Parc Torres del Paine « Rev’olution

Parc Torres del Paine

25-29/11/2009

Plus on descend vers le pôle, plus le cône sud américain se rétrécit. Ce matin nous étions dans la charmante ville d’El Calafate, en Argentine, et à présent, après 5 heures de bus, nous voici dans le non moins charmant village de Puerto Natales, au Chili. Retour donc dans le premier pays latino que nous ayons visité, mais seulement pour quelques jours, juste le temps de nous balader dans le parc Torres del Paine. Enfin, ‘balader’ n’est certainement pas le bon terme. La plupart des sentiers ne font que monter et descendre, et les rares sections de plat sont sans cesse balayées par un vent qui a de quoi faire rougir notre bon vieux mistral. Sans oublier que nous portons nos sacs avec tout le bazar nécessaire pour camper pendant 5 jours (tente, sacs de couchage, réchaud à gaz, soupes, pâtes, riz…). Une aventure physique donc tout autant que visuelle/panoramique., dont voici un résumé.

arrivee-au-parc

Jour 1 : Le bus nous dépose à l’entrée du parc : nous sommes à une heure de marche de l’auberge/camping qui marque le début du trek. Comme nous sommes super motivés, nous décidons de ne pas prendre le service de shuttle et de commencer dès maintenant la marche. Au bout d’une demi-heure, un mini van s’arrête à notre hauteur et nous propose de monter à bord. Toujours aussi motivés, nous refusons, mais le chauffeur en a décidé autrement, et nous n’avons pas d’autre choix que de nous faire transporter jusqu’au bas du sentier. Pas vraiment ‘sport intense’ nos débuts ! Mais attendez, cela va vite devenir sérieux… Nous démarrons illico la montée vers le premier refuge/campement. Deux heures d’ascension quasi non stop, avec des passages particulièrement exposés au vent. On a chaud à force de grimper, alors on enlève les couches de vêtement au fur et à mesure, mais pas question de s’arrêter, car sinon le froid reprend le dessus.

Nous passons le premier refuge et décidons de ne pas nous arrêter pour poursuivre vers le second situé à un peu plus d’une heure de marche dans la forêt. Nous nous rapprochons ainsi au maximum du point de vue sur les fameuses Torres del Paine qui ont donné leur nom au parc.

les-torres

Le parc qui s’étend sur plus de 180 000 hectares constitue une riche réserve de faune et flore. Au cours de nos randonnées nous évoluons à travers quatre types de végétation différents : la brousse près des lacs, la forêt, la tundra et enfin la haute altitude où la végétation laisse place aux roches.

Notre première nuit sous tente fut, sans grand étonnement, inconfortable et particulièrement fraîche.

Jour 2 : on se lève au petit matin afin de grimper au mirador Torres del Paine. Ça monte très raide pendant une petite heure, mais la vue qu’on obtient finalement vaut la peine ! Derrière une petite colline de roches se dressent les trois larges pics de granite. Leur paroi de face est presque parfaitement lisse, c’est cette caractéristique qui leur a valu l’appellation Torres (tours). Pour parfaire le paysage, un petit lac aux eaux turquoises s’est formé au pied des monuments de pierre. Après une courte séance photos, c’est parti pour redescendre tout ce qu’on a monté hier. La plupart des gens vont plus vite en descendant qu’en montant, et bien pas moi ; à force de retenir mon poids + celui de mon sac, j’ai les genoux qui tremblent. Seul réconfort - cruel je l’avoue - : observer les gens qui montent et penser à tout le chemin qu’ils ont encore à parcourir…

vent-sur-le-lac

Une fois revenus au point de départ, nous longeons le lac durant près de 4 heures. Le paysage est splendide, il fait grand soleil, bref, ce serait parfait si ce n’est que nous devons faire face à un vent de plus en plus violent. Il nous est quasiment impossible de nous arrêter pour le pique nique de mi journée. La végétation essentiellement composée de petits arbustes piquants n’offre pas de protection. Je suis sans cesse déviée de ma trajectoire et dois m’agripper à Bibi pour ne pas quitter le sentier. Ces 4 heures ont tout simplement été épuisantes ! Et pour couronner le tout, notre arrivée au second refuge/campement se fait sous la pluie. Réussir à monter la tente par un temps de chien comme celui tient presque de l’exploit acrobatique ! On peut aussi oublier le café/chocolat chaud au refuge car il est plein comme un œuf et plus un banc de la salle commune n’est libre… Et voilà donc comment commence notre seconde nuit d’insomnie dans le parc…

ca-souffle

Pourquoi avoir choisi le camping me direz-vous, alors qu’il y a des refuges un peu partout sur les parcours de randonnée ? Et bien pour des raisons essentiellement financières (et aussi par esprit d’aventure bien sûr !). L’emplacement de tente coûte (déjà) environ 10€, et le lit en refuge revient à la belle somme de 25€ (sans le petit déjeuner, car si vous voulez la pension complète : petit dej, lunch box et repas du soir, alors là ça passe à plus de 50€ par personne et par jour), autrement dit carrément hors budget pour nous.

Jour 3 : le réveil est bien difficile ce matin (courbatures, et genoux cagneux pour Nounoune qui s’est pris les pieds dans ses lacets de chaussures la veille en allant au pipi room et s’est vautrée en beauté). Mais, au moins le soleil est de retour ! 2 nouvelles heures d’enfer éolien nous attendent, mais nous tenons bon et arrivons au campement italien (c’est son nom) pour le déjeuner. Nous plantons notre tente et poursuivons, plus légers, l’ascension vers le point de vue sur los Cuernos (les cornes). Les touristes font souvent l’erreur de croire que ces pics sont les Torres (car ce sont ceux que l’on voit le mieux sur la plus grande partie du parcours). Le sommet des cuernos est pourtant bien plus accidenté, mais la différence la plus visible est le monticule de roche sédimentaire de couleur noire qui recouvre le bloc de granite. Le sentier qui mène au mirador est très divertissant ; nous passons à travers forêt et flancs rocailleux, traversons des petits ruisseaux, et profitons de très belles vues sur les sommets enneigés et glaciers alentours. Cette féérie naturelle prend malheureusement fin quelques heures plus tard, alors que nous entamons notre 3ème nuit mouvementée.

los-cuernos

Le parc Torres del Paine est immense et offre une multitude de chemins de randonnée, mais le circuit le plus emprunté est celui communément appelé le ‘W’, qui permet d’accéder aux principaux points de vue. Les refuges se trouvent au pied des montagnes (des sites de camping rudimentaires sont disponibles au sommet), ce qui fait que les gens s’installent en bas, et effectuent généralement dans la journée l’aller-retour vers les miradors, d’où la forme du ‘W’ !

neige-et-eau

Jour 4 : encore une grosse journée devant nous. Bibi est en mode ‘pilote automatique’ et on progresse lentement. On parvient tant bien que mal au refuge/campement Paine Grande où la tentation de déclarer forfait pour le reste de la journée est grande. Et puis finalement non, après une collation nous prenons notre courage à deux mains, rendossons nos sacs et nous voilà repartis pour un peu plus de 3 heures d’ascension vers le refuge/campement Grey, qui doit son nom au glacier tout proche. Le mirador que nous atteignons à mi parcours est une belle récompense : vue plongeante sur le lac où flottent quelques icebergs, avec au fond le mur de glace comme posé sur l’eau. Le spectacle est fabuleux. Nous ne sommes pas déçus car le campement est également très sympa et le refuge moins bondé, ce qui fait que ce soir nous avons droit à notre chocolat chaud au coin de la cheminée. Comme à son habitude Bibi prépare un bon repas chaud (lire ‘il se les gèle devant le réchaud) pendant que Nounoune organise l’intérieur de la tente. On tente une rapide sortie avant de nous coucher pour aller voir le glacier de plus près : c’est impressionnant !

glacier-grey

Jour 5 : physiquement on est crevés mais le mental est gonflé à bloc car on sait que c’est la fin. Nous avons rendez-vous avec le catamaran qui effectue la traversée du lac jusqu’à l’entrée du parc à 13h. Nos anges gardiens ne nous ont pas lâchés, car le soleil est toujours là (ce fait est assez remarquable car la plupart des gens que nous avons croisés ont eu inévitablement droit à de la pluie au cours de leur séjour dans le parc).

vue-densemble1

C’est tout ‘pouilleux’, mais heureux que nous arrivons en fin d’après midi à Puerto Natales où nous allons dévorer une énorme pizza avant de nous écrouler sous la couette pour un repos bien mérité.

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Un commentaire sur “Parc Torres del Paine”

  1. Manu dit :

    Salut, les amis,

    Comment? Toujours sur les plaines ou … ?
    Joyeux Noël et à vous lire bientôt.
    La bise de la part Manu - Esther - Joce