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Amritsar, fief des Sikkhs (partie II)

06/03/09

Aujourd’hui pour cette seconde journée à Amritsar nous improvisons, mais nous aurons ainsi de belles surprises. Toujours soucieux de savoir comment nous allons rejoindre notre prochaine étape nous cherchons des renseignements sur les moyens de transport pour rallier Chandigarh. Il n’y a pas de liaison en train donc nous prendrons un bus qu’on nous assure être tout confort, mais qui est très matinal. Pour la suite de la journée nous faisons une fois de plus confiance au Lonely Planet.

Nous commençons par le Mata Temple dont la description nous intrigue : « temple de style troglodytique (…) la grotte qui accède au temple représente l’intérieur d’une bouche divine. ». Après nous être déchaussés nous pénétrons dans ce qui nous semble être un temple comme bien d’autres : plusieurs fidèles sont assis dans une grande salle, faisant face aux idoles colorées ; des musiciens jouent une belle mélodie et les femmes chantent doucement. Nous aurait-on menti ? Soudain, un garde s’approche de moi et me montre un petit escalier sur la gauche. Nous grimpons les quelques marches étroites et là commence un parcours semé d’embûches et d’idoles plus ‘kitsch’ les unes que les autres. Je ne sais pas si le terme troglodytique s’applique à ce genre de construction mais en tout cas c’est très amusant ; cela me fait d’ailleurs beaucoup penser à une attraction de fête foraine. On escalade des rampes étroites le long du batiment, on rampe dans de petits tunnels peints en noir, on traverse des mini rivières pour finalement accéder tout en haut du temple dans une sorte de palais des glaces. Là des dizaines d’idoles nous attendent dans des décors faits de mosaîques et miroirs : je suis totalement émerveillée par l’endroit. En Europe les lieux de cultes sont pour moi surtout synonyme d’austérité alors qu’ici c’est tellement vivant et tellement gai ! j’adore !

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Notre seconde visite nous laisse tout aussi rêveur ; il s’agit du Sri Durgiana une réplique hindoue du Temple d’Or. La ressemblance est en effet frappante : un petit temple dont la partie supérieure est couverte d’or se trouve au milieu d’un bassin ; les portes et fenêtres sont par contre en argent, ce qui lui a valu le surnom de temple d’argent. Nous sommes chanceux car aujourd’hui un spectacle y a lieu. Nous assistons quelques minutes aux chants et danses de cinq enfants dont 2 sont ‘lourdement’ déguisés en je ne sais quelle divinité.

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Nous terminons cette journée par une autre grosse attraction de la région : la cérémonie de fermeture du poste frontière Inde-Pakistan. Tous les soirs, juste avant le coucher du soleil, des soldats indiens et pakistanais se retrouvent pour une parade martiale emphatique, empreinte de fierté nationale et réglée comme un métronome. Ce spectacle de 20 minutes m’a semblé plus que surréaliste. On sait que les relations sont plutôt tendues entre les deux pays, surtout depuis les attentats de Bombay et plus récemment l’attaque contre l’équipe de cricket du Sri Lanka. On s’attendait à quelque chose de très sérieux, voire agressif étant donné que la cérémonie est ouverte au public. En fait, on a davantage eu l’impression d’assister à une grande soirée disco en plein air ! Les gradins étaient bondés du côté indien, et très clairsemés du côté pakistanais, où les femmes et les hommes étaient d’ailleurs séparés. Les saris très colorés et brillants des indiennes tranchaient avec l’austérité des robes et voiles noirs des pakistanaises. C’était très étrange de se trouver au milieu de l’agitation indienne et de voir ces femmes sagement assises de l’autre côté de la grille ; ce sentiment singulier, presque désagréable s’est nettement accentué lorsque les soldats indiens ont sorti quelques grands drapeaux et ont invité les jeunes indiennes à venir les agiter. Les candidztes étaient très nombreuses et le défilé a duré longtemps ; ensuite, lelieu s’est transformé en boîte de nuit : des dizaines d’Indiens dansaient dans l’allée face à un public pakistanais incrédule. Enfin après une heure de ce spectacle peu glorieux la cérémonie commence : sur ordre de leur chef chacun des escadrons entame un défilé au pas cadencé devant ses supporters. Chaque soldat en magnifique tenue d’apparât tape des pieds, pousse des cris et va se ranger face à ‘adversaire, sourcils froncés, torse bombé et poings serrés. Leurs acrobaties me font un peu penser au French Cancan… Lorsque les portes de la frontière s’ouvrent, les officiers commandant la garde s’avancent l’un vers l’autre et échangent une brêve poignée de main. La cérémonie s’achève avec la descente des drapeaux.

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Et pour terminer ce récit sur Amritsar, un petit mot tout de même du sikkhisme. Il fut fondé par le gourou Nanak à la fin du XVème siècle, en réaction au système des castes et à la domination des brahmanes sur les rituels. La croyance en l’égalité de tous les êtres se trouve au cœur du sikkhisme ; on peut oublier les burgers et chicken curry quand on voyage en pays sikkh ! Les sikkhs sont facilement reconnaissable à leurs turbans qu’ils ne quittent jamais. Ils croient en un dieu unique mais refusent le culte des idoles ; comme les hindous et les bouddhistes ils admettent les principes de la réincarnation, mais ignorent en revanche le concept de la voie monastique mettant fin au cycle des renaissances.

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2 commentaires sur “Amritsar, fief des Sikkhs (partie II)”

  1. maman dit :

    Alors vous avez eu droit à une visite gratuite chez Guignol ! Je croyais que vous n’aviez plus l’âge !!
    I’m joking ,of course !!

  2. Marcelle dit :

    Magnifique , ces reportages Elodie ! Et vous êtes superbes tous les deux !
    gros bisous