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Archive pour la catégorie ‘Chili’

Parc Torres del Paine

Vendredi 18 décembre 2009

25-29/11/2009

Plus on descend vers le pôle, plus le cône sud américain se rétrécit. Ce matin nous étions dans la charmante ville d’El Calafate, en Argentine, et à présent, après 5 heures de bus, nous voici dans le non moins charmant village de Puerto Natales, au Chili. Retour donc dans le premier pays latino que nous ayons visité, mais seulement pour quelques jours, juste le temps de nous balader dans le parc Torres del Paine. Enfin, ‘balader’ n’est certainement pas le bon terme. La plupart des sentiers ne font que monter et descendre, et les rares sections de plat sont sans cesse balayées par un vent qui a de quoi faire rougir notre bon vieux mistral. Sans oublier que nous portons nos sacs avec tout le bazar nécessaire pour camper pendant 5 jours (tente, sacs de couchage, réchaud à gaz, soupes, pâtes, riz…). Une aventure physique donc tout autant que visuelle/panoramique., dont voici un résumé.

arrivee-au-parc

Jour 1 : Le bus nous dépose à l’entrée du parc : nous sommes à une heure de marche de l’auberge/camping qui marque le début du trek. Comme nous sommes super motivés, nous décidons de ne pas prendre le service de shuttle et de commencer dès maintenant la marche. Au bout d’une demi-heure, un mini van s’arrête à notre hauteur et nous propose de monter à bord. Toujours aussi motivés, nous refusons, mais le chauffeur en a décidé autrement, et nous n’avons pas d’autre choix que de nous faire transporter jusqu’au bas du sentier. Pas vraiment ‘sport intense’ nos débuts ! Mais attendez, cela va vite devenir sérieux… Nous démarrons illico la montée vers le premier refuge/campement. Deux heures d’ascension quasi non stop, avec des passages particulièrement exposés au vent. On a chaud à force de grimper, alors on enlève les couches de vêtement au fur et à mesure, mais pas question de s’arrêter, car sinon le froid reprend le dessus.

Nous passons le premier refuge et décidons de ne pas nous arrêter pour poursuivre vers le second situé à un peu plus d’une heure de marche dans la forêt. Nous nous rapprochons ainsi au maximum du point de vue sur les fameuses Torres del Paine qui ont donné leur nom au parc.

les-torres

Le parc qui s’étend sur plus de 180 000 hectares constitue une riche réserve de faune et flore. Au cours de nos randonnées nous évoluons à travers quatre types de végétation différents : la brousse près des lacs, la forêt, la tundra et enfin la haute altitude où la végétation laisse place aux roches.

Notre première nuit sous tente fut, sans grand étonnement, inconfortable et particulièrement fraîche.

Jour 2 : on se lève au petit matin afin de grimper au mirador Torres del Paine. Ça monte très raide pendant une petite heure, mais la vue qu’on obtient finalement vaut la peine ! Derrière une petite colline de roches se dressent les trois larges pics de granite. Leur paroi de face est presque parfaitement lisse, c’est cette caractéristique qui leur a valu l’appellation Torres (tours). Pour parfaire le paysage, un petit lac aux eaux turquoises s’est formé au pied des monuments de pierre. Après une courte séance photos, c’est parti pour redescendre tout ce qu’on a monté hier. La plupart des gens vont plus vite en descendant qu’en montant, et bien pas moi ; à force de retenir mon poids + celui de mon sac, j’ai les genoux qui tremblent. Seul réconfort - cruel je l’avoue - : observer les gens qui montent et penser à tout le chemin qu’ils ont encore à parcourir…

vent-sur-le-lac

Une fois revenus au point de départ, nous longeons le lac durant près de 4 heures. Le paysage est splendide, il fait grand soleil, bref, ce serait parfait si ce n’est que nous devons faire face à un vent de plus en plus violent. Il nous est quasiment impossible de nous arrêter pour le pique nique de mi journée. La végétation essentiellement composée de petits arbustes piquants n’offre pas de protection. Je suis sans cesse déviée de ma trajectoire et dois m’agripper à Bibi pour ne pas quitter le sentier. Ces 4 heures ont tout simplement été épuisantes ! Et pour couronner le tout, notre arrivée au second refuge/campement se fait sous la pluie. Réussir à monter la tente par un temps de chien comme celui tient presque de l’exploit acrobatique ! On peut aussi oublier le café/chocolat chaud au refuge car il est plein comme un œuf et plus un banc de la salle commune n’est libre… Et voilà donc comment commence notre seconde nuit d’insomnie dans le parc…

ca-souffle

Pourquoi avoir choisi le camping me direz-vous, alors qu’il y a des refuges un peu partout sur les parcours de randonnée ? Et bien pour des raisons essentiellement financières (et aussi par esprit d’aventure bien sûr !). L’emplacement de tente coûte (déjà) environ 10€, et le lit en refuge revient à la belle somme de 25€ (sans le petit déjeuner, car si vous voulez la pension complète : petit dej, lunch box et repas du soir, alors là ça passe à plus de 50€ par personne et par jour), autrement dit carrément hors budget pour nous.

Jour 3 : le réveil est bien difficile ce matin (courbatures, et genoux cagneux pour Nounoune qui s’est pris les pieds dans ses lacets de chaussures la veille en allant au pipi room et s’est vautrée en beauté). Mais, au moins le soleil est de retour ! 2 nouvelles heures d’enfer éolien nous attendent, mais nous tenons bon et arrivons au campement italien (c’est son nom) pour le déjeuner. Nous plantons notre tente et poursuivons, plus légers, l’ascension vers le point de vue sur los Cuernos (les cornes). Les touristes font souvent l’erreur de croire que ces pics sont les Torres (car ce sont ceux que l’on voit le mieux sur la plus grande partie du parcours). Le sommet des cuernos est pourtant bien plus accidenté, mais la différence la plus visible est le monticule de roche sédimentaire de couleur noire qui recouvre le bloc de granite. Le sentier qui mène au mirador est très divertissant ; nous passons à travers forêt et flancs rocailleux, traversons des petits ruisseaux, et profitons de très belles vues sur les sommets enneigés et glaciers alentours. Cette féérie naturelle prend malheureusement fin quelques heures plus tard, alors que nous entamons notre 3ème nuit mouvementée.

los-cuernos

Le parc Torres del Paine est immense et offre une multitude de chemins de randonnée, mais le circuit le plus emprunté est celui communément appelé le ‘W’, qui permet d’accéder aux principaux points de vue. Les refuges se trouvent au pied des montagnes (des sites de camping rudimentaires sont disponibles au sommet), ce qui fait que les gens s’installent en bas, et effectuent généralement dans la journée l’aller-retour vers les miradors, d’où la forme du ‘W’ !

neige-et-eau

Jour 4 : encore une grosse journée devant nous. Bibi est en mode ‘pilote automatique’ et on progresse lentement. On parvient tant bien que mal au refuge/campement Paine Grande où la tentation de déclarer forfait pour le reste de la journée est grande. Et puis finalement non, après une collation nous prenons notre courage à deux mains, rendossons nos sacs et nous voilà repartis pour un peu plus de 3 heures d’ascension vers le refuge/campement Grey, qui doit son nom au glacier tout proche. Le mirador que nous atteignons à mi parcours est une belle récompense : vue plongeante sur le lac où flottent quelques icebergs, avec au fond le mur de glace comme posé sur l’eau. Le spectacle est fabuleux. Nous ne sommes pas déçus car le campement est également très sympa et le refuge moins bondé, ce qui fait que ce soir nous avons droit à notre chocolat chaud au coin de la cheminée. Comme à son habitude Bibi prépare un bon repas chaud (lire ‘il se les gèle devant le réchaud) pendant que Nounoune organise l’intérieur de la tente. On tente une rapide sortie avant de nous coucher pour aller voir le glacier de plus près : c’est impressionnant !

glacier-grey

Jour 5 : physiquement on est crevés mais le mental est gonflé à bloc car on sait que c’est la fin. Nous avons rendez-vous avec le catamaran qui effectue la traversée du lac jusqu’à l’entrée du parc à 13h. Nos anges gardiens ne nous ont pas lâchés, car le soleil est toujours là (ce fait est assez remarquable car la plupart des gens que nous avons croisés ont eu inévitablement droit à de la pluie au cours de leur séjour dans le parc).

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C’est tout ‘pouilleux’, mais heureux que nous arrivons en fin d’après midi à Puerto Natales où nous allons dévorer une énorme pizza avant de nous écrouler sous la couette pour un repos bien mérité.

San Pedro de Atacama, une oasis au milieu du désert

Samedi 26 septembre 2009

25-26/08/2009

Nous quittons la paisible vallée de l’Elqui et passons la nuit dans le bus, toujours en direction du nord. Au petit matin, le paysage que nous découvrons est saisissant : les collines couvertes de cacti ont disparu et elles sont désormais remplacées par des dunes de sable et des plates formes rocailleuses. De temps en temps un énorme complexe minier surgit, avec ses tours métalliques et ses enfilades de cabanons rudimentaires où sont logés les travailleurs.

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Difficile de trouver un environnement plus hostile. Nous approchons du désert d’Atacama, la zone la plus aride au monde selon notre bon vieux guide Lonely Planet. Encore quelques heures à cheminer à travers ce paysage désertique et nous voici arrivés dans le charmant petit village de San Pedro de Atacama. On se croirait dans le Far West américain : le lieu consiste en un quadrillage de ruelles poussiéreuses bordées de maisonnettes basses qui s’ouvrent sur des cours intérieures et dont les façades argileuses renvoient des couleurs chaudes. Nous sommes vite surpris par le nombre élevé d’auberges et restaurants. En fait, il est fort probable qu’il y ait ici plus de touristes que d’habitants permanents ! Cela s’explique par le fait que San Pedro est un des points de passage les plus populaires entre le Chili et la Bolivie, étant donné la beauté des environs.

Dès le soir venu nous constatons (avec désolation) que nous sommes bien en zone désertique : les rayons du soleil ne sont plus là pour nous réchauffer et il fait un froid de canard. Pas de chauffage à l’hôtel, mais heureusement de bonnes couvertures bien épaisses, vite au lit !!

Le lendemain matin, petite balade en ville, qui consiste essentiellement à faire le tour de la place principale. Ce n’est pas bien grand, mais que c’est joli ! Tous ces bâtiments blancs disposés en carré autour de quelques gros arbres bien feuillus, sans oublier à quelques pas de là la très belle église de San Pedro de Atacama, construite en pisé, et dont le toit est constitué de bois de cactus.

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Nous poursuivons la visite en dehors de la ville, car la région regorge de trésors géologiques. Nos pas nous mènent rapidement vers un site assez extraordinaire : le Pucara de Quitor. La construction en terrasse date du 12ème siècle ; les autochtones l’avaient érigée dans un but essentiellement défensif, mais ils n’ont malheureusement rien pu faire face aux armes à feu des Espagnols en 1540.

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L’après midi nous avons rendez-vous avec un autre site éminemment touristique : les Valles de la Luna y Muerte, qui comme leur nom l’indique sont des lieux particulièrement inhospitaliers.

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Ces vallées ont été formées il y a plus de 22 millions d’années lors d’importants mouvements au niveau de la croute terrestre. Par la suite le vent a progressivement sculpté les roches sédimentaires. Ici pas un arbre ne pousse, ni aucune plante ou fleur, pas la moindre trace de la présence d’un animal ; tout n’est que roche et sable, et le résultat n’en est que plus spectaculaire, particulièrement au coucher du soleil !

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Voilà pour l’apéritif, demain on attaque le plat de résistance, avec un voyage de 3 jour en 4×4 à travers le Sud Lipez  (Bolivie) : attention le yeux !!

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Douceur de vivre au Nord Chili

Lundi 21 septembre 2009

21-24/08/2009

Nous poursuivons progressivement notre route vers le nord du Chili et atteignons la petite ville de La Serena qui porte si bien son nom. Qu’il est agréable de se promener dans les rues de cette paisible bourgade, au gré des stands d’artisanat et des concerts improvisés !

ambiance-de-rue-la-serena

Nos balades nous permettent d’admirer les nombreux bâtiments néoclassiques, ainsi que plusieurs des 29 églises que compte la ville. A l’Est de la ville de longues plages de sable fin s’étendent à perte de vue. Aujourd’hui désertes étant donné le mauvais temps elles deviennent très populaires dès l’été revenu. Un phare un peu laissé à l’abandon domine la plage.

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La Serena est le point de départ idéal pour une petite virée dans la vallée de l’Elqui, connue pour ses vignobles, ses nombreux observatoires astronomiques et l’ambiance New Age qui prévaut.

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La route est superbe, notamment après un imposant barrage qui précède un très beau lac entouré de collines couvertes de cacti. Le village de Vicuna a un charme fou avec sa petite place centrale d’où des hauts parleurs jouent en continu de la musique traditionnelle, et sa haute tour rouge.

la-tour-de-vicuna1

Nous n’aurons pas de chance en ce qui nous concerne la découverte de la voûte céleste car de gros nuages voilent la vue, mais en revanche la visite de la principale distillerie de pisco de la région – la boisson nationale – s’avère très intéressante (et la dégustation bien agréable !).

distillerie-de-pisco-vicuna

Le pisco est une eau de vie de raisin. Mais il ne faut pas l’assimiler au marc o u à la grappa. Alors que ces derniers sont préparés avec les restes des grappes après extraction du moût (pour la fabrication de vin), et donc possèdent un arôme fort en bois, le pisco est le résultat de la distillation de la grappe entière. De plus, le raisin venant souvent de régions très chaudes, sa teneur en sucre est très élevée. Le goût du pisco est donc agréable, moins râpeux qu’une eau de vie traditionnelle. Il se boit traditionnellement avec de la glace, du citron, et du sucre.

A la bonne vôtre !

distillerie-vicuna

Santiago et Valparaiso

Lundi 21 septembre 2009

15-21/08/2009

Hola ! Nous voilà fraîchement débarqués à Santiago, la capitale du Chili. Je dis ‘fraîchement’, car le thermomètre affiche 4° et il est temps pour nous de ressortir du fond de nos sacs vestes polaires, bonnets et gants. Heureusement nous avons choisi une auberge de jeunesse dans le quartier étudiant de Bellavista, un endroit un peu bohème et très chaleureux !

Au petit matin, nous avons l’agréable surprise de découvrir de superbes pics enneigés juste derrière les grattes ciel. C’est impressionnant et ça donne envie de chausser les skis !

gratte-ciel-et-piecs-enneiges-santiago

Le centre ville se trouve tout près et offre une large série de très beaux bâtiments anciens, tels la poste, les tribunaux ou encore l’ex Congrès National. Nous sommes également impressionnés par la beauté de la cathédrale metropolitana qui affiche complet à chaque messe.

cathedrale-metropolitana-santiago

La ville de Santiago est aussi réputée pour ses nombreux musées ; celui qui est dédié à l’art précolombien est à ne manquer sous aucun prétexte. Très joliment présenté il renferme des centaines d’objets utilitaires et décoratifs des différents peuples de la sous région. C’est dans ce genre d’endroit que l’on se rend compte qu’on n’aurait finalement pas grand-chose de nouveau à apprendre à nos ancêtres. Je serai toujours impressionnée par leur niveau de maîtrise des outils et matériaux, ainsi que par la richesse de leur imagination et le souci du détail qui définit chaque objet. Un lieu plein de couleur et de découvertes, j’adore !

detail-musee-dart-precolombien-santiago

Non loin de l’hôtel se trouve la colline de San Cristobal qui domine la ville. On accède à son sommet à pied, mais également en funiculaire (un mode de transport que nous commençons à bien connaître et apprécier). Tout en haut, les visiteurs sont accueillis par une immense statue de la vierge, qui s’illumine une fois la nuit tombée. Ce lieu de verdure et recueillement est très populaire auprès de la population de Santiago et on y croise des promeneurs jusque tard le soir. Les Chiliens semblent être de fervents catholiques si l’on s’en tient au nombre élevé d’églises qui jalonnent les quartiers de la capitale, mais surtout si l’on considère le taux de fréquentation de ces lieux de culte. En effet, rien à voir avec la désertion donc ils font l’objet chez nous ; vous pouvez pénétrer dans une église à n’importe quel moment de la journée, vous êtes sûr d’y trouver plusieurs fidèles en train de prier. Le prêtre est presque toujours disponible et les messes sont généralement quotidiennes…

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Nos premiers pas au Chili nous permettent également d’observer quelques particularités de la culture locale. Ainsi, nous sommes amusés de tomber sur des confiseries et des magasins de farces et attrapes à quasiment chaque coin de rue, serions-nous au paradis des gourmands et des farceurs ?! Nous le verrons bien avec notre prochaine étape, située à un peu plus d’une centaine de la capitale : la fameuse ville de Valparaiso.

valparaiso

Bienvenue à Valparaiso, ‘Valpo’ pour les intimes, notre premier gros coup de cœur du continent ! Difficile de vous dire pourquoi on l’aime tant. Personnellement j’ai l’impression d’avoir fait un voyage dans le temps et d’être revenu au début du XXème siècle. Ce port n’a rien à voir avec les cités minières de Lorraine qu’ont connues mes aïeuls, et pourtant j’ai la sensation que les ressemblances sont plus nombreuses qu’on pourrait le penser.

colline-de-valparaiso1

Les rues sont bordées de grosses maisons carrées aux façades encore parfois couvertes de publicités pour des produits qui n’existent probablement plus. Les rez-de-chaussée sont occupés par de petites boutiques de toutes sortes ; ici une quincaillerie, là un salon de beauté, ou encore un garage. La vie y bat son plein, mais pas trop vite, au ralenti, au rythme des antiques trolley-bus…

trolley-bus-valparaiso

Dans les vastes et froides demeures, les planchers craquent, les plafonds sont hauts, les peintures sont brillantes, et les tuyaux apparents ont été recouverts de papier peint. Mais Valparaiso, c’est bien plus que cela : au-delà du centre ville quadrillé qui longe le port s’étire une multitude de collines, étrange superposition de quartiers résidentiels et agglutination de cabanes en tôles multicolores, véritable musée à ciel ouvert.

valparaiso-musee-a-ciel-ouvert

Certains ont aujourd’hui bien du mal à croire au prestige passé de Valparaiso ; la ville était pourtant le port le plus important sur la côté chilienne. La plupart des bateaux venaient y faire escale après le périlleux passage du Cap Horn, et c’était également un important centre de commerce avec l’Amérique du nord. Mais toute cette agitation a pris fin en 1914 avec l’ouverture du Canal de Panama, et la ville s’est dès lors peu à peu ‘éteinte’. Quoi qu’il en soit, Valparaiso a su conserver ce côté bohème qui fait d’elle la capitale culturelle incontestable du Chili. Certains ont du mal à y trouver du charme ; nous, on adore et on ne se lasse pas de flâner dans ses ruelles irrégulières et d’emprunter ses fameux ‘ascenseurs’, drôles de tas de ferraille hérités des années 1880-1920, mais qui fonctionnent encore parfaitement bien !

ascenseurs-valparaiso

Je vous laisse avec ces quelques vers d’un des enfants du pays, illustre poète et Prix Nobel de Littérature, j’ai nommé Pablo Neruda.

¨Il meurt lentement celui qui ne voyage pas,
celui qui ne lit pas,
celui qui n’écoute pas de musique,
celui qui ne sait pas trouver grâce à ses yeux.

Il meurt lentement
celui qui détruit son amour-propre,
celui qui ne se laisse jamais aider.

Il meurt lentement
celui qui devient esclave de l’habitude
refaisant tous les jours les mêmes chemins,
celui qui ne change jamais de repère,
Ne se risque jamais à changer la couleur de ses vêtements
Ou qui ne parle jamais à un inconnu

Il meurt lentement
celui qui évite la passion
et son tourbillon d’émotions
celles qui redonnent la lumière dans les yeux
et réparent les coeurs blessés

Il meurt lentement
celui qui ne change pas de cap lorsqu’il est malheureux
au travail ou en amour,
celui qui ne prend pas de risques
pour réaliser ses rêves,
celui qui, pas une seule fois dans sa vie,
n’a fui les conseils sensés.

Vis maintenant!
Risque-toi aujourd’hui!
Agis tout de suite!
Ne te laisse pas mourir lentement!
Ne te prive pas d’être heureux!

collines-valparaiso