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Archive pour décembre 2009

Le parc des Glaciers

Samedi 26 décembre 2009

01-07/12/2009

vue-densemble2

El Chalten ne compte que 800 habitants permanents, pour deux fois plus de touristes en haute saison ; un bâtiment sur deux est en fait une auberge ou un hôtel. Malgré cela, mieux vaut réserver à l’avance sinon c’est une véritable galère pour trouver un logement. Arrivés ‘comme des fleurs’, nous avons donc tourné une bonne heure dans tout le village avant de nous résigner à prendre 2 lits superposés dans un dortoir de six personnes. Inutile de préciser que la nuit fut courte. Le lendemain matin, Bibi, expert en matière d’immobilier, part à la recherche d’un endroit un peu plus confortable, et nous dégote un petit coin de paradis. Nous nous installons finalement dans une grande chambre avec salle de bain, à laquelle est attaché un immense cuisine-séjour que l’on partage avec un seul autre couple. En bonus, de petits hauts parleurs diffusent toute la journée une musique d’ambiance, bref, l’en droit est idéal pour se reposer quelques jours et profiter de la nature environnante.

Nous profitons d’une après midi particulièrement ensoleillée pour nous rendre aux deux miradors les plus proches. Le premier point de vue offre un superbe panorama sur la chaîne du Fitz Roy avec le village d’El Chalten à ses pieds ; le second point de vue se trouve du côté opposé et donne sur la large plaine et le lac dans lequel se jette le glacier Viedma. Au cours de cette promenade nous rencontrons deux couples de Français qui effectuent un road trip de plusieurs mois à travers l’Amérique du Sud. Ils voyagent à bord de pick-up transformés en mini camping car : ça c’est l’aventure !! Un peu plus loin nous tombons nez à nez avec la Rolls Royce du voyage indépendant : un gros camion Mercedes qui a été aménagé en luxueux mobil home ; il y a une antenne internet et même la climatisation ! Le rêve de Bibi…un jour peut être…

plaine

Les deux jours suivants, nous parcourons les chemins de randonnée qui mènent aux plus beaux points de vue sur les sommets, le Torre (3102m) et le Fitz Roy (3405m). Les paysages, principalement constitués de lacs, forêts et formations granitiques sont splendides. Le Fitz Roy est une montagne sacrée pour les habitants originaires de la région. Elle est également connue sous le nom de Cerro Chalten, qui signifie en langue mapuche « la montagne qui fume ». Ce nom fait référence aux nuages qui s’accrochent en permanence aux pics. En dépit de sa faible altitude, le Fitz Roy est réputé comme étant le sommet le plus difficile à gravir au monde. En effet le granite très compact requiert un haut niveau d’escalade et les conditions climatiques sont généralement extrêmes. Alors que plusieurs dizaines de personnes peuvent se lancer à l’assaut de l’Everest le même jour, le Fitz Roy ne fait l’objet que de très rares expéditions (une ou deux par an).

torre

Mis à part le majestueux Fitz Roy, le parc doit son succès, comme son nom l’indique, à l’impressionnante quantité de glaciers qu’il renferme (47 gros glaciers, et plus de 200 autres de petite taille, le tout représentant plus de la moitié des 600 000 hectares que couvre le parc). Il s’agit en fait de la plus grande étendue de glace continentale, après l’Antarctique. Alors que partout ailleurs dans le monde, les glaciers se situent généralement à plus de 2500 mètres d’altitude, ici, ils se forment à environ 1500 mètres et descendent jusqu’à 200 mètres, offrant ainsi une approche et une vue très particulière aux visiteurs. Le plus spectaculaire d’entre eux est sans aucun doute le Perito Moreno, situé à environ 80 km d’El Calafate. Ses dimensions forcent le respect : 250km², une longueur de 30km, le front du glacier fait plus de 5km de large, la glace émerge de 60 à 70m pour une hauteur totale de 170m. Mais la principale particularité de cette merveille de la nature est qu’elle fait partie des rares glaciers à ne pas régresser. Au contraire on estime son avancée à 2 à 3m par jour. Chaque jour, d’énormes blocs de glace s’effondrent dans un bruit assourdissant, et pour le plus grand bonheur des spectateurs.

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Dans ce lieu, nous redevenons tous des enfants, capables de rester des heures au même endroit – malgré la fraîcheur de la température -, à espérer qu’un bout du mur se détache et se fracasse à la surface de l’eau dans un nuage de glace pillée. Nous avons été particulièrement chanceux lors de notre visite car nous avons pu assister à l’effondrement d’un pan entier du mur de glace : une vision unique au monde, et qui vous laisse sans voix, mais qui ne peut nous faire oublier que si le Perito Moreno semble défier le changement climatique et continue de gagner du terrain, ce n’est malheureusement pas le cas de la plupart de ses cousins qui fondent peu à peu à cause de l’augmentation des températures moyennes mondiales.

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Ainsi se termine notre escapade en Patagonie, un rêve de plus réalisé… il est désormais temps pour nous de rentrer à Buenos Aires et préparer notre retour en France.

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Parc Torres del Paine

Vendredi 18 décembre 2009

25-29/11/2009

Plus on descend vers le pôle, plus le cône sud américain se rétrécit. Ce matin nous étions dans la charmante ville d’El Calafate, en Argentine, et à présent, après 5 heures de bus, nous voici dans le non moins charmant village de Puerto Natales, au Chili. Retour donc dans le premier pays latino que nous ayons visité, mais seulement pour quelques jours, juste le temps de nous balader dans le parc Torres del Paine. Enfin, ‘balader’ n’est certainement pas le bon terme. La plupart des sentiers ne font que monter et descendre, et les rares sections de plat sont sans cesse balayées par un vent qui a de quoi faire rougir notre bon vieux mistral. Sans oublier que nous portons nos sacs avec tout le bazar nécessaire pour camper pendant 5 jours (tente, sacs de couchage, réchaud à gaz, soupes, pâtes, riz…). Une aventure physique donc tout autant que visuelle/panoramique., dont voici un résumé.

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Jour 1 : Le bus nous dépose à l’entrée du parc : nous sommes à une heure de marche de l’auberge/camping qui marque le début du trek. Comme nous sommes super motivés, nous décidons de ne pas prendre le service de shuttle et de commencer dès maintenant la marche. Au bout d’une demi-heure, un mini van s’arrête à notre hauteur et nous propose de monter à bord. Toujours aussi motivés, nous refusons, mais le chauffeur en a décidé autrement, et nous n’avons pas d’autre choix que de nous faire transporter jusqu’au bas du sentier. Pas vraiment ‘sport intense’ nos débuts ! Mais attendez, cela va vite devenir sérieux… Nous démarrons illico la montée vers le premier refuge/campement. Deux heures d’ascension quasi non stop, avec des passages particulièrement exposés au vent. On a chaud à force de grimper, alors on enlève les couches de vêtement au fur et à mesure, mais pas question de s’arrêter, car sinon le froid reprend le dessus.

Nous passons le premier refuge et décidons de ne pas nous arrêter pour poursuivre vers le second situé à un peu plus d’une heure de marche dans la forêt. Nous nous rapprochons ainsi au maximum du point de vue sur les fameuses Torres del Paine qui ont donné leur nom au parc.

les-torres

Le parc qui s’étend sur plus de 180 000 hectares constitue une riche réserve de faune et flore. Au cours de nos randonnées nous évoluons à travers quatre types de végétation différents : la brousse près des lacs, la forêt, la tundra et enfin la haute altitude où la végétation laisse place aux roches.

Notre première nuit sous tente fut, sans grand étonnement, inconfortable et particulièrement fraîche.

Jour 2 : on se lève au petit matin afin de grimper au mirador Torres del Paine. Ça monte très raide pendant une petite heure, mais la vue qu’on obtient finalement vaut la peine ! Derrière une petite colline de roches se dressent les trois larges pics de granite. Leur paroi de face est presque parfaitement lisse, c’est cette caractéristique qui leur a valu l’appellation Torres (tours). Pour parfaire le paysage, un petit lac aux eaux turquoises s’est formé au pied des monuments de pierre. Après une courte séance photos, c’est parti pour redescendre tout ce qu’on a monté hier. La plupart des gens vont plus vite en descendant qu’en montant, et bien pas moi ; à force de retenir mon poids + celui de mon sac, j’ai les genoux qui tremblent. Seul réconfort - cruel je l’avoue - : observer les gens qui montent et penser à tout le chemin qu’ils ont encore à parcourir…

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Une fois revenus au point de départ, nous longeons le lac durant près de 4 heures. Le paysage est splendide, il fait grand soleil, bref, ce serait parfait si ce n’est que nous devons faire face à un vent de plus en plus violent. Il nous est quasiment impossible de nous arrêter pour le pique nique de mi journée. La végétation essentiellement composée de petits arbustes piquants n’offre pas de protection. Je suis sans cesse déviée de ma trajectoire et dois m’agripper à Bibi pour ne pas quitter le sentier. Ces 4 heures ont tout simplement été épuisantes ! Et pour couronner le tout, notre arrivée au second refuge/campement se fait sous la pluie. Réussir à monter la tente par un temps de chien comme celui tient presque de l’exploit acrobatique ! On peut aussi oublier le café/chocolat chaud au refuge car il est plein comme un œuf et plus un banc de la salle commune n’est libre… Et voilà donc comment commence notre seconde nuit d’insomnie dans le parc…

ca-souffle

Pourquoi avoir choisi le camping me direz-vous, alors qu’il y a des refuges un peu partout sur les parcours de randonnée ? Et bien pour des raisons essentiellement financières (et aussi par esprit d’aventure bien sûr !). L’emplacement de tente coûte (déjà) environ 10€, et le lit en refuge revient à la belle somme de 25€ (sans le petit déjeuner, car si vous voulez la pension complète : petit dej, lunch box et repas du soir, alors là ça passe à plus de 50€ par personne et par jour), autrement dit carrément hors budget pour nous.

Jour 3 : le réveil est bien difficile ce matin (courbatures, et genoux cagneux pour Nounoune qui s’est pris les pieds dans ses lacets de chaussures la veille en allant au pipi room et s’est vautrée en beauté). Mais, au moins le soleil est de retour ! 2 nouvelles heures d’enfer éolien nous attendent, mais nous tenons bon et arrivons au campement italien (c’est son nom) pour le déjeuner. Nous plantons notre tente et poursuivons, plus légers, l’ascension vers le point de vue sur los Cuernos (les cornes). Les touristes font souvent l’erreur de croire que ces pics sont les Torres (car ce sont ceux que l’on voit le mieux sur la plus grande partie du parcours). Le sommet des cuernos est pourtant bien plus accidenté, mais la différence la plus visible est le monticule de roche sédimentaire de couleur noire qui recouvre le bloc de granite. Le sentier qui mène au mirador est très divertissant ; nous passons à travers forêt et flancs rocailleux, traversons des petits ruisseaux, et profitons de très belles vues sur les sommets enneigés et glaciers alentours. Cette féérie naturelle prend malheureusement fin quelques heures plus tard, alors que nous entamons notre 3ème nuit mouvementée.

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Le parc Torres del Paine est immense et offre une multitude de chemins de randonnée, mais le circuit le plus emprunté est celui communément appelé le ‘W’, qui permet d’accéder aux principaux points de vue. Les refuges se trouvent au pied des montagnes (des sites de camping rudimentaires sont disponibles au sommet), ce qui fait que les gens s’installent en bas, et effectuent généralement dans la journée l’aller-retour vers les miradors, d’où la forme du ‘W’ !

neige-et-eau

Jour 4 : encore une grosse journée devant nous. Bibi est en mode ‘pilote automatique’ et on progresse lentement. On parvient tant bien que mal au refuge/campement Paine Grande où la tentation de déclarer forfait pour le reste de la journée est grande. Et puis finalement non, après une collation nous prenons notre courage à deux mains, rendossons nos sacs et nous voilà repartis pour un peu plus de 3 heures d’ascension vers le refuge/campement Grey, qui doit son nom au glacier tout proche. Le mirador que nous atteignons à mi parcours est une belle récompense : vue plongeante sur le lac où flottent quelques icebergs, avec au fond le mur de glace comme posé sur l’eau. Le spectacle est fabuleux. Nous ne sommes pas déçus car le campement est également très sympa et le refuge moins bondé, ce qui fait que ce soir nous avons droit à notre chocolat chaud au coin de la cheminée. Comme à son habitude Bibi prépare un bon repas chaud (lire ‘il se les gèle devant le réchaud) pendant que Nounoune organise l’intérieur de la tente. On tente une rapide sortie avant de nous coucher pour aller voir le glacier de plus près : c’est impressionnant !

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Jour 5 : physiquement on est crevés mais le mental est gonflé à bloc car on sait que c’est la fin. Nous avons rendez-vous avec le catamaran qui effectue la traversée du lac jusqu’à l’entrée du parc à 13h. Nos anges gardiens ne nous ont pas lâchés, car le soleil est toujours là (ce fait est assez remarquable car la plupart des gens que nous avons croisés ont eu inévitablement droit à de la pluie au cours de leur séjour dans le parc).

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C’est tout ‘pouilleux’, mais heureux que nous arrivons en fin d’après midi à Puerto Natales où nous allons dévorer une énorme pizza avant de nous écrouler sous la couette pour un repos bien mérité.

Puerto Madryn et la péninsule de Valdès

Lundi 14 décembre 2009

18-21/11/2009

J’ai traqué le chimpanzé en Ouganda, le maki cata à Madagascar, le fourmilier dans le Pantanal brésilien, le rhinocéros unicorme au Népal ; je me suis baignée avec un éléphant, avec des raies et des requins, j’ai pêché le piranha, ….. Autant d’expériences fortes en émotions, mais je dois avouer que se trouver sur un petit bateau pneumatique entouré d’une douzaine de baleines franches australes, la plupart accompagnées de leur baleineau est un moment magique que je ne suis pas prête d’oublier !

doradillo-playa

Puerto Madryn, ville fondée par des migrants gallois à la fin du XIXème siècle, est un véritable aimant à touristes, et ce tout au long de l’année. Son succès elle le doit à sa belle et longue plage de sable, mais surtout à sa proximité avec la Péninsule de Valdès dont les côtés offrent quelques uns des plus beaux spectacles aquatiques au monde. C’est donc plein d’espoir et les batteries de l’appareil photo chargées à bloc que nous partons tôt le matin en compagnie de notre guide et un couple de hollandais en direction de ce petit bout de terre prometteur. Tous les touristes bien informés ont entendu parler de la plage Doradillo située à la sortie de la ville. Les baleines apprécient tout particulièrement le calme de l’endroit et y viennent souvent donner naissance. A priori nous arrivons trop tard car la période des naissances est déjà terminée, mais on ne sait jamais comme dit notre guide….et là, c’est sûrement la chance des débutants, car figurez vous que nous apercevons nos premiers spécimen de la journée : une mère et son petit qui s’amuse à faire claquer sa queue contre la surface de l’eau.

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A quelques mètres de là nous avons également droit au spectacle moins réjouissant d’un baleineau échoué sur le sable. Nous poursuivons notre route. Peu après avoir passé le ‘bras de terre’ étroit marquant l’entrée de la péninsule notre guide nous fait remarquer une petite île sur notre gauche. Il s’agit de la isla de los pajeros, celle là même qui, dit-on, aurait inspiré Antoine de Saint Exupéry pour son fameux ‘boa qui a avalé un éléphant’. La forme est en effet celle reprise par l’auteur du Petit Prince. Etrange me direz-vous, et bien pas tant que ça puisque l’écrivain qui était avant tout aviateur avait parcouru la région pendant plusieurs années lorsqu’il travaillait pour l’aéropostale.

Une fois arrivés dans la petite ville de Puerto Piramides, seul lieu habilité à l’accueil des visiteurs dans toute la péninsule, nous nous dirigeons vers le port et prenons place à bord d’un bateau pneumatique de grande taille. C’est le type d’embarcation préféré des touristes car il permet de rester proche de la surface de l’eau. Une dizaine de minutes de navigation, et le spectacle peut commencer : sur notre droite un jeune baleineau est en pleine séance d’exercices. Il effectue une longue série de sauts hors de l’eau et se rapproche finalement de sa mère qui se tient à proximité.Pas de chance pour les photos car nous sommes du mauvais côté du bateau, et malgré les instructions de rester assis, plusieurs passagers se lèvent brusquement obstruant ainsi la vue de bibi et de son objectif.

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Après cette inoubliable introduction le ballet continue durant plus d’une heure. On ne sait même plus où donner de la tête tellement les baleines sont nombreuses autour de nous. Des jets d’eau par ci, un dos qui apparait et plonge par là, c’en est presque étourdissant ! Certains spécimens peu farouches n’hésitent pas à passer sous notre bateau. Cette heure en compagnie de ces énormes mammifères fut tout simplement magique !

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Nous remontons en voiture et nous dirigeons vers le nord de la péninsule, espérant pouvoir assister à une des scènes les plus impressionnantes du monde marin, que vous avez peut être déjà vu à la télé : le repas des orques. Ces énormes masses noires et blanches viennent ‘surfer’ jusque sur la plage où se reposent les otaries et éléphants de mer, et tentent d’attraper les jeunes imprudents afin de se nourrir. La scène est rapide et particulièrement violente. La bête surgit des eaux gueule ouverte et attrape sa proie. Elle retourne ensuite en eau plus profonde et afin de s’assurer que son futur repas est mort, elle le lance plusieurs fois en l’air (le choc du retour dans l’eau assomme les bébés otaries). Nous arrivons malheureusement trop tard, une orque a été observée durant la matinée à la pointe, mais est déjà repartie vers le large. On a tendance à croire que les orques sont des baleines (en anglais on les appelle d’ailleurs killer whale) alors qu’en fait elles appartiennent à la famille des dauphins.

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L’endroit est tout de même propice à l’observation des éléphants de mer ; la saison des accouplements a déjà eu lieu et les animaux passent le plus clair de leur temps allongés sur la plage. Contrairement aux otaries qui peuvent de dresser sur leurs ‘bras-nageoires’ et ainsi se mouvoir facilement, les éléphants sont cloués au sol et ont peine à se hisser hors de l’eau. Dans l’eau on peut apercevoir quelques otaries mâles qui viennent inspecter les lieux ; dans quelques semaines les éléphants de mer leur laisseront la place afin qu’à leur tour ils puissent s’y reproduire.

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Un peu plus loin sur la côté une colonie de pingouins a élu domicile. Ils sont vraiment très drôles, et très populaires auprès des touristes. A environ 150 km au sud de Puerto Madryn se trouve la plus grande colonie de pingouins de Magellan en dehors de l’Antarctique. Elle compte plus d’un demi-million d’individus et fait le bonheur des visiteurs. Nous gardons cette excursion pour notre prochain séjour en Argentine !

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Voilà pour cette magnifique journée aquatique qui fut sans aucun doute à la hauteur de nos espérances. Nous prenons maintenant un avion afin de rejoindre le cœur de la Patagonie. A nous les grands espaces !

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El Bolson

Samedi 12 décembre 2009

13-17/11/2009

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Bon certes, j’exagère un peu en osant une telle comparaison, mais c’est tout de même le lieu le plus ‘Peace and Love’, et ‘Flower Power’ qu’on ait visité. Je m’explique : ce charmant petit village qui bénéficie d’un microclimat et d’un environnement naturel des plus agréables (lacs, montagnes) a été à juste titre choisi par les hippies de tout le pays comme lieu de résidence.

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El Bolson est ainsi devenue la première ville écologique et non nucléaire d’Argentine. L’endroit est très connu pour ses produits bio, notamment à base de fruits rouges, et les quelques touristes qui font le détour depuis Bariloche s’arrangent pour venir un des jours où se tient le marché artisanal, histoire de faire le plein de souvenirs. On peut y trouver de belles pièces en cuir ou bois, mais personnellement j’ai vu de plus belles choses à Buenos Aires et dans le reste de la Patagonie.

Bon, laissons nos frères et sœurs baba cool de côté : El Bolson, il faut y venir pour 3 raisons (que nous ignorions complètement à notre arrivée):

1) Les très belles balades à faire dans le coin. Il y en a pour tous les goûts : la cabeza del indiano est à quelques kilomètres seulement du village, avec de beaux points de vue en cours de route. Plusieurs cascades feront le bonheur des petits et des grands (et surtout de bibi avec son appareil photo). Il y a également quelques treks de montagne, mais le temps plus que maussade ne nous a pas permis de nous y coller… A ne pas manquer, le superbe Lago Puelo situé à une quinzaine de km. On peut faire un tour sur le lac, profiter d’une vue imprenable depuis le mirador, ou encore parcourir des sentiers sylvestres.

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2) Les glaces artisanales. Pas la peine de chercher plus loin – et vous pouvez me faire confiance, je suis experte en la matière -, les glaces produites par la maison Jauja sont les meilleures que nous ayons jamais eu le plaisir de goûter. Les parfums classiques sont délicieux (mention spéciale pour le ‘chocolate chip’), les compositions locales sont étonnantes et tout aussi agréables au palais, et les portions très généreuses, bref, c’est un sans faute !

3) L’Hospedaje Pehuenia, auberge tenue par une famille très aimable. Vale et Claudio partagent leur maison de bon cœur, et organisent de succulents BBQ. Nous avons été particulièrement chanceux car nous avons eu en bonus la rencontre avec Ben et Carole, un couple de jeunes français qui sont en plein tour du monde et avec qui nous avons passé des moments très sympas. Pour nous la fin du voyage est proche mais nous pourrons continuer l’aventure en suivant leur blog www.couleurs-locales.org

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Après avoir fait le plein de Nature/verdure dans cette belle région des lacs, c’est à la faune marine que nous allons nous intéresser, en mettant cap plein Est vers Puerto Madryn et la Péninsule de Valdès, célèbres pour l’observation des baleines franches australes et des colonies d’éléphants de mer.

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Bariloche et la région des lacs

Vendredi 11 décembre 2009

09-12/11/2009

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Située dans la magnifique région des lacs, Bariloche ressemble étrangement à nos stations alpines de sports d’hiver. Deux ou trois rues commerciales, quelques bons restaurants proposant des menus adaptés au froid qui règne à l’extérieur, des boutiques de chocolat (la spécialité locale), un beau lac sur lequel veillent quelques sommets enneigés. La saison de ski est presque terminée mais l’agent de l’office du tourisme nous apprend qu’à une vingtaine de kilomètres de là on peut encore dévaler quelques pistes. Dans notre cas, nous préférons attendre notre retour en France pour goûter aux joies de la poudreuse (et ce afin d’éviter un retour prématuré sur des béquilles par exemple).

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Contrairement aux déboires que l’on a connus à Cordoba et Mendoza, nous sommes particulièrement chanceux quant à la quête d’un toit (et appareil de chauffage). Nous nous rendons sans grand espoir à l’une des principales adresses recommandées par le LP et quelle veine, il ne leur reste qu’une seule chambre double et les deux personnes devant nous décident de ne pas la prendre. La ‘penthouse’ 1004 sera donc notre petit nid douillet pour les 4 prochains jours. Bon certes, nous ne sommes pas tous seuls, et partageons l’endroit avec une bonne vingtaine d’autres touristes, mais les lieux sont vraiment sympas, et puis à partir du moment où nous disposons de notre propre chambre, pas la peine de se forcer à socialiser si on n’en a pas envie ! Comme son nom l’indique l’auberge se situe au dixième et dernier étage d’un grand immeuble qui donne sur le lac (vous imaginez la vue qu’on a depuis là haut !). Les pièces communes (salon-séjour et salle à manger) bénéficient d’une superbe vue, et les installations de la cuisine sont dignes de celles d’un restaurant (pas besoin d’attendre son tour pour se préparer à manger, il y a de la place et de la vaisselle pour tout le monde). Bref, nous avons trouvé le paradis du voyageur à petit budget !

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Difficile de quitter la chaleur et le confort de l’hôtel, mais malgré le vent glacial, les environs de Bariloche offrent quelques balades qu’on ne peut pas manquer. Bien emmitouflés (et rêvant déjà du bon chocolat chaud qui nous attendra à notre retour) nous partons sur les sentiers recommandés.

Nous commençons avec le Circuito chico, un parcours d’une soixantaine de km que l’on effectue en bus et à pied, autour du lac Huapi. Le sentier pédestre se situe essentiellement en sous bois ; c’est une balade très paisible et qui enchante tous nos sens. Le chemin étroit est bordé de petits bambous que surplombent d’immenses arbres aux troncs larges et orangés. Tout au long de la promenade le chant des oiseaux nous accompagne.

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Il est également populaire d’escalader certaines des collines entourant le lac afin de bénéficier du panorama. L’ascension du cerro otto nous prend quelques heures ; la présence de neige fondant rapidement au soleil sur le haut du sentier n’en facilite pas l’accès (la gadoue, la gadoue….) et nous sommes bien déçus une fois arrivés au sommet de constater que la station est fermée pour 2 semaines pour entretien (et moi qui nourrissais l’espoir secret de redescendre en télécabine…). Pas de bon café chaud, pas de piste de luge, mais la vue est tout de même bien belle !

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L’accès au cerro campaniaro est bien plus rapide (une demi heure mais c’est raide!, ou sinon télésiège pour les moins courageux), et là non seulement on a droit à un remontant mais en plus le panorama est à vous couper le souffle ; c’est de là que sont prises la plupart des photos vantant la beauté de la région dans les brochures touristiques.

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Le centre ville de Bariloche est très mignon, avec des constructions qui sont apparemment typiques de la région, mêlant à la fois rondins de bois et pierres (et que l’on doit à l’architecte Ezequiel Bustillo). Sur la jolie place centrale se trouve le Musée de la Patagonie. C’est une mine d’informations sur les peuples autochtones et l’Histoire de la région, mais malheureusement les explications ne sont fournies qu’en langue espagnol. J’ai beau faire des efforts pour comprendre ce qui est écrit sur les nombreux panneaux de présentation, je suis sûrement passée à côté de beaucoup d’infos dignes d’intérêt… en sortant du musée nous trouvons des propriétaires peu scrupuleux de magnifiques Saint Bernard proposant aux touristes de les prendre en photos avec leurs chiens…on trouve ça assez scandaleux, surtout quand on voit le prix qu’ils demandent (c’était bien moins cher de se faire photographier avec des lamas en Bolivie !!)

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Ce court séjour à Bariloche nous a définitivement réconciliés avec l’Argentine qui nous avait jusque là étonnamment laissés sur notre faim. Notre seul regret : ne pas avoir pu parcourir la route des 7 lacs, par manque de temps et surtout faute d’avoir trouvé d’autres globe trotteurs pouvant louer une voiture pour une journée…ce sera pour la prochaine fois !

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Papilles en effervescence dans les vignobles de Mendoza

Mardi 8 décembre 2009

06-08/11/2009

Nous avons bien failli zapper involontairement cette étape. La raison ? Un sérieux déficit en chambres d’hôtel, mais l’appel du ballon de rouge fut le plus fort. L’idée d’une bonne dégustation de vin – la spécialité de la région – nous a redonné courage et nous avons fini par trouver un endroit sympa où passer la nuit.

vignobles

Boire ou conduire, il faut choisir ! Pas de véhicule à moteur pour nous, c’est donc à bicyclette que nous allons parcourir les vignobles des alentours. La journée fut dans l’ensemble très agréable mais toutefois légèrement décevante d’un point de vue strictement œnologique. Notre erreur : avoir eu la chance de parcourir les vignobles sud africains. Malheureusement la comparaison est assez douloureuse… On se voit encore dans la région de Stellenbosch et Franschoek (Afrique du Sud) enchaînant les dégustations gratuites (parfois jusqu’à 6 vins différents) pendant toute une matinée, pour finalement arroser le tout d’un succulent repas au prix tout à fait raisonnable. Ici, tout se paie et le moindre verre coûte autant qu’une bouteille entière dans le commerce ! Et là je ne vous parle que des vins de base car les catégories supérieures sont tout simplement inabordables ! Bibi qui se faisait une joie de cette nouvelle expérience gustative est carrément dégoûté. Il faut reconnaître que l’industrie vinicole argentine est toute jeune et il faut donc lui laisser le temps de se développer.

exploitation

Nous aurons tout de même quelques belles surprises et rencontres au cours de la journée. Tout d’abord le cadre est très joli, avec les montagnes aux sommets enneigés qui se dressent derrière les vignes. Non loin du musée vinicole, qui vaut le détour pour son impressionnante collection de matériel, outils et machines liées à la culture des vignes, nous faisons connaissance avec un jeune entrepreneur passionné et créatif. Sa production est encore très limitée mais les produits sont d’excellente qualité et la dégustation (payante bien sûr) est un véritable festival pour nos papilles. On commence avec de belles grosses olives, puis un peu d’huile d’olive vierge sur du pain frais ; viennent ensuite les conserves aux associations innovantes (caviar d’aubergine, confiture de figues, … et on termine en beauté avec de beaux carrés de chocolat, le tout arrosé d’une liqueur maison ‘je vous dis que ça’ (schnaps, whiskey ou même absinthe). La cuisine est située dans le magasin, ce qui permet d’observer les processus de fabrication, l’accueil est chaleureux, et les étiquettes des produits fort bien réussies, bref, une très belle initiative, qui mérite d’être connue.

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Lors de recherches sur internet je m’étais rendue compte qu’une des exploitations recommandées par les guides touristiques était tenue par un couple de français. Cocorico !! Pas chauvins pour un sou, nous décidons d’y passer le reste de l’après midi. Le jardin de dégustation est plein de touristes à notre arrivée mais peu à peu les groupes se dispersent et nous nous retrouvons finalement avec Brigitte et Philippe S. qui nous racontent leur histoire. Il était employé d’EDF en France et s’est vu offrir un poste en Argentine( !) ; après quelques temps il bénéficie d’un programme de départ à la retraite anticipé, vend sa maison en France et achète pour le même prix une petite exploitation viticole dans la région de Mendoza (vignes, petite cave et cuves). Ils ne connaissent absolument rien au business ; la première cuvée est plus que passable. Pas découragés pour autant, ils décident de se payer les services d’un consultant renommé qui va les aider à améliorer la production. Cela fait maintenant 5 ans que ça dure ; 5 années de dur labeur mais le travail commence à payer. Ils se sont déjà fait un nom dans le domaine, exportent dans toute l’Amérique Latine et nous annoncent avec fierté que leur vin se vend désormais en Belgique, et sera également bientôt distribué en Suisse. Son seul regret : la difficulté à pénétrer le marché français, mais avec le temps, elle y arrivera c’est certain !  www.carinaevinos.com

cuves

On est certes bien loin des grandes exploitations aux bâtiments super design d’Afrique du Sud, mais ces petites entreprises familiales ne manquent pas de charme, et de chaleur humaine. Un autre monde, une autre richesse, celle du cœur, et surtout, le plaisir de partager la passion d’une vie.

vin-et-religion

Cordoba

Lundi 7 décembre 2009

03-06/11/2009

Le centre de l’Argentine, non en fait l’Argentine toute entière, sans voiture (moto, ou camping car –j’en profite pour faire une petite digression et annoncer non sans fierté que sur les 4 expéditions françaises en camping car que nous avons croisées récemment, 2 portaient une plaque immatriculée 67 ou 68 !! Casaniers, les Alsaciens ???), c’est un peu la galère… Les lignes de bus régulières connectent les principales villes et régions touristiques, mais bien souvent, les coins intéressants sont en dehors des agglomérations. On a donc 3 options : rester en ville (option qui n’en est pas vraiment une) ; dépendre des bus locaux dont les horaires sont rarement établis en faveur des touristes ; louer un véhicule…ah j’oubliais, cette option n’en est plus une non plus en ce qui nous concerne, depuis que nos permis de conduire ont été volés en Malaisie….donc, pour résumer ce sera le bus ou rien du tout.

La région centrale du pays est un parfait exemple du problème cité en introduction. La population se concentre dans les principaux centres urbains que sont Cordoba et Mendoza, deux villes certes agréables….mais très étendues ! Ici les distances en ville ne se comptent pas en ‘pâté de maisons’, mais bien en kilomètres. Pire, les auberges et hôtels ne sont pas regroupés dans un seul et même quartier, mais éparpillés de tous côtés. Ces caractéristiques rendent la recherche d’un hébergement vite épuisante et nous laissent souvent le moral au raz des pâquerettes. Je me souviens d’un Bibi particulièrement fatigué après une (courte) nuit en bus, qui une fois arrivé à Mendoza , et après une bonne heure de quête infructueuse me lançait : «j’en ai marre ; viens Nounoune, on retourne à la gare routière et on fout le camp d’ici ».

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Mais grâce à une patience et une détermination longuement rôdées dans divers pays africains, nous finissons toujours par trouver un endroit sympa où dormir. Et c’est là, affalés sur le canapé que nous réalisons que l’essentiel des choses à voir se trouvent à une distance de 20 à 60 km en dehors de la ville. Du coup, le choix des visites est vite fait car il ne dépend pas de nous, mais de la possibilité de nous rendre sur les lieux en utilisant des modes de transport rapides et bon marché.

C’est ainsi que nous découvrons un peu par hasard la charmante petite ville d’Alta Gracia, où nous passons une journée bien agréable, à visiter quelques jolis sites. Nous commençons avec une intéressante surprise : figurez-vous que c’est à Alta Gracia qu’Ernesto Guevara a passé la plus grande partie de son enfance ! Ah…le Che ! Difficile de voyager en Amérique Latine sans évoquer ce personnage qui a laissé son emprunte dans l’Histoire de bon nombre de pays. En fait, le jeune Ernesto souffrait d’asthme et le climat d’Alta Gracia lui était bénéfique. On peut aujourd’hui visiter une des maisons que la famille Guevara a occupées au cours des 11 années passées dans la région. le musée aborde différents aspects de la vie du Che, mais se concentre essentiellement sur son enfance et sa relation avec ses enfants. En voici quelques extraits : Ernesto a connu une enfance heureuse dans une famille relativement aisée (sorties à la piscine de l’hôtel de luxe de la ville, cuisinière à domicile…) ; il poursuit des études de médecine qu’il interrompt un temps afin de partir en voyage avec un ami (voyage dont sont issus ses fameux ‘diaries’). A son retour il obtient son diplôme de médecine avec brio (essentiellement pour faire plaisir à ses parents) mais sait au fond de lui-même que son aventure à travers le continent l’a profondément marqué et que son engagement au service de la société ira bien plus loin que la délivrance de soins médicaux. La pauvreté, l’oppression et l’injustice le révulsent et c’est tout naturellement qu’il devient révolutionnaire. Même une fois marié et devenu père, son combat ne cessera jamais ; loin des siens, il va là où la révolution l’appelle. Guatemala, Cuba, il tentera même une action sur le continent africain (au Congo Belge, mais en vain). La Bolivie sera son dernier combat ; il est fait prisonnier et exécuté le 9 octobre 1967 à Vallegrande, dans les plaines de l’Est.

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Non, nous n’avons pas succombé à la tentation et n’avons pas (encore) acheté de Tshirts affichant la belle frimousse du Che. La lecture de son autobiographie s’impose avant d’en faire l’un de nos héros ; cependant, son engagement et sa foi dans le combat contre la dictature forcent l’admiration. « il y en a qui m’appellent aventurier ; et je le suis, mais d’une autre sorte. Je suis de ceux qui risquent leur peau pour démontrer leurs vérités. » La lecture des lettres qu’il envoyait à ses parents, à sa femme et à ses enfants est particulièrement émouvante. Il encourageait toujours ces derniers à bien travailler à l’école et à obéir à leur mère. « Soyez toujours prêts à ressentir au plus profond de vous-mêmes la moindre injustice commise, contre n’importe qui, dans n’importe quelle partie du monde, car c’est là la plus belle qualité d’un révolutionnaire. » Mais ma citation préférée restera celle-ci : « Hay que endurecerse sin perder la tenura jamas » (il faut s’endurcir sans ne jamais perdre la tendresse).

Un sacré personnage, cet Ernesto !! Hasta siempre, Comandante !

Au centre du village, nous découvrons un plan d’eau qui est en fait la plus vieille retenue d’eau de la province de Cordoba. La construction fait partie d’un ingénieux système hydraulique qui régule l’affectation de l’eau collectée dans les diverses rivières avoisinantes.

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Juste à côté se tient l’ancienne résidence jésuite, un imposant complexe datant du XVIème siècle, devenu propriété privée, puis aujourd’hui musée national. Les pères Jésuites acquirent le terrain après que son propriétaire, veuf pour la seconde fois décida de rejoindre la compagnie de Jésus. Les Jésuites développèrent rapidement d’importantes activités d’agriculture et d’élevage. Les mules étaient vendues aux exploitants des mines de Potosi, créant ainsi la principale source de revenu de l’Estancia. A l’époque, 3 prêtres étaient en charge de l’administration du domaine, de l’évangélisation et l’enseignement de divers artisanats. Plus de 300 esclaves noirs fournissaient la main d’œuvre pour les ateliers, les champs, les moulins et la forge. Ils étaient tous payés en nature. L’expulsion des missionnaires Jésuites en 1767 mit un terme définitif à cette fructueuse entreprise.

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Les propriétaires se sont succédé (administration royale, puis privée) mais aucuns ne sut empêcher le déclin économique du domaine. En 1868, en respect du testament de son ultime propriétaire, le terrain fut divisé en lots afin de créer le village d’Alta Gracia.

D’importants travaux de fouilles archéologiques, et de restauration ont été réalisés au cours des dernières décennies, et rendent la visite de cette ‘maison-musée’ particulièrement intéressante.

estancia-alta-gracia1

Pour notre seconde ‘journée excursion’ dans la région de Cordoba, nous avions le choix entre Villa Carlos Paz, une pâle imitation locale de Las Vegas, ou bien Villa General Belgrano où vit une communauté toute droit venue de nos chères Alpes. L’endroit est mignon et rappelle vraiment un village suisse ou autrichien, mais nous avons vite fait de parcourir les 2 rues principales ; de plus, l’atmosphère a beau être ‘alpine’, les horaires d’ouverture des magasins, eux, sont bien argentins, et donc tout est fermé entre 13h et 16-17h….pas pratique quand on arrive en milieu de journée et que le dernier bus pour Cordoba repart à 17h30….

Et pour clore cet article, revenons à Cordoba, dont nous retiendrons essentiellement le confort de notre chambre d’hôtel, et quelques superbes intérieures d’églises.

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Hasta luego !

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Tombe l’eau à Iguaçu

Lundi 7 décembre 2009

28-29/10/2009

Les experts en géographie auront sûrement remarqué la liberté que j’ai prise de classer les chutes dans le dossier ‘Argentine’ ; il me faut préciser que les chutes se situent à la frontière entre le Brésil et l’Argentine et qu’il est donc possible de visiter les 2 côtés du site, ce que nous avons fait, bien sûr. Mais nous avons passé plus de temps du côté argentin, qui nous a d’ailleurs semblé bien plus impressionnant, voilà pourquoi j’ai décidé que cet article serait argentin.

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Visiter les chutes d’Iguaçu, c’est comme assister à un spectacle dans un amphithéâtre composé de 275 chutes d’eau d’environ 80 mètres de haut. Le bruit est assourdissant, et on est constamment recouvert d’une fine couche de gouttelettes d’eau. La légende locale veut que le site soit la création d’un dieu de la forêt, rendu jaloux par la fuite en canoë d’un guerrier avec la jeune fille dont il était amoureux. Le dieu fit en sorte que le lit de la rivière s’effondre devant l’embarcation des fugitifs, les précipitant ainsi vers une mort certaine, à plusieurs dizaines de mètres en contrebas. La jeune fille se serait transformée en rocher, tandis que son amant veille sur elle non loin de là, réincarné en arbre. L’explication géologique est évidemment moins romantique : il s’agit simplement de la dépression subite du plateau basaltique que parcourt le fleuve Iguaçu ; avant de plonger, le fleuve se divise en plusieurs branches, créant ainsi les différentes cascades.

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Si je devais écrire un guide touristique, je conseillerais aux éventuels touristes de commencer la visite par le côté brésilien. Il procure une belle vue d’ensemble des chutes. Le petit sentier que l’on peut rapidement parcourir à pied a été tracé de telle sorte qu’on dispose toujours d’un remarquable panorama sur ce qui se passe de l’autre côté, en Argentine (y compris les hordes de toursites). En balayant l’horizon de gauche à droite notre regard croise ainsi des dizaines de chutes d’eau plus hautes ou plus puissantes les unes que les autres. Le chemin prend fin en apothéose non loin de la fameuse ‘gorge du diable’. On peut également observer les nombreux bateaux pneumatiques qui emmènent des touristes en mal de sensations fortes au pied des chutes.

cote-bresilien1

Les choses sérieuses ont toutefois lieu du côté argentin, où les infrastructures ont été pensées comme pour un grand parc d’attractions. Un petit train effectue continuellement le tour du parc, faisant halte dans différentes stations d’où partent des sentiers balisés. Promenade à travers des bosquets pour admirer la faune et la flore locales, ou passerelles de bois menant au pied des chutes, il y en a pour tous les goûts.

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Le chemin le plus emprunté est celui qui aboutit en surplomb de la ‘Gorge du diable’. Là, cheveux au vent et visage humidifié par l’eau des chutes que le vent leur renvoie, des centaines de touristes affluent et prennent la pose afin d’immortaliser le lieu et l’instant.

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Une telle merveille en guise d’introduction à l’Argentine, notre dernière grosse étape du voyage s’annonce prometteuse. Un seul bémol : le coût de la vie. Plusieurs personnes nous avaient dit que le pays était de moins en moins cher, mais finalement nous ne voyons pas trop la différence avec le Brésil. Mise à part la viande achetée au supermarché (l’énorme steak de 500gr pour moins d’un euro, c’est bien vrai !), le logement et les restos nous semblent particulièrement onéreux. Nous espérons secrètement que cela est spécifique à la ville de Puerto Iguaçu mais allons malheureusement vite nous rendre compte que c’est partout pareil….Les Argentins ne sont pas dupes ; les touristes ici n’ont pas le même profil qu’en Bolivie ; ils disposent d’un budget bien plus élevé, alors pourquoi maintenir des bas prix quand la majorité des visiteurs peuvent se permettre des chambres d’hôtels à 50 euros et des restos à 25€ ??!! Nous modifions donc nos habitudes et prenons désormais des chambres dans des auberges avec cuisine à disposition des occupants. Et c’est parti pour un mois de steak/frites ou steak/pâtes !!! Bibi est aux anges !

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Ecole du monde n°9: quizz animaux, spécial Pantanal

Lundi 7 décembre 2009

Comme précédemment les réponses se trouvent au bas de l’article.

bon quizz!!

1) 1) Mon nom signifie ‘petit armuré’, en référence à ma carapace composée de bandes osseuses recouvertes de corne.

J’ai une très mauvaise vue, mais je me sers essentiellement de mes grandes griffes afin de creuser mon terrier et de me nourrir d’insectes.

Afin de me protéger des éventuels prédateurs j’utilise différentes techniques comme me rouler en boule, creuser un trou pour m’y cacher, et même parfois bondir droit en l’air ( ?!)

Je peux nager, à condition de remplir d’air mon estomac et mes intestins, et ce pour ne pas couler car ma carapace est bien lourde.

Ma carapace est utilisée dans certains pays d’Amérique du Sud pour fabriquer des charangos, instruments de musique à cordes.

Qui suis-je ?

2) 2) Je suis sans aucun doute un des plus beaux oiseaux du monde.

Je m’apprivoise assez facilement et ai pour cette raison été la star de plusieurs spots publicitaires.

Bien qu’impressionnant mon bec est léger car creux ; il me sert notamment à attraper ma nourriture (fruits, graines, insectes…) que je projette en l’air d’un coup de tête afin de la happer.

Je ne suis pas très doué pour le vol ; je préfère planer.

On m’appelle souvent ‘le clown des forêts’ car je ne sais pas rester en place et je suis généralement très bruyant.

Qui suis-je ?

3) 3) Je suis le plus gros rongeur du monde, dépassant 1 mètre de long et pouvant peser jusqu’à 65 kg.

On ne me trouve qu’en Amérique du Sud. Mon nom signifie « seigneur des herbes » en langue des indiens Guaranis.

Je suis un excellent nageur et plongeur ; d’ailleurs je me jette à l’eau dès que je me sens menacé.

Tout comme les hippopotames je parcours de longues distances sous l’eau en utilisant mes pattes légèrement palmées pour piétiner le fond. Je remonte respirer au ras de l’eau, ne laissant que mes yeux, mes petites oreilles et mes narines dépasser.

Qui suis-je ?

4) 4) Je suis un poisson d’eau douce vivant dans les rivières d’Amérique du Sud.

Je me déplace exclusivement en banc de très nombreux individus.

Je mesure 15 à 25 cm en moyenne.

J’ai un goût prononcé pour la viande, notamment celle des poissons emprisonnés dans les filets de pêche.

Je peux détecter la présence d’une goutte de sang dans l’eau à plusieurs dizaines de mètres.

Qui suis-je ?

5) 5) En fait, le plus bel oiseau du monde, c’est moi. Je suis malheureusement menacé d’extinction à l’état sauvage.

Je suis très sociable, intelligent, et affectueux mais la puissance de mes cris et mon grand besoin d’espace rend ma maintenance difficile.

Je vis jusqu’à 75 ans, voire même plus.

Qui suis-je ?

6)6) Je suis un petit mammifère carnivore vivant essentiellement dans les forêts d’Amérique du Sud.

J’ai le museau pointu terminé par une trompe mobile, et une longue queue annelée. Mon nom signifie d’ailleurs « nez allongé » dans la langue des Indiens Guaranis.

Je suis à la fois diurne et nocturne (je vis et me déplace durant la journée mais également la nuit).

Je suis omnivore (je mange de tout : fruits, insectes, graines, petites souris…)

J’ai l’air sympathique mais il ne faut pas se fier aux apparences, je peux facilement devenir agressif, mordre et griffer.

Réponses:

1) L’armadillo est utilisé dans la recherche médicale, notamment concernant l’étude de la lèpre car l’animal est un des rares à développer systématiquement la maladie ; cela est du à sa faible température corporelle qui crée un environnement particulièrement propice au développement de la bactérie.

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2) Malgré ses couleurs vives, le toucan se confond facilement dans son environnement. Endormi, il passe totalement inaperçu en tournant la tête, plaçant son bec sur son dos et le recouvrant de sa queue. Vous vous souvenez des batailles de petits pois à la cantine ? et bien le toucan fait un peu pareil en organisant parfois des batailles de fruits ! Le lancement de baies fait également partie de la parade nuptiale…

toucan

3) Le capybara fonde sa survie sur une étonnante cohésion sociale : il n’est pas rare que, dans un groupe formé d’une vingtaine d’animaux (3 à 4 mâles, 6 à 8 femelles et les jeunes), les jeunes d’âges divers soient confiés à l’un des adultes, mâle ou femelle. Ce « jardin d’enfants » permet aux parents de se baigner, de se nourrir ou de s’enduire de boue sans trop de risques pour leur progéniture. Il est aussi admis qu’une femelle allaitante se laisse téter par tous les petits du même groupe.

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4) Contrairement à ce qu’en dit la légende, ils ne s’attaquent pas systématiquement aux hommes vivants, mais seulement en présence de sang dans l’eau. Le seul cas attesté d’attaque d’hommes vivants date de 1870 ; des soldats brésiliens blessés et couverts de sang essayaient de traverser un fleuve.

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5) le ara.

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6) Les coatis sont de bons grimpeurs, ils se déplacent aisément dans les arbres. Ils sont capables d’inverser la position de leurs pieds par rotation de leurs chevilles, ce qui facilite la descente de l’arbre avec la tête en bas.

coati

Au paradis des animaux

Samedi 5 décembre 2009

24-27/10/2009

Le Pantanal est une zone qui couvre près de 230 000 km², qui s’étend à la Bolivie et au Paraguay, la part du lion revenant cependant au centre ouest brésilien. Il s’agit de la principale attraction écologique du Brésil. S’il fallait le décrire en quelques mots, je dirais que c’est un paradis naturel ; si je n’avais droit qu’à deux adjectifs, je choisirais sans hésiter : chaud et humide. Les conditions climatiques de la région sont idéales pour les animaux qui foisonnent dans les zones marécageuses. Mais quand on appartient à l’espèce humaine, c’est nettement moins drôle, notamment en raison des moustiques qui ne vous laisse pas une seconde de répit. A ce sujet, une petite question à laquelle nous n’avons pas réellement trouvé de réponse : doit-on appliquer l’anti moustique avant la crème solaire, ou vice versa ?

pantanal-bresilien

Il est relativement difficile d’organiser un séjour au Pantanal de façon indépendante (surtout si on ne dispose pas de son propre moyen de locomotion). Nous sommes donc contraints de passer par une agence. Notre port d’entrée étant la petite ville de Corumba, notre choix est vite fait car il n’existe ici qu’une seule agence proposant ce genre d’excursion. Par chance la femme du gérant est d’origine suisse et parle un français impeccable (impossible de comprendre un mot de portugais, surtout avec l’intonation particulière de cette langue – à la fois chantante et nonchalante ).

Après quelques explications c’est décidé, nous partons 3 jours, dans une fazenda comme ils disent ici (grande propriété privée). Deux options s’offrent à nous : le séjour en pousada (lodge) ou en camping. Pour des raisons financières nous choisissons la seconde et ne le regretterons pas. Le lodge ressemble à un vulgaire motel (succession de chambres, bâtiments en béton, peints en blanc et bleu (du bleu au milieu de la nature ? étonnant choix de couleur….). Le camping s’avère être une grande et belle structure en bois, presque totalement ouverte sur l’extérieur. A l’étage se trouve une grande pièce où pend une vingtaine de hamacs. Le rez-de-chaussée abrite la cuisine et la salle à manger. Le tout se situe en pleine nature, au bord d’une petite rivière. Les gérants de la fazenda, un couple mixte, sont très accueillants et nous mettent immédiatement à l’aise. Bibi constate rapidement et avec une immense joie que la cuisinière est excellente et que ses portions sont fort généreuses.

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Diverses activités sont prévues chaque jour, afin de profiter un maximum des richesses qui nous entourent. Nous démarrons le premier jour avec une longue marche dans forêt, au cours de laquelle notre guide partage largement avec nous sa connaissance de la faune et de la flore locales. Ce premier contact avec la nature nous fait prendre conscience de la voracité des moustiques locaux. L’après midi, c’est une balade à cheval qui est prévue. Ceux qui connaissent un peu Bibi savent que suite à 2 malheureuses expériences dans le domaine (une alors qu’il était encore tout jeune, et l’autre il y a quelques années dans le désert tchadien) il est plus que méfiant vis-à-vis des équidés. J’ai beau lui expliquer que les purs-sangs arabes se font rares dans la région, il n’est pas très fier. Finalement, après plus d’une heure de promenade à un rythme plus que ‘pépère’ il est réconcilié avec ce genre de monture et aimerait même pouvoir accélérer la cadence ; Bibi est en fait un vrai ‘gaucho’ dans l’âme ; il rêve de longues journées à galoper dans la pampa, accompagné de ses fidèles chiens, afin de rassembler et guider les troupeaux…

biche

Le second jour est celui de l’attraction phare du séjour : le safari. Nous embarquons à l’aube dans un petit camion débâché et partons parcourir la région. Les yeux et les oreilles grands ouverts nous roulons des heures durant à la recherche des différentes espèces typiques de la région. La faune est si dense par ici que nos efforts sont sans cesse récompensés. A peine finit-on d’observer un spécimen à gauche qu’un autre se présente à droite. Je n’ai pas fait l’inventaire complet de tout ce que nous avons vu ce jour, mais en vrac, voici quelques unes des bêtes que nous avons pu voir de très près : chouettes, hérons, marabouts (grands échassiers au large bec), aras bleus (endémiques à la région parait-il, et si beaux !), des centaines de caïmans, des armadillos très peureux, des biches, des ouatis, des capibaras par dizaines, et last but not least….deux fourmiliers qui d’habitude se font bien rares (veinards que nous sommes !). Par contre, malgré une inspection poussée des zones particulièrement marécageuses, nous n’avons pas trouvé d’anaconda…ce sera peut être pour la prochaine fois !

marabout

capybara

Le dernier jour est placé sous le signe de l’eau, non seulement parce que nous aurons quelques gouttes de pluie, mais également car notre programme consiste en une balade en bateau et une séance de pêche au piranha. Je ne sais pourquoi je m’attendais à de plus gros poissons que ça ! Ceci dit, je n’aimerais pas que leur mâchoire se referme sur mon mollet ! Nous avons bénéficié de la chance des débutants car notre petit groupe a attrapé en quelques heures plus d’une douzaine de spécimen….ce soir, ce sera poisson au menu !

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Notre séjour au Pantanal prend fin ; ce fut court. D’autres endroits de la région retiennent notre attention, mais on ne peut pas tout faire en une seule fois, et après tout c’est bien mieux comme ça ! On hésite à faire un tour par Bonito et ses eaux cristallines où l’on peut nager en compagnie de centaines de poissons… Nous garderons en tout cas un excellent souvenir de ces quelques jours ‘nature’ durant lesquels nous avons de plus fait connaissance avec des gens forts sympathiques.

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