Puerto Madryn et la péninsule de Valdès « Rev’olution

Puerto Madryn et la péninsule de Valdès

18-21/11/2009

J’ai traqué le chimpanzé en Ouganda, le maki cata à Madagascar, le fourmilier dans le Pantanal brésilien, le rhinocéros unicorme au Népal ; je me suis baignée avec un éléphant, avec des raies et des requins, j’ai pêché le piranha, ….. Autant d’expériences fortes en émotions, mais je dois avouer que se trouver sur un petit bateau pneumatique entouré d’une douzaine de baleines franches australes, la plupart accompagnées de leur baleineau est un moment magique que je ne suis pas prête d’oublier !

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Puerto Madryn, ville fondée par des migrants gallois à la fin du XIXème siècle, est un véritable aimant à touristes, et ce tout au long de l’année. Son succès elle le doit à sa belle et longue plage de sable, mais surtout à sa proximité avec la Péninsule de Valdès dont les côtés offrent quelques uns des plus beaux spectacles aquatiques au monde. C’est donc plein d’espoir et les batteries de l’appareil photo chargées à bloc que nous partons tôt le matin en compagnie de notre guide et un couple de hollandais en direction de ce petit bout de terre prometteur. Tous les touristes bien informés ont entendu parler de la plage Doradillo située à la sortie de la ville. Les baleines apprécient tout particulièrement le calme de l’endroit et y viennent souvent donner naissance. A priori nous arrivons trop tard car la période des naissances est déjà terminée, mais on ne sait jamais comme dit notre guide….et là, c’est sûrement la chance des débutants, car figurez vous que nous apercevons nos premiers spécimen de la journée : une mère et son petit qui s’amuse à faire claquer sa queue contre la surface de l’eau.

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A quelques mètres de là nous avons également droit au spectacle moins réjouissant d’un baleineau échoué sur le sable. Nous poursuivons notre route. Peu après avoir passé le ‘bras de terre’ étroit marquant l’entrée de la péninsule notre guide nous fait remarquer une petite île sur notre gauche. Il s’agit de la isla de los pajeros, celle là même qui, dit-on, aurait inspiré Antoine de Saint Exupéry pour son fameux ‘boa qui a avalé un éléphant’. La forme est en effet celle reprise par l’auteur du Petit Prince. Etrange me direz-vous, et bien pas tant que ça puisque l’écrivain qui était avant tout aviateur avait parcouru la région pendant plusieurs années lorsqu’il travaillait pour l’aéropostale.

Une fois arrivés dans la petite ville de Puerto Piramides, seul lieu habilité à l’accueil des visiteurs dans toute la péninsule, nous nous dirigeons vers le port et prenons place à bord d’un bateau pneumatique de grande taille. C’est le type d’embarcation préféré des touristes car il permet de rester proche de la surface de l’eau. Une dizaine de minutes de navigation, et le spectacle peut commencer : sur notre droite un jeune baleineau est en pleine séance d’exercices. Il effectue une longue série de sauts hors de l’eau et se rapproche finalement de sa mère qui se tient à proximité.Pas de chance pour les photos car nous sommes du mauvais côté du bateau, et malgré les instructions de rester assis, plusieurs passagers se lèvent brusquement obstruant ainsi la vue de bibi et de son objectif.

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Après cette inoubliable introduction le ballet continue durant plus d’une heure. On ne sait même plus où donner de la tête tellement les baleines sont nombreuses autour de nous. Des jets d’eau par ci, un dos qui apparait et plonge par là, c’en est presque étourdissant ! Certains spécimens peu farouches n’hésitent pas à passer sous notre bateau. Cette heure en compagnie de ces énormes mammifères fut tout simplement magique !

jet

sortie

queue

Nous remontons en voiture et nous dirigeons vers le nord de la péninsule, espérant pouvoir assister à une des scènes les plus impressionnantes du monde marin, que vous avez peut être déjà vu à la télé : le repas des orques. Ces énormes masses noires et blanches viennent ‘surfer’ jusque sur la plage où se reposent les otaries et éléphants de mer, et tentent d’attraper les jeunes imprudents afin de se nourrir. La scène est rapide et particulièrement violente. La bête surgit des eaux gueule ouverte et attrape sa proie. Elle retourne ensuite en eau plus profonde et afin de s’assurer que son futur repas est mort, elle le lance plusieurs fois en l’air (le choc du retour dans l’eau assomme les bébés otaries). Nous arrivons malheureusement trop tard, une orque a été observée durant la matinée à la pointe, mais est déjà repartie vers le large. On a tendance à croire que les orques sont des baleines (en anglais on les appelle d’ailleurs killer whale) alors qu’en fait elles appartiennent à la famille des dauphins.

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L’endroit est tout de même propice à l’observation des éléphants de mer ; la saison des accouplements a déjà eu lieu et les animaux passent le plus clair de leur temps allongés sur la plage. Contrairement aux otaries qui peuvent de dresser sur leurs ‘bras-nageoires’ et ainsi se mouvoir facilement, les éléphants sont cloués au sol et ont peine à se hisser hors de l’eau. Dans l’eau on peut apercevoir quelques otaries mâles qui viennent inspecter les lieux ; dans quelques semaines les éléphants de mer leur laisseront la place afin qu’à leur tour ils puissent s’y reproduire.

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Un peu plus loin sur la côté une colonie de pingouins a élu domicile. Ils sont vraiment très drôles, et très populaires auprès des touristes. A environ 150 km au sud de Puerto Madryn se trouve la plus grande colonie de pingouins de Magellan en dehors de l’Antarctique. Elle compte plus d’un demi-million d’individus et fait le bonheur des visiteurs. Nous gardons cette excursion pour notre prochain séjour en Argentine !

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Voilà pour cette magnifique journée aquatique qui fut sans aucun doute à la hauteur de nos espérances. Nous prenons maintenant un avion afin de rejoindre le cœur de la Patagonie. A nous les grands espaces !

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