Bali et la mer… « Rev’olution

Bali et la mer…

17-30/06/2009

Les touristes affluent vers Padangbai, petite ville située sur la côté est de Bali pour deux raisons : prendre le ferry vers les îles paradisiaques de Gili et Lombok, ou faire de la plongée. Nous sommes là pour la seconde raison.

sur-la-route-de-padang-bai

Bibi et Emir ont en effet l’intention de valider leur certificat de plongée, et Padangbai semble être l’endroit idéal étant donné qu’il y a autant de centres de plongée que d’hôtels. Alors que Bibi, pour qui les baptêmes de plongée ne datent pas d’hier, se réhabitue au matériel dans une petite piscine (désolé, on lui a promis de ne pas prendre de photo de ce moment plutôt humiliant pour lui), Mimir part effectuer deux plongées dans le grand bleu. Il est désormais certifié et son équipement de plongée ne le quittera plus. Bibi se jette véritablement à l’eau le lendemain et est tout heureux de retrouver les sensations que nous avions découvertes il y a quelques années à Zanzibar (même si les poissons et coraux sont bien moins beaux ici que dans le canal du Mozambique). Vous vous demandez peut être pourquoi je ne fais pas partie du groupe des joyeux plongeurs….et bien je dois vous avouer que j’ai un peu de mal à m’habituer à respirer par la bouche plutôt que par le nez…. Je n’ai pas abandonné…j’attends juste de trouver un endroit où les conditions seront parfaites : superbes coraux et bancs de poissons, le tout pas trop profond, dans une eau limpide et pas trop froide….ça existe, ça ? peut-être en Polynésie, ça tombe bien on y sera dans quelques semaines…on verra bien, inch’allah !

En tout cas, Bibi l’eau c’est son élément, et il profite d’une sortie organisée par le centre nautique pour aller plonger avec les raies mantas.

Nous quittons Padangbai pour monter plus au nord et rejoindre la paisible ville de Lovina dont Philippe, un franco-cubain rencontré au Cambodge nous avait parlé en bien. C’est en effet un coin tranquille et charmant. La plage n’est pas faite de sable blanc et cocotiers, mais nous sommes surtout venus pour profiter de ce qui se passe dans l’eau. Lovina est connue pour ses colonies de dauphins que des dizaines de bateaux chargés de touristes partent traquer tous les matins. La côté compte également quelques bons spots de snorkeling. Nous passons la première matinée avec masques et tubas à admirer la vie sous marine, sans trop accorder d’importance aux minuscules méduses qui évoluent autour de nous. Le lendemain matin comme la majorité des touristes du coin nous nous levons aux aurores pour aller à la rencontre des dauphins. Après une bonne demi-heure de navigation nous atteignons un endroit où plusieurs dizaines de pirogues sont stationnées ; d’autres arrivent de tous les côtés. A bord, des familles entières de vacanciers armés d’appareils photos.

la-traque-aux-dauphins-a-commence

Pas un bruit, chacun scrute l’horizon avec attention. Soudain un cri fend le silence : « there ! there ! » On a à peine le temps de tourner la tête pour apercevoir les 3 ou 4 ailerons qu’ils ont déjà disparus sous l’eau. Ils ne réapparaîtront que quelques instants plus tard, faisant trois sauts et disparaissant à nouveau. Ce sera le même manège pendant une bonne heure : une cinquantaine d’embarcations se ruant vers les pauvres bêtes dès qu’elles sortent le museau hors de l’eau. Pathétique ! On avait hésité à le faire…mais bon le superbe lever de soleil valait le coup.

les-dauphins-de-lovina

Vu le faible nombre de touristes, la plage n’est pas très fréquentée ; les vendeurs à la sauvette sont par contre bien présents et les rares promeneurs se font donc littéralement assaillir de toute part. Colliers, coquillages, massages, peintures, calendriers balinais, nourriture, ….ça n’arrête pas. Les gens ont beau être adorables et très souriants, à la longue c’est tout de même un peu fatigant. Un petit bonhomme s’approche de moi alors que j’admire le coucher de soleil ; il me tend un prospectus et m’explique qu’il donne des cours de cuisine. Ceux qui me connaissent savent que je ne donne pas du tout dans l’art culinaire (je souffre dans ce domaine d’un lourd atavisme…), mais cela ne veut pas dire que cela ne m’intéresse pas ! Bibi a prévu d’aller à la pêche et il faut bien que je m’occupe pendant ce temps.

coucher-de-soleil-a-lovina

Les cours de cuisine doivent pourtant attendre car je développe au cours de la nuit une méchante réaction allergique à je ne sais quoi (nous soupçonnons sérieusement les méduses microscopiques). Ça me démange de partout et j’ai les bras, le ventre et le dos couverts de plaques rouges. Bibi a beau me répéter de ne pas gratter, je ne peux m’empêcher de me tortiller dans tous les sens ; impossible de faire la cuisine dans ces conditions… je remets mon rendez-vous au lendemain et pars me promener pendant que Bibi s’en va à la pêche sous marine.

En cours de route j’ai la chance de croiser une procession mortuaire. Le spectacle est saisissant. En tête du cortège se trouvent trois hommes vêtus de blanc qui diffusent encens et paroles de circonstances. Puis viennent les proches du défunt qui portent d’impressionnantes offrandes, notamment de hauts plateaux pyramidaux remplis de fruits. Les membres de la famille suivent en file indienne, se tenant tous à une corde. Le cercueil est tout doré, monté sur un brancard porté par une demi-douzaine d’hommes. Deux jeunes garçons se tiennent debout sur le brancard et aspergent le cercueil d’eau et d’encens. La fanfare clôt la marche. La circulation sur la route principale est momentanément bloquée pour laisser passer ce curieux cortège. De temps en temps la procession s’arrête et effectue des cercles avant de repartir en avant.

De retour de ma promenade, je retrouve Bibi qui est surexcité par sa séance de pêche sous marine. Je lui laisse la parole afin qu’il vous explique pourquoi : « je suis parti avec un pêcheur du coin. L’idée c’était de faire une petite séance de chasse sous marine. Je pensais qu’on irait dans les récifs, lieux auxquels je suis relativement habitué, mais nous voilà navigant vers le large depuis plus d’une heure. On est facilement à 10 km des côtes. Sur le bateau, je lui demande si on se dirige vers une île, des coraux ; il semble me dire que oui. Finalement on arrive sur une plateforme en bambou, flottant au milieu de l’océan. Elle est fixée à 150 mètres de fond. Cette structure permet en principe aux poissons des récifs de s’y installer pour se reproduire. Et comme les petits poissons attirent généralement les gros poissons, c’est un site idéal pour la pêche et la chasse sous marine. Les gros poissons tournent autour de la corde par 10-15 mètres de fond. Si tu ne sais pas descendre en apnée, tant pis pour toi ! On est descendu plusieurs fois ; j’ai tiré plusieurs fois mais cet environnement particulier et inhabituel ne m’a pas aidé. On a visité trois structures semblables pendant une paire d’heures. Puis on est parti vers une dernière plateforme, encore plus éloignée. On s’équipe, on se jette à l’eau et là on se retrouve nez à nez avec 2 requins gris, d’environ 1,5 mètre. Je sors la tête de l’eau et voit mon compagnon qui me fait un signe négatif de la tête et me fait comprendre que les deux bestiaux sont calmes et qu’on peut descendre sans problèmes. Sur ce, les requins s’éloignent et on reprend notre chasse en nous éloignant quelque peu de la pirogue. Après plusieurs descentes, j’identifie un banc de poissons qui m’attire à une quinzaine de mètres - autant dire dans le ‘Grand Bleu’ - ; le banc s’enfonce encore plus en profondeur, je ne peux les suivre plus bas. Je me redresse pour entamer la remontée, et c’est alors que je constate que les deux requins sont de retour, juste au-dessus de ma tête. Ils tournent, et tournent, et tournent encore. Etant à court d’oxygène, je suis bien obligé de remonter en surface. Ils ont continué à tourner autour de moi ; le spectacle était grandiose, mon émotion aussi !!Une fois de retour sur la pirogue mon compagnon pêcheur m’avoue tout de même que les requins viennent à cet endroit essentiellement pour se nourrir (de poissons uniquement ?)et qu’il a déjà croisé des spécimens bien plus gros, et bien plus agressifs…

Dernier jour à Lovina. Mon mystérieux urticaire allant un peu mieux je me rends à mon cours de cuisine. La leçon commence par un tour au marché local afin d’achet er certains ingrédients. Le chef cuisinier fait tout à domicile, avec l’aide de sa femme et de ses enfants (nous sommes en période de vacances scolaires). Nous passons 2 heures fort amusantes à râper, couper menu, éplucher, écraser, mélanger, cuire plein de bonnes choses, pour finalement nous asseoir (Bibi n’a pas voulu se joindre à la préparation mais est prêt pour la dégustation….) devant six plats dont s’échappent des odeurs plus savoureuses les unes que les autres. Gado gado (légumes à la sauce cacahuètes, poulet et poisson sauce coco, soupe, etc… tout est excellent. Nous quittons nos adorables professeurs le ventre bien plein et quelques recettes sous le bras à essayer à notre retour.

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C’est ainsi que s’achève notre séjour à Bali ; nous prenons le bus de nuit ce soir pour rallier l’île de Java où nous avons rendez-vous avec les volcans.

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2 commentaires sur “Bali et la mer…”

  1. maman dit :

    Je ne vois vraiment pas de quel atavisme tu parles !!! J’avais encore toutes mes illusions et elles viennent d’être balayées en un instant , ceci dit tu vas toi aussi avoir un choc quand tu verras qu’à Noel il n’y aura pas les “Bredele” faits maison par la mauvaise cuisinière , non mais !!!
    Bisous sans rancune !!
    Mum

  2. Nounoune dit :

    Ma petite maman, c’était surtout pour rigoler ! Mais tu as raison, et j’en profite pour rendre à César ce qui est à César : tous ceux qui sont passés par le 6A rue des Bois savent très bien que tes charlottes, tiramisu, terrines, et j’en passe, sont excellents. D’ailleurs vivement Noël qu’on se retrouve tous autour de la table !! gros bisous