières guesthouses que nous visitons – les plus populaires - affichent complet. Nous décidons donc de passer la première nuit dans une chambre quelconque et espérons trouver un endroit plus sympa dans la journée. Cette activité de recherche est une des spécialités de Bibi. A peine parti le voilà qui revient, triomphant, et m’annonce qu’il a trouvé LA perle rare : une petite chambre très bien décorée dans une belle maison en tek, avec air conditionné et petit déjeuner inclus, le tout pour moins de 10$. Nous ‘déménageons’ sans plus attendre. le lieu est en effet très agréable : une véritable aubaine pour un tel prix. Quelques heures plus tard alors que je jette un coup d’œil au tableau d’informations concernant les excursions et locations de véhicules, mon regard est attiré par une affiche qui reprend les tarifs de la guesthouse. Je suis surprise de constater que les chambres sont annoncées à 25$… Je demande alors des précisions au gérant de l’hôtel qui me répond que le prix pour la nuit est de « tou-en-ty five » ; n’étant pas sûre d’avoir bien saisi ses mots je lui demande de répéter et je comprends alors ce qui s’est passé. La prononciation des Laotiens est assez approximative et Bibi a compris « seventy five » au lieu de « twenty five », ce qui semblait tout a fait plausible en monnaie locale, le kip (sous entendu 75 000 kip), d’autant que le gérant n’avait pas pris la peine de préciser s’il s’agissait de kip ou dollars. Bref, nous voilà ‘coincés’ dans une chambre de ‘luxe’ selon nos critères pour la journée et la nuit ; autant vous dire qu’on profite largement de la climatisation et du confort qu’elle offre !! Et le lendemain matin, nous sommes prêts pour un nouveau ‘déménagement ‘, mais dorénavant nous prenons des précautions : nous faisons systématiquement écrire les prix sur notre petit calepin histoire d’éviter ce genre de problème de compréhension… ;)

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Notre découverte de Luang Prabang débute par l’ascension de la colline du Phu Si qui domine la ville. La chaleur est accablante et ne facilite pas la montée des marches mais l’environnement est superbe. Magnolia et hibiscus recouvrent les pentes et agrémentent admirablement les panoramas que l’on a sur la ville et ses alentours. Les nombreuses statues dorées du Bouddha disséminées au sommet de la colline sont autant d’occasions pour Bibi de réaliser de beaux clichés. Parmi les autres sites d’intérêt du Phu Si on peut noter une petite grotte et une niche renfermant l’empreinte du Bouddha (qui doit correspondre à un ‘petit’ 236 selon nos tailles européennes…).

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Nous passons le reste de cette première journée à déambuler dans les rues de la péninsule et visiter les nombreux temples qui bordent les allées.

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En fin d’après midi nous avons la chance d’assister à un service religieux. Une vingtaine de moines sont assis par terre face à l’autel où reposent les statues du Bouddha parmi les offrandes et les bâtonnets d’encens qui se consumment lentement. Les anciens sont assis aux premiers rangs tandis que les moinillons sont à l’arrière ; tous récitent une heure durant les textes sacrés. Cet univers nous est largement inconnu mais l’atmosphère particulière qui règne alors dans le temple, l’harmonie des chants, les effets de lumière, etc… nous enchante et nous invite à y rester de longues minutes.

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En quelques heures nous sommes littéralement tombés sous le charme de Luang Prabang. Et ce n’est que le début car la ville et ses environs ont encore plein de merveilleuses surprises pour nous…

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Escapade culturelle au nord de la Thaïlande

Samedi 9 mai 2009

22- 30/04/2009

Sa wat dee kâ !

Après un vol mémorable Khatmandou – Delhi avec l’Himalaya pour horizon, et une courte escale dans l’étonnante modernité de l’aéroport de Hong Kong, nous voilà fraîchement débarqués à Bangkok.

Le choix d’inclure la Thaïlande dans notre itinéraire n’avait pas été évident ; destination très populaire auprès des vacanciers ‘classiques’ (sans aucune connotation péjorative, je précise), le contexte touristique thaïlandais peut présenter quelques désavantages à nous autres voyageurs au long cours (et au budget limité).Plusieurs de nos connaissances nous avaient fait part de leurs doutes et l’expérience aura montré que nous sommes plutôt de leur avis, ce qui explique notre passage ‘éclair’ dans le nord du pays.

Je tiens tout de même à préciser que nous avons bien apprécié notre séjour à Bangkok, ville qui mérite sans aucun doute un article à part entière : ce sera chose faite dans quelques semaines après un bref retour dans la capitale thaïlandaise.

C’est dans un train-couchettes tout confort que nous avons rejoint la ville de Chiang Mai (‘la rose du nord’), souvent présentée comme la capitale culturelle du pays. Que c’est bon de quitter l’effervescence de la capitale pour se réveiller le lendemain matin dans un environnement où tout est vert ! Tout ce que vous rêvez d’apprendre sur la culture et la société thaïlandaises se trouve à Chiang Mai ; les activités les plus courues sont sans aucun doute les cours de cuisine, de méditation et massage, ou encore de langue thaï, sans oublier les excursions à la rencontre des multiples tribus qui peuplent les collines environnantes. Pas de risque de s’ennuyer donc, mais malheureusement pour nous toutes les sorties se font obligatoirement par l’intermédiaire d’agences de voyage, l’enfer pour les voyageurs indépendants que nous sommes ! Rien à voir avec le Népal : ici, tu te joins au groupe ou tu ne verras rien… Quel dommage ! Ce manque de liberté mais aussi le prix que cela implique nous refroidissent, pas de balades en dehors de la ville pour nous cette fois ci.

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Il me faut également évoquer l’éternel débat sur la façon de rencontrer les populations locales. Chiang Mai en fournit un excellent exemple. La région est peuplée de nombreuses ethnies, qui pour la plupart ont fui le régime autoritaire installé au Myanmar voisin (Birmanie). Ces populations doivent trouver les moyens d’assurer leur subsistance, et le tourisme en est un. La tribu des Karen est très populaire car elle compte parmi ses traditions celle des ‘femmes girafes’ (comme en Afrique !) qui portent des anneaux à leu cou. Ces ‘colliers dorés’ atteignent parfois près de 30 cm. On ne sait pas très bien d’où vient cette coutume : certains pensent que c’est une mesure de protection contre les tigres dont les attaques visent principalement le cou, d’autres expliquent qu’il s’agit d’une façon de mettre à l’abri les économies de la famille. Quoi qu’il en soit d’un point de vue médical cette pratique est néfaste car les anneaux écrasent la cage thoracique et détruisent les muscles du cou. Plusieurs associations de protection des droits de l’homme crient au scandale car il semblerait que les Karen étaient en train d’abandonner cette coutume au cours des dernières années, mais le tourisme a inversé la tendance. On recommence donc à poser des anneaux aux petites filles Karen pour le plus grand plaisir des visiteurs de ce que certains décrivent être de véritables zoos humains. Préservation des us et coutumes, oui bien sûr mais à quel prix ? Un musée pourrait certainement faire l’affaire…

De Chiang Mai nous retenons donc les très beaux temples dont la ville est parsemée (plus de 300 au total). L’un d’eux, principalement construit à base de tek, figure parmi nos coups de cœur architecturaux  de la région; les autres sont également très beaux, mais dans un style ‘bling bling’ comme nous l’appelons – peinture dorée, miroirs et mosaïques multicolores -, qui est moins fin et surtout moins naturel.

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Faute de pouvoir aller à la rencontre des villageois et de leur culture in situ, ce sont eux qui sont venus à nous lors d’un dîner-spectacle fort agréable. Bibi n’était pas convaincu au début mais il a finalement bien apprécié les jeunes danseuses au visage de poupée porcelaine, et surtout le repas ! Il faut dire que la nourriture ici est excellente et pas chère, mais par contre les portions sont vraiment petites ; et même avec deux ou trois plats, le bibi n’est pas rassasié….

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Le dîner auquel nous avons eu droit est appelé Kanthoke, du nom du plateau circulaire à pied que les groupes ethniques utilisent comme table à manger. Toute la soirée, des serveurs se relaient pour assurer que le plateau soit toujours couvert des plats suivants : poulet roti, porc au curry, chou sauté, porc au piment, crudités, et bananes frites. Le tout accompagné d’une bonne bière fraîche, miam miam !!

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Pour ce qui est des danses, force est de constater qu’elles ne sont pas très énergiques ; c’est surtout les bras et la tête qui bougent, mais les danseuses sont très gracieuses et souriantes, et elles portent de magnifiques sarongs.

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Plus au nord, nous atteignons ensuite la ville de Chiang Rai (‘la ville des rois’), petite réplique de la précédente. Le tourisme y est organisé de la même façon ; du coup on se contente de visiter les temples, et notamment un édifice fort singulier, le temple blanc, réalisation farfelue mais ô combien photogénique d’un artiste local.

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Le monument, d’un blanc immaculé se reflète dans des bassins peuplés de poissons blancs, l’effet est fabuleux. On y pénètre par un pont qui surplombe les Enfers d’où jaillissent des dizaines de mains désespérées et on progresse jusqu’à la salle principale où se tient la statue du Buddha et dont les murs sont couverts de fresques fantastiques (au sens premier du terme). On y voit notamment les tours du World Trade Center en feu, des téléphones portables, des fusées spatiales, et même Superman aux côtés du héros de Matrix. Le complexe est en cours de construction ; d’autres bâtiments vont être ajoutés et le tout promet d’être intéressant.

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Voilà pour le nord de la Thaïlande : on aurait peut être du nous contenter de faire comme la majeure partie des touristes et aller droit vers les plages de rêve du sud, ou alors carrément zapper la Thaïlande et lui préférer son voisin de l’ouest, bien moins côté auprès des tours opérateurs : le Myanmar (Birmanie)… mais bon, sans regret, et on le saura pour la prochaine fois !!

Bhaktapur, la ville des dévots

Samedi 9 mai 2009

14 - 16/04/2009

Un écrivain britannique du nom de E.A. Powell a écrit à propos de Bhaktapur : « s’il n’y avait rien d’autre au Népal que la place centrale de Bhaktapur, cela vaudrait encore largement la peine de traverser la moitié de la terre pour venir la voir. »

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Bhaktapur est en effet un véritable concentré d’art et de culture. La vieille ville, principalement constituée d’allées étroites et zigzagantes renferme trois très belles places exposant d’élégants temples, palais et monastères. La plus célèbre est le Durbar Square, où se trouvent entre autres, la superbe porte d’Or menant à un temple sacré dont l’accès est malheureusement réservé aux hindous ainsi qu’au bassin royal entouré de sculptures de serpents, la maison aux 55 fenêtres de bois -toutes ornées de gravures différentes -, la statue du roi Malla - fondateur de la cité au XIIème siècle -, et une demi douzaine de temples parmi lesquels le très remarquable Terracota Temple.

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Cette place offre quelques une des plus belles expressions artistiques de la religion hindoue. Pour la petite histoire : deux statues représentant des dieux ont tellement plu au roi que ce dernier a ordonné qu’on coupe les mains de l’artiste afin qu’il ne puisse les reproduire.

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A une centaine de mètres s’étend la place Thaumadi dominée par l’impressionnant Nyatapola Temple, superposition de cinq pagodes perchée sur une plateforme de cinq étages. On y accède par un escalier bordé de statues, celles de l’étage supérieur représentant toujours une créature plus forte que celle de l’étage précédent. Tout en bas se trouvent deux lutteurs, au-dessus d’eux des éléphants, puis une paire de lions, ensuite deux griffons et pour terminer un couple de dieux.

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Nous sommes tombés sur la dernière place un peu par hasard, au détour d’une ruelle. Elle abrite un charmant monastère, un temple et plusieurs bâtiments aux portes et fenêtres richement sculptées, notamment la peacock window.

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Bhaktapur est également renommée pour ses nombreux festivals ; les différentes festivités et cérémonies sont en effet encore fidèlement respectées par la population locale, comme au temps de leurs ancêtres, les Newar. Sans le savoir nous avons la chance de nous trouver à Bhaktapur en pleine période de réjouissances : c’est en effet le Nouvel An népalais, et comme une bonne nouvelle n’arrive jamais seule nous apprenons que Bhaktapur est ‘THE place to be’ à cette occasion. Nous nous préparons donc à assister à des événements hauts en couleurs. Dans l’après midi, nous suivons la foule de locaux qui se dirigent vers un des quartiers de la ville. Nous débouchons sur une petite place  noire de monde, à croire que toute la ville s’y est donnée rendez-vous. La place est bordée de d’habitations, et au centre, non loin d’un petit temple, se dresse un mât d’une trentaine de mètres. Des jeunes hommes postés aux quatre coins de la place tiennent des cordes avec lesquelles ils vont tenter de faire tomber le mât. On suit le mouvement de la foule et on se trouve vite au centre de la place, à quelques mètres du temple. L’excitation de la population est palpable, mais à bien regarder ce haut bout de bois qui commence à tanguer dans toutes les directions, on comprend vite le danger de la situation dans laquelle nous nous trouvons. Non seulement le mât peut nous tomber dessus, bien que l’homme qui se trouve à ma droite me garantisse (sans pour autant me donner d’arguments valables) qu’il tombera en face, mais ce sont surtout les mouvements de foule que je crains. Nous parvenons, non sans difficulté, à nous éloigner du centre de la place, et continuons à regarder le spectacle. Je ne comprends pas pourquoi les gens se précipitent vers les endroits les plus dangereux ; j’en vois me dépasser avec de jeunes enfants dans les bras….ils sont vraiment fous ces Népalais !!! Le mât penche de plus en plus, et un de mes voisins m’explique que chaque année il y a des blessés ; il y aurait même déjà eu des morts, mais apparemment cela ne décourage pas les habitants. Après une dizaine de minutes et après avoir menacé l’ensemble des bâtiments bordant la place, le mât cède enfin, s’écrasant sur un coin du temple et emportant avec lui quelques tuiles. Il n’y aura pas de blessés cette année, l’an 2066 commence donc plutôt bien !

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Art, culture et tradition, c’est tout cela à la fois qu’offre la ville médiévale de Bhaktapur, passage  obligé pour tout visiteur qui souhaite s’imprégner de l’héritage historique du pays.

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Non loin de Bhaktapur se trouve un autre site classé au patrimoine mondial et digne d’intérêt ; il s’agit du temple de Changu Narayan, dressé à 1700 mètres d’altitude au nord de Bhaktapur. Il date du 3ème siècle et est réputé être le plus ancien temple du pays.

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La légende veut que lors d’un combat contre le roi des démons, Vishnu aurait malencontreusement tué un brahmane (prêtre hindou). Le guru en charge du brahmane décédé, très en colère, jeta un sort à Vishnu, espérant que ce dernier soit également un jour tué par un brahmane. Afin d’expier son crime et éviter la mort, Vishnu vécut reclus dans un arbre pendant plusieurs années. C’est à cet endroit que le temple de Changu Narayan fut élevé. Le temple se trouve au bout d’un charmant petit village-rue ; son enceinte abrite une multitude de petits monuments, statues et autres objets d’art, tous plus singulier les uns que les autres.

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Je ne vais pas entrer dans les détails des significations religieuses ici car le tout est un peu complexe, mais retenez simplement que ce temple aux peintures et sculptures polychromes nous a beaucoup plu et vaut le détour.

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Il  est temps pour moi de vous présenter l’objet insolite de la vallée de Khatmandou : il s’agit de cravates en bois ! Je n’ai vu aucun homme en porter mais elles sont bien réelles ; un élastique attaché à l’extrémité permet de la passer autour du cou. En plus, vous aurez remarqué qu’elle est montée comme un puzzle, à partir de plusieurs pièces mobiles, ce qui permet de la ‘rouler’ pour plus facilement la ranger, étrange mais malin, non ?

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Voilà, je termine par un petit coup de pub (ou plutôt un petit coup de pouce) pour une organisation qui gère des maisons d’accueil pour des enfants handicapés. Nous avons rencontré certains des enfants accompagnés des volontaires qui s’occupent d’eux et l’initiative nous a semblé très honorable donc si vous souhaitez davantage d’informations, vous pouvez consulter leur site à l’adresse suivante : www.suvadra.com

Nous avions prévu de visiter les autres sites de la vallée, mais malheureusement un petit problème intestinal (ça fait partie du voyage…) nous en a empêché ; ce sera pour une autre fois. Il est en effet temps pour nous de quitter ce fabuleux pays, direction la Thaïlande.

A bientôt!