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Archive pour la catégorie ‘Nos galères’

Malaise en Malaisie

Lundi 24 août 2009

23-29/07/2009

« Avec des ‘si’ on refait le monde »… Si on n’était pas venu en Malaisie (après tout ce pays ne figurait pas sur notre itinéraire initial) ; si on n’était pas allé à Melacca (au début on voulait aller faire de la plongée sur la côte est) ; si on n’était pas ressorti ce soir-là pour aller faire un tour en bateau ; si on n’avait pas décidé de faire un détour pour retourner voir le magnifique temple chinois (qui soit dit en passant était fermé) ; si j’avais porté mon sac en bandoulière comme on me l’avait conseillé plus tôt dans la journée (j’allais le faire dans la minute qui suivait)….etc, etc, etc… tout cela ne serait pas arrivé !

Et oui mais malheureusement ce soir là nous étions à Melacca, devant le temple chinois, et je ne portais pas (encore) mon sac en bandoulière. Bibi prenait des photos ; il se tenait à 2 mètres devant moi tout au plus. J’étais au milieu de la rue, en train de m’attacher les cheveux. Je n’ai rien vu venir, simplement le bruit d’une mobylette qui démarre juste derrière moi près du trottoir. Bibi venait de se retourner et il a croisé le regard du conducteur du deux roues ; il a tout de suite compris mais c’était trop tard. Ils m’ont frôlé et le passager a attrapé mon sac, j’ai essayé de résister mais il fut le plus fort. Je crois que j’ai eu peur car quand j’ai rouvert les yeux, les voleurs étaient déjà hors de vue ; il n’y avait que Bibi qui est parti en courant au quart de tour, lançant ses tongs sur le trottoir. Je l’ai vu arrêter une voiture (oui oui, comme dans les films !) et disparaître dans une rue sombre. Je suis restée là au milieu de la rue, pleurnichant et me tenant le bras qui me faisait un peu mal. Bibi est revenu quelques minutes plus tard, terriblement énervé de n’avoir pu rattraper les voyous. Nous avons passé les trois heures suivantes au commissariat de police, à expliquer les détails de l’agression et à faire le compte de ce que nous avions perdu. Dans mon sac il y avait ma pochette de voyage, avec mon passeport (heureusement celui de Bibi était resté on ne sait pourquoi dans la chambre d’hôtel), ma carte bancaire, les copies des billets d’avion électroniques, mes permis e conduire français et international, ainsi que le permis de conduire de Bibi (qui n’aurait pas du se trouver là mais comme on l’avait utilisé la veille pour la location du scooter…). Bref, du lourd, et une belle galère qui commence.

On est jeudi soir, mon bras commence à enfler et prendre une coloration bleu-vert ; il nous faut absolument rentrer demain à la première heure à Kuala Lumpur pour nous rendre à l’ambassade car voyez-vous, alors que nous n’avons pas pris l’avion depuis plusieurs mois, nous sommes sur le point d’entamer un marathon aérien de traversée du Pacifique, et nous sommes censés nous envoler pour Sydney dimanche soir, soit dans 2 jours….inutile de dire que ce ne sera pas possible.

Et voilà comment nous nous retrouvons bloqués dans la capitale pendant une petite semaine, à essayer de régler tous les problèmes administratifs et logistiques qui nous sont tombés dessus sans crier gare. On craignait particulièrement la visite à l’ambassade (vous comprenez, on est vendredi et c’est le week end, ça va prendre du temps….) mais en fait tout s’est très bien passé. La jeune femme qui nous a reçus a été très sympa et est parvenue à me délivrer un passeport d’urgence en 3 jours. Par contre, là où ça a été éprouvant, c’est pour les modifications de billets d’avion. Je vous passe les détails mais on et passé par toutes les phases : l’euphorie de croire que tout s’arrangeait, avant la colère et le désespoir de constater que rien n’était facile et qu’on allait peut être devoir payer près de 1500 euros pour de nouveaux billets (Bibi était fou de rage). Finalement, après 4 jours de stress, qu’on a tenté de combattre en allant au cinéma chaque après midi (il fallait bien qu’on s’occupe), et quelques dizaines d’euros de frais de modification, tout est rentré dans l’ordre et nous avons pu prendre l’avion pour poursuivre l’aventure.

Mon exposé de ces quelques jours de grosse galère ne serait pas complet si je ne mentionnais pas le fait que la guesthouse dans laquelle nous nous sommes retrouvés à Kuala Lumpur était bel et bien infestée de bedbugs, ce qui fait que nous n’avons quasiment pas fermé l’œil pendant près de 36 heures (vous imaginez nos tête et humeur…). Enfin, grâce au dernier Harry Potter, Transformers, et l’Age de Glace nous avons tenu le coup, et tout n’est pas perdu puisque Bibi a bien mérité une petite Playstation portable… ;)

Avec du recul, ce qui nous a le plus handicapé dans cette histoire, c’est le vol de ma carte bancaire, car avec seulement celle de Bibi, nous sommes très limités en terme de retrait de cash, ce qui n’est pas bon quand on s’apprête à passer 10 jours en Polynésie, où la moindre ‘case’ en bambou coûte 30 euros la nuit… mais bon ce genre d’aléa fait partie du voyage et ça nous fait des choses à raconter (quoique j’aurais préféré vous vanter les merveilles de Melacca !).

Ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort… sans rancune pour la Malaisie qui restera une bien belle étape de notre périple.

Quand carte bancaire rime avec galère…

Lundi 6 juillet 2009

14/06/2009

Dernier jour à Bangkok, Youpi !!!

C’est le week-end et nous avons prévu de nous rendre au marché de Chatuchak, dont les quelques 15 000 stands attirent chaque fin de semaine plus de 400 000 visiteurs.

En route pour l’arrêt de bus je constate qu’il ne me reste pas beaucoup de cash ; il me faut retirer de l’argent. Entre temps je vois Bibi qui change de trottoir ; je pense qu’il va se renseigner pour le bus mais je constate qu’il s’approche d’un distributeur de billets. Je le rejoins au moment où il insère sa carte bancaire dans l’appareil. La machine lui demande son code secret. Je lui fais remarquer que ce n’est peut être pas la peine de payer des frais d’opération élevés pour retirer une petite somme (nous quittons la Thaïlande le lendemain..), mieux vaut utiliser un chèque-voyage ou changer les quelques dollars qui me restent de notre dernier passage de frontière. Il décide donc d’annuler l’opération en cours, et de récupérer sa carte. C’est à ce moment que tout bascule….l’appareil ne répond plus.

L’écran affiche la page d’accueil comme si de rien n’était, mais la carte bancaire ne nous est pas restituée. La machine se trouvant à l’entrée d’une guesthouse j’informe la réceptionniste de notre problème. Elle vient constater le dysfonctionnement et me fait l’amabilité d’appeler le n° d’urgence inscrit sur le haut du distributeur.

1er coup de fil : je suis en communication avec une jeune femme très polie qui ne sait visiblement pas quoi dire ni faire. Elle me met en attente et au bout de quelques secondes je peux reéexpliquer mon cas à un jeune homme qui m’écoute attentivement et se confond en excuses mais m’annonce qu’il ne peut absolument rien faire pour m’aider. Il me dit d’appeler ma banque. Ne voyant pas vraiment ce que mon agence bancaire vient faire là-dedans j’insiste pour qu’il se montre un peu plus coopératif, en vain.

Je retourne faire le compte-rendu à Bibi qui a déjà pas mal secoué la machine. Elle est désormais débranchée, et il menace de la balancer au milieu de la rue…

2ème tentative d’appel : je tombe sur un autre jeune homme. Celui-ci ne s’avère pas m’être d’une plus grande aide. Il me répète que pour des raisons de sécurité, il leur est impossible de me rendre ma carte. Je dois selon lui appeler Visa International (alors c’est ma banque ou Visa international, il faudrait savoir ?!!). J’ai beau lui expliquer que ce n’est pas ma carte qui est en cause mais que c’est l’appareil qui est défaillant, y’a rien à faire, il refuse de me trouver une solution.

Je ressors trouver Bibi qui est vert de rage. Il décide de rappeler une troisième fois. Je le vois qui s’excite au téléphone ; je prends le relais et explique que je vais devoir appeler la police s’ils ne se décident pas à se bouger. Les menaces semblent faire de l’effet. Mon interlocuteur me demande de me présenter à la banque dont dépend le distributeur le lendemain matin à 9h. Je lui réponds que ce n’est pas possible car mon avion décolle à 10h et je dois donc quitter l’hôtel à 7h. Finalement voyant que je ne lâcherais pas le morceau, il me passe une autre personne (le manager enfin ?!!!) qui était apparemment déjà au courant de l’affaire et qui, sans me demander quoi que ce soit m’informe qu’une équipe de dépannage sera présente à 14h pour ouvrir la machine.

Moralité : il faut parfois savoir se montrer menaçant quand on a besoin d’aide. C’est vraiment regrettable mais c’est comme ça !

Toujours est-il qu’à 14 heures et quelques minutes, une équipe d’agents de sécurité est arrivée sur place et en deux temps trois mouvements la machine était ouverte et la carte récupérée. Ayant jeté un coup d’œil à leur logbook, ils n’en étaient visiblement pas à leur première intervention de la journée…

Gros soulagement mais ce malheureux contre temps nous a quand même foutu la journée en l’air. Non vraiment Bibi aura du mal à garder un bon souvenir de Bangkok…

Quand déplacement rime avec mauvais plan…

Samedi 30 mai 2009

11-12/05/2009

Rien n’est plus facile que d’organiser un transport à partir de Luang Prabang ; les agences de voyage se comptent par dizaines et chacune d’entre elles détaille ses services sur de grands panneaux postés devant leur bureau. Toutes proposent des prestations similaires. Nous pensions passer au Vietnam par le poste frontière de Dien Bien Phu au nord, mais le trajet même s’il demeure possible, semble un peu compliqué (3 bus différents dont les horaires ne sont pas très précis, bref on risque d’être coincés au milieu de nulle part pendant plusieurs jours). Une autre option consiste à rejoindre directement Hanoï, la capitale vietnamienne mais pour cela il faut d’abord nous rendre à Vientiane, ce qui rajoute une bonne dizaine d’heures de bus. Finalement nous trouvons une alternative qui nous convient : il s’agit d’effectuer en bus V.I.P le trajet Luang Prabang – Vinh (une ville qui se trouve à 200 km au sud de Hanoï). De là nous pourrons prendre un train pour la capitale. Le prix annoncé nous semble relativement raisonnable et la jeune laotienne qui s’occupe de nous nous assure que le voyage dure moins de 13 heures.

Le départ est prévu à 18 heures. Un tuk tuk est censé venir nous chercher à l’hôtel une heure plus tôt pour nous amener à la gare routière.

17h15 : on attend toujours sagement devant la réception. L’agence de voyage étant toute proche je me permets d’aller demander aux agents si le taxi est en route. On me répond simplement « you go and wait at your guesthouse ».

17h30: on n’a pas bougé. Bibi prend le relai ; il passe sa tête par la porte de l’agence et lance à la nonchalante laotienne « no taxi, no bus. If no bus, you buy me a plane ticket, OK ? ». Son intervention semble produire de l’effet; la jeune femme se lève et on la regarde, incrédules, sortir dans la rue et arrêter le premier taxi qui passe pour lui demander de nous conduire à la station de bus.

17h50 : nous voilà à la gare routière. Plusieurs bus sont prêts à partir, dont certains ont fière allure. Malheureusement pour nous ceux-ci sont à destination de Vientiane. On nous conduit derrière le bâtiment principal où nous découvrons un bus qui n’a rien du standard V.I.P annoncé. Pas de climatisation, et les sièges ne s’inclinent presque pas. Pire : l’odeur âcre qui y règne, un mélange de pieds et tabac froid car malgré l’interdiction affichée sur les fenêtres et incessamment répétée par la propriétaire du bus, la plupart des passagers enchaîne cigarette sur cigarette. Pouaaahhhhh !!

18h45 : nous démarrons enfin. Nous sommes relativement mal installés à l’arrière du bus au milieu des bagages des autres passagers. L’assistant chauffeur contrôle nos billets le sourire aux lèvres : il nous explique que nous aurions du venir les acheter directement à la gare routière, cela nous aurait fait faire de belles économies. En effet nous avons payé 230 000 kip/personnes alors que le prix sur place est de seulement 150 000 kip (et nous qui pensions que c’était raisonnable…)

19h00 : notre véhicule est loin d’être un bus V.I.P mais il possède tout de même une télévision. Chouette, nous allons peut être avoir droit à un bon film !! et bien non, même pas car en fait le DVD que l’assistant chauffeur insère dans l’appareil est en fait un DVD audio et nous allons donc devoir supporter des heures durant les abominables clips et chansons d’un équivalent de la Star Ac’….au secours, laissez nous sortir !!!

Nous essayons tant bien que mal de nous reposer une fois la nuit tombée. Bibi ne trouve pas de position confortable et finit par s’installer par terre sur 2 ou 3 sacs, ce qui s’avère ne pas être plus commode pour dormir. La pause dîner que nous attendons impatiemment a finalement lieu vers 3 heures du matin, mais nous sommes trop comateux pour en profiter.

6h00 (le lendemain matin) : le bus s’arrête. Nous voilà peut être arrivés. Que nenni ! Je vous rappelle que nous sommes censés traverser une frontière, or nous n’avons rencontré aucun douanier au cours de la nuit… Le paysage désert que nous découvrons à travers la vitre confirme nos doutes : nous sommes, après près de 12 heures de trajet, seulement à la frontière lao-vietnamienne. On nous fait descendre du bus, bagages compris. Il est tôt, le bureau (une simple baraque) n’est pas encore ouvert. Nous attendons 7h00 tapantes pour obtenir nos tampons de sortie de territoire. Chargés de nos sacs à dos nous nous dirigeons ensuite à pied vers le poste vietnamien, un énorme cube en béton.

8h00 : le bus repart. On a faim… Un des passagers nous explique qu’on en a encore pour 3 heures de trajet avant d’atteindre Vinh, enfin c’est ce qu’on croit comprendre…

11h00 : pause déjeuner, ce qui signifie qu’on n’est pas prêt d’arriver. En fait le type de tout à l’heure voulait dire qu’on arriverait à Vinh à 15h00…on prend notre mal en patience.

14h45 : nouvel arrêt du bus, sur une grande route. On nous fait signe de descendre avec nos sacs. Un autre véhicule nous attend pour nous mener à Vinh.

15h15 : nous voilà enfin à la gare routière de Vinh, après plus de 20 heures de trajet. Nous filons voir les horaires de train pour Hanoï. Malheureusement, le prochain ne part qu’à 20h. Retour à la station de bus où on pousse littéralement dans un mini bus à destination d’Hanoï. A priori le trajet ne devrait pas durer plus de 4 heures car les 320km qui nous séparent de la capitale se font sur une bonne route. La première heure se fait à l’allure de l’escargot ; on s’arrête tous les 500 mètres pour embarquer ou débarquer des passagers. La vitesse ne s’améliore guère par la suite, mais au moins nous profitons d’une pause dîner qui est vraiment la bienvenue car cela fait près de 24h que nos estomacs sont vides.

23h45 : le mini bus nous largue sur le bord d’un périph’. Des dizaines de chauffeurs de taxi nous sautent dessus. Le compteur du taxi défile à une vitesse hallucinante. On n’a pas parcouru 2 km que déjà il affiche plus de 100 000 dong, soit le prix du bus Vinh-Hanoï ; il y a un truc qui cloche ! Je demande au chauffeur pourquoi le prix est si élevé ; il fait mine de ne rien comprendre. J’insiste, il sort son téléphone portable et me passe son boss qui ne parle pas un mot d’anglais….je commence à m’énerver, et Bibi s’y colle, sans grand succès. On demande finalement au chauffeur de nous arrêter et par chance on se trouve devant un hôtel. Nous sommes encore à quelques km du centre ville mais nous n’avons pas le courage d’aller plus loin ce soir. La chambre est à 40$/la nuit, c’est au-dessus de notre budget mais tant pis, on est crevé. On a besoin d’une bonne douche et d’un gros dodo…