Rev’olution

Tombe l’eau à Iguaçu

7 décembre 2009

28-29/10/2009

Les experts en géographie auront sûrement remarqué la liberté que j’ai prise de classer les chutes dans le dossier ‘Argentine’ ; il me faut préciser que les chutes se situent à la frontière entre le Brésil et l’Argentine et qu’il est donc possible de visiter les 2 côtés du site, ce que nous avons fait, bien sûr. Mais nous avons passé plus de temps du côté argentin, qui nous a d’ailleurs semblé bien plus impressionnant, voilà pourquoi j’ai décidé que cet article serait argentin.

vue-densemble

Visiter les chutes d’Iguaçu, c’est comme assister à un spectacle dans un amphithéâtre composé de 275 chutes d’eau d’environ 80 mètres de haut. Le bruit est assourdissant, et on est constamment recouvert d’une fine couche de gouttelettes d’eau. La légende locale veut que le site soit la création d’un dieu de la forêt, rendu jaloux par la fuite en canoë d’un guerrier avec la jeune fille dont il était amoureux. Le dieu fit en sorte que le lit de la rivière s’effondre devant l’embarcation des fugitifs, les précipitant ainsi vers une mort certaine, à plusieurs dizaines de mètres en contrebas. La jeune fille se serait transformée en rocher, tandis que son amant veille sur elle non loin de là, réincarné en arbre. L’explication géologique est évidemment moins romantique : il s’agit simplement de la dépression subite du plateau basaltique que parcourt le fleuve Iguaçu ; avant de plonger, le fleuve se divise en plusieurs branches, créant ainsi les différentes cascades.

coati1

Si je devais écrire un guide touristique, je conseillerais aux éventuels touristes de commencer la visite par le côté brésilien. Il procure une belle vue d’ensemble des chutes. Le petit sentier que l’on peut rapidement parcourir à pied a été tracé de telle sorte qu’on dispose toujours d’un remarquable panorama sur ce qui se passe de l’autre côté, en Argentine (y compris les hordes de toursites). En balayant l’horizon de gauche à droite notre regard croise ainsi des dizaines de chutes d’eau plus hautes ou plus puissantes les unes que les autres. Le chemin prend fin en apothéose non loin de la fameuse ‘gorge du diable’. On peut également observer les nombreux bateaux pneumatiques qui emmènent des touristes en mal de sensations fortes au pied des chutes.

cote-bresilien1

Les choses sérieuses ont toutefois lieu du côté argentin, où les infrastructures ont été pensées comme pour un grand parc d’attractions. Un petit train effectue continuellement le tour du parc, faisant halte dans différentes stations d’où partent des sentiers balisés. Promenade à travers des bosquets pour admirer la faune et la flore locales, ou passerelles de bois menant au pied des chutes, il y en a pour tous les goûts.

les-chutes-vues-den-haut

Le chemin le plus emprunté est celui qui aboutit en surplomb de la ‘Gorge du diable’. Là, cheveux au vent et visage humidifié par l’eau des chutes que le vent leur renvoie, des centaines de touristes affluent et prennent la pose afin d’immortaliser le lieu et l’instant.

la-gorge-du-diable

Une telle merveille en guise d’introduction à l’Argentine, notre dernière grosse étape du voyage s’annonce prometteuse. Un seul bémol : le coût de la vie. Plusieurs personnes nous avaient dit que le pays était de moins en moins cher, mais finalement nous ne voyons pas trop la différence avec le Brésil. Mise à part la viande achetée au supermarché (l’énorme steak de 500gr pour moins d’un euro, c’est bien vrai !), le logement et les restos nous semblent particulièrement onéreux. Nous espérons secrètement que cela est spécifique à la ville de Puerto Iguaçu mais allons malheureusement vite nous rendre compte que c’est partout pareil….Les Argentins ne sont pas dupes ; les touristes ici n’ont pas le même profil qu’en Bolivie ; ils disposent d’un budget bien plus élevé, alors pourquoi maintenir des bas prix quand la majorité des visiteurs peuvent se permettre des chambres d’hôtels à 50 euros et des restos à 25€ ??!! Nous modifions donc nos habitudes et prenons désormais des chambres dans des auberges avec cuisine à disposition des occupants. Et c’est parti pour un mois de steak/frites ou steak/pâtes !!! Bibi est aux anges !

ca-mouille

on-y-etait

Ecole du monde n°9: quizz animaux, spécial Pantanal

7 décembre 2009

Comme précédemment les réponses se trouvent au bas de l’article.

bon quizz!!

1) 1) Mon nom signifie ‘petit armuré’, en référence à ma carapace composée de bandes osseuses recouvertes de corne.

J’ai une très mauvaise vue, mais je me sers essentiellement de mes grandes griffes afin de creuser mon terrier et de me nourrir d’insectes.

Afin de me protéger des éventuels prédateurs j’utilise différentes techniques comme me rouler en boule, creuser un trou pour m’y cacher, et même parfois bondir droit en l’air ( ?!)

Je peux nager, à condition de remplir d’air mon estomac et mes intestins, et ce pour ne pas couler car ma carapace est bien lourde.

Ma carapace est utilisée dans certains pays d’Amérique du Sud pour fabriquer des charangos, instruments de musique à cordes.

Qui suis-je ?

2) 2) Je suis sans aucun doute un des plus beaux oiseaux du monde.

Je m’apprivoise assez facilement et ai pour cette raison été la star de plusieurs spots publicitaires.

Bien qu’impressionnant mon bec est léger car creux ; il me sert notamment à attraper ma nourriture (fruits, graines, insectes…) que je projette en l’air d’un coup de tête afin de la happer.

Je ne suis pas très doué pour le vol ; je préfère planer.

On m’appelle souvent ‘le clown des forêts’ car je ne sais pas rester en place et je suis généralement très bruyant.

Qui suis-je ?

3) 3) Je suis le plus gros rongeur du monde, dépassant 1 mètre de long et pouvant peser jusqu’à 65 kg.

On ne me trouve qu’en Amérique du Sud. Mon nom signifie « seigneur des herbes » en langue des indiens Guaranis.

Je suis un excellent nageur et plongeur ; d’ailleurs je me jette à l’eau dès que je me sens menacé.

Tout comme les hippopotames je parcours de longues distances sous l’eau en utilisant mes pattes légèrement palmées pour piétiner le fond. Je remonte respirer au ras de l’eau, ne laissant que mes yeux, mes petites oreilles et mes narines dépasser.

Qui suis-je ?

4) 4) Je suis un poisson d’eau douce vivant dans les rivières d’Amérique du Sud.

Je me déplace exclusivement en banc de très nombreux individus.

Je mesure 15 à 25 cm en moyenne.

J’ai un goût prononcé pour la viande, notamment celle des poissons emprisonnés dans les filets de pêche.

Je peux détecter la présence d’une goutte de sang dans l’eau à plusieurs dizaines de mètres.

Qui suis-je ?

5) 5) En fait, le plus bel oiseau du monde, c’est moi. Je suis malheureusement menacé d’extinction à l’état sauvage.

Je suis très sociable, intelligent, et affectueux mais la puissance de mes cris et mon grand besoin d’espace rend ma maintenance difficile.

Je vis jusqu’à 75 ans, voire même plus.

Qui suis-je ?

6)6) Je suis un petit mammifère carnivore vivant essentiellement dans les forêts d’Amérique du Sud.

J’ai le museau pointu terminé par une trompe mobile, et une longue queue annelée. Mon nom signifie d’ailleurs « nez allongé » dans la langue des Indiens Guaranis.

Je suis à la fois diurne et nocturne (je vis et me déplace durant la journée mais également la nuit).

Je suis omnivore (je mange de tout : fruits, insectes, graines, petites souris…)

J’ai l’air sympathique mais il ne faut pas se fier aux apparences, je peux facilement devenir agressif, mordre et griffer.

Réponses:

1) L’armadillo est utilisé dans la recherche médicale, notamment concernant l’étude de la lèpre car l’animal est un des rares à développer systématiquement la maladie ; cela est du à sa faible température corporelle qui crée un environnement particulièrement propice au développement de la bactérie.

armadillo1

2) Malgré ses couleurs vives, le toucan se confond facilement dans son environnement. Endormi, il passe totalement inaperçu en tournant la tête, plaçant son bec sur son dos et le recouvrant de sa queue. Vous vous souvenez des batailles de petits pois à la cantine ? et bien le toucan fait un peu pareil en organisant parfois des batailles de fruits ! Le lancement de baies fait également partie de la parade nuptiale…

toucan

3) Le capybara fonde sa survie sur une étonnante cohésion sociale : il n’est pas rare que, dans un groupe formé d’une vingtaine d’animaux (3 à 4 mâles, 6 à 8 femelles et les jeunes), les jeunes d’âges divers soient confiés à l’un des adultes, mâle ou femelle. Ce « jardin d’enfants » permet aux parents de se baigner, de se nourrir ou de s’enduire de boue sans trop de risques pour leur progéniture. Il est aussi admis qu’une femelle allaitante se laisse téter par tous les petits du même groupe.

capybara1

4) Contrairement à ce qu’en dit la légende, ils ne s’attaquent pas systématiquement aux hommes vivants, mais seulement en présence de sang dans l’eau. Le seul cas attesté d’attaque d’hommes vivants date de 1870 ; des soldats brésiliens blessés et couverts de sang essayaient de traverser un fleuve.

piranha1

5) le ara.

ara1

6) Les coatis sont de bons grimpeurs, ils se déplacent aisément dans les arbres. Ils sont capables d’inverser la position de leurs pieds par rotation de leurs chevilles, ce qui facilite la descente de l’arbre avec la tête en bas.

coati

Au paradis des animaux

5 décembre 2009

24-27/10/2009

Le Pantanal est une zone qui couvre près de 230 000 km², qui s’étend à la Bolivie et au Paraguay, la part du lion revenant cependant au centre ouest brésilien. Il s’agit de la principale attraction écologique du Brésil. S’il fallait le décrire en quelques mots, je dirais que c’est un paradis naturel ; si je n’avais droit qu’à deux adjectifs, je choisirais sans hésiter : chaud et humide. Les conditions climatiques de la région sont idéales pour les animaux qui foisonnent dans les zones marécageuses. Mais quand on appartient à l’espèce humaine, c’est nettement moins drôle, notamment en raison des moustiques qui ne vous laisse pas une seconde de répit. A ce sujet, une petite question à laquelle nous n’avons pas réellement trouvé de réponse : doit-on appliquer l’anti moustique avant la crème solaire, ou vice versa ?

pantanal-bresilien

Il est relativement difficile d’organiser un séjour au Pantanal de façon indépendante (surtout si on ne dispose pas de son propre moyen de locomotion). Nous sommes donc contraints de passer par une agence. Notre port d’entrée étant la petite ville de Corumba, notre choix est vite fait car il n’existe ici qu’une seule agence proposant ce genre d’excursion. Par chance la femme du gérant est d’origine suisse et parle un français impeccable (impossible de comprendre un mot de portugais, surtout avec l’intonation particulière de cette langue – à la fois chantante et nonchalante ).

Après quelques explications c’est décidé, nous partons 3 jours, dans une fazenda comme ils disent ici (grande propriété privée). Deux options s’offrent à nous : le séjour en pousada (lodge) ou en camping. Pour des raisons financières nous choisissons la seconde et ne le regretterons pas. Le lodge ressemble à un vulgaire motel (succession de chambres, bâtiments en béton, peints en blanc et bleu (du bleu au milieu de la nature ? étonnant choix de couleur….). Le camping s’avère être une grande et belle structure en bois, presque totalement ouverte sur l’extérieur. A l’étage se trouve une grande pièce où pend une vingtaine de hamacs. Le rez-de-chaussée abrite la cuisine et la salle à manger. Le tout se situe en pleine nature, au bord d’une petite rivière. Les gérants de la fazenda, un couple mixte, sont très accueillants et nous mettent immédiatement à l’aise. Bibi constate rapidement et avec une immense joie que la cuisinière est excellente et que ses portions sont fort généreuses.

des-caimans-par-dizaines

Diverses activités sont prévues chaque jour, afin de profiter un maximum des richesses qui nous entourent. Nous démarrons le premier jour avec une longue marche dans forêt, au cours de laquelle notre guide partage largement avec nous sa connaissance de la faune et de la flore locales. Ce premier contact avec la nature nous fait prendre conscience de la voracité des moustiques locaux. L’après midi, c’est une balade à cheval qui est prévue. Ceux qui connaissent un peu Bibi savent que suite à 2 malheureuses expériences dans le domaine (une alors qu’il était encore tout jeune, et l’autre il y a quelques années dans le désert tchadien) il est plus que méfiant vis-à-vis des équidés. J’ai beau lui expliquer que les purs-sangs arabes se font rares dans la région, il n’est pas très fier. Finalement, après plus d’une heure de promenade à un rythme plus que ‘pépère’ il est réconcilié avec ce genre de monture et aimerait même pouvoir accélérer la cadence ; Bibi est en fait un vrai ‘gaucho’ dans l’âme ; il rêve de longues journées à galoper dans la pampa, accompagné de ses fidèles chiens, afin de rassembler et guider les troupeaux…

biche

Le second jour est celui de l’attraction phare du séjour : le safari. Nous embarquons à l’aube dans un petit camion débâché et partons parcourir la région. Les yeux et les oreilles grands ouverts nous roulons des heures durant à la recherche des différentes espèces typiques de la région. La faune est si dense par ici que nos efforts sont sans cesse récompensés. A peine finit-on d’observer un spécimen à gauche qu’un autre se présente à droite. Je n’ai pas fait l’inventaire complet de tout ce que nous avons vu ce jour, mais en vrac, voici quelques unes des bêtes que nous avons pu voir de très près : chouettes, hérons, marabouts (grands échassiers au large bec), aras bleus (endémiques à la région parait-il, et si beaux !), des centaines de caïmans, des armadillos très peureux, des biches, des ouatis, des capibaras par dizaines, et last but not least….deux fourmiliers qui d’habitude se font bien rares (veinards que nous sommes !). Par contre, malgré une inspection poussée des zones particulièrement marécageuses, nous n’avons pas trouvé d’anaconda…ce sera peut être pour la prochaine fois !

marabout

capybara

Le dernier jour est placé sous le signe de l’eau, non seulement parce que nous aurons quelques gouttes de pluie, mais également car notre programme consiste en une balade en bateau et une séance de pêche au piranha. Je ne sais pourquoi je m’attendais à de plus gros poissons que ça ! Ceci dit, je n’aimerais pas que leur mâchoire se referme sur mon mollet ! Nous avons bénéficié de la chance des débutants car notre petit groupe a attrapé en quelques heures plus d’une douzaine de spécimen….ce soir, ce sera poisson au menu !

au-fil-de-leau

nature

Notre séjour au Pantanal prend fin ; ce fut court. D’autres endroits de la région retiennent notre attention, mais on ne peut pas tout faire en une seule fois, et après tout c’est bien mieux comme ça ! On hésite à faire un tour par Bonito et ses eaux cristallines où l’on peut nager en compagnie de centaines de poissons… Nous garderons en tout cas un excellent souvenir de ces quelques jours ‘nature’ durant lesquels nous avons de plus fait connaissance avec des gens forts sympathiques.

ara

Les plaines de l’Est bolivien

5 décembre 2009

16-22/10/2009

du-vert-du-vertet-un-peu-de-rouge2

Nous apprenons avec étonnement que Santa Cruz est la plus grande ville du pays (1,5 millions d’habitants, c’est légèrement plus que La Paz). En tout cas, cela n’y parait pas ; les rues sont tranquilles et on n’aperçoit aucun gratte-ciel. Mais Santa Cruz, c’est surtout la ville la plus prospère du pays, et ça par contre, cela se voit : les boutiques de prêt à porter se suivent les unes les autres (très peu de femmes en chapeau melon et épais jupon par ici) et les belles voitures sont légion. Le boom économique a été amorcé au milieu des années 50, date de l’ouverture du principal axe commercial à l’Est vers le Brésil (et de la découverte de réserves de pétrole dans la région) et n’a pas faibli depuis. Inutile de préciser que les lois récemment promulguées par Evo Morales concernant la redistribution et la nationalisation des terres ne sont pas populaires par ici. Cette croissance économique continue explique par ailleurs largement le ‘oui’ clairement exprimé par les Cruceños (habitants de Santa Cruz) lors du référendum sur l’autonomie régionale.

D’un point de vue ‘touristique’, Santa Cruz n’a que peu d’intérêt, si ce n’est quelques plaisants restaurants et une agréable place centrale où il fait bon flâner. L’atmosphère y est particulièrement tropicale, mêlant arbres, bancs, et fontaines, le tout entouré de beaux bâtiments. Il paraît même qu’une famille de paresseux y avait élu domicile jusqu’à il y a peu de temps…

Mais qu’est ce qu’on est venu faire par ici, me direz-vous ? Et bien sachez que, bien que peu visitée par les touristes, la région de Santa Cruz offre tout de même quelques belles opportunités de séjours ‘Nature et Culture’.

region-de-samaipata4

A quelques heures de là se trouve un vrai petit paradis. Samaipata est un village qui porte magnifiquement bien son nom: « repos dans les hauts plateaux » en langue quechua. Quoi ? A peine avons-nous quitté les sommets enneigés qu’on en redemande ? Pas vraiment, car Samaipata n’est qu’à 1600 mètres d’altitude. Le village est tout petit, mais rien ne manque : charmantes guesthouses, excellents restos à l’ambiance relax, boulangerie française, marché dominical coloré… le tout perdu dans la verdure. Les environs se prêtent particulièrement bien à de petites randonnées/pique nique.

marche-dominical-samaipata1

rue-samaipata

Un lieu intrigant, connu sous le nom d’El Fuerte, situé à une dizaine de km, attire quelques touristes. A priori ce site inscrit au patrimoine UNESCO n’a rien de fascinant. Il s’agit d’un très gros rocher situé au sommet d’une colline.

el-fuerte

Pourtant l’histoire, les vestiges laissés par le temps, et le mystère entourant ses origines font d’El Fuerte un lieu remarquable. Le nom d’El Fuerte (la forteresse en espagnol) remonte à l’époque des premiers conquérants qui ont utilisé le lieu pour se défendre mais également comme principal centre de commerce avec le Paraguay et le Pérou voisins. Cependant, les quelques datations au carbone 14 réalisées indiquent que le lieu était déjà opérationnel aux environ de 1500 av. J.C. La dalle de pierre, longue de plus de 200m, pour 60m de large revêt probablement une signification religieuse. D’étranges canaux et trous creusés dans la roche ont donné lieu aux interprétations les plus farfelues : là où certains y voyaient les preuves de la présence d’orpailleurs, d’autres pensaient voir les traces d’atterrissage de soucoupes volantes !! Il s’agit plutôt de sièges, tables, garde-manger, réservoirs, niches, bassins et canalisations qui auraient servi lors de cérémonies.

el-fuerte-detail-sculptures

Tout autour, les ruines de plus de 500 habitations ont été mises à jour, confortant l’hypothèse qu’El Fuerte fut à la fois un centre rituel et administratif.

niches-el-fuerte

Autre spécificité de la région que certains d’entre vous connaissent si vous avez vu le film ‘La Mission’ avec Robert de Niro (primé à Cannes s’il vous plaît). Il s’agit de l’arrivée et l’implantation de missionnaires jésuites dans la région. Les Jésuites arrivèrent du Paraguay où ils avaient fondé un Etat religieux autonome. De là ils s’aventuraient dans les contrées voisines encore non explorées par les Européens. Ces régions étaient alors peuplées de tribus autochtones.

clocher

Contrairement à ce qu’on pourrait croire, les missions étaient des modèles de vie communautaire entre les jésuites et les populations locales, directement inspirés des cités idéales des philosophes du XVIème siècle. Quelques jésuites dirigeaient une unité de population appelée reduccion, à laquelle était affectée une unité militaire autonome. Chaque communauté était administrée conjointement par quelques prêtres et un conseil de 8 Indiens représentant des tribus différentes (un rare exemple de partage du pouvoir à cette époque !) ; tout ce beau monde se réunissait quotidiennement afin de suivre l’évolution de la mission. Les Indiens n’étaient jamais contraints à adhérer à ce système (remarquer, c’était cela où l’esclavage chez les autres Européens, alors le choix était vite fait…).

colonnes

Les missionnaires jésuites furent probablement les seuls étrangers de l’époque coloniale à tenter un rapprochement entre leur culture et celle des peuples indigènes. En dehors de leur mission économique et religieuse, ils enseignèrent aux Indiens l’élevage et les techniques agricoles européennes, et le travail du tissu, de l’argent et du bois (notamment des instruments de musique !). En retour, les Indiens aidèrent les missionnaires à se faire à leur nouvel environnement tropical. Mais la puissance grandissante des Jésuites finit par causer leur perte. A cette époque, les relations entre l’Eglise et les monarchies européennes n’étaient plus au beau fixe, et lorsque les Espagnols d’Amérique latine prirent conscience de l’influence jésuite dans cette région et surtout de l’étendue de ses richesses, ils accusèrent les religieux d’avoir usurpé le pouvoir de l’Etat. Prises entre les feux croisés de l’armée, les missions se révélèrent des proies faciles pour les Espagnols. En 1767, elles furent dissoutes et le roi Charles III signa l’ordre d’expulsion entraînant leur renvoi du continent. Un bien beau gâchis car les Espagnols ne tardèrent pas à abandonner ces communautés réalisant qu’elles ne leur fourniraient pas suffisamment de main d’œuvre (lire esclaves) pour exploiter les mines d’argent de Potosi…

mission-de-san-jose-de-chiquitos

De cette époque il ne reste que quelques missions qui ont bénéficié d’importants travaux de restauration au cours des dernières décennies. Les touristes intéressés par le sujet peuvent donc désormais effectuer le circuit des missions qui les mène à travers une demi-douzaine de petits villages qui tous possèdent de sublimes églises. N’étant pas passionnés de la question, nous nous sommes contentés d’une seule visite, celle de la mission de San José de Chiquitos : de très beaux bâtiments en pierre, et un intérieur faisant preuve d’une remarquable maîtrise du travail du bois, le tout agrémenté d’impressionnantes peintures murales.

interieur-de-la-mission-de-san-jose

La région de Santa Cruz est notre dernière étape bolivienne ; nous prenons à présent le fameux ‘train de la mort’ (doit son nom à sa vétusté, sa lenteur, son bruit, et l’état des rails qui laisse à désirer) en direction de la frontière brésilienne pour un véritable bain de faune et flore typiques du Pantanal.

mission-de-san-jose-detail-interieur

Mais je ne peux clore cet article sans vous parler d’une autre particularité étonnante de la région des plaines de l’Est : les communautés mennonites. Le mouvement religieux mennonite est apparu en Suisse vers 1520, sous l’influence de professeurs de théologie qui considéraient que la réforme protestante alors menée par Luther était trop lente et trop timorée. Au même moment un mouvement parallèle fut créé aux Pays Bas autour de Menno Simons (d’où le nom ‘mennonites’). Refusant le baptême des enfants (au profit du seul baptême des adultes comme profession de foi), l’usage des armes (et donc le service militaire), certains impôts, la mainmise de l’Etat sur l’Eglise, et le progrès technique, les mennonites ont fait l’objet, dès leur apparition, de persécutions politiques et religieuses, ce qui les poussa à fuir vers l’Est (Pologne, Russie) et même à traverser l’Atlantique pour trouver refuge aux Etats Unis et au Canada. Leur refus de parler la langue officielle du pays qui les accueille les a souvent contraints à poursuivre leur exil vers l’Amérique du Sud et le continent africain.

C’est donc ainsi que je rencontrais mes premiers mennonites sur le quai de la gare de Santa Cruz. Au milieu de la foule indienne se tenait un grand blond en salopette de toile denim et chemise à carreaux. A ses côtés, ses 2 jeunes fils, répliques miniatures de leur père (même coupe, mêmes vêtements). D’autres groupes semblables étaient visibles par ci par là. Les femmes faisaient peine à voir ; faisant bien plus que leur âge, elles portaient toutes la même robe longue à motif fleuri, d’épais bas et des sandales de bonnes sœurs. L’analyse du cas des mennonites nous occupa une bonne partie du trajet en train : sont-ils conscients que tout le monde les observe bizarrement ? les jeunes n’ont-ils pas envie de s’évader un peu, de jouer aux jeux vidéos, d’aller à des concerts, de conduire une belle voiture de sport ? est-ce qu’une charrette tirée par un cheval les attend à leur dernière station (la réponse est oui) ? que doivent-ils penser de nous ? n’y aurait(il pas de la consanguinité chez eux, à force de vivre isolés du reste du monde ? Bref, c’est ainsi que nous nous sommes intéressés à eux au point d’effectuer des recherches sur internet pour en apprendre davantage sur leur mode de vie. Sachez donc que les Mennonites parlent une langue héritée du bas-allemand (plattdeutsch pour les initiés) et écrivent en allemand standard, qui est également la langue utilisée dans leurs ‘écoles’. J’écris ‘écoles’ car en fait les seuls manuels scolaires sont l’Ancien et le Nouveau Testament (en allemand), alors peut-on vraiment parler d’école ? Ils se consacrent généralement à l’agriculture et ont créé leurs propres banques, hôpitaux, … voilà donc une étrange rencontre, qui éveilla notre curiosité et loin de nous l’idée de les juger car après tout, ils ne font de mal à personne et semblent en bons termes avec les populations locales.

Je termine avec quelques anecdotes les concernant qui nous ont fait sourire : la plupart des communautés sont regroupées dans la Conférence Mennonite Mondiale dont le siège est à….je vous laisse deviner……Strasbourg ! (je vais donc facilement pouvoir poursuivre mes recherches une fois rentrée à la maison !). Le second pays comptant le plus grand nombre de membres est…….je vous le donne en mille….le Congo Kinshasa !!! (ils doivent être bien cachés car nous on ne les a jamais vus).

Bibi aurait bien tenté une immersion en pays mennonite afin d’en faire un reportage photo, mais notre emploi du temps ne nous l’a pas permis; je vous recommande donc d’aller jeter un coup d’œil sur ce site si ce paragraphe à éveiller votre curiosité…

http://www.jordibusque.com/stories/MennoBolivia/01.html

Voilà qui clôt le chapitre ‘Bolivie’ de notre voyage. Nous laissons derrière nous les clichés de l’Amérique du Sud (lamas, chapeaux melons et larges jupons…) pour renouer progressivement avec le mode de vie à l’occidentale, dans nos deux derniers pays-étapes : le Brésil et l’Argentine.

qui-saura-trouver-la-tete-dindien

Voyage au cœur de l’empire inca…

17 novembre 2009

Cuzco fut la capitale de l’empire inca du XIème siècle jusqu’à 1533, date de l’invasion des Conquistadors qui détruisirent une grande partie de ville. La ville conserva son influence quelques temps encore, grâce notamment à son statut de carrefour sur l’axe économique transandin, mais son importance déclina rapidement par la suite, au profit d’Arequipa et Lima. La découverte du splendide site du Machu Picchu en 1911 réorienta les projecteurs vers elle et en fit la véritable capitale touristique du Pérou.

La ville propose un très beau mélange architectural, alliant vestiges de l’ère inca et imposantes constructions ordonnées par les conquistadors. Ces derniers se sont semble-t-il donné beaucoup de mal à tenter d’effacer les traces du passé. La très belle Plaza de Armas se dresse sur un ancien lieu cérémonial. L’endroit a été totalement modifié par les Espagnols qui édifièrent en lieu et place d’un palais inca une très belle cathédrale ainsi que des bâtiments en arcades de pierre. De nombreux autres églises et couvents de styles variés sont visibles dans le quartier central.

sur-la-plaza-de-armas-cuzco

Un peu plus loin sur les hauteurs on découvre le quartier de San Blas, un des plus pittoresques de la ville avec ses nombreuses maisons coloniales aux murs blancs et fenêtres bleues. C’est également un lieu prisé des artisans ; il est donc très agréable de parcourir ses rues étroites et pentues.

maison-coloniale-cuzco

La plupart des complexes de ruines se situent à quelques kilomètres à l’extérieur de la ville, mais certains murs de l’ancien palais inca demeurent quasiment intacts et témoignent du remarquable talent que les autochtones avaient pour la construction de ces énormes parois de pierre : sans mortier et avec un ajustement parfait des pierres. Dans un petit passage réservé aux piétons, la pierre aux 12 angles est devenue célèbre auprès des touristes.

mur-inca-cuzco

Je suis certaine que la ville de Cuzco avait encore des dizaines d’autres sites digne d’intérêt à nous proposer mais il faut reconnaître que nous étions essentiellement absorbés par l’organisation (quelque peu complexe) de la visite du Machu Picchu (à tel point que nous avons failli abandonner l’idée d’y mettre un jour les pieds….si…si).

Je m’explique : le Machu Picchu s’élève au-dessus de la petite ville d’Agua Calientes dans laquelle les touristes se rendent généralement en prenant bus et train. Un billet aller-retour revient à environ 100 USD par personne ; à cela il convient bien sûr d’ajouter le prix d’entrer du site, soit 40 USD. Et je vous fais grâce du prix de la nuit d’hôtel à Agua Calientes….bref, pas besoin d’être un génie en maths pour comprendre que cette excursion ne colle pas du tout avec notre budget de 50-60 euro par jour pour nous deux… nous faut-il donc renoncer à visiter un des lieux qui hantent mes rêves depuis de longues années ??? et bien non, car après quelques recherches nous réalisons qu’il existe différentes façons de rejoindre le Machu Picchu. Sportifs et aventuriers dans l’âme, nous optons pour un trek de 5 jours autour du pic du Salkantay. Au programme donc, 4 jours de marche (intense) pour terminer en beauté par la citadelle inca. Cela peut paraître incroyable mais oui, 5 jours de marche avec guide, nuits sous tente, mules pour porter les sacs, 3 repas par jour, frais d’admission sur le site et retour en train/bus, cela nous revient bien moins cher ! Pas besoin de réfléchir très longtemps, on signe illico presto et nous voilà embarqués dans une mémorable aventure de plein air.

petite-pause-au-soleil

Je me suis pas mal renseignée par internet sur ce genre d’excursions et ce que j’y ai trouvé n’était pas très rassurant. Beaucoup d’arnaques et donc beaucoup de plaintes de la part des touristes. Certains récits virent même au cauchemar avec des lacunes inacceptables de la part des agences organisatrices (style pas assez de tentes ou sacs de couchage pour tout le monde, pas assez de nourriture, pas de ticket de train pour rentrer, etc, etc….). Dans le bus qui nous amène au point de départ de cette longue randonnée, on espère en silence que les galères se feront discrètes au cours des prochains jours.

Ça commence pourtant plutôt mal lorsque, sortis du bus, on se rend compte qu’on fait partie d’un groupe de 19 personnes, alors qu’à l’agence on nous avait assurés (idem pour les autres) qu’on ne serait pas plus de 10 personnes. Ce n’est pas bien grave et après tout plus on est de fous, plus on rit, mais je ne peux m’empêcher de me demander s’il va falloir se battre pour avoir une tente ce soir….

salkantay-jour-1

Le trajet est plus long que ce qu’on s’imaginait et ce n’est qu’après plus de 7 heures de marche qu’on atteint le camp où nous passerons la nuit. Les deux jeunes guides ont bien du mal à s’adapter aux différents rythmes des marcheurs et les plus lents sont presque abandonnés en queue de peloton.

Les repas sont bons et en quantité suffisante et les tentes en bon état. Ouf ! et d’ailleurs autant rompre le suspens tout de suite, nous ne connaîtrons pas de galère d’ici la fin du trek (tant mieux !). On peut donc pleinement profiter de ces quelques jours de marche dans un cadre naturel absolument magnifique.

mule

Le second jour fut particulièrement éprouvant physiquement, mais si les muscles des membres inférieurs ont souffert, ceux des yeux se sont régalés et ne savaient plus où donner de la tête. La matinée, nous n’avons fait que grimper des pentes très raides pour atteindre le point culminant de notre trek, à 4600 mètres, avec un panorama époustouflant sur le Salkantay (6271m). L’après midi commençait la descente vertigineuse vers la vallée sacrée (qui allait durer deux jours encore). Nous quittons les pentes enneigées pour pénétrer progressivement dans une végétation de type tropical, c’est très chouette ! Nous passons la seconde nuit dans un charmant petit campement situé à flanc de falaise avec vue sur la vallée au-dessous de nous, c’est magique !

jour-2-au-sommet

Le lendemain, on rechausse nos chaussures de marche pour poursuivre la descente dans le fond de la vallée. On termine la journée relativement épuisés dans la petite bourgade de Santa Teresa, qui ne présente absolument aucun intérêt si ce n’est les sources thermales situées à quelques kilomètres de là, et qui sont une vraie bénédiction pour nos muscles endoloris.

salkantay-jour-3

4ème et avant dernier jour : on longe quelques heures durant la rivière Urubamba sur un sentier très poussiéreux, avant de rejoindre une centrale hydroélectrique où nous nous arrêtons pour le déjeuner. Là, un malheureux survient qui met un coup au moral de certains d’entre nous. Alors que nous attendions sagement nos assiettes de soupe, Carlos, un brésilien costaud a entrepris pour s’amuser de faire des bras de fer avec les autres gros bras du groupe. Après s’être mesuré à un des deux guides, il défie Garry, un anglais très sympa (et apparemment moins baraqué que lui) à ce jeu. Je ne les voyais pas de là où je me tenais, mais j’ai entendu le bruit…un bruit sec, très fort. Et puis j’ai vu une des filles du groupe arriver près de moi, le visage très pâle. Elle me demande : « tu as vu ce qui s’est passé ? – Non, quoi ? – il lui a cassé le bras….Garry a cassé le bras de Carlos ! ». quand j’écrivais plus haut que nous n’avons pas eu de galère pendant le trek, je voulais dire, nous, Bibi et moi…pas les guides, parce que se retrouver au milieu de nulle part, avec un touriste qui vient de se casser le bras, ce n’est pas très cool. Heureusement pour Carlos, le chantier en cours dans la centrale hydro électrique fait qu’il y a de nombreux ouvriers et baraquements. Bibi a la présence d’esprit de faire remarquer qu’il y a sûrement un médecin sur le site. Il avait raison. En moins de temps qu’il ne faut pour le dire, Carlos reçoit une bonne dose de morphine et est envoyé en taxi vers Agua Calientes d’où il prendra le train pour rentrer à Cuzco. Pas de chance pour lui et ses deux amis qui ne verront pas le Machu Picchu ce coup-ci…

salkantay-jour-4

Après toutes ces émotions, nous reprenons notre route. Nous longeons pendant plusieurs heures la voie ferrée (en fait on marche carrément dessus et ce n’est pas marrant du tout). On arrive enfin dans la charmante petite ville d’Agua Calientes en fin d’après midi où un bon repas chaud nous attend. Pas trop le temps de faire la fête ce soir car demain matin il faut se lever tôt pour monter jusqu’à l’entrée du site.

brume-machu-picchu

Nous démarrons à 4h30, à grand renfort de lampes frontales et ponchos, car évidemment il fait noir et il pleut. Nous grimpons pendant une bonne heure et arrivons devant les guichets un peu avant l’ouverture. Nous ne sommes pas les premiers. En fait il y les ruines à visiter, mais on peut également monter au sommet d’un gros rocher qu’on voit sur toutes les photos et qui se trouvent à l’arrière du site. Il s’agit du Huayna Picchu, mais seuls les 200 ou 300 premiers visiteurs reçoivent un droit d’admission à ce site. Pour l’instant il pleut toujours et on ne voit pas grand-chose ; on ne voit pas trop l’intérêt de se taper encore une heure de grimpette pour nous retrouver dans le brouillard… on espère que le temps va s’améliorer, mais malheureusement ce n’est pas le cas.

vue-densemble

Nous participons à une visite guidée plus que médiocre qui était également incluse dans notre ‘package’, et durant laquelle nous n’apprenons rien de particulier sur l’histoire du site. La balade au milieu des ruines est tout de même très chouette. Je regrette un peu de ne pas m’être davantage documentée sur la civilisation inca pour mieux comprendre l’importance et la signification de ce fabuleux site.

detail

detail-fenetre

Entouka, ce qui fait la vraie beauté du Machu Picchu, ce sont surtout les montagnes environnantes, et cela on peut en profiter, malgré la brume qui s’incruste. En fin de matinée les nuages se dispersent et un rayon de soleil traverse le site ; c’est vraiment superbe, mais malheureusement l’éclaircie ne dure pas. Cela fait longtemps que nous sommes là, il fait froid et humide, et les snacks sont hors de prix. On décide donc de redescendre à Agua Calientes et d’y attendre le train.

ciel-un-peu-plus-degage

Voilà, nous pouvons désormais cocher la case ‘Machu Picchu’ sur notre carnet de route. Je suis contente d’y être allée mais je ne crois pas y retourner un jour. Nous sommes surtout vraiment satisfaits d’avoir opté pour le trek, ce qui nous a permis d’admirer une fois de plus les merveilles de la Nature. Ce n’est d’ailleurs que récemment que j’ai réalisé que le trek du Salkantay avait été classé parmi les 25 plus beaux treks au monde par le National Geographic Travel Magazine ; un choix auquel nous ne pouvons qu’adhérer !!

salkantay-trek-jour-1

Le cañon del Colca, dernier refuge du condor des Andes

12 novembre 2009

Lors de notre passage à l’agence de voyage pour organiser ce trek de 3 jours nous avons eu le choix entre deux circuits : l’un avec une moyenne de 3 heures de marche par jour (le plus populaire) et l’autre 5 heures. Pas peu fiers de notre récent exploit, et également parce qu’on ne peut rien faire comme tout le monde, nous optons pour le parcours sportif…on avait cependant négligé le fait que qui dit ‘cañon’ dit forcément fortes pentes, et peu, voire pas du tout, de terrain plat…

La route entre Arequipa et le point de départ de la randonnée est longue mais offre de très beaux paysages. De part et d’autre du canyon se déroule la vallée de colca dont les pentes les moins raides sont habitées par des descendants de peuples pré-inca qui perpétuent la tradition des cultures en terrasses. Le nom de la région date également de cette époque, le terme ‘colca’ faisant référence aux petits trous que l’on peut voir dans les parois rocheuses, et qui servaient à stocker les récoltes, ou encore à abriter les dépouilles des personnages importants.

terrasses2

En cours de route nous nous arrêtons pour admirer la plus fameuse des attractions régionales : le vol des condors des Andes. Ces géants des airs utilisent les aspérités des falaises pour nicher en sécurité, tandis que les courants ascendants leur permettent de planer gracieusement en quête de nourriture. On ne se lasse pas de les voir passer à quelques mètres au-dessus de nos têtes.

condor

Nous arrivons ensuite au paisible petit village de Cabanaconde. Rien à signaler de ce côté-là si ce n’est quelques femmes en habit traditionnel particulièrement photogéniques. Un bon repas chaud dans le ventre et c’est parti pour 3 jours de marche…

habitante-de-cabanaconde

Jour 1 : ce n’est que de la descente pendant 5 heures. Les paysages sont superbes et retiennent toute notre attention mais c’est tout de même difficile pour les genoux ! Nous croisons quelques personnes qui font le chemin en sens inverse et qui nous font bien de la peine…la montée est rude ! Nos efforts sont cependant bien récompensés car nous arrivons en fin d’après midi dans un vrai petit coin de paradis complètement isolé du reste de la vallée. Une route est en construction, quel dommage ! Nous avions également une bonne raison de nous réjouir : la carte du site indiquait une source d’eau chaude. Il s’agit en fait davantage d’un minuscule bassin d’eau tiède, mais nos pauvres muscles s’en satisferont.

cest-raide

Jour 2 : impossible de descendre plus bas ; il faut donc remonter. En fait on ne fera que ça pendant toute la matinée. Comme nous avons démarré la journée relativement tard (8 heures), nous progressons en plein soleil. Le moral n’est pas au beau fixe par contre ! Après l’ascension de la troisième colline, on atteint enfin un petit passage à plat, et c’est avec un grand soulagement qu’on découvre en contre bas notre destination : l’Oasis.

fin-du-deuxieme-jour

Malheureusement ici c’est un peu comme dans les files d’attente d’Eurodisney : on croit être arrivé au bout car on aperçoit les quais d’embarquement mais finalement on fait encore plein de détours. Bref, ce n’est qu’après plus d’une heure de descente abrupte qu’on touche enfin au but. L’endroit, qui porte bien son nom est une vraie bénédiction. C’est un irréel îlot de verdure et fraîcheur au milieu de ces roches arides et hostiles. Nous y retrouvons tous les autres touristes sensés et raisonnables qui se prélassent déjà depuis quelques heures dans la piscine, une bière fraîche à la main.

oasis2

Jour 3 : c’est LE challenge du trek, l’angoisse de tous les randonneurs amateurs qui étaient déjà bien contents d’avoir descendu les pentes du cañon sans se casser les genoux. Et oui mais maintenant, les 1200 mètres de dénivelé, il faut les faire dans l’autre sens…

la-montee-du-3eme-jour1

On lève le camp à 5 heures du matin, un bon mate coca dans l’estomac. Pour le reste, c’est la même méthode que pour l’ascension du Huayna Potosi : on bloque le cerveau, on arrête de penser, et on se concentre sur le fait de mettre un pied devant l’autre, sans s’arrêter. Résultat : on arrive parmi les premiers au sommet (je ne compte pas les quelques blessés et nombreux ‘paresseux’ qui ont effectué la montée à dos de mules et sont donc arrivés un peu avant nous), juste à temps pour admirer le lever du soleil, superbe !!

veni-vidi-vici1

Un copieux petit déjeuner bien mérité nous attend à Cabanaconde, avant de reprendre la route pour Arequipa. Nous retraversons les paysages que nous avions tant aimés à l’aller, mais avec ce coup ci, en prime, un magnifique coucher de soleil.

On est crevé, on a mal aux pieds, mais ce trek nous a tout de même enchantés !

cheese

La belle Arequipa

8 novembre 2009

cathedrale

L’arrivée sur la ville ne paie pourtant pas de mine. Notre bus descend à travers des quartiers plutôt pauvres, et sans aucun intérêt. Ce ne sont que des alignements de petites maisons en terre et tôle, à perte de vue, et des rues poussiéreuses. Rien à voir avec le poster qui était affiché dans un des hôtels de La Paz et qui rappelait étrangement les Alpes suisses. Je m’imaginais bien que les vaches ne faisaient pas partie de la réalité, mais je m’attendais tout de même à un peu de verdure…. Le terminal de bus, situé à plusieurs kilomètres du centre ville ne parvient pas à dissiper notre inquiétude. Le taxi traverse encore quelques avenues qui manquent sérieusement d’animation, mais peu à peu l’atmosphère change ; les trottoirs se peuplent et les lumières brillent. Les bâtiments semblent soudainement prendre de l’ampleur ; un dernier virage et on débouche sur une place éblouissante. Face à nous se dresse une immense cathédrale éclairée de mille feux. Tout autour de longs bâtiments à arcades surmontées de balcons abritent d’élégants cafés/restaurants. Pour parfaire cette magnifique vision, plusieurs sommets de plus de 5000 mètres entourent la ville, dont notamment le volcan Misti. Ça y est, le charme opère ! Et c’est parti pour trois jours d’émerveillement continu.

arequipa-by-night

La légende dit qu’il y a bien longtemps de cela, lorsque la Lune s’est séparée de la Terre, elle a oublié d’emmener avec elle Arequipa. Cela fait sans aucun doute référence au fait que la plupart des bâtiments anciens de la ville ont été construit à base de sillar, une pierre volcanique de couleur très claire. C’est ainsi que beaucoup la surnomme la ville blanche.

facade-deglise-arequipa

Arequipa porte également le nom de’ la Rome sud américaine’ car elle compte de nombreuses églises et couvents. La population locale a toujours fait preuve d’une forte dévotion catholique suite à l’arrivée des Espagnols et à l’époque il était habituel qu’une fille de chaque famille devienne nonne.

interieur-deglise-arequipa

La principale attraction touristique de la ville est l’inoubliable Monastère de Santa Catalina. Occupant tout un bloc et protégé par un haut mur, le couvent est une vraie citadelle située en plein cœur de la ville. Je ne crois pas avoir visité beaucoup de couvents auparavant, mais la première impression que donne ce lieu est qu’il ne correspond pas du tout à l’idée qu’on se fait d’un cloître. A priori l’endroit devrait être essentiellement austère, minimaliste et sans aucune fantaisie, non ?. Et bien là, pas du tout ! Les murs sont colorés, les cellules spacieuses, lumineuses et très bien aménagées (on croirait lire une publicité pour un hôtel !).

monastere-santa-catalina

L’histoire de ce monastère est en effet très particulière. Il fut fondé en 1580 par une riche veuve qui avait décidé de vivre le restant de ses jours cloîtrée. Elle choisissait ses novices (futures nonnes) parmi les familles aisées de la région. L’entrée au couvent était en quelque sorte payante : les jeunes filles se présentaient avec leur trousseau et d’importantes dots. Leurs familles étaient également chargées de faire construire leur chambre. La spécificité de cette congrégation était que les nonnes pouvaient continuer à vivre selon les standards de leur origine. Chaque chambre disposait de sa propre cuisine, et les servantes de Dieu avaient le droit d’être accompagnées par une domestique. Cette ambiance hédoniste perdura pendant près de 3 siècles jusqu’à ce qu’une prieure dominicaine un peu plus stricte prenne possession des lieux et serre la vis.

cellule-monastere-santa-catalina

Bien que les règles de vie à l’intérieur du couvent puissent différer d’un établissement à l’autre, il y a un principe général qui était respecté partout : l’isolement total par rapport au reste de la ville. Les nonnes voyaient rarement leurs proches, et les visites avaient lieu dans des parloirs cloisonnés de telle façon qu’elles ne pouvaient voir leurs interlocuteurs. Les éventuels colis étaient passés à travers des sortes de passe-plats. Aujourd’hui encore cette discrétion est respectée, comme nous avons pu le constater dans le couvent Santa Theresa, où chaque jour à midi, les portes du cloître principal sont fermées au visiteurs afin qu’une des sœurs puisse aller sonner les cloches de l’Angelus sans être vue. De même, les nonnes assistent aux messes depuis une salle qui leur est strictement réservée et qui les séparent du reste des pratiquants par un grand panneau de bois. Une petite ouverture percée dans un coin vers laquelle le prêtre peut s’avancer leur permet de recevoir la communion.

cloitre

couvent-santa-teresa-arequipa

couvent-santa-teresa

Jamais 2 sans 3… nous avons également visité le très beau couvent de la Recoleta. Outre ses 4 petits cloîtres, le lieu abrite une étonnante bibliothèque qui contient plus de 20 000 volumes anciens.

bibliotheque-du-couvent-de-la-recoleta

eglise-de-la-recoleta-arequipa

Je m’arrête là avec mes histoires de bonnes sœurs ; Arequipa a d’autres trésors en réserve pour nous. Le plus surprenant se trouve au musée Santuarios Andinos. Dans une petite salle sombre et froide se tient ‘Juanita, la princesse de glace’, une jeune inca d’une douzaine d’années qui fut sacrifiée au sommet du mont Ampato (6288m) il y a plus de 500 ans. Pour le peuple inca, les montagnes étaient de violents dieux qui exprimaient leur colère en créant des avalanches et des éruptions voclaniques. Ils ne pouvaient être apaisés que par des sacrifices humains, le plus souvent des enfants car ils étaient considérés comme purs. 14 enfants sacrifiés ont ainsi été retrouvés sur les cimes enneigés à travers tout le Pérou. Juanita est très célèbre car elle est parfaitement conservée. En fait il ne s’agit pas d’une momie, mais d’un corps congelé. La petite fille avait certainement été choisie dès son plus jeune âge pour une telle destinée. Elle devait correspondre à certains critères. Pour les rites préparatifs elle a voyagé à Cusco accompagnée de personnages très importants. A Cusco, l’Inca en personne (seul l’empereur est normalement appelé ‘inca’) la reçut et lui transmis sa divinité. A partir de ce moment elle était prête pour le sacrifice. Les chercheurs pensent que Juanita a d’abord participé à un festin bien arrosé, avant qu’un coup fatal lui soit porté sur le devant du crâne.

juanita

Fatigués par toutes ces visites ? Que nenni ! Au contraire on en redemande, et c’est ainsi que nous profitons du temps qu’il nous reste pour visiter quelques anciennes demeures coloniales magnifiquement restaurées, dont les cours intérieures sont souvent un véritable enchantement.

demeure-coloniale-arequipa

cour-interieures-arequipa

Voilà pour la visite guidée non exhaustive de notre ville péruvienne coup de cœur, j’ai nommé Arequipa. Après les richesses culturelles de la région, passons maintenant aux merveilles naturelles avec un endroit unique au monde, le cañon del Colca.

plaza-de-armas-arequipa1

L’école du monde n°8: quizz animaux

31 octobre 2009

Les réponses se trouvent en bas de l’article (avec quelques anecdotes en bonus).

1) Je suis le principal animal domestique du continent sud américain.

Je vis surtout à des altitudes élevées (plus de 3500m)

Je suis principalement utilisé comme bête de somme (pour transporter des affaires), mais je suis trop ‘faible’ pour porter des hommes.

Ma fourrure et ma viande sont très appréciées.

J’ai la réputation d’avoir très mauvais caractère, et notamment de cracher lorsque je me sens en danger.

L’alpaca (ou alpaga) est un de mes proches cousins

Qui suis-je ?

2) Je suis un très grand rapace diurne (je vis le jour, et non la nuit)

On me trouve à haute altitude (entre 3000 et 5000m), dans les montagnes escarpées des Andes (en Amérique du Sud)

Une fois mes ailes déployées, je peux atteindre 3 mètres d’envergure (de large)

Je suis un charognard, c’est-à-dire que je me nourris des carcasses d’animaux morts

Je peux vivre jusqu’à 50 ans

Qui suis-je ?

3) Je suis un rongeur de taille moyenne

Je suis originaire d’Amérique, contrairement à ce que mon nom pourrait laisser croire

Comme tous les rongeurs, j’ai de grandes incisives qui poussent continuellement

Au Pérou, on me mange traditionnellement lors des repas de fêtes et banquets de mariage

En Europe je suis devenu un animal de compagnie apprécié pour ma placidité (je ne mords pas)

J’ai aussi été longtemps utilisé comme animal de laboratoire

Je suis très prolifique   (je fais beaucoup de petits)

Qui suis-je ?

4) Je suis un grand oiseau aquatique

On a tendance à m’associer uniquement au contexte tropical (au bord du lagon, sous les cocotiers) alors qu’en fait on me trouve un peu partout sur la planète, aussi bien au niveau de la mer qu’à 5000m d’latitude.

Je vis en grands groupes et fréquentent essentiellement des étendues d’eau peu profonde

Je me nourris de petits crustacés et d’algues

Mon nom fait référence à la couleur de mon beau plumage

Qui suis-je ?


5) Je suis un des plus gros mammifères marins, avec un poids moyen de 25 tonnes

Je reste en moyenne 45 minutes sous l’eau, et lorsque je refais surface, j’expulse l’air de mes poumons provoquant un jet qui atteint facilement 3 mètres de haut.

Pendant la période d’accouplement, la compétition pour séduire une femelle est rude ; les figures réalisées par les mâles comprennent des sauts pouvant dépasser 5 mètres de haut.

Je suis également réputé pour les longs chants complexes que je peux émettre des heures durant

Qui suis-je ?

6) Je suis un poisson cartilagineux, le plus grand de mon espèce ; je peux peser plusieurs tonnes.

Je suis facilement reconnaissable à ma tête presque plate avec de chaque côté une extrémité cornue, ce qui me vaut le surnom de « diable des mers »

Mon véritable nom provient du mot espagnol signifiant ‘couverture’

On me trouve dans toutes les eaux tropicales

Qui suis-je ?

7) Je suis un des plus gros mammifères terrestres herbivores

Je suis gravement menacé d’extinction (disparition) car les hommes me chassent pour ma/mes cornes

Je suis presque aveugle, mais j’ai de très bonnes oreilles et un odorat particulièrement fin

Je suis surtout actif à la tombée du jour et durant la nuit ; le jour, je dors

Mes meilleurs amis sont les oiseaux pique-bœufs qui se posent sur mon dos et me débarrassent des parasites

Qui suis-je ?

8) Je suis un grand ruminant à long poil que l’on trouve dans la région de l’Himalaya

Je vis donc à une haute altitude (plus de 5000 mètres) et suis capable de supporter des températures allant jusqu’à -40°C

Comme dans le cochon chez moi, tout est bon ! On m’utilise comme animal de bât (pour transporter des charges de plus de 120kg) ; ma laine sert à confectionner des vêtements chauds et des cordes, ma peau est transformée en cuir, ma viande est séchée, mon lait est consommé frais et permet de fabriquer du beurre et du fromage. Et ce n’est pas tout, mes bouses, une fois séchées, sont un excellent combustible.

Qui suis-je ?

Réponses:

1) LE LAMA. Les premiers écrits concernant le lama le comparent généralement au mouton. Pourtant, on s’aperçut très vite de sa parenté avec le chameau, et donc avec les camélidés.

lama

2) LE CONDOR. Quand il devient trop vieux et qu’il ne peut plus bien voler ni s’alimenter, le condor prend un dernier vol très haut et se laisse tomber sur les rochers.

condor

3) LE COCHON D’INDE. Le cochon d’Inde porte bien mal son nom puisqu’il n’est ni cochon, ni d’Inde. En fait nous devons cette erreur à Christophe Colomb qui a ainsi nommé l’animal découvert en Amérique alors qu’il croyait être arrivé aux Indes…    Ceux d’entre vous qui parlent la langue de Shakespeare savent qu’en anglais, cochon d’Inde se traduit par guinea pig : encore une méprise géographique ? et bien non en fait cette appellation fit référence au cochon valant une guinée, ancienne monnaie anglaise.  Dans d’autres pays européens notamment en Allemagne, Russie, Pologne, Suède, on utilise le terme ‘petit cochon de mer’ qui rappelle que ces animaux ont été amenés en Europe par des commerçants hollandais ; ils ont donc voyagé par bateau.

cochon-inde

4) LE FLAMANT ROSE. Bien que n’étant pas mammifère, les flamants produisent un lait ; les jeunes flamants sont nourris de ce lait pendant environ 2 mois, jusqu’à ce que leur bec soit suffisamment développé pour filtrer la nourriture.

flamant

5) LA BALEINE A BOSSE. On fait souvent une faute d’orthographe et un non sens en écrivant le nom de cet animal car on imagine logiquement qu’il fait référence aux tubercules (bosses) que la baleine porte sur la tête, alors qu’en fait il s’agit de la bosse du dos car l’animal avant de plonger fait le dos rond. La traduction anglaise est d’ailleurs très claire : Humpback whale, soit la baleine bossue.

baleine

6) LA RAIE MANTA. La raie manta est un taxi sous marin ; en effet de nombreux poissons s’accrochent sous la raie manta pour se déplacer sans se fatiguer et récupérer la nourriture délaissée par leur hôte.

raie-manta

7) LE RHINOCEROS. On pense souvent que les cornes des rhinocéros sont en os, alors qu’en fait elles se composent essentiellement de kératine, une protéine que l’on trouve dans les cheveux.    Comme beaucoup d’animaux le rhinocéros utilise son urine et ses déjections pour marquer son territoire, mais il a un ‘truc en plus’ : il fait tourner sa queue, comme un ventilateur, afin que l’odeur se répande sur une plus grande surface….elle est pas belle la nature ??!!

rhinoceros

8) LE YAK

yak

Du bleu plein les yeux au lac Titicaca

30 octobre 2009

Et non, le Titicaca n’est donc pas le lac navigable le plus haut du monde (il en existerait de plus élevés aux Pérou et Chili voisins), mais il se tient tout de même à plus de 3800m, et n’en demeure pas moins impressionnant de par ses dimensions : jusqu’à 100km de large, pour 230 de long.

cote-isla-del-sol

La route reliant La Paz à Copacabana (rien à voir avec la fameuse plage de Rio de Janeiro) offre de superbes panoramas. Les sommets enneigés se tiennent tout d’abord à nos côtés, avant de glisser derrière le lac, qui affiche une magnifique couleur bleu saphir.

deau-et-de-neige

Après quelques heures d’extase devant de si beaux paysages, nous arrivons dans la paisible petite ville de Copacabana. Le soleil brille de tous ses feux et on a vraiment envie de se baigner, mais en fait ce ne sont que les doigts de pied qui feront trempette ; n’oublions pas l’altitude…l’eau est plutôt fraîche ! Une alternative intéressante est le tour en pédalo (oui, oui les éternels pédalos en forme de cygne que Bibi aime tant) ou bien en canoë.

pedalos

Petite leçon d’histoire : avant l’arrivée des Incas, la région de Copacabana était habitée par le peuple Aymara qui adorait le soleil, la lune, la Terre Mère (Pachamama) et d’autres esprits. Une fois les Aymaras intégrés à l’empire inca, ce dernier appliqua le principe du ‘diviser pour mieux régner’ en attribuant de hautes fonctions à ceux qui s’étaient immédiatement soumis, et reléguant à des tâches manuelles ceux qui avaient osé leur résister. Or cette mesure allait totalement à l’encontre de la culture communautaire Aymara et le ressentiment grandissant à l’égard des incas provoqua le rejet de leur religion au profit du christianisme (et oui car entre temps les prêtres espagnols étaient arrivés dans la région).

porte-cathedrale

Afin de remédier à l’absence de statue représentant la sainte patronne de la congrégation, un sculpteur amateur se rendit à Potosi pour y étudier les arts et en revint quelques mois plus tard avec la figurine de la Vierge noire du lac qui ne tardât pas à accomplir de miraculeuses guérisons. Par la suite, la communauté décida de construire une cathédrale en l’honneur de la sainte. Le résultat est un superbe édifice blanc d’inspiration mauresque. Dans une petite chapelle attenante des dizaines de pèlerins viennent allumer des cierges et ceux dont les prières ont été exaucées font graver une plaque sur laquelle ils expriment leur gratitude à la vierge.

cathedrale

En fin d’après midi, il est populaire de grimper en haut de la petite colline qui domine la ville pour y admirer le panorama à la douce lumière de la fin du jour.

vue-panoramique-copacabana

Et quoi de plus agréable que de terminer la journée par une petite truite farcie, la spécialité culinaire locale ?

isla-del-sol

Notre paisible séjour au lac Titicaca s’achève par une courte excursion sur l’Isla del Sol toute proche. Cette île revêt un caractère sacré pour de nombreux peuples des Andes qui considèrent qu’elle est le lieu de création de plusieurs de leurs dieux. On y trouve donc beaucoup de vestiges anciens, mais Bibi et moi avons préféré profiter d’un magnifique chemin de randonnée qui traverse l’île du nord au sud, et qui passe par plusieurs petits villages traditionnels. Il parait que les paysages rappellent la Grèce (je ne peux confirmer, n’y ayant jamais mis les pieds). Entouka, nous avons trouvé cette balade magnifique.

plage-isla-del-sol

Enfin on ne peut pas parler du lac Titicaca sans évoquer ce qui était autrefois un vrai art de vivre pour le peuple des Uros, mais qui est depuis devenu essentiellement une attraction touristique ; il s’agit de l’utilisation du totora, une sorte de paille/roseau qui pousse abondamment sur les bords du lac, pour construire des embarcations, mais également de véritables villages flottants. Etonnant, non ?

bateau-en-totora

Voilà, un dernier coucher de soleil sur le lac et nous prenons momentanément congé de la Bolivie pour nous rendre au Pérou où de nouvelles aventures nous attendent.

coucher-de-soleil-sur-le-lac

L’école du monde n°7: on ne naît pas tous sous la même étoile

20 octobre 2009

Le programme devrait être à peu près le même pour tous les enfants de la Terre, mais malheureusement dans plusieurs endroits, les enfants n’ont pas la possibilité d’aller à l’école, et ils sont si pauvres qu’ils doivent travailler comme des grandes personnes au lieu de jouer et apprendre à lire, compter et écrire.

Ici en Bolivie, les gens qui habitent à la campagne sont souvent très pauvres et la vie des enfants ne ressemblent pas vraiment à la vôtre, comme vous pouvez le constater en lisant l’histoire de ces deux enfants.

1. Je m’appelle Julien, j’ai 11 ans. Mes petits frères et moi vendons des bananes au marché, pour aider ma maman. Chaque matin, je me lève très tôt pour aller ramasser des bananes. Je suis généralement de retour à la maison vers 7 heures. Avec mes frères on met les bananes dans notre charrette et on part les vendre au marché. Les gens qui nous connaissent bien achètent nos bananes. Quand on ne vend pas beaucoup au marché, on prend la charrette et on sillonne les rues de la ville pour proposer nos bananes à plus de personnes. Nous vendons les bananes pendant que ma maman s’occupe de nos petites sœurs, qu’elle prépare à manger pour la famille et qu’elle lave le linge. Quand la charrette est pleine de bananes, elle est très lourde à tirer et je me fais souvent mal aux mains. Je ne vends les bananes que jusqu’à midi, car après j’ai un autre travail dans un garage où on réparer les voitures. C’est un travail très salissant mais au moins cela me permet de ramener un peu d’argent à la maison. Le soir, quand je rentre à la maison je vois si mes frères ont réussi à vendre toutes les bananes. Si ce n’est pas le cas, on tente de les vendre le lendemain, mais à un prix plus bas car elles sont déjà un peu abîmées…

imgp6274

2. Je m’appelle Hugo, j’ai 15 ans et 4 frères. Je suis né à la campagne, et j’ai toujours aidé mes parents dans les champs, où nous cultivions des pommes de terre, du maïs et du blé. Mon père travaillait aussi à la mine, et dès que j’ai eu 5 ans je lui amenais chaque jour son repas, et ses outils. Quand j’ai eu 8 ans je suis parti à la ville avec une de mes tantes, pour aller à l’école car je ne voulais pas faire le même travail que mes parents. Je vivais avec ma tante dans une toute petite maison, où il n’y avait pas de toilettes, et seulement de l’eau froide. Nous n’avions pas de meubles et nous dormions par terre sur des couvertures. J’ai fait plusieurs petits boulots : j’ai travaillé au cimetière municipal, puis aussi au marché où j’aidais les femmes à porter leurs sacs, et je nettoyais les ordures. Plus tard, j’ai été laveur de voitures, cireur de chaussures et vendeur de sucreries. Ce n’était pas toujours facile ; certaines personnes étaient très méchantes avec moi, mais au moins avec le peu d’argent que je gagnais, j’ai réussi à acheter les fournitures scolaires dont j’avais besoin, quelques vêtements, et quelques meubles pour la maison.

Il est parfois bon de regarder autour de nous et de prendre conscience de la chance qu’on a…allez, vous pouvez retourner jouer maintenant !! ;)