janvier « 2010 « Rev’olution

Archive pour janvier 2010

Les mots de la fin

Mardi 12 janvier 2010

Un grand merci à vous toutes et tous qui avez suivi de loin ou de près nos péripéties aux quatre coins du monde. Votre enthousiasme, vos expériences et vos commentaires ont été de véritables sources d’inspiration.

Une mention spéciale aux excellents guides Lonely Planet qui nous ont accompagnés tout au long du voyage et qui ont su attirer notre attention sur des lieux et des coutumes insoupçonnés.

Un grand merci également à mon Julo, qui en digne ‘petit frère génie des nouvelle technologies’ a mis ses talents à notre service en créant ce site.

Un petit mot à destination de mes neveux adorés, qui sont encore un peu jeunes pour me suivre, mais qui j’espère auront eux aussi un jour l’envie et la possibilité de partir à la découverte de notre belle planète.

Je n’oublie pas mes chers parents pour qui je le sais mon absence est parfois lourde à porter, mais dont le soutien n’a jamais failli. Toujours à l’écoute, toujours de bon conseil, dans les bons comme dans les mauvais moments. Merci.

Enfin, merci à toi, mon inséparable, mon compagnon de route. Merci pour ta force, ta patience, ton énergie et ton amour de la vie. J’ai adoré voir tes beaux yeux bleus briller un peu plus à chaque découverte. J’ai adoré (même si parfois l’attente était un peu longue) te voir te passionner pour tes photos, qui sont vraiment superbes, et qui constituent la plus belle preuve d’amour dont la Terre puisse rêver. Aujourd’hui une page se tourne, mais l’histoire ne fait que commencer…

Tentative de bilan…

Mardi 12 janvier 2010

Tellement de choses à raconter, mais en même temps, impossible de mettre des mots sur tout ce qu’on a vu et vécu. Pour tous ceux et celles qui n’y étaient pas, mais qui auraient bien voulu faire partie de l’aventure ; pour tous ceux et celles qui en rêvent et qui un jour, c’est sûr, mettront eux aussi les voiles, voici une tentative de résumé de notre périple….mon bilan en superlatifs.

Inde (du nord) : le plus dépaysant

C’est tout simplement un autre monde. On y trouve tout et son contraire : le faste et la misère, la vie et la mort, …le tout dans un festival de couleurs et d’odeurs.

Enorme coup de cœur pour le Rajasthan et la petite ville paisible d’Orchha.

Un lieu à ne pas manquer : le Temple d’Or, édifice le plus sacré des Sikhs, situé à Amritsar.

le-temple-dor-amritsar-inde

+++ : les prix (tout est très bon marché) ; la nourriture est excellente ; l’artisanat est fin et varié

Népal : le plus complet

Au Népal on a fait le plein de nature et culture en peu de temps étant donné la petite taille du pays. En quelques semaines, nous avons fait un trek de 10 jours dans la région des Annapurna, traqué le rhinocéros unicorne dans le parc national du Chitwan, et fait la tournée des sites culturels et religieux dans la très belle vallée de Katmandou.

Un lieu à ne pas manquer : le temple de Changu Narayan, dans la vallée de Katmandou.

le-temple-de-changu-narayan-nepal

+++ : la gentillesse des Népalais ; les distances sont courtes ; les prix (nourriture, logement) sont bas

- -: les randonneurs qui confondent les porteurs avec des mules ; la nourriture locale.

Thaïlande : le plus décevant

Et oui il en faut bien un ! On avait pourtant choisi de ne pas faire comme tout le monde, en évitant les plages du sud pour nous concentrer sur le nord du pays. On pensait y trouver simplicité et authenticité, et ce ne fut malheureusement pas le cas. Impossible de faire quoi que ce soit sans passer par une agence spécialisée, et payer le prix fort bien sûr. Pour voir des femmes girafes parquées comme dans un zoo, non merci !!

Par contre gros coup de cœur pour la ville de Bangkok, ses balades sur le fleuve, ses innombrables temples et palais plus incroyables les uns que les autres.

Un lieu à ne pas manquer : le Wat Rong Khun, plus connu sous le nom du temple blanc, à Chiang Rai, une des constructions les plus étranges conçue par l’homme.

le-temple-blanc-chiang-rai-thailande

+++ : l’excellente nourriture, le train tout confort

– : le quartier Kao San à Bangkok, les nombreux effets pervers du tourisme

Laos : le plus photogénique

Ce pays aurait sans aucun doute mérité qu’on s’y attarde davantage, mais le temps nous était malheureusement compté. Enorme coup de cœur pour les richesses culturelle, naturelle et humaine de la ville de Luang Prabang (et sa région).

luang-prabang-laos

A ne pas manquer : la quête matinale des moines de bonne heure dans les rues de Luang Prabang.

+++ : les Laotiens (calmes, souriants, chaleureux)

– : les transports en commun peu fiables et peu confortables

Vietnam : le plus listé (par l’UNESCO)

J’ai hésité avec ‘le plus communiste’, car nous avons été frappés par l’ordre et l’atmosphère d’obéissance civile qui règnent dans ce pays. Tous les matins les Vietnamiens sont réveillés au son de l’hymne national hurlé par des hauts parleurs disséminés un peu partout dans les villes ; s’en suivent de longs discours moralisateurs. La dévotion du peuple envers Hô Chi Minh est également surprenante, tout comme la visite de son mausolée.

Mais j’ai finalement opté pour une épithète rappelant l’incroyable richesse culturelle du Vietnam. Impossible de résister au charme de la ville d’Hanoï et ses vieux quartiers. Une croisière dans la baie d’Ha Long est toujours un enchantement, qu’elle se fasse dans la brume ou sous le soleil. Sans oublier la vieille cité d’Hoi An, superbe exemple d’un port marchand traditionnel d’Asie. La région d’Hué qui abrite de nombreux tombeaux royaux vaut également le détour. Par contre, nous avons beaucoup moins aimé le sud de la côte (Nam Thrang).

hoi-an-vietnam

Pour les passionnés d’histoire, ne pas manquer les musées de Saïgon dédiés aux guerres françaises et américaines. Pas toujours facile à regarder, mais tellement nécessaire pour ne pas oublier…

+++ : l’artisanat, la nourriture (le pho !)

— : la circulation est plus qu’anarchique (et donc dangereuse) dans les villes

Cambodge : le plus tourmenté

Difficile de ne pas ressentir aujourd’hui encore les séquelles du douloureux passé de ce petit pays. A Phnom Penh, les gens nous ont semblé terriblement effacés, méfiants. On réalise alors l’ampleur des dégâts sur toute une génération qui semble totalement ‘perdue’. La situation est peut être plus facile pour les plus jeunes qui n’ont pas connu le régime des khmers rouges, et qui profitent de la croissance économique, mais ne vont-ils pas eux aussi au devant de terribles désillusions ?

Une exception, et un gros coup de cœur donc pour la petite ville de Siem Reap et les fabuleux temples d’Angkor, qui détiennent sans conteste la palme du site le plus époustouflant.

les-temples-dangkor-cambodge

A ne pas manquer : les sites et musées témoins des atrocités commises sous le régime de Pol Pot. Là encore, il faut avoir le cœur et l’estomac bien accrochés, mais on leur doit bien ça !

+++ : la nourriture, originale et savoureuse

– : les punaises de lit dans certains établissements peu recommandables à Phnom Penh

Hong Kong : le plus contrasté

Hong Kong, c’est les gratte-ciels à perte de vue, les néons, les lasers, etc…, et pourtant au pied des immenses buildings, les vieilles coutumes persistent. Le marché aux oiseaux, les restaurants où plusieurs générations se retrouvent pour manger des mets traditionnels, les boutiques d’apothicaires emplies des remèdes les plus inattendus, autant de lieux qui contrastent avec la modernité et la technologie qui les surplombent.

Ne pas manquer le ‘laser show’ intituté ‘Symphony of Lights’, qui a lieu tous les soirs dans le port, c’est épatant !

laser-show-hong-kong1

Indonésie : le plus agréable

Nous n’avons visité que Bali et Java, et avons immédiatement été conquis par l’Indonésie et les Indonésiens. Variété des paysages et activités, bons transports, infrastructures modernes, excellente nourriture, pas cher, sans oublier le sourire infaillible des Indonésiens, que demander de plus ? c’est sans aucun doute la meilleure destination de vacances en Asie du Sud Est.

Lieux à ne pas manquer : le Temple de Tanah Lot à Bali ; le volcan Gunung Bromo à Java.

le-temple-de-tanah-lot-bali-indonesie

Gros coup de cœur pour la petite ville d’Ubud sur l’île de Bali, et pour Yogyakarta au centre de Java.

+++ : les Indonésiens (leur sourire, leur amabilité), le coût de la vie, la nourriture

– : les distances sont longues, et l’archipel est si grand qu’il est impossible d’en faire le tour en quelques semaines… chouette, il nous faudra donc y retourner !!

Malaisie : le plus inattendu

Nous nous y sommes retrouvés un peu par hasard, et nous n’avons pas été déçus du détour ! La Malaisie est à l’image de sa population : métissée. Mélange des cultures sur l’île de Penang, concentré d’histoire et d’art à Melacca, paradis naturel dans les Highlands du centre du pays, … et encore, nous n’avons pas pu nous rendre à Bornéo !! Une destination encore peu connue, mais que nous vous recommandons vivement.

mosquee-penang-malaise

Un coup de cœur particulier pour la ville de Kuala Lumpur, symbole de l’éclectisme malaisien (chinatown, quartier colonial, les fameuses tours petronas, …)

– : attention aux vols à l’arrachée dans les grandes villes ; les quartiers populaires de Kuala Lumpur sont infestés de punaises de lit…

Polynésie Française : le plus farniente (et le plus cher)

Nous n’avions pas le budget suffisant pour nous déplacer sur les différents archipels, mais l’île de Moorea était parfaite pour notre programme : farniente et plongée/snorkeling.

moorea-polynesie-francaise

A ne pas manquer même si vous souffrez du mal de mer : la balade en bateau au large pour aller voir les baleines.

+++ : la beauté et la richesse des lagons…inégalées ! ; nager avec les raies et les requins à pointes noires.

– : les prix (bien plus chers qu’en France métropolitaine) ; les nombreuses dérives dues au tourisme (les traditions polynésiennes ne se trouvent presque plus que dans des villages touristiques, dommage !) ; on a bien cherché les vahinés…on ne les a pas trouvées…

Île de Pâques : le plus mystérieux

L’île de Pâques est à la hauteur des rêves qu’elle alimente : une nature époustouflante à perte de vue, et des Moais plus imposants les uns que les autres. Du très beau travail de restauration !

Pour une journée inoubliable : louer une voiture ou un scooter et faire le tour de l’île.

Ne pas manquer le musée ; c’est tout petit, mais on y apprend énormément de choses !

Enorme coup de cœur pour le site du volcan Rano Kau et son cratère.

cratere-du-rano-kau-ile-de-paques

+++ : L’accueil chaleureux des îliens qui aiment profondément leur île et sont conscients des trésors qu’elle abrite ; le tourisme est régulé et maîtrisé ; les prix sont élevés mais restent raisonnables.

Chili : le plus désertique

4300km de long, pour une largeur moyenne de 200km, la géographie chilienne est peu commune ! Nous ne nous sommes aventurés qu’au nord du pays, où les paysages côtiers sont splendides.

Ne pas manquer l’incroyable désert d’Atacama au nord du pays (le Dakar y passe) et ses fabuleuses vallées.

desert-datacama-chili

Enorme coup de cœur pour la ville de Valparaiso, et pour le parc national Torres del Paine en Patagonie.

+++ : très bon service de transport en commun ; le pisco, boisson nationale, et d’excellents vins pas chers du tout !

– : pays tout en longueur, les distances sont impressionnantes ! Le coût de la vie est étonnamment cher.

Bolivie : le plus authentique

La Bolivie, c’est l’Amérique du sud telle qu’on se l’imagine : les femmes aux longues chevelures tressées rehaussées d’un chapeau melon, les lamas, les textiles colorés, les flûtes de pan… et pas la peine d’aller dans les musées pour voir tout ça, non, ça fait vraiment partie de la vie quotidienne. Mais attention, les richesses de la Bolivie, ça se mérite, notamment en supportant les caractéristiques de l’altitude (mal des montagnes, et froid).

Gros coups de cœur pour les villes de Sucre, Potosi et La Paz.

A ne pas manquer : la région du Sud Lipez, avec ses lagunes colorées et ses volcans, sans oublier l’unique Salar d’Uyuni. Les mines d’argent de Potosi, et le musée de la coca à La Paz qui permet de mieux comprendre l’enjeu de cette culture controversée.

salar-duyuni-bolivie

+++ : la variété des paysages : haute montagne, lac d’altitude (Titicaca), plaines de l’Est ; les textiles ; le coût de la vie.

: les transports en commun sont nettement moins bons que dans les pays voisins (et surtout pas chauffés, bonjour les nuits sans sommeil, à grelotter !)

Pérou : le plus physique

Le pérou, c’est avant tout le paradis des archéologues amateurs, mais nous, on a préféré en faire notre terrain d’entraînement physique, en enchaînant les treks (3 jours dans le cañon del colca, et 5 dans la superbe région du Machu Picchu.

Gros coup de cœur pour la magnifique ville d’Arequipa, et le trek du Salkantay qui se termine au pied du Machu Picchu.

trek-du-salkantay-perou

A ne pas manquer : l’incroyable monastère Santa Catalina à Arequipa ; les condors dans le cañon del Colca.

+++ : le folklore péruvien ; la nourriture.

– : certains lieux perdent un peu de leur authenticité du fait de l’afflux touristique, c’est le cas du Machu Picchu, c’est dommage ! 40$ l’entrée au Machu Picchu, c’est exagéré !!

Argentine : le plus Nature

Alors que le nord du pays nous a un peu laissés sur notre faim (mises à part les fabuleuses chutes d’Iguaçu qui valent le détour), nous avons trouvé notre bonheur un peu partout dans le sud du pays. A commencer par la région des lacs autour de la charmante petite ville de Bariloche. Puis la rencontre avec les baleines non loin de Puerto Madryn. Pour finir en toute beauté avec les somptueux glaciers d’El Calafate.

A ne pas manquer : la rencontre avec les baleines, les otaries, les éléphants de mer et les pingouins dans la péninsule de Valdès. Le glacier Perito Moreno, qui avance de 2 à 3m par jour.

chaine-du-fitz-roy-argentine

Gros coup de cœur pour la belle ville de Buenos Aires, capitale du tango et berceau du mythe gaucho.

+++ : la nourriture (un bon steak de 500gm pour 1€, ça vous tente ?) ; l’artisanat (cuir et bois)

– : le coût de la vie ; les distances.

Bon voyage !!

Tango et rythmes gauchos à Buenos Aires

Lundi 11 janvier 2010

09-14/12/2009

Buenos aires, c’est :

Le temps qui semble s’être arrêté par endroits. Le quartier de San Telmo se trouve au cœur de la culture du tango argentin. De superbes couples de danseurs dévoilent leur art tout au long de la journée sur les places et terrasses populaires.

tango

Les façades et perrons des vieilles demeures sont encore parfois couverts de célèbres fileteados type de dessin artistique typique de la région mêlant plantes grimpantes stylisées et maximes souvent déclinées sur un ton comique. San Telmo fut un lieu très à la mode jusqu’en 1870 ; une série d’épidémies dans les décennies qui suivirent forcèrent les familles riches à quitter le quartier. Par la suite, les loyers modérés ont surtout attiré des artistes, mais de nos jours les prix ont largement augmenté, et les rues étroites abritent de plus en plus de boutiques chics et de studios réputés.

fileteado-de-la-ferioa-de-mataderos

Autre lieu, autre histoire, mais même nostalgie : le quartier de la Boca, premier port de la ville de Buenos Aires. Les premiers habitants étaient des immigrants italiens de la région de Gênes. Les maisons étaient principalement construites en bois et zinc, et les façades peintes avec les restes de peinture des bateaux.

facsades-de-caminito

Cette tradition des plus colorées perdure encore aujourd’hui et donne à la Boca un ‘je ne sais quoi’ qui plait beaucoup aux artistes locaux ainsi qu’aux touristes de passage dans la capitale.

caminito

A quelques kilomètres de là, un tout autre univers, issu lui aussi du passé. Il s’agit du barrio (quartier) Puerto Madero qui correspond aux anciens docks de la capitale. Ici on a conservé les objets et lieux emblématiques, non sans leur offrir une touche de modernité. Les grues métalliques sont aujourd’hui immobiles mais tellement belles dans leurs couleurs chatoyantes ; quant aux hangars, ils ont été transformés en logement et restaurants de haut standing. Un pari osé mais fort bien réussi !

les-grues-de-puerto-madero

puerto-madero

Buenos Aires, c’est également le mythe vivant du Gaucho, ce cavalier gardien de troupeaux dans la pampa sud américaine. Plus qu’une tradition, c’est un véritable art de vivre pour de nombreux argentins qui viennent partager leur passion chaque dimanche dans la capitale, lors de la feria de Mataderos, grand rassemblement gaucho. On peut y admirer leurs magnifiques costumes : pantalon noir large, chemise blanche ou noire et gilet noir pour les hommes, sans oublier les bérets noirs ; longue robe à franges et écharpe en coton pour les femmes. L’accessoire phare étant les chaussures qui se déclinent en trois modèles : des espadrilles, des bottes en cuir auxquelles sont attachés des éperons en argent, ou les fameuses botas de potro, confectionnées d’une seule pièce de cuir, sans couture, taillées généralement dans les extrémités postérieures d’ânes, chevaux, pumas ou jaguars.

gaucho

La feria est l’occasion de les voir danser et dresser des chevaux, mais aussi de découvrir l’excellence de leur artisanat, avec notamment un impressionnant travail du bois et du cuir.

danseur-gaucho

Buenos Aires, c’est également la dévotion faite à ‘Evita’ (Eva Peron). Maria Eva Duarte est issue d’un milieu social rural défavorisé. Très jeune, elle part chercher du travail à Buenos Aires et est employée en tant qu’actrice pour des séries B et dans des feuilletons pour la radio. Elle rencontre le colonel Juan Peron lors d’une vente de charité et l’épouse en 1945. Ses racines humbles l’ont tout naturellement destinée à assurer la liaison entre son mari et les travailleurs, ceux qu’on appelle les « sans-chemises », base sociale importante du régime. Elle a fortement contribué à la campagne de son mari pour l’élection présidentielle de 1946. Utilisant son émission de radio hebdomadaire, elle se lance dans de grands discours appelant les pauvres à se relever. Elle met en avant ses racines modestes afin de montrer sa solidarité avec les classes les plus défavorisées. Après l’élection de son mari, Evita Perón prit immédiatement un rôle considérable dans son entourage. Elle crée la Fondation Eva Perón dont le rôle est d’assister les pauvres. Elle devient rapidement très populaire et a laissé au pays des contributions non négligeables : nombre d’hôpitaux ou d’orphelinats créés par la Fondation ont survécu à sa mort prématurée (elle meurt d’un cancer de l’utérus à 33 ans). En 1949, Mme Duarte, désormais populairement surnommée “Evita”, est une des figures les plus influentes d’Argentine. Elle devient l’objet d’un culte de la personnalité, son nom et son image apparaissant partout. Elle ne cache pas ses goûts de luxe (bijoux, fourrures et robes de la maison Dior entre autres), et cela ne l’empêche pas d’être acclamée comme la ‘championne des pauvres’.

la-casa-rosada

L’icône dont je souhaite vous parler maintenant est une petite fille, personnage principal de l’historieta du même nom, créée en 1964 par Quino. Tout comme son auteur, elle est argentine, issue de la classe moyenne, et devient très vite populaire dans tout l’Amérique latine et même jusqu’en Europe ! Vous avez trouvé de qui il s’agit ? Et oui, c’est bien de Mafalda dont il est question !

statue-mafalda

Anticapitaliste, féministe, idéaliste et militante de toutes les bonnes causes, Mafalda a du caractère et réagit à tout ce qui se passe autour d’elle et ce qu’elle lit dans les journaux. La fillette est entourée de plusieurs personnages très caricaturaux, et de points de vue très opposés sur le monde. Parmi eux, certains sont incontournables, comme Manolito, le garçon le plus capitaliste de toute l’Argentine, ou encore Susanita, la gamine se voulant indépendante, mais totalement soumise à son futur mari. Humour engagé, à savourer sans modération…

mafalda

Enfin, Buenos Aires (et par extension tout l’Argentine), c’est la convivialité à toute heure de la journée. L’exemple le plus parlant est le Mate, infusion à partager entre amis. N’est pas argentin celui qui ne possède pas plusieurs services à mate, composé d’une petite gourde ronde (en calebasse ou bien métallique) dans laquelle se tient la bombilla, une sorte de paille métallique. Quand les Conquistadors sont arrivés en Amérique du Sud, ils ont remarqué que les indiens buvaient régulièrement une infusion qu’ils appelaient caigua (herbe et eau). La cérémonie du mate a traversé les âges pour devenir un héritage du peuple argentin. En voici certaines règles : l’eau doit être frémissante, mais pas bouillante ; seul un convive est censé faire le mélange herbe et eau ; chaque personne dispose d’un certain temps pour boire le mate ; dire ‘merci’ en passant la gourde au suivant signifie que vous ne souhaitez plus boire davantage ; il ne faut jamais passer la gourde si celle-ci est à moitié vide, il faut toujours la re-remplir ; ne jamais jouer avec la bombilla, ou la sortir de la gourde ; etc, etc, etc…mais après tout il s’agit de partager un bon moment ensemble, entre amis, et les amis sauront vous pardonner si vous en oubliez l’une ou l’autre… Enfin, sachez qu’outre ses vertus amicales, le mate est reconnu comme étant un excellent diurétique et antioxydant. Convivialité, et santé : que demander de plus ?!

Voilà, en quelques mots (mais il y en a tellement d’autres) ce que nous retiendrons de cette ville envoûtante, espérant pouvoir y revenir un jour, afin de poursuivre la quête de ses trésors.

We Buenos Aires !