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Archive pour juin 2009

Phnom Penh, première escale cambodgienne

Jeudi 25 juin 2009

31/05-02/06/2009

Sua s’ dei !

Il m’est difficile d’exprimer l’Impression étrange que donne ce pays. Phnom Penh m’a semblée être une ville triste, comme si elle portait à elle seule tout le poids des années noires (ou plutôt ‘rouges’). Le développement y est moins rapide que dans les métropoles vietnamiennes et la plupart des entreprises et commerces florissants appartiennent à des étrangers (la présence chinoise est parait-il de plus en plus marquée). La population semble quant à elle en retrait, presque transparente. Il faut dire que le régime khmer rouge a profondément dénaturé la société cambodgienne, une blessure qui met du temps à se rétablir.

C’est un peu ce sentiment que j’ai déjà eu dans certains pays d’Afrique dans lesquels la population a terriblement souffert, et ne demande plus qu’à vivre en paix, sans vouloir davantage. Pas vraiment d’ambition, on se laisse faire. D’ailleurs, signe parmi d’autres, ici tout se paie en dollars américains.

Nous entamons les visites avec le Musée National, qui abrite dans un magnifique bâtiment rouge la plus belle collection de statues et sculptures datant de l’ère d’Angkor. Les galeries s’ouvrent sur une très belle cour intérieure bordée de bassins.

Nous abordons ensuite l’enceinte du palais royal, mais malheureusement la plupart des bâtiments sont fermés au public. Nous pouvons tout de même admirer certaines salles de cérémonies entourées de jardins soigneusement entretenus. Au milieu de nombreux édifices de style typiquement khmer se trouve un petit pavillon gris apparemment construit en fer forgé et dont l’architecture n’a rien à voir avec le reste du complexe. Il s’agit d’un cadeau fait par Napoléon Bonaparte à son épouse lors de l’inauguration du Canal de Suez ; celle-ci l’a ensuite fait démonter et envoyer au roi cambodgien.

pavillon-bonaparte

Juste à côté du palais royal se trouve l’extravagante pagode d’argent dont le sol est recouvert de 5 tonnes de dalles en argent. Parmi les autres trésors de ce site on compte un bouddha en cristal de Baccarat vert monté sur un énorme piédestal doré, et un autre bouddha grandeur nature réalisé à partir de 90kg d’or et décoré de plus de 2000 diamants. Que de richesses en un seul et même endroit !!

palais-royal-phnom-penh

Après le musée de la guerre de Saïgon, Phnom Penh nous donne l’occasion de visiter un autre lieu empli d’Histoire sanglante: le musée Tuol Sleng, également tristement connu sous le nom S-21 (sécurité 21) lors de son utilisation par les khmers rouges comme principal centre de détention et interrogation/torture. Les prisonniers y passaient entre 2 et 5 mois en moyenne ; ils étaient ensuite amenés à une quinzaine de kilomètres de là et étaient achevés à coups de massue ou baïonnettes (afin d’éviter de gaspiller des munitions) avant d’être jetés dans des fosses communes. Plus de 129 fosses ont été mises à jour. S-21 est une ancienne école. La plupart des salles ont été laissées dans l’état dans lequel elles ont été trouvées le 17 janvier 1979 : un lit en ferraille avec une natte, une assiette, des barres de fer pour y attacher le détenu, un seau. Rien d’autre. Seulement une photo en noir et blanc de mauvaise qualité accrochée au mur, et sur laquelle on distingue un corps meurtri que la vie est en train d’abandonner. Ce vide (les salles sont grandes) et ses photos récurrents sont angoissants.

salle-de-torture

Dans un autre bâtiment, les grandes pièces ont été aménagées en dizaines de petits box de 0,8m x 2m dans lesquels les prisonniers étaient ‘parqués’. Au rez-de-chaussée, des salles remplies de photos, des photos par centaines, les visages de tous ces hommes, femmes et enfants qui ne comprennent pas ce qu’il leur arrive. Si la peur se lit sur la plupart d’entre eux, certains ont encore le réflexe de sourire devant l’objectif, c’est terrible à voir !

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Une des expositions à l’étage est particulièrement intéressante. Il s’agit du témoignage photo d’un suédois, Mr Bergtröm qui à l’époque était un jeune révolutionnaire. Il avait été séduit par la politique de Mao en Chine et pensait avoir trouvé dans l’organisation gérée par les khmers rouges le système social idéal. Il a eu la chance d’être invité au Cambodge pendant quelques semaines et ce sont les photos de ce voyage qui sont au centre de l’exposition. Sous chacune d’elles deux commentaires, celui de l’époque – souvent admiratif et élogieux - et celui d’aujourd’hui, 30 ans plus tard, malheureusement réaliste. On comprend que tout était alors mis en scène. Tout ce qu’il avait vu, des enfants bien nourris allant à l’école, des paysans travaillant dans les champs , etc…, n’était que du cinéma et cachait bien la réalité.

La réalité, la voilà : les villes ont été violemment vidées de leur population envoyée de force à la campagne (il ne restait par exemple que 44 000 personnes à Phnom Penh). La population rurale d’origine constituait ‘la base’ par opposition aux ‘nouveaux’ paysans issus des villes. Ces derniers subissaient tout le mépris des cadres dirigeants qui leur répétait sans cesse « to keep you is no gain, to lose you is no loss » (vous maintenir en vie ne nous apporte rien ; vous laisser mourir ne nous porte aucun préjudice). Chaque individu vivait désormais pour la communauté et tous les aspects de sa vie étaient gérés par l’équipe cadre dirigeante, également connue sous le nom d’Angkor. Angkor décidait du métier des camarades, mais aussi de qui ils devaient épouser. Les enfants étaient systématiquement séparés de leurs parents pour être élevés à part. Tout le monde portait le même uniforme noir. Les intellectuels étaient systématiquement arrêtés et emprisonnés, souvent torturés puis massacrés. Figuraient dans cette catégorie les personnes exerçant certaines profession, mais également ceux qui parlaient plusieurs langues ou portaient des lunettes ! .Ce traitement ne s’appliquait évidemment pas aux cadres d’Angkor qui étaient eux-mêmes le plus souvent issus de la classe aisée et intellectuelle, en témoigne Pol Pot qui avait fait ses études en France avant de rentrer au Cambodge pour y exercer le métier d’instituteur.

s21

Outre les nombreuses victimes de violences, une grande partie de la population a succombé aux maladies et à la famine. En effet, les médecins ayant été emprisonnés, ce sont de simples citoyens qui après une formation plus que sommaire de quelques jours étaient censés assurer les soins de santé, et ce avec des moyens dérisoires. Au total, on estime que près de 2 millions de personnes sont mortes suite aux mesures instaurées par le régime khmer rouge (sur une population de 7 millions de personnes).

En résumé nous sommes en présence d’une population dont une grande partie a été directement impliquée (sans avoir le choix) dans un passé relativement traumatisant (la génération de nos parents). Et jusqu’à aujourd’hui aucun mécanisme de justice transitionnelle (comme on a pu en voir en Afrique du sud ou au Rwanda) n’a permis aux Cambodgiens de s’apaiser. Un tribunal a récemment été institué, mais pour juger qui ? La plupart des anciens dirigeants khmers rouges sont décédés depuis longtemps. Ils ont coulé des jours paisibles en exil en Thaïlande ou même chez eux au Cambodge durant toutes ces années et n’ont jamais été inquiétés.

Oublier pour surmonter ? je ne pense pas que ce soit la solution mais j’ai pourtant l’impression que les Cambodgiens n’ont malheureusement pas eu le choix…

Cours d’histoire à Ho Chi Minh City (Saïgon)

Jeudi 25 juin 2009

27-30/05/2009

Ancienne capitale du sud Vietnam, Saigon comme les gens aiment encore l’appeler, fait figure aujourd’hui de capitale commerciale du pays. Le centre ville n’est pas aussi typique que le vieux quartier d’Hanoi mais il renferme tout de même beaucoup de choses à faire et voir.

Notre visite commence par le Ben Tanh market, un marché couvert où on trouve absolument de tout, présenté dans un ordre qui ne semble présenter aucune logique. Ainsi les stands de bonbons se situent juste à côté d’un étalage de poissons séchés, et non loin de petites boutiques de cosmétiques. Le textile est bien présent, mais ce sont surtout les nombreux vendeurs de souvenirs qui attirent les touristes. Ici les prix défient toute concurrence et il serait dommage de ne pas en profiter.

Le second jour de notre séjour à Saigon nous avons rendez-vous avec l’histoire tumultueuse de la ville et sa région. C’est en effet un haut lieu du passé récent du Vietnam, dont le principal symbole est le palais de la réunification. Le palais de Norodom (son nom initial) fut construit dès 1868 pour le compte du Gouverneur Général de l’Indochine. Suite à la défaite des Français à Dien Bien Phu en mai 1954, le palais est remis à Ngo Dinh Diem premier ministre de la République du Vietnam qui le rebaptise alors Palais de l’Indépendance et en fait sa résidence officielle. Une tentative de coup d’Etat menée en février 1962 contre l’impopulaire Diem (qui sera finalement assassiné un an plus tard) endommage une grande partie de l’édifice qui sera reconstruit selon les plans de l’architecte Ngo Viet Thu qui combine harmonieusement modernisme et tradition orientale. Les différents éléments de la façade reprennent ainsi pas moins de 5 caractères chinois signifiant bonté, chance, prospérité, humanisme, et indépendance. Tout autour du bâtiment les fenêtres ont été remplacées par des rideaux de pierres taillées en forme de bambous.

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Les 92 salles sont restées presque telles qu’elles étaient ce 30 avril 1975 lorsque les tanks des forces de libération ont défoncé les grilles du palais ; une fois le nouveau drapeau hissé, le rêve d’Ho Chi Minh se réalisait. Les peuples du sud et du nord étaient enfin réunis. Quelques mois plus tard c’est là que s’est tenue la conférence consultative pour réunifier le pays, d’où le changement de nom en Palais de la Réunification. Outre les nombreuses salles de réception aux décors variés, et l’étonnante salle de jeux située à l’étage, le sous sol du bâtiment mérite vraiment le détour : il s’agit en effet d’un véritable QG militaire avec salles de radio communication, salle des cartes, abri anti bombardement, etc…

Nous enchaînons avec la visite du War Remnants Museum érigé en souvenir des guerres. Son nom annonce clairement la couleur et les expositions sont à la hauteur de leur réputation. Ames sensibles, s’abstenir. Les expositions s’enchaînent et ne laissent aucun répit au visiteur qui est plongé dans l’horreur de la guerre. Outre les vitrines présentant l’effroyable arsenal utilisé par les ennemis (tout au long de la guerre du Vietnam les USA ont utilisé 14 millions de tonnes de bombes, soit 7 fois plus que durant la WWII, et plus de 70 millions de litres de produits chimiques toxiques), de nombreux panneaux font le récit des atrocités commises successivement par les Français et les Américains dans la campagne vietnamienne. Des photos plus ‘gores’ les unes que les autres illustrent la cruauté des actes de certains soldats que les combats ont rendus presque inhumains.

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D’autres expositions se révèlent particulièrement intéressantes, notamment celle sur les dizaines de journalistes qui couvraient la guerre du Vietnam et qui y ont laissé leur vie, souvent après avoir fait preuve d’un comportement héroïque. L’extérieur du bâtiment est réservé à une reconstitution sur le sort des prisonniers de guerre ; là encore on se rend compte qu’en matière de torture l’Homme n’a jamais manqué d’imagination (je vous passe les détails). Mais le thème qui nous a le plus marqué reste celui consacré aux conséquences de l’utilisation par les troupes américaines de l’agent orange, une arme chimique aux effets dévastateurs et diffus dans le temps (sur plusieurs générations). C’est-à-dire qu’aujourd’hui encore la population en subit les effets et de nombreux enfants naissent avec des malformations que je n’ai vues nulle part ailleurs. Un des murs de la salle principale est recouvert de photos de ces petites victimes nées dans les années 80 et 90, ça fait vraiment mal au cœur. Et inutile de préciser que qu’au jour d’aujourd’hui aucune de ses familles brisées n’a reçu de compensation.

Une visite douloureuse donc, mais tellement nécessaire pour ne pas oublier.

Le lendemain, balade dans le quartier de Cholon, le Chinatown de Saigon, en quête d’authenticité. Nous ne sommes pas déçus. Les signes des devantures sont en chinois et des pagodes se dévoilent à nous à chaque coin de rue.

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Nous en visitons pas moins d’une dizaine. L’atmosphère qui y règne est difficile à décrire ; elle ne ressemble en rien aux édifices religieux que nous avons vus jusqu’à présent. L’extérieur est généralement assez sobre mis à part quelques sculptures sur les coins et au sommet du toit à la forme reconnaissable entre mille. A l’intérieur, peu de lumière et l’odeur des bâtonnets et rubans d’encens est étourdissante.

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Les murs sont souvent couverts de grandes fresques en relief. Le motif du dragon est omniprésent (sur les murs, sculpté à la base des colonnes et piliers, …). Les autels souvent consacrés à des personnalités ‘sages’ (comme Confucius) et non à des dieux sont assez chargés en offrandes de toutes sortes (nourriture, encens et bougies, statues, argent…). L’ensemble est assez austère et me plaît beaucoup moins que le bling bling des temples hindous, mais il parait que pour faire des photos c’est parfait (pénombre, fumée, rayon doré, etc…), bref, Bibi est aux anges et j’ai du mal à le faire sortir.

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Un dernier petit tour en ville pour admirer les superbes façades héritées de la période coloniale (l’Hôtel de ville – aujourd’hui siège du comité populaire -, l’Opéra, et la Poste centrale sont magnifiques) et il est temps pour nous de dire au revoir au Vietnam, un pays auquel nous ne regrettons pas d’avoir consacré ces quelques semaines !!

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Des marionnettes sur l’eau ?

Vendredi 12 juin 2009

Bien avant l’avènement de la télévision et des salles de cinéma, les marionnettes faisaient rire et rêver petits et grands. Nous avons notre célèbre Guignol, qui tente inlassablement d’échapper au gendarme ; les Vietnamiens ont un petit bonhomme qui s’appelle Teu. Il a le corps arrondi, affiche un sourire optimiste, et raconte les affaires du village. Il critique les autres personnages, les tourne en ridicule, prodigue des conseils, et provoque le rire.

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C’est en s’inspirant des épouvantails qui effraient les oiseaux et les rats qui détruisent les récoltes que les  ‘artisans-paysans’ d’antan ont inventé les marionnettes sur l’eau. Les morceaux de bois qui restaient après la construction de maisons ou de charrues, de herses servaient à tailler les marionnettes. Les ficelles servant à préparer les filets de pêche étaient utilisées pour manipuler les marionnettes à travers des tubes de bambou, de roseaux.

En guise de scène, les paysans utilisaient les plans d’eau naturels que formaient les rizières inondées. Aujourd’hui encore le spectacle se déroule sur un petit plan d’eau.

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Les scènes de marionnettes sur l’eau sont étroitement inspirées des travaux quotidiens de la campagne vietnamienne : labourage, repiquage, pêche de crevettes ou de poissons, etc.. Certaines sont très drôles comme celle où les poissons sautent hors du filet et renversent la barque où se trouvent le pêcheur et sa femme, ou encore celle du renard qui grimpe sur un arbre pour attraper un oiseau ou qui vole un caneton à un vieux couple.

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Les marionnettistes, pataugeant dans l’eau et cachés derrière un rideau de bambou, manipulent leurs marionnettes avec des tiges de bambous et ficelles. Le spectacle s’ouvre généralement sous une explosion de pétards et les roulements de tam-tams d’un orchestre. Les personnages entrent et sortent de scène à travers le store de bambou, glissant gracieusement sur l’eau. Un double choeur, masculin et féminin, échange questions et réponses en guise de commentaire.

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Enfin, sachez que les marionnettes bien qu’elles sont fabriquées dans un bois qui résiste à l’eau doivent être remplacées tous les 4 mois environ, ce qui permet aux habitants de quelques villages spécialisés dans leur fabrication de maintenir des revenus réguliers.

Hue et Hoi An, bijoux du centre Vietnam

Jeudi 11 juin 2009

19- 25/05/2009

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Nous ne sommes pas très loin de la célèbre ‘DMZ’ zone démilitarisée qui séparait le nord communiste du sud du pays. Cette zone fut malgré son nom une des régions les plus touchées par les bombardements. De nombreux sites dignes d’intérêt ne sont plus que l’ombre d’eux-mêmes suite aux dégâts causés par les combats. Des travaux de restauration sont en cours un peu partout mais la tâche est énorme et il faudra encore de longues décennies avant que la région ne retrouve toute sa splendeur d’antan.

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La ville d’Hue fut la capitale de la dynastie Nguyen. La citadelle et ses environs regorgent de temples, palais, pagodes et tombeaux marquant le règne des différents empereurs. Nous décidons de visiter les lieux en scooter. Les tombes royales sont des sites particulièrement intéressants et agréables à parcourir.

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Chaque empereur établissait les plans de sa dernière demeure de son vivant. La plupart des mausolées sont construits avec des éléments semblables : l’empereur est accueilli dans une cour d’honneur bordée de statues d’éléphants, de chevaux et de mandarins, qui mène à un temple ; non loin, une stèle pouvant parfois peser plusieurs tonnes sert de support à l’autobiographie glorieuse ou critique de l’empereur. La dépouille du défunt est généralement conservée dans un tumulus. Sans oublier la nature environnante : les lacs, les bassins à lotus, les frangipaniers, etc…

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Plus au sud nous succombons au charme de la vieille ville d’Hoi An, où nous restons plusieurs jours à parcourir les rues bordées de superbes façades en bois sombre, et de maisons à colonnades typiques de la période coloniale.

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Du XVIIème au XIXème siècle la ville, connue alors sous le nom de Faifo, était l’un des plus importants ports internationaux de toute l’Asie du Sud Est. Des navires chinois, japonais, portugais, hollandais, français et britanniques venaient s’y approvisionner en riches soieries, porcelaine, thé, poivres, perles, objets laqués, etc… les Chinois arrivaient au printemps et ne repartaient qu’à la fin de l’été profitant de vents avantageux. Durant leur séjour, ils occupaient de grandes demeures qui leur servaient d’entrepôts en bord de rivière ; c’est ainsi que l’implantation de colonies chinoises démarra au Vietnam. La prédominance de cette communauté est aujourd’hui encore visible à travers les nombreux Assembly Hall souvent transformés en temples disséminés dans la ville.

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A Hoi An les boutiques de tailleurs se succèdent les unes aux autres ; nous en profitons pour remplacer une partie de notre garde robe à bon prix.

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A une cinquantaine de kilomètres de là, My Son est le troisième site classé. Il s’agit des plus importants vestiges du royaume des Cham qui s’était établi dans la région entre les 3ème au 15ème siècle. Ne possédant pas assez de terres pour se livrer à une agriculture d’autosuffisance, les Cham survivaient en se livrant à des actes de ‘pirates’ qui leur ont valu l’hostilité de tous leurs voisins.

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De c e royaume il ne reste aujourd’hui que des ruines ; les sites ont été largement détruits au fil des guerres et n’ont pas été épargnés par les bombardements américains. Seule une vingtaine d’édifices est répertoriée et ‘visible’ (il faut souvent faire appel à son imagination) à My Son, alors que site en comptait initialement près de 68.

Une des spécificités des monuments Cham est qu’ils sont construits en briques cuites et non en pierre. Le mode d’adhésion des briques entre elles reste un mystère pour les spécialistes. Plusieurs tentatives de restauration ont été menées au cours des 50 dernières années, et il est étonnant de constater que les nouvelles briques se descellent en de multiples endroits tandis que les parties d’origine des bâtiments ne présentent aucun signe d’altération.

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Tout au long de la visite, on est frappé par l’ampleur des dégâts causés par les bombardements. Il parait qu’un chercheur français a écrit une lettre au président Nixon pour lui décrire la situation, suite à quoi le président américain aurait donné l’ordre à ses troupes d’éviter de telles cibles. Mais c’était un peu tard, le mal étant déjà fait…

My Son reste cependant une visite fascinante durant laquelle l’esprit et l’imagination sont sans cesse sollicités afin de recréer les merveilles du royaume Cham, et ce dans un environnement naturel de toute beauté.

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Merveilleuse Baie d’Ha Long

Dimanche 7 juin 2009

15- 18/05/2009

Départ de bon matin pour le port d’Haïphong où nous prenons un bateau ‘lent’ (par opposition avec le speedboat qui effectue également la traversée). Cette embarcation est surtout utilisée par les iliens qui transportent toute sorte de choses ; nous voyageons ainsi au milieu des installations sanitaires qui viendront compléter la salle de bain flambant neuve d’une habitante de Cat Hai. La traversée dure environ 3 heures et est très agréable surtout lorsqu’on arrive à proximité des côtes de Cat Ba. Nous avons beaucoup de chance car le temps est magnifique, espérons que ça dure !

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A bord nous rencontrons un couple de Français qui nous conseille un endroit sympa style ‘petit bungalow sur la plage’, pas cher : juste ce qu’il nous faut ! A peine débarqués nous nous mettons à la recherche de ce paradis sur terre. Le taxi nous dépose devant un complexe 5 étoiles avec spa, trois piscines, plusieurs restaurants et la reconstitution d’un bateau en plein milieu du jardin…euh, c’est-à-dire que…En fait un petit chemin sur la gauche descend vers la plage, et là nous trouvons quelques paillottes et transats posés sur le sable. Les bungalows sont minuscules (dimensions du lit, pas un centimètre de plus) mais après tout on est là pour la plage, et le soleil est toujours au rendez-vous donc tout est parfait.

Et c’est parti pour deux jours de farniente, baignade dans une eau à 25°, dans une petite crique avec vue sur des îlots granitiques de toute beauté. Dieu que la vie est dure !!!

Bibi, en parfait G.O nous abandonne une petite heure pour se rendre au centre ville et organiser le clou de cette excursion : une croisière dans la baie d’Ha Long. Nous partons le lendemain matin pour 24 heures de balade au fil de l’eau dans un des plus beaux sites du monde, et pour fêter cela nous nous offrons un tour en barque dans le surprenant village flottant du port de Cat Ba suivi d’un bon dîner sur une terrasse de la ‘croisette’.

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Notre bateau présente tout ce qu’il faut pour passer une excellente journée en mer : des masques et tubas, deux kayaks, un bon matelas sur le pont supérieur, et un duo capitaine/matelot – cuisiniers aux petits soins. Il nous faut moins d’une heure pour nous retrouver dans un paysage qui semble sorti de notre imagination ; des dizaines de formations rocheuses aux contours des plus accidentés parsèment l’horizon. Certaines ont été creusées à la base par le va et vient de l’eau ; nous jetons les kayaks à l’eau et partons à la découverte des grottes. Un peu plus tard, le bateau appareille dans LA baie d’Ha Long, presque déserte, où nous profitons d’une toute petite plage et de l’eau cristalline pendant que nos chefs nous préparent un succulent déjeuner (des rouleaux de printemps, une soupe à la crevette, du poisson grillé avec du riz et des légumes…un vrai régal). L’après midi nous continuons à voguer à travers les pics granitiques.

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Le saviez-vous ? Ha Long signifie ‘là où le dragon plonge dans la mer’. La légende veut en effet que la baie ait été créée par un dragon. Ce dernier vivait dans les montagnes mais décida un jour de descendre vers la côte. Tout au long de son vol le balancement de sa queue creusait les vallées. Il disparut finalement dans les eaux, mais le sommet de ses épines dorsales demeura émergé.

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En fin d’après midi notre bateau nous dépose sur un village flottant perdu au milieu des formations rocheuses. C’est là que nous allons passer la nuit. Il s’agit en fait d’une exploitation piscicole ; plusieurs petites baraques sont posées sur des planches en bois qui elles mêmes reposent sur des tonneaux en plastique et de gros morceaux de polystyrène. Tout autour des filets délimitent des bassins dans lesquels des centaines de gros poissons se reproduisent. Bibi et Emir en profitent pour s’essayer à la pêche. Ils obtiennent chacun plusieurs prises, mais les poissons leur échappent systématiquement avant d’être sortis de l’eau (il parait que c’est à cause du matériel qui était de mauvaise qualité).

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Nous constatons que tous les occupants de cette exploitation sont des hommes (la plupart sont très jeunes) et qu’ils sont en train de faire le plein de casiers de bières…une belle soirée se prépare ? en effet l’un d’eux nous explique qu’ils s’apprêtent à fêter les 20 ans d’un de leurs compagnons et que nous sommes invités à nous joindre à eux. C’est alors que commence une des soirées les plus surréalistes de notre vie. Alors que je prends ma douche Emir est invité à prendre un verre de vin blanc (du vin blanc ? au beau milieu de nulle part ? étrange….) . Il revient un quart d’heure plus tard, le visage pâle : il s’agissait en fait de vodka ‘locale’ et les joyeux pêcheurs lui en ont fait boire 7 verres cul-sec ! Vers 20h, une dizaine de jeunes arrivent en barque et se joignent à la fête, dont l’attraction principale est le karaoke. Après quelques morceaux anglais en notre honneur, nous attaquons le répertoire vietnamien qu’ils connaissent tous par cœur. Les cannettes de bières qui formaient une énorme pyramide au centre de la table commencent à joncher le sol. Le karaoke prend fin et laisse place à la musique. Par musique j’entends 5 ou 6 chansons techno vietnamiennes qui tournent en boucle et sur lesquelles les jeunes iliens se déchainent : 2 techniques de danse semblent dominer ici. Il y a ceux pour lesquels tout se passe dans les jambes (ça fait un peu gigue irlandaise, c’est très rigolo) et il y a ceux qui sont plutôt adeptes des rotations du bassin façon hoola hoop (j’adore !). Bref les chansons se succèdent et se répètent, tout le monde danse, y compris Bibi qu’un vieux pêcheur a pris en adoration et ne laisse pas une minute tranquille. Vers minuit, nous arrivons tout de même à nous éclipser et regagner nos chambres. La fête dure toute la nuit, inutile de dire que tout le monde dort encore lorsque nous partons le lendemain matin. Quelques poissons n’ont malheureusement pas survécu à la combinaison ‘secousses de la plate forme-vibrations de la sono-restes de canettes’…

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Voilà, il est temps pour nous de rentrer à Cat Ba pour ensuite reprendre le chemin de la terre ferme, la tête encore pleine d’images plus incroyables les unes que les autres.

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