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Archive pour août 2009

Malaise en Malaisie

Lundi 24 août 2009

23-29/07/2009

« Avec des ‘si’ on refait le monde »… Si on n’était pas venu en Malaisie (après tout ce pays ne figurait pas sur notre itinéraire initial) ; si on n’était pas allé à Melacca (au début on voulait aller faire de la plongée sur la côte est) ; si on n’était pas ressorti ce soir-là pour aller faire un tour en bateau ; si on n’avait pas décidé de faire un détour pour retourner voir le magnifique temple chinois (qui soit dit en passant était fermé) ; si j’avais porté mon sac en bandoulière comme on me l’avait conseillé plus tôt dans la journée (j’allais le faire dans la minute qui suivait)….etc, etc, etc… tout cela ne serait pas arrivé !

Et oui mais malheureusement ce soir là nous étions à Melacca, devant le temple chinois, et je ne portais pas (encore) mon sac en bandoulière. Bibi prenait des photos ; il se tenait à 2 mètres devant moi tout au plus. J’étais au milieu de la rue, en train de m’attacher les cheveux. Je n’ai rien vu venir, simplement le bruit d’une mobylette qui démarre juste derrière moi près du trottoir. Bibi venait de se retourner et il a croisé le regard du conducteur du deux roues ; il a tout de suite compris mais c’était trop tard. Ils m’ont frôlé et le passager a attrapé mon sac, j’ai essayé de résister mais il fut le plus fort. Je crois que j’ai eu peur car quand j’ai rouvert les yeux, les voleurs étaient déjà hors de vue ; il n’y avait que Bibi qui est parti en courant au quart de tour, lançant ses tongs sur le trottoir. Je l’ai vu arrêter une voiture (oui oui, comme dans les films !) et disparaître dans une rue sombre. Je suis restée là au milieu de la rue, pleurnichant et me tenant le bras qui me faisait un peu mal. Bibi est revenu quelques minutes plus tard, terriblement énervé de n’avoir pu rattraper les voyous. Nous avons passé les trois heures suivantes au commissariat de police, à expliquer les détails de l’agression et à faire le compte de ce que nous avions perdu. Dans mon sac il y avait ma pochette de voyage, avec mon passeport (heureusement celui de Bibi était resté on ne sait pourquoi dans la chambre d’hôtel), ma carte bancaire, les copies des billets d’avion électroniques, mes permis e conduire français et international, ainsi que le permis de conduire de Bibi (qui n’aurait pas du se trouver là mais comme on l’avait utilisé la veille pour la location du scooter…). Bref, du lourd, et une belle galère qui commence.

On est jeudi soir, mon bras commence à enfler et prendre une coloration bleu-vert ; il nous faut absolument rentrer demain à la première heure à Kuala Lumpur pour nous rendre à l’ambassade car voyez-vous, alors que nous n’avons pas pris l’avion depuis plusieurs mois, nous sommes sur le point d’entamer un marathon aérien de traversée du Pacifique, et nous sommes censés nous envoler pour Sydney dimanche soir, soit dans 2 jours….inutile de dire que ce ne sera pas possible.

Et voilà comment nous nous retrouvons bloqués dans la capitale pendant une petite semaine, à essayer de régler tous les problèmes administratifs et logistiques qui nous sont tombés dessus sans crier gare. On craignait particulièrement la visite à l’ambassade (vous comprenez, on est vendredi et c’est le week end, ça va prendre du temps….) mais en fait tout s’est très bien passé. La jeune femme qui nous a reçus a été très sympa et est parvenue à me délivrer un passeport d’urgence en 3 jours. Par contre, là où ça a été éprouvant, c’est pour les modifications de billets d’avion. Je vous passe les détails mais on et passé par toutes les phases : l’euphorie de croire que tout s’arrangeait, avant la colère et le désespoir de constater que rien n’était facile et qu’on allait peut être devoir payer près de 1500 euros pour de nouveaux billets (Bibi était fou de rage). Finalement, après 4 jours de stress, qu’on a tenté de combattre en allant au cinéma chaque après midi (il fallait bien qu’on s’occupe), et quelques dizaines d’euros de frais de modification, tout est rentré dans l’ordre et nous avons pu prendre l’avion pour poursuivre l’aventure.

Mon exposé de ces quelques jours de grosse galère ne serait pas complet si je ne mentionnais pas le fait que la guesthouse dans laquelle nous nous sommes retrouvés à Kuala Lumpur était bel et bien infestée de bedbugs, ce qui fait que nous n’avons quasiment pas fermé l’œil pendant près de 36 heures (vous imaginez nos tête et humeur…). Enfin, grâce au dernier Harry Potter, Transformers, et l’Age de Glace nous avons tenu le coup, et tout n’est pas perdu puisque Bibi a bien mérité une petite Playstation portable… ;)

Avec du recul, ce qui nous a le plus handicapé dans cette histoire, c’est le vol de ma carte bancaire, car avec seulement celle de Bibi, nous sommes très limités en terme de retrait de cash, ce qui n’est pas bon quand on s’apprête à passer 10 jours en Polynésie, où la moindre ‘case’ en bambou coûte 30 euros la nuit… mais bon ce genre d’aléa fait partie du voyage et ça nous fait des choses à raconter (quoique j’aurais préféré vous vanter les merveilles de Melacca !).

Ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort… sans rancune pour la Malaisie qui restera une bien belle étape de notre périple.

Patchwork malaisien

Lundi 24 août 2009

16-23/07/2009

Nous devons quitter l’Indonésie car nos visas arrivent à échéance ; nous avons le choix entre Singapour et la Malaisie, mais pour un séjour d’une dizaine de jours la seconde option nous a paru la meilleure, d’autant que les distances ne sont pas énormes ce qui nous permettra d’effectuer plusieurs étapes sur la côte ouest du pays. Autre bonne nouvelle, nous n’avons pas besoin de visa pour entrer en Malaisie.

tuk-tuk-fleuri-melacca

Nous débarquons à Kuala Lumpur, ville qui pour moi n’évoque rien d’autre que les célèbres tours Petronas reliées par un pont-tunnel en verre. Il va falloir remédier à cette large ignorance !

Le quartier ‘backpacker’ de la capitale n’est pas bien grand et heureusement nous avons eu la prudence de réserver nos 2 premières nuits. Coup de bol pour nous, nous tombons sur des ‘hostels’ (auberge de jeunesse, cuisine et salle de bain communes) très sympas et propres. Kuala Lumpur est malheureusement réputée parmi les globetrotters pour être infestée de ‘bedbugs’ (ces petites bestioles noires plutôt mignonnes mais qui envahissent la literie et dont les piqûres me rendent folle. Pas de visiteurs nocturnes cette fois-ci, ouf !

kuala-lumpur

Notre première journée touristique à KL nous emmène tout d’abord au cœur du quartier chinois (étape désormais classique dans nos découvertes des grandes métropoles). Nous commençons à nous lasser des immenses marchés d’articles de contrefaçon, mais nous prenons toujours autant de plaisir à visiter les pagodes et temples. Un peu plus loin nous débouchons sur une grande avenue bordée de très beaux bâtiments, la plupart hérités de l’administration britannique ; nous sommes dans la partie coloniale de la ville. Les édifices conçus selon diverses inspirations architecturales bordent la place Merdeka, symbole de l’Indépendance malaisienne.

melange-des-genres-a-kl

Sur le côté se trouve l’un des plus hauts mâts porte drapeaux du monde, qui culmine si je me souviens bien à près de 96m. Cet espace historique semble aujourd’hui ‘perdu’ au milieu des gratte-ciel, mais les genres se mélangent plutôt bien, et les quelques espaces verts et fontaines contribuent à donner à ce lieu un charme indéniable.

Après l’Histoire, place à la modernité, avec la visite de la tour Menara. Il s’agit de la 4ème plus haute tour de télécommunication au monde. Elle culmine à 421 mètres et bien que le monument en lui-même ne soit pas très photogénique, la colline sur laquelle il est posé représente une belle réserve naturelle et surtout, la vue 360° depuis le point d’observation situé à 276 mètres est splendide.

menara-tower

Nous restons dans le quartier des affaires afin d’admirer les fameuses tours jumelles Petronas by night. Imaginées par l’architecte Cesar Pelli, ces deux tours de 452 mètres chacune ont été les plus hautes tours du monde entre 1998 et 2004, date à laquelle la tour Tapei 101 les a détrônées. Mais ce qui fait la célébrité de cet édifice c’est surtout la passerelle d’acier vitrée qui relie les tours au niveau du 41ème étage, soit à plus de 170 mètres du sol.

petronas-towers-by-night

Après environ 5 heures de bus sur une autoroute en tout point semblable à celles que nous utilisons en Europe, nous empruntons le pont suspendu pour rallier l’île de Penang. L’histoire moderne de Penang remonte à 1786, lorsque Sir Francis Light –ancien officier de la Royal Navy qui a décidé de tenter sa chance dans les colonies - parvint à convaincre le Sultan de céder ce petit bout de terre à la Compagnie Britannique des Indes, pour en faire un de ses principaux comptoirs commerciaux de la région. Il faut dire qu’étant donné sa situation, l’île attirait depuis longtemps déjà toutes sortes de personnes. Les premiers marchands chinois s’y installèrent, suivis des Indiens, principalement originaires de Ceylan.

temple-georgetown-penang

Penang demeure aujourd’hui encore une île multi ethnique, où les communautés malaisienne, chinoise et indienne cohabitent en parfaite harmonie. C’est sans aucun doute ce riche héritage culturel qui a valu à la principale ville de l’île, Georgetown, son inscription en juillet 2008 au Patrimoine Mondial de l’UNESCO.

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Trois jours durant nous sillonnons les ruelles, collectionnant les édifices historiques de styles architecturaux variés. Les temples hindous côtoient les grandes demeures victoriennes, les monuments d’inspiration néo classique, les mosquées au design géométrique ou encore les riches bâtisses des commerçants chinois. Nos promenades nous conduisent au fort Cornwallis, construit par Sir Francis Light dès son arrivée sur l’île, et qui fut la première base militaire et administrative de la Compagnie Britannique des Indes dans la région. Nous apprécions également la visite du musée, témoignage remarquablement vivant de la diversité culturelle des habitants de l’île. Nous sommes particulièrement intéressés par la découverte des ‘clan jetties‘ véritables quartiers flottants établis par les descendants des marchands chinois. Chaque jetty regroupe la famille d’un immigrant et reflète les particularités historique et social de la lignée.

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Le dernier jour nous décidons de ‘sortir’ de la ville. La colline de Penang fut la première station d’altitude (tout est relatif nous sommes à 830 mètres….) de la Malaisie. On y accède par funiculaire et une fois parvenus au sommet on peut profiter de la fraîcheur ambiante et d’une splendide vue sur la ville.

Après la culture, place à la nature, avec une petite virée dans les Cameron Highlands. On visite la région à scooter. Première étape : une plantation de thé. J’aime beaucoup les paysages que les buissons verts forment. La visite de l’usine nous apprend qu’en fait la fabrication du thé est d’une simplicité élémentaire ; broyage, fermentation, séchage et le tour est joué ! Le thé est prêt à la vente en 48 heures chrono, impressionnant !

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Bibi insiste pour aller voir la ferme aux papillons (un bien grand mot). La volière comprend essentiellement une espèce et les pauvres bêtes ne résistent pas à l’arrosage musclé d’un des agents du site. Tout au long du parcours nous devons éviter d’écrases les papillons qui sont plaqués au sol, trempés et incapables de reprendre leur vol….triste visite. Il y a aussi plein d’insectes et autres spécimens effrayants (scarabée tricorne, scorpions, araignées… ), intéressant mais sans plus car la présentation laisse à désirer.

melacca-historique

Notre dernière étape malaisienne s’appelle Melacca. Encore une ville classée au patrimoine UNESCO, ce qui promet de belles visites ! La vieille ville est en effet très photogénique et on a la chance d’y trouver de sympathiques hôtels. Le nez plongé dans les prospectus explicatifs, et Bibi l’œil collé à l’objectif de son Pentax, nous enchaînons musées et sites historiques tout au long de la journée.

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Le programme des jours suivants s’annonce chargé, m ais malheureusement le destin en décide autrement et suite à un malheureux événement (l’article suivant s’étend sur le sujet) nous sommes contraints de rentrer immédiatement en capitale. Nous quittons Melacca le cœur lourd et espérons avoir un jour l’occasion d’y revenir afin d’en poursuivre la visite.

temple-melacca

L’Indonésie des superlatifs

Lundi 17 août 2009

09-10/07/2009

Borobudur, le site le plus visité d’Indonésie.

borobudur

Le temple de Borobudur, situé à une quarantaine de kilomètres de Yogyakarta, fait partie – aux côtés du site de Bagan en Birmanie et des temples d’Angkor au Cambodge - des monuments les plus grands et les plus visités de l’Asie du Sud Est. Borobudur – qui se traduit littéralement par ‘le temple sur la colline – est une impressionnante pyramide constituée de plus de 2 000 000 de blocs de pierres. 6 plateformes carrées sont surmontées de 3 étages circulaires ; pas moins de 432 statues de Bouddha sont disséminées dans des niches sur le pourtour des plateformes, tandis que 72 autres sont positionnées sur la terrasse supérieure, abritées chacune par une stupa - reliquaire en forme de cloche -percée de trous.

niches

Plus impressionnant encore (si si c’est possible !) : toutes les parois des différents paliers sont sculptées de reliefs et bas reliefs qui relatent la vie du Bouddha.

bas-reliefs

Bouddha était en fait un prince nommé Siddharta, né dans un petit village au Népal. Une fois adulte il fut marié à la princesse Gopa. Lors de ses promenades en dehors du palais, Siddharta fut témoin de situations qu’il ne connaissait pas jusque là : il découvrit la maladie, la misère, la mort. Choqué par ces expériences, Siddharta décida de quitter le palais et de devenir ermite. Les enseignements d’autres illustres ermites ne lui suffirent pas. Il se rendit en Inde, à Bodhgaya précisément, et s’installa sous l’arbre Bodhi pour méditer. C’est à cet endroit qu’il fut ‘illuminé’ par la connaissance suprême et devint alors Bouddha.

bibibouddha

Mais revenons donc à Borobudur, dont l’histoire est également digne d’intérêt. Le temple fut probablement construit au cours du 9ème siècle, puis peu à peu abandonné en conséquence du déclin du bouddhisme face à l’Islam. Une éruption volcanique le recouvrit entièrement de cendres en 1006, et ce n’est que 800 plus tard, en 1806 que le britannique Raffles le découvrit. D’importants travaux de restauration, comprenant le nettoyage une par une de la majorité des pierres nous permet d’admirer aujourd’hui –et pour 1000 ans encore dixit le gouvernement indonésien - ce site dans toute sa splendeur.

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Conformément aux recommandations des connaisseurs, nous nous sommes levés très tôt ce matin afin de profiter du lever de soleil sur le temple. Quel spectacle ! Ce n’est que lorsqu’on est tout proche du site que l’on peut voir le contour du monument se dessiner lentement dans la brume. Une fois parvenu au sommet de la pyramide, le panorama est à vous couper le souffle et les déclics d’appareil photo résonnent de tous les côtés.

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meditation

Merapi, les dangers de la Nature à l’épreuve de croyances ancestrales

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Commençons avec quelques informations d’ordre général sur le volcan Merapi. Avec 68 éruptions entre 1548 et 2007, il est considéré comme étant le volcan le plus actif d’Indonésie, produisant de périodique nuées ardentes. De petites éruptions ont lieu tous les deux ou trois ans et de plus importantes tous les dix-quinze ans. La dernière grosse éruption date de mai 2006. Considéré comme le volcan le plus dangereux du monde, le Merapi fait l’objet de toutes les attentions des spécialistes locaux et un système d’alerte précoce a été mis en place il y a quelques années.

le-merapi-en-activite

En effet, à ses pieds vivent les 500 000 habitants de Yogyakarta située à seulement 25 kilomètres au sud du volcan, et plusieurs villages sont perchés sur les flancs du volcan, où la terre fertile attire les fermiers. Ce sont donc environ 1,3 million d’habitants qui vivent sous la menace d’une explosion dôme de lave et des lahars(coulée boueuse d’origine volcanique) engendrés par les pluies tropicales s’abattant sur les épais dépôts de cendre volcanique.

Malgré tous ces éléments ‘effrayants’, notre excursion au Merapi n’eut rien d’impressionnant. On s’attendait à voir au moins une petite coulée de lave, mais rien… juste un petit fumet s’échappant du haut du dôme. Par contre l’ascension effectuée à 4 heures du matin, à travers la forêt, éclairés à la lampe frontale restera une très belle expérience. On progresse dans la quasi obscurité, et on entend la vallée se réveiller ; ici un animal, là un autre, enfin l’appel à la première prière de la journée qui résonne de tous les côtés de la vallée. Nous avons également eu la chance d’être en compagnie d’un guide exceptionnel qui côtoie le volcan depuis plus de trente ans et en connait toutes les histoires et tous les secrets.

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Il nous explique que le plus gros problème auquel se trouvent confrontés les autorités Indonésiennes, c’est d’arriver à ce que les populations locales croient les scientifiques lorsqu’ils prédisent une éruption. On l’a vu, le risque est important car la zone est habitée mais malgré l’existence du système d’alerte précoce, il est très difficile de convaincre les autochtones à évacuer leurs villages. Le Merapi est considéré comme un lieu sacré par les Indonésiens ; ils pensent qu’à son sommet se trouve un royaume, et font régulièrement des offrandes au roi afin d’obtenir sa protection. Si des membres de leur communauté périssent au cours d’une éruption, ils pensent que les décédés ont simplement été réquisitionnés par le roi du Merapi pour effectuer des travaux dans son royaume, et qu’ils rentreront au village plus tard. Les gribouillages du sismographe demeurent pour l’instant bien impuissants face à de telles croyances !

Immersion culturelle à Yogyakarta

Samedi 8 août 2009

04-09/07/2009

Le trajet Probolinggo – Yogyakarta fut ‘bizance’, effectué dans un minivan tout confort, en compagnie de deux jeunes femmes dont une travaille pour les Nations Unies (forcément on a beaucoup causé ‘boulot’). Par contre on est vite descendu de notre petit nuage à l’arrivée dans un des deux coins à touristes de Yogyakarta ; les hôtels et guesthouses se succèdent les uns aux autres sur plusieurs centaines de mètres et tous affichent complet. Même pas la peine de se rendre à la réception, des pancartes suspendues à l’entrée préviennent le vacancier en quête de logement qu’il est assez mal barré. Au début on ne se démonte pas, mais après une dizaine d’établissements totalement occupés on commence à désespérer, d’autant qu’il se fait tard. On finit tout de même à trouver une chambre minable qu’on paie une fortune. Bibi est dégoûté et n’arrête pas de répéter  « à la première heure demain je fiche le camp de cette ville de m…. ».

Il n’aura finalement pas à mettre en œuvre ses menaces car alors que nous nous apprêtons à quitter le maudit quartier, nous constatons que la plupart des pancartes affichent désormais ‘chambres libres’. Et oui, en fait la plupart des touristes viennent sur Yogyakarta en tour organisé et n’y restent qu’un jour ou deux, libérant les chambres tôt le matin ; si vous arrivez après midi, c’est foutu tout est à nouveau plein comme un œuf. Entouka, aujourd’hui c’est notre jour de chance car nous frappons par hasard à la porte d’une guesthouse qui va devenir notre petit nid douillet pendant toute la semaine. Notre chambre est adorable avec une petite salle de bain tout comme il faut ; le jardin est très bien entretenu et il y a même une piscine !! Mais ce que l’on ne sait pas encore, c’est que nous aurons droit chaque matin au meilleur petit déjeuner de tout le voyage. Imaginez une bonne tasse de café javanais, une belle assiette de fruit tropicaux, et trois petits pains aux céréales encore chauds, à tartiner de beurre, confiture, miel et vermicelles en chocolat… On est arrivé pour 2 nuits, on est resté toute la semaine…

La guesthouse est sans aucun doute une des raisons pour lesquelles nous gardons un si bon souvenir de notre passage à Yogyakarta, mais la ville et ses environs ont également su nous séduire dès nos premières balades.

Je sens que je vais encore en écrire des tonnes, alors pour éviter d’être soporifique, je vais profiter un maximum des belles photos du Bibi pour vous faire partager notre séjour à Yogyakarta.

On a entendu dire que la vieille ville est particulièrement charmante et on décide donc de nous y rendre, sans guide, ni carte, histoire de nous y perdre quelques heures, armés seulement de notre appareil photo. Nous ne sommes pas déçus ; les ruelles s’enchaînent, bordés d’adorables maisonnettes. L’espace est réduit mais cela n’empêche pas les habitants de parer leur parcelle de fleurs et plantes vertes de toutes sortes. Les Indonésiens aiment semble-t-il beaucoup les oiseaux. Chaque terrasse, chaque fenêtre est ornée d’une ou plusieurs cages à oiseaux.

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Qui dit beaucoup d’oiseaux, dit (forcément) marché aux oiseaux, non ? et bien celui de Yogyakarta est tout simplement superbe ! Les boutiques se suivent, remplies de très beaux spécimens, présentés dans de non moins belles cages. Perruches, cacatoès, perroquets du Gabon, colibris… les sons et les couleurs nous assaillent de tous les cotés.

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A notre grand bonheur le marché présente également des animaux qui n’ont rien à voir avec les volatiles : singes, serpents, geckos, lapins, chauve-souris, cochons d’Inde, etc… apparemment les Indonésiens sont très fervents d’animaux domestiques, Bibi aussi !!

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Après une après midi d’errance dans les vieux quartiers, on reprend notre bon vieux Lonely Planet, car il y a tout de même quelques sites à ne pas manquer. Nous commençons par le Kraton, l’enclave royale séparée du reste de la ville par un mur d’enceinte blanc comme neige. Cette ville à l’intérieur de la ville qui abrite plus de 25 000 personnes, est en fait le centre culturel et politique de Yogyakarta. Le Sultan, autorité traditionnelle très respectée, y demeure dans un somptueux palais que nous ne pouvons malheureusement visiter qu’à moitié. De nombreux artistes et artisans travaillent dans des ateliers ouverts sur la rue, ce qui nous permet de découvrir les secrets de fabrication des marionnettes en cuir du théâtre d’ombres, et des batiks.

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Nous découvrons ensuite une des principales attractions de la ville : le Palais des Eaux, vaste complexe de bassins, canaux et palais cachés, construit par un architecte portugais, dont on raconte qu’il aurait été exécuté immédiatement après la fin du chantier afin de garder secret les lieux de plaisir du sultan de l’époque.

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Les édifices ont malheureusement beaucoup souffert suite à plusieurs guerres, et surtout suite à un puissant séisme qui a secoué la région en 2006, mais il est tout de même fort plaisant d’escalader les ruines, et de chercher au milieu des étroites ruelles l’entrée de couloirs sous terrains.

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Mercredi 8 août est un grand jour pour les Indonésiens car ils sont appelés aux urnes afin de nommer un nouveau président de la République. Deux hommes (dont le chef d’Etat actuel, au nom si long et compliqué qu’il se résume à ses initiales SBY) et une femme (ancienne présidente) sont en lice, chacun accompagné de leur vice président. Nous nous rendons dans plusieurs bureaux de vote et constatons que le taux de participation est élevé ; les habitants du quartier sont fiers de nous montrer leur doigt ‘encré’ pour prouver qu’ils ont participé à l’élection. On n’y avait pas pensé, mais étant donné que c’est jour d’élection, beaucoup de sites sont fermés… on avait prévu d’aller au musée, histoire de compléter tout ce qu’on a pu observer et apprendre ces derniers jours. Les grilles sont évidemment closes, mais un gardien nous fait signe d’entrer et à notre grande surprise il nous autorise à visiter le musée (contre une petite somme bien entendu !). Nous sommes seuls dans le bâtiment, c’est chouette !

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Au cours de nos ‘errances’ dans la vieille ville qui nous a vraiment beaucoup plu, nous avons fait d’étranges mais fort agréables rencontres. En voici quelques unes :

Un groupe de bons (étant donné l’état et la qualité de leurs instruments) musiciens et chanteurs, dans un des corridors sous terrains du Palais des Eaux.

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Un curieux éleveur de poissons d’aquarium (qui ne rentrait plus dans son pantalon…)

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Une fratrie de violoniste-photographe tenant un petit café fort sympathique.

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Sans oublier nos innombrables séances photos pour le plus grand bonheur des autochtones !!

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Voilà pour nos souvenirs de Yogyakarta, mais ce n’est pas encore vraiment fini car d’autres sites enchanteurs sont tout prêts et nous y emmenons de ce pas…

Le Gunung Bromo, volcan-carte postale

Vendredi 7 août 2009

01-03/07/2009

Le trajet effectué de nuit en bus tout confort se passe le mieux du monde, si ce n’est qu’on nous avait promis un dîner, qui est arrivé à 3h30 du matin, alors que nous ne l’attendions plus ! Largués sur une grande avenue déserte et peu éclairée de la petite ville de Probolinggo à 4 heures du matin, nous avons le pressentiment que la journée sera longue. Contre toute attente, un rideau de fer se lève et un jeune homme les yeux encore plein de sommeil nous présente deux chaises et nous souhaite la bienvenue. Un coup de fil et quelques minutes plus tard son patron arrive en scooter et prend place derrière un petit bureau. Nous réalisons alors que ce minuscule garage est en fait une agence de voyage, et que nous sommes certainement en train de nous faire embarquer dans un plan attrape-touristes, mais bon il est tôt, pas un taxi en vue, on ne connait pas la ville, alors une fois n’est pas coutume, on écoute attentivement ce que ce monsieur nous propose. Si nous nous sommes arrêtés à Probolinggo, c’est tout simplement car il s’agit de la ‘grande’ ville la plus proche du Gunung Bromo, un des célèbres volcans de l’archipel. L’agent nous présente son ‘package à prix défiant toute concurrence’ que nous arrivons tant bien que mal à obtenir pour moitié prix. Il nous prévient que nous aurons du mal à trouver un logement sur place car les touristes sont nombreux ces jours-ci, mais n’ayant pas vraiment eu de souci de ce côté-là jusqu’à présent, nous faisons la sourde oreille. Le trajet jusqu’au hameau de Cemero Lawang n’est censé durer qu’une petite heure, mais étant donné que notre minibus qui fait également taxi local s’arrête plusieurs fois en cours de route pour prendre à bord des femmes rentrant du marché, chargées comme des mulets, ainsi qu’une cargaison de planches de bois difficilement hissée sur le toit du véhicule, nous n’arrivons à destination que trois heures plus tard. Nous sommes pas mal montés en altitude et la fraîcheur ambiante nous semble tout d’abord bien agréable, puis finalement un peu trop fraîche…plus l’habitude de porter des manches longues, voire même la polaire !!

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L’agent de Probolinggo nous avait certainement embobiné sur ses soit disant prix imbattables, mais là où il ne s’était pas trompé c’est sur le manque de logement. Les touristes ne sont pas légion ici et pourtant les trois premiers établissements hôteliers que nous visitons affichent plein ; seule un minable cagibis nous est proposé pour une somme tellement déraisonnable que nous ne pouvons nous résigner à accepter, même pour une nuit. Alors que nous croyons notre quête désespérée (plusieurs personnes du coin nous assurent qu’il n’y a pas d’autre option) nous apercevons un dernier petit hôtel et quelle n’est pas notre étonnement de constater qu’il est loin d’être totalement occupé. Ravis, nous déposons nos sacs et partons immédiatement admirer la vue sur le volcan depuis le haut du village.

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L’Indonésie compte de nombreux volcans mais s’il en est un à voir, c’est bien le Gunung Bromo. Le dôme fumant en lui-même n’est pas extraordinaire, mais son environnement est absolument superbe. Le cône est posé sur une vaste ‘mer’ de sable ; juste à côté, un autre volcan quant à lui éteint depuis belle lurette et recouvert de verdure, et derrière, le majestueux Gunung Semeru qui culmine Java à plus de 3650 mètres et qui complète ce paysage si particulier. Bertrand, qui ne connait que le Mont Cameroun planté au milieu de la forêt tropicale est particulièrement impressionné par ce spectacle de désolation pourtant si beau. Pour ma part je ne peux m’empêcher de faire un bond en arrière de presque 25 ans, pour me retrouver toute jeune face au superbe volcan de la Fournaise, à l’île de la Réunion. Les deux sites sont semblables et dégagent la même sensation de fin du monde ; c’est très photogénique.

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La vraie aventure a lieu le lendemain matin, bien avant le lever du soleil lorsque nous embarquons dans une vieille jeep en compagnie de six autres touristes. Une heure plus tard, nous arrivons au fameux belvédère qui offre la plus belle vue sur le site volcanique. Il fait un froid de canard et emmitouflée et grelottante dans mes cinq épaisseurs de tissus spécialisés ‘grands froids’ je ne peux m’empêcher de plaindre les quelques dizaines de touristes (pèlerins ?) locaux qui se promènent en pull fin et sandales.

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Peu à peu le soleil se lève et ses reflets font du Gunung Bromo un vrai paysage de carte postale. Bibi s’est accroché à un parapet pour prendre ses photos, et il trouve l’endroit tellement parfait qu’il ne le lâche plus, résistant aux assauts des autres touristes en quête du ‘spot’ idéal.

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De retour dans la jeep nous nous dirigeons vers le pied du cône fumant dont l’accès se fait par 253 marches. Pas moins d’une centaine de paysans locaux attendent les touristes fainéants, sur leurs petits chevaux, pour les emmener au pied de l’escalier. Les montures effectuent des allers-retours à une vitesse folle, créant un nuage de poussière très pénible pour les marcheurs courageux que nous sommes. Ceci-dit, une fois arrivés à l’escalier les paresseux n’ont plus le choix, ils doivent mettre pied à terre et grimper sans aide (et c’est là que nous rigolons discrètement !!!) ;-)

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Le cratère ne présente pas un grand intérêt, mais c’est toujours impressionnant de voir l’épaisse fumée qui s’en dégage et surtout l’odeur de soufre, peu agréable. On se demande d’ailleurs comment font les quelques vendeurs d’offrandes postés là toute la journée. La vue depuis le haut du cratère est également magnifique, avec notamment l’étonnant temple hindou qui a été récemment construit juste à côté du Gunung Bromo.

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Contrairement à la majorité des touristes, nous décidons de rester une nuit supplémentaire pour profiter des collines alentours et de la sérénité du site, avant de gagner l’effervescence de Yogyakarta, capitale artistique et culturelle de Java.

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Bali et la mer…

Vendredi 7 août 2009

17-30/06/2009

Les touristes affluent vers Padangbai, petite ville située sur la côté est de Bali pour deux raisons : prendre le ferry vers les îles paradisiaques de Gili et Lombok, ou faire de la plongée. Nous sommes là pour la seconde raison.

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Bibi et Emir ont en effet l’intention de valider leur certificat de plongée, et Padangbai semble être l’endroit idéal étant donné qu’il y a autant de centres de plongée que d’hôtels. Alors que Bibi, pour qui les baptêmes de plongée ne datent pas d’hier, se réhabitue au matériel dans une petite piscine (désolé, on lui a promis de ne pas prendre de photo de ce moment plutôt humiliant pour lui), Mimir part effectuer deux plongées dans le grand bleu. Il est désormais certifié et son équipement de plongée ne le quittera plus. Bibi se jette véritablement à l’eau le lendemain et est tout heureux de retrouver les sensations que nous avions découvertes il y a quelques années à Zanzibar (même si les poissons et coraux sont bien moins beaux ici que dans le canal du Mozambique). Vous vous demandez peut être pourquoi je ne fais pas partie du groupe des joyeux plongeurs….et bien je dois vous avouer que j’ai un peu de mal à m’habituer à respirer par la bouche plutôt que par le nez…. Je n’ai pas abandonné…j’attends juste de trouver un endroit où les conditions seront parfaites : superbes coraux et bancs de poissons, le tout pas trop profond, dans une eau limpide et pas trop froide….ça existe, ça ? peut-être en Polynésie, ça tombe bien on y sera dans quelques semaines…on verra bien, inch’allah !

En tout cas, Bibi l’eau c’est son élément, et il profite d’une sortie organisée par le centre nautique pour aller plonger avec les raies mantas.

Nous quittons Padangbai pour monter plus au nord et rejoindre la paisible ville de Lovina dont Philippe, un franco-cubain rencontré au Cambodge nous avait parlé en bien. C’est en effet un coin tranquille et charmant. La plage n’est pas faite de sable blanc et cocotiers, mais nous sommes surtout venus pour profiter de ce qui se passe dans l’eau. Lovina est connue pour ses colonies de dauphins que des dizaines de bateaux chargés de touristes partent traquer tous les matins. La côté compte également quelques bons spots de snorkeling. Nous passons la première matinée avec masques et tubas à admirer la vie sous marine, sans trop accorder d’importance aux minuscules méduses qui évoluent autour de nous. Le lendemain matin comme la majorité des touristes du coin nous nous levons aux aurores pour aller à la rencontre des dauphins. Après une bonne demi-heure de navigation nous atteignons un endroit où plusieurs dizaines de pirogues sont stationnées ; d’autres arrivent de tous les côtés. A bord, des familles entières de vacanciers armés d’appareils photos.

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Pas un bruit, chacun scrute l’horizon avec attention. Soudain un cri fend le silence : « there ! there ! » On a à peine le temps de tourner la tête pour apercevoir les 3 ou 4 ailerons qu’ils ont déjà disparus sous l’eau. Ils ne réapparaîtront que quelques instants plus tard, faisant trois sauts et disparaissant à nouveau. Ce sera le même manège pendant une bonne heure : une cinquantaine d’embarcations se ruant vers les pauvres bêtes dès qu’elles sortent le museau hors de l’eau. Pathétique ! On avait hésité à le faire…mais bon le superbe lever de soleil valait le coup.

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Vu le faible nombre de touristes, la plage n’est pas très fréquentée ; les vendeurs à la sauvette sont par contre bien présents et les rares promeneurs se font donc littéralement assaillir de toute part. Colliers, coquillages, massages, peintures, calendriers balinais, nourriture, ….ça n’arrête pas. Les gens ont beau être adorables et très souriants, à la longue c’est tout de même un peu fatigant. Un petit bonhomme s’approche de moi alors que j’admire le coucher de soleil ; il me tend un prospectus et m’explique qu’il donne des cours de cuisine. Ceux qui me connaissent savent que je ne donne pas du tout dans l’art culinaire (je souffre dans ce domaine d’un lourd atavisme…), mais cela ne veut pas dire que cela ne m’intéresse pas ! Bibi a prévu d’aller à la pêche et il faut bien que je m’occupe pendant ce temps.

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Les cours de cuisine doivent pourtant attendre car je développe au cours de la nuit une méchante réaction allergique à je ne sais quoi (nous soupçonnons sérieusement les méduses microscopiques). Ça me démange de partout et j’ai les bras, le ventre et le dos couverts de plaques rouges. Bibi a beau me répéter de ne pas gratter, je ne peux m’empêcher de me tortiller dans tous les sens ; impossible de faire la cuisine dans ces conditions… je remets mon rendez-vous au lendemain et pars me promener pendant que Bibi s’en va à la pêche sous marine.

En cours de route j’ai la chance de croiser une procession mortuaire. Le spectacle est saisissant. En tête du cortège se trouvent trois hommes vêtus de blanc qui diffusent encens et paroles de circonstances. Puis viennent les proches du défunt qui portent d’impressionnantes offrandes, notamment de hauts plateaux pyramidaux remplis de fruits. Les membres de la famille suivent en file indienne, se tenant tous à une corde. Le cercueil est tout doré, monté sur un brancard porté par une demi-douzaine d’hommes. Deux jeunes garçons se tiennent debout sur le brancard et aspergent le cercueil d’eau et d’encens. La fanfare clôt la marche. La circulation sur la route principale est momentanément bloquée pour laisser passer ce curieux cortège. De temps en temps la procession s’arrête et effectue des cercles avant de repartir en avant.

De retour de ma promenade, je retrouve Bibi qui est surexcité par sa séance de pêche sous marine. Je lui laisse la parole afin qu’il vous explique pourquoi : « je suis parti avec un pêcheur du coin. L’idée c’était de faire une petite séance de chasse sous marine. Je pensais qu’on irait dans les récifs, lieux auxquels je suis relativement habitué, mais nous voilà navigant vers le large depuis plus d’une heure. On est facilement à 10 km des côtes. Sur le bateau, je lui demande si on se dirige vers une île, des coraux ; il semble me dire que oui. Finalement on arrive sur une plateforme en bambou, flottant au milieu de l’océan. Elle est fixée à 150 mètres de fond. Cette structure permet en principe aux poissons des récifs de s’y installer pour se reproduire. Et comme les petits poissons attirent généralement les gros poissons, c’est un site idéal pour la pêche et la chasse sous marine. Les gros poissons tournent autour de la corde par 10-15 mètres de fond. Si tu ne sais pas descendre en apnée, tant pis pour toi ! On est descendu plusieurs fois ; j’ai tiré plusieurs fois mais cet environnement particulier et inhabituel ne m’a pas aidé. On a visité trois structures semblables pendant une paire d’heures. Puis on est parti vers une dernière plateforme, encore plus éloignée. On s’équipe, on se jette à l’eau et là on se retrouve nez à nez avec 2 requins gris, d’environ 1,5 mètre. Je sors la tête de l’eau et voit mon compagnon qui me fait un signe négatif de la tête et me fait comprendre que les deux bestiaux sont calmes et qu’on peut descendre sans problèmes. Sur ce, les requins s’éloignent et on reprend notre chasse en nous éloignant quelque peu de la pirogue. Après plusieurs descentes, j’identifie un banc de poissons qui m’attire à une quinzaine de mètres - autant dire dans le ‘Grand Bleu’ - ; le banc s’enfonce encore plus en profondeur, je ne peux les suivre plus bas. Je me redresse pour entamer la remontée, et c’est alors que je constate que les deux requins sont de retour, juste au-dessus de ma tête. Ils tournent, et tournent, et tournent encore. Etant à court d’oxygène, je suis bien obligé de remonter en surface. Ils ont continué à tourner autour de moi ; le spectacle était grandiose, mon émotion aussi !!Une fois de retour sur la pirogue mon compagnon pêcheur m’avoue tout de même que les requins viennent à cet endroit essentiellement pour se nourrir (de poissons uniquement ?)et qu’il a déjà croisé des spécimens bien plus gros, et bien plus agressifs…

Dernier jour à Lovina. Mon mystérieux urticaire allant un peu mieux je me rends à mon cours de cuisine. La leçon commence par un tour au marché local afin d’achet er certains ingrédients. Le chef cuisinier fait tout à domicile, avec l’aide de sa femme et de ses enfants (nous sommes en période de vacances scolaires). Nous passons 2 heures fort amusantes à râper, couper menu, éplucher, écraser, mélanger, cuire plein de bonnes choses, pour finalement nous asseoir (Bibi n’a pas voulu se joindre à la préparation mais est prêt pour la dégustation….) devant six plats dont s’échappent des odeurs plus savoureuses les unes que les autres. Gado gado (légumes à la sauce cacahuètes, poulet et poisson sauce coco, soupe, etc… tout est excellent. Nous quittons nos adorables professeurs le ventre bien plein et quelques recettes sous le bras à essayer à notre retour.

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C’est ainsi que s’achève notre séjour à Bali ; nous prenons le bus de nuit ce soir pour rallier l’île de Java où nous avons rendez-vous avec les volcans.

Envoûtement balinais

Vendredi 7 août 2009

17-30/06/2009

Notre arme secrète pour découvrir Bali: notre ami indonésien Emir, alias Mimir (celui la même qui nous avait rejoint au Vietnam). Il connait fort bien l’île pour y avoir travaillé pendant plusieurs années, et a décidé de venir nous y rejoindre pour une semaine. Quelques jours avant notre arrivée il nous envoie le mail suivant : « pouvez-vous me dire a quelle heure vous arrivez à Bali le 17 Juin? je vais essayer d’organiser quelque chose à l’aéroport…et pour l’hébergement j’ai une bonne nouvelle pour vous, mon ancien patron a une maison vide à louer et je vous invite là-bas pour une semaine….gratuit!!! » Plutôt rassurant, non ? !!

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De nombreux touristes arrivent directement à Bali (Jakarta ne présente en effet pas vraiment d’intérêt), ce qui encombre parfois le hall d’immigration du petit aéroport. Deux vols internationaux arrivent en même temps que le nôtre ; cela fait beaucoup de visas à délivrer….La procédure étant quelque peu complexe (paiement à un guichet puis retour en queue de file d’attente pour obtenir les visas) les resquilleurs ne manquent pas (l’appel de la plage serait-il plus fort que l’honnêteté et le respect d’autrui ?!) mais on ne se laisse pas faire, et tout devient plus facile lorsqu’on aperçoit Mimir à la sortie. Il a loué une voiture et nous emmène faire le tour du célèbre quartier de Kuta (plage,bars, hôtels, boutiques, bikinis et mini shorts, y’a du monde !!) qui est tristement célèbre pour les deux attaques à la bombe très meurtrièrs de 2003. Nous mettons ensuite le cap sur la banlieue de Denpasar où Mimir a loué la maison de son ancien boss. Nous sommes super bien installés et la journée finit en beauté par un succulent dîner de poissons et fruits de mer sur la plage. Ca c’est les vraies vacances !

Le lendemain matin, Mimir nous fait goûter le rêve balinais en nous emmenant sur la plage de Dreamland. Il y a en effet beaucoup de surfeurs et les rouleaux sont impressionnants (on a intérêt à avoir le maillot de bain bien accroché !!).

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Plus tard dans l’après midi nous nous rendons au superbe temple d’Ulu Watu, perché sur la falaise où nous avons la chance d’assister non seulement au coucher du soleil mais également à un magnifique spectacle de danse Kecak. Une cinquantaine d’hommes sont assis en cercle ; ils portent un sarong à larges carreaux et exécutent une sorte de transe, répétant sans cesse la syllabe ‘cak’ (prononcer ‘tchac’)et jetant leurs bras en avant. Au milieu du cercle plusieurs acteurs rejouent une célèbre bataille du Ramayana, dans laquelle le dieu singe aide le prince Rama à combattre le roi des démons. C’est impressionnant !

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L’archipel indonésien jouit d’une longue et riche histoire. Les premiers royaumes y ont prospéré dès le 8ème siècle avant J.C, attirant l’attention des marchands indiens et chinois qui ne tardèrent pas à y amener leurs soieries et épices, ainsi que leur religion. L’hindouisme a vite dominé la région, mais ne fit pas le poids face aux puissants sultans qui imposèrent largement l’Islam dès le 15 ème siècle. Les Hindous se sont alors retirés sur Bali, qui demeure aujourd’hui la seule île de l’archipel où continue de fleurir la culture hindoue. Les temples sont omniprésents , et chaque jardin compte plusieurs autels couverts d’offrandes.

Après les plages il est temps de rentrer dans les terres. Direction les marchés artisanaux de Sakawati et la belle ville d’Ubud, centre culturel et religieux de l’île.

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Une fois sortis de l’enfer routier de Kuta et ses environs, nous sillonnons de jolies petites routes de campagne bordées de rizières et fermes de canards. L’Indonésie, et Bali en particulier, est riche en savoir faire artisanal. Nous connaissons tous les fameuses marionnettes des théâtres d’ombre, mais il y a beaucoup d’autres spécialités : les cerfs volants sont très appréciés, ainsi que les masques en bois peints en pointillés, mais une des grandes spécialités c’est le batik, un tissu qui n’est pas sans rappeler les wax hollandais que l’on trouve partout en Afrique et dans lequel les Indonésiens taillent leurs sarongs (jupes longues portés par les hommes et femmes, pièce centrale du costume traditionnel indonésien). Les motifs ici sont très fins et les coloris moins bariolés que chez nos amis congolais, ce qui rend ces étoffes un peu plus portables pour nous autres Européens ; c’est ainsi que je craque, et achète 2 jupes qui viendront compléter ma collection africaine déjà bien fournie je fois l’admettre… Emir nous fait découvrir pour la pause déjeuner un endroit absolument enchanteur. Nous dégustons du canard, installés dans un petit gazebo, au milieu des rizières et étangs à koi (ces gros poissons rouges, blancs et noirs qui sont synonymes de porte bonheur en Extrême Orient). Au loin des enfants jouent au cerf volant…ce Bali auquel je ne m’attendais pas du tout est un pur bonheur, je pense qu’on va rester plus d’une semaine !

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Les jours se suivent et ne se ressemblent pas. Après Ubud, ses temples et ses marchés, retour à la plage mais cette fois-ci sans les surfeurs et les gros rouleaux, histoire de pouvoir faire plus que se mouiller les cuisses et se retrouver en moins de deux secondes de retour les fesses dans le sable. Bibi et Emir tentent le snorkeling mais sans grand succès ; il est vrai que cette partie de l’île n’est pas idéale pour ce genre d’activité ; patientez les garçons, les gros poissons, c’est pour bientôt !!

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Nous avons déjà succombé aux multiples charmes de Bali mais Emir a encore beaucoup de ‘surprises’ pour nous. Sur la côté ouest de l’île non loin de Denpasar se trouve un des plus beaux endroits qu’il m’ait jamais été donné de voir. Nous arrivons sur le site du temple de Tanah Lot en fin d’après midi, peu avant le coucher du soleil. La marée monte et chaque nouvelle vague assaille l’édifice situé dans une petite crique en contrebas de falaises, le rendant de moins en moins accessible. La scène est superbe, avec le temple flottant en premier plan, et de grosses vagues de plusieurs mètres au loin. Nous restons là de longues minutes parmi de nombreux touristes émerveillés à admirer le paysage.

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A quelques dizaines de mètres de là la magie continue. Un petit temple est perché sur un rocher au milieu des vagues ; il est relié à la falaise par une arche. Les dégradés du soleil se couchant dans le ciel, le va et vient des vagues, le temple, l’arche de pierre….tous les appareils photos immortalisent ce lieu et cet instant presque trop parfaits.

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Encore quelques bons plans shopping, deux ou trois restos branchés, et il est temps pour Bibi et Emir de partir à la découverte des fonds sous marins balinais.

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