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Ecole du monde n°2:Les transports en Inde

Dimanche 5 avril 2009

Certains moyens de transport nous sont familiers mais présentent tout de même des particularités. Parmi les véhicules classiques nous retrouvons les camions qui sont très nombreux sur les grands axes routiers. Ils relient les grandes villes et sont chargés d’objets et denrées de toute sorte. Ce qui est étonnant c’est qu’ils sont tous richement décorés. Guirlandes de Noêl et pompons ornent la cabine, tandis que les côtés et l’arrière présentent des peintures colorées. Un chauffeur nous a expliqué que certaines de ces décorations ont une signification religieuse et sont censées protéger le véhicule, tandis que d’autres ont un but réellement sécuritaire ; en effet, la nuit lorsque les feux des autres véhicules éclairent le camion, les peintures claires reflètent la lumière et permettent aux autres conducteurs de mieux discerner le camion, un peu comme les gilets de couleur jaune fluo rescent que nous avons dans nos voitures, ou les plaques de réflecteurs qui sont fixées sur les roues de nos vélos.

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Les trains sont également un moyen de transport très utilisé par les Indiens car ils permettent de couvrir de longues distances. Chaque jour plus de 14 millions de voyageurs empruntent ce mode de transport ! Comme vous pouvez le voir les trains indiens n’ont rien à voir avec notre TGV, mais les trajets parfois longs sont parait-il très animés grâce à la diversité des ‘voyageurs’ (hommes, femmes et enfants, mais aussi animaux domestiques tels que chèvres, poules,etc…), et aux odeurs qu’ils offrent. Nous vous raconterons nos expériences en train dans quelques semaines.

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D’autres transports que nous connaissons bien et qui sont fréquents lorsqu’on approche des villes sont les bus, les motos, les vélos et les tracteurs, souvent parés de guirlandes multicolores.

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L’Inde reste un pays largement rural, c’est-à-dire que la majorité de la population vit dans les campagnes. Les moyens de transport non motorisés y sont très courants. Les Indiens utilisent leurs animaux pour les transporter d’un endroit à l’autre. Nous croisons donc beaucoup de chariots tirés par des ânes, des chevaux ou encore des buffles, mais ce qui nous étonne le plus, ce sont lesnombreux Indiens qui se déplacent à dos de chameaux et d’éléphants, aussi bien sur les routes de campagne qu’en plein centre ville !

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Enfin il y a la catégories des véhicules ‘inédits’, ceux qu’on ne trouve nulle part ailleurs. Le plus typique est l’auto-rickshaw, aussi appelé ‘tuk tuk’ (il doit sûrement ce surnom au bruit qu’il fait). Il s’agit d’un tout petit véhicule à moteur, monté sur 3 roues et couvert d’une capote en toile. C’est un mode de déplacement très pratique en ville car peu cher et qui peut passer partout, mais dans lequel les passagers (les étrangers/touristes s’y installent à 2 ou 3 maximum, alors que les Indiens parviennent à s’y entasser jusqu’à 7 ou 8) ne sont pas à l’abri de la pollution. Il en existe une version un peu plus grande appelée ‘tempo’ et qui fait office de mini bus.

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A la campagne, nous avons également croisé des drôles de véhicules, mélange entre le tuk tuk et le tracteur, qui rappellent un peu les dragsters américains (ces engins construits près du sol et tout en longueur utilsés pour les courses de vitesse en ligne droite), mais n’en possèdent pas la vitesse !!

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Tous ces moyens de locomotion se côtoient sur les routes de campagne et à l’intérieur même des villes, ce qui cause quelques problèmes de sécurité. Les routes ne sont pas toujours en très bon état et la plupart des conducteurs ne respectent aucune mesure de sécurité (pas de ceinture, pas de casque, non respect des limitations de vitesse, etc…). De plus les transports en commun sont souvent surchargés (trop de passagers) et mal entretenus.Les routes et rues indiennes deviennent ainsi de véritables mélimélos inondés par le bruit incessant des klaxons, sans oublier la présence des vaches qui se couchent où bon leur semble et constituent de nombreux obstacles parfois difficilement franchissables.

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Varanasi, ville cimetière

Dimanche 5 avril 2009

16-19/03/2009

Nous voici dans notre dernière grande étape du Nord de l’Inde, last but not least puisqu’il s’agit d’une des plus anciennes et des plus sacrées cités du monde. Varanasi – autrefois appelée Bénarès-est mondialement connue pour être la principale ville qui s’étire le long du Gange, mais pour les Hindous, elle représente surtout le centre du culte de Shiva, dieu de la destruction, marquant ainsi un lieu de passage entre les mondes physique et spirituel. Deux activités spectaculaires symbolisent Varanasi : le bain purificateur des pèlerins dans le Gange, et les crémations sur les berges du fleuve. En effet, les Hindous viennent par milliers laver leurs péchés dans le fleuve sacré (vu la pollution de l’eau je vois mal ce qu’ils pourraient y laver d’autre…), et ils pensent que mourir ou se faire incinérer à Varanasi permet de mettre un terme au cycle des réincarnations.

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La première journée, nous ne nous aventurons pas trop loin de notre hôtel, encore bien fatigués par notre laborieux trajet en train. Nous avons la chance de rencontrer de sympathiques globetrotters qui arrivent du Népal où ils ont connu quelques soucis de transport dus à de récents importants mouvements de grève (comme quoi les Français n’ont pas le monopole !). Leur récit n’est pas très rassurant : apparemment un groupe ethnique du sud du pays a décidé d’exprimer son mécontentement vis-à-vis du gouvernement central (fortes inégalités en termes de redistribution des richesses/ressources entre les différentes provinces) en bloquant les principales routes du sud. Certains touristes ont du parcourir des dizaines de kilomètres en vélo-rickshaw, ce qui n’est pas le moyen de transport le plus rapide. Ces événements promettent de belles aventures en perspective ! Nous ne nous inquiétons pas outre mesure car il est évident que les manifestants n’ont aucunement l’intention de s’en prendre aux étrangers. Nous allons suivre la situation de près mais n’envisageons pas d’annuler notre séjour au Népal.

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Le lendemain, frais et dispos, nous sommes enfin prêts à faire connaissance avec la cité du Gange, et a côtoyer la mort, brrrrrrr…… la journée commence très fort ; alors que nous prenons un raccourci en longeant les voies ferrées afin d’aller au bureau des réservations acheter notre prochain billet de train, Bibi s’arrête brusquement car il a vu quelque chose d’étrange sur les rails, à une quinzaine de mètres du quai. En y regardant de plus près nous constatons avec horreur qu’il s’agit du corps d’un homme. Ses jambes ont semble-t-il été sectionnées et il s’est littéralement vidé de son sang. Il git là, la tête encore posée sur les rails, et aucun des dizaines de passants qui traversent les voies non loin de là n’y prête attention. Encore sous le choc de cette vision macabre, nous nous pressons vers le bureau du chef de gare pour l’avertir qu’un cadavre se trouve à l’entrée de sa gare.

De retour dans la vieille ville nous errons le long des ghats et nous arrêtons longuement le long du principal lieu de crémation. Le spectacle qui s’offre à nous est assez déroutant et nous réalisons alors combien la mort demeure un sujet tabou dans nos cultures occidentales.

Bienvenue dans l’usine à crémation de Varanasi : le burning ghat est ouvert 24h/24. Plus de 300 corps y sont brûlés chaque jour sur une douzaine de bûchers. Un des ‘ouvriers’ du ghat nous explique qu’il faut environ 3-4 heures pour qu’un corps se consume et jusqu’à 500kg de bois selon la corpulence. Plusieurs bois sont utilisés, le plus cher étant le bois de santal qui coûte en moyenne 2000 roupies le kilo (soit environ 35€). La plupart des familles se limitent à des bois inférieurs qui ne dépassent pas les 10 roupies/kg. Les corps sont amenés sur des brancards à travers les rues de la vieille ville jusqu’au bord du fleuve. Ils sont recouverts de tissu brillant. Les hommes et les veuves sont emmaillotés dans des linceuls blancs, tandis que les femmes sont en rouge. Les corps sont trempés dans le fleuve sacré avant d’être déposés sur le bûcher. Le transport et l’immersion sont réalisées par un groupe (une caste ?) particulière, mais c’est le fils aîné du (de la) défunt(e) qui allume le bûcher. Le crâne rasé, et tout de blanc vêtu, ce dernier allume un peu de foin auprès du feu éternel qui brûle en haut du ghat, puis descend près du bûcher dont il fait cinq fois le tour (conformément aux 5 éléments) avant d’y mettre le feu. Seuls les hommes de la famille assistent à la crémation ; les femmes, trop émotives y sont interdites car leurs pleurs ne seraient pas bons pour le karma du défunt. Il est important de noter que certaines catégories d’individus sont exemptées de crémation ; il en va ainsi des enfants de moins de 10 ans et des femmes enceintes, considérés comme êtres purs. Les saints hommes/femmes ne sont pas non plus incinérés. Plus étrange, j’apprends que les lépreux et les personnes qui sont décédées des suites d’une morsure d’un cobra ne sont pas brûlés (le cobra est un des attributs de Shiva). Tous ceux là sont donc directement jetés au milieu du fleuve, lestés par des pierres.

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Nous sommes restés là de longues minutes à observer plusieurs corps rétrécir au milieu des flammes ; je ne peux m’empêcher de trouver tout cela assez glauque. Ah oui j’ai oublié de mentionner qu’une fois la crémation terminée, les cendres sont jetées dans le fleuve, et des hommes tamisent les restes histoire de récupérer les bijoux ou dents en or qui n’ont pas été réduits en poussière. A leur côté vaches et chèvres reniflent les restes pour voir s’il y a quelque chose d’intéressant. L’endroit me met mal à l’aise, mais plus j’y pense et plus je me dis que ce rapport à la mort si simple, naturel et élémentaire et peut être préférable à notre façon de faire en Occident…à méditer…. Quoi qu’il en soit les Hindous sont prêts à n’importe quoi pour pousser leur dernier soupire à Varanasi, en témoignent les hospices (où plutôt devrais-je dire ‘mouroirs’) qui bordent le burning ghat. Je n’ai pas eu le cœur d’aller y faire un tour, mais on dit qu’ils abritent de nombreux vieillards venus y attendre leur dernière heure.

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Nous poursuivons notre balade le long des ghats et nous rendons compte de la multitude d’activités qui s’y déroulent toute la journée. Pendant que certains sages méditent, des dizaines d’Hindous viennent procéder à leur quotidienne puja offrande/prière. A quelques mètres de là on trouve des personnes proposant des massages (et d’autres qui acceptent !), sans oublier les enfants et jeunes hommes qui enchaînent les parties de cricket, et les femmes qui font leur lessive (à ce sujet je me demande si c’était une bonne idée de déposer mon linge sale ce matin à la réception de l’hôtel…). Le tableau ne serait bien sûr pas complet sans les dizaines de vaches et buffles qui alternent les bains et séances de farniente sur les plateformes. La balade le long des ghats est agréable, bien que nous soyons trop souvent sollicités par des rabatteurs. Plus tard dans la soirée nous succombons au classique ‘tour de barque pour le coucher de soleil’, qui nous permet de retourner voir les crémations et d’assister à un spectacle/cérémonie d’offrandes et chants que je trouve soporifique au possible. Le lendemain matin nous succombons au non moins traditionnel ‘tour de barque pour le lever du soleil’, très belle expérience réservée aux lève-tôt !

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Après avoir changé d’hôtel en privilégiant le calme et la présence d’une piscine (le Bibi est une espèce qui a besoin d’eau pour survivre et la baignade dans le Gange ne me semblait pas être une option recevable), nous préparons la suite de notre périple vers le Népal et organisons une dernière ‘excursion’ vers Sarnath, l’une des 4 grandes villes du bouddhisme.

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Le Bouddha est né à Lumbini, au Népal, et étant parvenu à l’Eveil dans la ville de Bodhgaya, il s’en est allé vers Sarnath où il a donné son fameux discours sur la Voie du Milieu, à cinq disciples. La dernière ville ‘sainte’ est Kushinagar, dernière demeure du Buddha. Plusieurs monuments et temples ont été érigés à l’endroit où ce premier sermon fut donné. La ville de Sarnath est également intéressante à visiter car des temples bouddhistes de différents pays y ont été construits par des fidèles. Nous avons ainsi pu y observer et comparer l’architecture de temples bouddhistes tibétain, chinois, japonais, birman et thaïlandais.

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Et voilà, c’en est terminé de notre séjour en Inde du Nord ! Il nous reste une dernière étape sans intérêt aucun dans la ville ‘frontière’ de Gorakhpur. Le prochain article sera népalais…

Namaste…

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Le train fantôme

Dimanche 5 avril 2009

15/03/2009

Tout commence plutôt bien quand le bus (très inconfortable) quitte la gare routière de Khajuraho à l’heure (honnêtement je ne pensais pas que cela pouvait être possible). Le trajet est assez chaotique et sinueux mais nous arrivons tant bien que mal à Satna ‘la ville du ciment’ (charmant !). Nous sommes rassurés par le fait que d’autres touristes voyagent en notre compagnie ; au moins si cela tourne à la galère, on ne sera pas les seuls à galérer !

18h30 : très vite je constate que notre train prévu pour 20h00 ne figure pas sur le tableau de la gare ; plusieurs autres toursites ont l’air également assez perdus. Je vais tout de même chercher des renseignements auprès du chef de gare. Il m’explique que mon train est un train spécial qui a été rajouté au planning normal pour absorber l’afflux de voyageurs en période de fête ; voilà pourquoi il n’apparait pas sur le panneau lumineux. Après un coup de fil supplémentaire il m’annonce également que le train a déjà cumulé un retard de 2 heures. Nous prenons notre mal en patience…

19h30 : tous les autres touristes qui nous accompagnaient jusque là montent dans le train ‘normal’ pour Bénarès, c’est assez déprimant ! Les trains se succèdent sur les plateformes. Nous assistons à des scènes hallucinantes : des voyageurs lançant leurs bagages par les fenêtres du train et courant derrière le wagon pour y trouver une place alors même que les couloirs et le hall d’entrée sont déjà complètement bondés de monde. « Ils sont fous, ces Indiens ! ».

21h30 : je retourne voir le chef de gare, qui m’annonce sans surprise que le train a encore pris du retard ; selon lui il ne sera paslà avant minuit… Sur le quai, l’attente est longue, malgré les ‘divertissements’ qui ne manquent pas (enfants qui font leurs besoins, vaches courant sur les rails poursuivies par une locomotive, famille s’installant à même le sol pour y passer la nuit…).

23h30 : n’ayant toujours pas entendu l’annonce de l’arrivée de notre train je retourne une fois de plus chez le chef de gare qui semble s’habituer à me visites. L’air inquiet il me dit que son bureau ferme à minuit ; je lui mets la pression pour qu’il me dise où se trouve mon train. Il passe encore un coup de fil et m’assure que le train entrera en gare d’ici 45 minutes. Je retourne sur le quai n°2, ne sachant pas encore si je vais devoir y passer la nuit…le quai s’est progressivement vidé, mais de nombreuses personnes demeurent dans le hall principal ; certaines doivent y passer plusieurs jours à attendre un train avec des places libres.

00h45 : pas de train…

01h00 : toujours pas de train…

01h15 : gros soulagement le train 0582 entre enfin en gare ! deuxième ‘ouf’ : notre wagon couchettes est quasiment vide ; nous allons enfin pouvoir nous reposer !

Voilà pour cette première petite galère transport ; il y en aura certainement d’autres, comme pour ce couple que nous avons récemment rencontré et qui a mis près de 48 heures de bus pour rejoindre Katmandou depuis la frontière indienne du Darjeeling, un trajet qui ne prend normalement pas plus de 10 heures…

Khajuraho, où k… s…. et religion ne font plus qu’un

Dimanche 5 avril 2009

12-15/03/09

Après un trajet en bus des plus désagréables (véhicule bondé, impossible de caser nos jambes devant nous, musique atroce, pneu qui éclate…) nous voilà arrivés à Khajuraho, petite ville connue dans le monde entier pour sa vingtaine de temples ornés de sculptures érotiques.

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D’après la légende, khajuraho fut fondée par le fils du dieu de la lune après qu’il soit tombé éperdument amoureux d’une jolie vierge se baignant dans une rivière. Les 85 temples édifiés aux Xème et XIème siècles par la dynastie des Chandela ont perduré cinq cents ans avant de tomber sous les assauts des Moghols. Aujourd’hui il n’en reste plus que 22. Plus tard, les Chandela ont abandonné leurs temples sous les menaces des envahisseurs afghans. Les édifices sont tombés en ruine et le monde ignora tout de leur existence jusqu’à ce qu’un officier britannique les découvre en 1838. Il fut surpris par la beauté des lieux, mais fut choqué par les statues érotiques qu’il décrivit comme : ‘un peu plus osées qu’il n’est absolument nécessaire’.

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Nous avons passé de longues heures, comme la plupart des autres touristes à scruter les façcades des temples et nous avons pu ainsi observer plusieurs scènes fort licencieuses, (et éventuellement attraper un beau torticoli !) notamment des couples s’unissant dans des poses très acrobatiques ou encore un homme s’accouplant à une jument…je n’en dirai pas davantage, les photos parlent d’elles mêmes  ;)

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Le lendemain nous poursuivons les visites de temples en empruntant un moyen de locomotion écologique : le vélo. Perchés sur deux beaux specimens hollandais, nous voilà partis à l’aventure. Cette excursion fut surtout agréable pour son côté bucolique (traversée de petits villages perdus au milieu des champs). Et oui ! figurez-vous que les sculptures érotiques au début, c’est bien marrant, mais après un temps, on s’en lasse !

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Nous n’avons pas pu résister à l’envie d’acheter un jeu de cartes de Khajuraho ; chaque carte reprend une des statues de temples. J’avoue que nous avons pas mal de succès dès que nous sortons notre jeu pour une belote comptoir… ;)

Et pour terminer tentons de répondre à la question que vous vous êtes tous posée : pourquoi sculpter des scènes érotiques sur des temples ? et bien personne ne connait avec certitude la signification de ces statues. Certains chercheurs prétendent que les expressions paisibles et satisfaites des statues indiquent qu’à l’époque le sexe était un moyen courant de s’entraîner à la modération ; d’autres pensent qu’il s’agit en fait d’une sorte de kama sutra en pierre destiné aux jeunes brahmanes. Une autre théorie veut que les statues aient pour but de protéger les temples de la foudre en calmant le dieu de la pluie – Indra – vieillard lubrique et voyeur impénitent qui n’aurait pas apprécié que la source de son plaisir soit endommagée. Mais peut être que comme le suggère le Guide Lonely Planet, les sculpteurs de Khajuraho se sont simplement inspirés de la vie quotidienne de l’époque dont la sexualité faisait partie, sans aucun tabou.

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Loin des sentiers battus, Orchha et ses palais cachés

Vendredi 20 mars 2009

09-11/03/09

Relativement peu visitée, la petite cité d’Orchha n’est pas vraiment facile d’accès. Nous passons donc la journée du 09 mars dans les transports. Un long voyage d’une dizaine d’heures de train que j’appréhende particulièrement étant donné mes récents problèmes intestinaux ; et bien finalement sachez que tout s’est bien passé, le régime coca-riz blanc ayant été une fois de plus des plus efficaces ! Cette fois-ci nous voyageons en classe moyenne, tout de suite après ce que Bibi appelle les ‘bétaillères’. Le wagon n’est pas propre, le bruit et les odeurs sont loin d’être plaisants, et les vendeurs monopolisent les allées ce qui rend la ‘circulation’ difficile. L’agent qui nous a vendu les billets s’est par ailleurs trompé dans les horaires et nous arrivons à Jhansi à 21h15 au lieu des 19h30 initialement annoncés ; nous trouvons tout de même un tuk tuk pour nous amener à Orchha, à une trentaine de minutes de là.

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Orchha est un de nos coups de cœur de ce voyage ; la petite cité tranquille compte une dizaine de véritables merveilles, et l’atmosphère générale y est particulièrement paisible et conviviale.

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Un îlot fortifié abrite trois magnifiques palais, un jardin d’apparât moghol, des bains turcs et une écurie à chameaux (soit disant la seule du pays, mais les guides ne sont en fait pas si certains de l’usage qui était fait de ce batiment à l’époque…). De l’autre côté du canal se dressent trois temples dont deux sont aujourd’hui malheureusement laissés à l’abandon, alors que certaines de leurs salles sont ornées de superbes peintures très bien conservées ; sous nos yeux ébahis se déroulent des scènes de guerre et de chasse très vivantes. Le troisième temple était initlalement un palais, mais fut proclamé lieu saint lorsqu’une effigie de Rama provisoirement installée dans les lieux s’avéra impossible à déplacer. Rama y est vénéré comme un roi.

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Tout au long de la journée nous sommes surpris de voir les étales des commerçants se remplir de plateaux de poudres colorées. A la pause déjeuner, on nous explique le lendemain est un jour férié très important dans tout le nord de l’Inde ; il s’agit de la fête de Holi, ou fête des couleurs, qui marque la fin de l’hiver et l’arrivée du printemps (ils ne sont pas un peu en avance ?). A cette occasion, tout le monde se congratule et se couvre de peinture de la tête aux pieds. Nous sommes curieux de voir cela et décidons de rester un jour de plus à Orchha. Prudents, nous passons au marché pour acheter quelques vêtments de seconde main qui ne craindront pas les colorants (après tout on ne sait pas trop si les couleurs partent au lavage).

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‘Happy Holi !!’ Nous sommes réveillés par ces cris et dès notre sortie de l’hôtel des enfants nous courent après et nous jettent de l’eau colorée à partir de bouteilles en plastique qu’ils ont pour l’occasion transformées en pistolet à eau. Après quelques heures nous réalisons que cette fête est surtout célébrée par les enfants et les hommes. Les jeunes hommes semblent en profiter pour comsommer de l’alcool en grande quantité, ce qui n’est vraiment pas malin car la plupart d’entre eux circulent à moto à longueur de journée. Nous avons droit à plusieurs ‘marquage’ au cours de la journée et nos vêtements ressemblent progressivement à des arcs en ciel. Nous avons aussi droit à notre mauvais marquage : alors que Bibi qui avait particulièrement faim était en train de savourer un bon fried rice qu’il avait attendu suffisamment longtemps, un jeune homme apparemment éméché a déboulé à notre table et a versé une plein poignée de poudre rose dans nos assiettes…Bibi était furieux et le jeune indien a vite compris qu’il valait mieux pour lui ne pas rester dans les parages. On a également vu une petite mamie se faire quasiment roulée dessus par un chauffard qui parcourait le village-rue à toute allure. Le soir à la télé passait un reportage sur les célébrations de la journée, dans lequel on voyait un saint homme littéralement arroser la foule de fidèles à l’aide d’une pompe semblable à celle qu’utilisent les CRS pour disperser une foule. En voici une curieuse façon de faire la fête !!

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Amritsar, fief des Sikkhs (partie I)

Vendredi 20 mars 2009

05/03/09

Aujourd’hui nous poursuivons notre découverte culturelle de l’Inde avec une activité incontournable : un voyage en train. Habitués au joyeux bordel typique des transports en commun africains et malgaches, nous sommes en fait très agréablement surpris par la Indian Railways Company. Il me faut préciser que pour ce premier trajet qui n’est pas très long, nous avons opté pour un train express, qui est donc forcément plus rapide, plus cher et plus confortable que la moyenne. Le wagon est un peu vieillot, mais relativement propre. Les sièges sont larges, inclinables et on bénéficie d’un grand espace pour nos jambes. Mais notre étonnement ne s’arrête pas là : tout au long du voyage, des stewards nous servent à boire et à manger, comme en avion ! Bref, pour l’aventure, on repassera !

Deux visites nous attendent cet après midi : le Jallianwala Bagh, petit parc tristement célèbre pour le massacre en avril 1919 de plus de 400 personnes qui participaient à une manifestation pacifiste. Les troupes britanniques ont investi le lieu et ont ouvert le feu sur la foule sans avoir donné aucun avertissement. En 6 minutes ils ont fait 400 victimes et plus de 1500 blessés. Cette dure répression choqua proféondément Gandhi qui lança dans les mois qui suivirent un large programme de non coopération avec les autorités britanniques. Le site porte encore les marques de cette triste journée, avec des murs criblés d’impacts de balles et de grands puits dans lesquels plusieurs dizaines de manifestants se seraient déséspérément jetés.

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Amritsar est surtout célèbre pour son Temple d’Or, lieu saint absolu des Sikkhs. Ce site figure sans conteste parmi nos coups de cœur. L’entrée dans l’enceinte du temple est soumise à quelques conditions (il faut se déchausser, se laver les pieds, se couvrir la tête), mais ces efforts sont largement récompensés lorsqu’on atteint le but. Il s’agit en fait d’un ensemble de batiments, le principal étant bien évidemment le temple recouvert d’or qui flotte au milieu d’un bassin sacré, et qui est entouré de grands édifices d’un blanc immaculé. La réflexion du temple dans l’eau est magnifique. 4 moines se relaient tout au long de la journée pour chanter les textes sacrés ; leurs chants mélodieux, retransmis par des hauts parleurs, inondent les lieux. La plupart des fidèles font plusieurs fois le tour du bassin avant de s’avancer sur le pont des gourous pour atteindre le temple ; certains d’entre eux se baignent car l’eau est connue pour avoir des vertus curatives. Nous effectuons nous aussi plusieurs rotations, nous asseyons sur le bord du bassin, transportés par la magie du site, qui s’accentue au fur et à mesure que l’intensité lumineuse décroit. A notre grande surprise nous ne croisons quasiment aucun touriste, et nous constituons donc une belle attraction pour les indiens qui semblent à la fois curieux et amusés de nous voir parmi eux (en fait mon point de vue personnel est que c’est surtout Bibi qui les fait rigoler car avec son écharpe simplement posée sur la tête il ressemble davantage à une femme qu’à un homme – qui ici portent presque tous le turban).

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Je vous laisse avec la pensée du jour du grand sage Bibi, qui alors qu’il dégustait une soupe aigre douce (et oui chez les sikkhs pas question de tuer une bête) a lâché : « ces Indiens, ils font vraiment des merveilles avec les légumes !! ».

De retour à Delhi pour 48 heures

Samedi 14 mars 2009

03/03/09

Aujourd’hui c’est un véritable marathon touristique que nous entreprenons dans la capitale. On nous a consillé de réserver les billets de train plusieurs jours à l’avance et c’est donc par la gare centrale que nous commençons cette chaude journée. Alors que nous nous attendions à y passer un bon bout de temps, nous sommes surpris de constater qu’un bureau a été spécialement créé pour les touristes, malin !! (nous verrons que ce n’est pas toujours le cas et alors là bonjour la galère !!).

Etape n°1 : le Red Fort que nous trouvons plutôt décevant. Il faut dire que nous en avons vus de bien plus somptueux durant notre périple au Rajasthan. Celui-ci nous parait très mal conservé (malgré un droit d’entrée peu raisonnable) et de nombreux batiments sont fermés au public. Les jardins sont par contre plutôt agréables.

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Etape n°2 : nous filons au Tombeau de Humayun. Qui fut construit par l’épouse d’un empereur moghol. C’est le premier édifice construit en Inde selon l’inspiration architecturale perse. Il ne fait aucun doute que ce tombeau préfigure le TajMahal d’Agra. Cet imposant mausolée surmonté d’un dôme en forme de bulbe, et entouré de magnifiques jardins est un véritable ravissement. Le tout est très bien conservé et l’appui de la fondation Aga Khan y est certainement pour beaucoup, et notemment le fait qu’il soit classé au patrimoine mondial.

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Etape n°3 : le Temple du Lotus (temple Baha’i). Difficile de croire qu’on puisse trouver un tel endroit en plein centre de Delhi ! Ce temple en forme de lotus blanc fermé, entouré de bassins et jardins bien entretenus est un havre de paix, malgré les centaines de visiteurs qui affluent tout au long de la journée. Quel bonheur de s’évader un instant durant de la pollution et du bruit de Delhi ! Je connais déjà un peu la foi Baha’i, mais cette visite est une vraie découverte pour Bibi qui n’en avait jamais entendu parler et qui tombe immédiatement sous le charme.

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Baha’i, quezako ? la foi baha’i est une religion universelle indépendante, d’origine divine, ouverte à toutes et tous quelle que soit leur confession, scientifique dans sa méthode, et humanitaire dans ses principes. LA religion idéale il semblerait… On laissera le soin à chacun de se faire son opinion ; en ce qui nous concerne nous sommes séduits par l’approche et la modernité des concepts (la foi a vu le jour au milieu du XIXème siècle), mais nous restons sceptiques quant à la ‘gestion’ de l’organisation (les messages de Dieu ont été transmis par trois prophètes et sont maintenant gardés par leur descendance). En très peu de temps la foi Baha’i a su rassembler une large communauté et se faire une place sur la scène internationale ; elle est présente aux Nations Unies en tant qu’organisation non gouvernementale.

Certains principes qui nous plaisent bien dans la foi Baha’i : l’harmonie essentielle entre la science et la religion, l’égalité homme-femme, l’éducation obligatoire pour tous, l’abolition des extrêmes en termes de richesse et pauvreté, la recherche spirituelle de solutions aux problèmes économiques (bon celle-là c’est surtout pour Bibi et les grands utopistes…). On a aussi beaucoup aimé l’intérieur du temple qui est on ne peut plus minimaliste : des rangées de bancs, un pupitre et quelques arrangements floraux, c’est tout. Il n’y a que 7 temples baha’i au monde (Western Samoa ( ?!!), Australie, Ouganda, Panama, Allemagne, USA et Inde) et j’avais déjà eu l’occasion de ressentir cette sérénité au temple de Kampala (Ouganda) niché sur une petite colline et entouré de verdure.

Kumar nous a également fait visiter trois Emporiums d’Etat – véritables cavernes d’Ali Baba où on trouve tout l’atisanat indien de qualité, mais très très cher (et les prix sont fixes donc pas moyen de marchander). Cela faisait certainement partie de son ‘contrat’ que de nous emmener dans ces endroits, mais c’est une bonne chose car cela nous donne une idée de la qualité à rechercher et des prix de base des produits. On a bien rigolé avec Bibi car à chaque fois qu’on pénétrait dans un de ces établissements, les vendeurs avaient l’œil qui brillait à la vue de notre imposant appareil photo ; ils venaient immédiatement nous saluer et ne tardaient pas à nous demander dans quel hôtel nous étions logés (sûrement pour avoir une estimation de notre pouvoir d’achat). Bibi prenait alors un malin plaisir à répondre que nous avions élu domicile dans Main Bazaar, le quartier le plus populaire de Delhi, apprécié des backpackers que nous sommes. La plupart des vendeurs semblaient déçus voire carrément horrifiés à cette annonce !!!

Agra et sa merveille, le Taj Mahal

Samedi 14 mars 2009

Petite incursion en Uttar Pradesh                                             1-2/03/09

Nous avons en l’espace de deux petites semaines visité la plupart des ‘grands’ sites du Rajasthan, mais la magie va perdurer encore quelques heures avec notre dernière étape avant le retour à Dehli qui nous emmène à Agra, ville qui abrite le monument le plus célèbre de l’Inde, symbole absolu de l’amour, j’ai nommé : le Taj Mahal.

Mais avant de nous poser aux abords de cette merveille, nous nous arrêtons quelques heures dans la petite ville de Fathepur Sikri qui fut jadis la capitale de l’empire moghol et qui abrite à ce titre les restes d’un des plus beaux palais du sous continent. Le complexe comprend les édifices habituels qui nous sont désormais familiers (salle des audiences publiques, harem…). L’alliance du grès rouge et du marbre blanc est du plus bel effet, et la beauté des lieux est, comme dans la majorité des autres sites visités, accentuée par les fines sculptures qui ornent les colonnes et les murs.

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Parmi les constructions qui retiennent notre attention se trouve une vaste mosquée très visitée car elle renferme le tombeau de Shaikh Salim Chishti. La légende veut que l’empereur moghol Akbar se rendit à Sikri pour consulter le Shaikh Salim Chishti, un saint soufi, qui lui prédit la naissance d’un héritier. Lorsque la prophétie se réalisa, Akbar fit construire sa nouvelle capitale àSikri. Tout comme Akbar était venu implorer le saint il y a plusieurs siècles de nombreuses femmes sans enfant viennent se reccueillir sur son tombeau. Elles pénètrent dans le mausolée et déposent sur la tombe une étoffe rouge dont elle retire un fil qu’elles accrochent ensuite aux fenêtres de la pièce.

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Nous arrivons à Agra en fin d’après midi. Notre premier geste est de grimper sur la terrasse de notre hôtel choisi pour sa vue sur le Taj Mahal. Nous ne sommes pas déçus du résultat ! Il est là, tout près, encore plus majestueux que sur les photos et films que nous avons vus. Le coucher de soleil n’est malheureusement pas à la hauteur de la beauté du site car la pollution ambiante maintient un épais nuage gris au-dessus de nos têtes. Autour de nous, les touristes sortent leurs téléphones mobiles et appellent leurs parents pour leur décrire le fabuleux panorama qui s’offrent à leurs yeux. Tout le monde est sous le charme, mais plusieurs déceptions vont toutefois assombrir les souvenirs que nous garderons de cet endroit merveilleux. Au fur et à mesure que la nuit tombe Bibi s’étonne que le mausolée ne soit pas illuminé ; il attend en vain que de puissants spots lui rendent la vue magique que nous avions en arrivant. Les mauvaises surprises se poursuivent le lendemain matin alors que nous nous sommes levés très tôt pour admirer le lever du soleil sur le Taj Mahal. Le prix d’entrée nous parait très élevé (3 à 4 fois ce que nous avions l’habitude de payer au Rajasthan), mais le plus gros désagrément est le fait que les sacs à dos sont interdits à l’intérieur du site. Ce que je ne comprends pas c’est que cette mesure ne concerne que les sacs à dos ; je vois des femmes rentrer dans le site avec d’énormes sacs en bandoulière, mais moi je n’ai pas le droit de garder mon petit sac à dos ? Les gardes voient bien que je suis une touriste parmi les touristes ; ils se doutent bien que le contenu de mon petit sac à dos m’est très précieux, j’y ai mes papiers, mes billets d’avion, mon argent et mon ordinateur, choses dont je peux difficilement me séparer…pas moyen de les convaincre… je leur propose de le fouiller de fond en comble, leur fait remarquer que des femmes pénètrent dans l’enceinte avec des sacs bien plus gros, mais rien n’y fait, ils continuent de me montrer la pièce sur le côté où je dois laisser mes affaires. Je finis par abandonner ma cause et c’est avec un sentiment de colère que je passe le portique électrique et que je subis la fouille des officiers postés à l’entrée du site. Cet épisode malheureux m’a gâché toute ma visite car je me suis inquiétée pour mes affaires. Je comprends la crainte des Indiens par rapport au terrorisme, et la nécessité de respecter certaines mesures de sécurité, mais je trouve injuste et ridicule de discriminer les seuls propriétaires de sacs à dos. Voilà, c’est dit, parlons maintenant du site :

Force est de constater qu’il est à la hauteur de sa réputation. Le mausolée est grandiose ; les effets marbrés donnent au batiment des couleurs et une texture fabuleuses. Nous sommes subjugués par le détail des sculptures et des incrustations de pierres semi précieuses. Le bonus de la journée : nous ne nous sommes pas levés aux aurores pour rien : étant par mi les premiers visiteurs a pénétrer dans le site, nous avons la chance de prendre en photo le Taj Mahal ‘vierge de touristes’, une occasion rare de nos jours.

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Un peu d’histoire pour terminer, car si la plupart d’entre vous connaissent bien cet édifice, certains détails vous ont peut être échappés. Le Taj Mahal fut construit par l’empereur Shah Jahan à partir de 1631, pour accueillir la dépouilole de sa seconde épouse qui venait de décéder en donnant naissance à son 14ème enfant. L’homme était si triste qu’on dit que ses cheveux seraient devenus complètement gris en une nuit ! Le chantier a duré plus de 22 ans et a nécessité l’emploi de 20 000 ouvriers. Le Taj apparait aujourd’hui comme au premier jour car le batiment a bénéficié d’importants travaux de restauration mais reste très vulnérable à la pollution. Des mesures strictes ont été prises pour sa conservation : aucune usine ne peut s’implanter dans la région et seuls les véhicules non polluants sont autorisés dans un périmètre de 500 mètres.

La fin de l’histoire est triste : peu de temps après que le mausolée soit achevé, Shah Jahan fut renversé par son propre fils qui le fit emprisonné au fort d’Agra jusqu’à la fin de ses jours. Il repose tout de même aux côtés de sa bien aimée. Les raisons qui ont poussé son fils à agir ainsi restent inconnues mais certains aiment à dire que Shah Jahan avait l’intention de faire construire un autre mini Taj Mahal pour lui-même et que son fils trouvait ce projet trop coûteux.

Ça y est, cette fois-ci le séjour en voiture de location prend fin ; nous rentons à Dehli où nous pouuront poursuivre visites et shopping.

Jaïpur, la ville rose

Samedi 14 mars 2009

27-28/02/09

Notre séjour au Rajasthan touche à sa fin. Après Jaïsalmer – la ville dorée – et ses chameaux, Udaïpur – la ville blanche – et ses chevaux, nous voici en route pour Jaîpur – la ville rose – dont les éléphants font également la célébrité.

Ville en plein essor économique (quartiers résidentiels, imposants buildings, nombreux centres commerciaux…) on voit qu’il y a de l’argent .

Une fois nos affaires déposées à l’hôtel, nous nous dirigeons vers la vieille ville. Il s’agit principalement d’un enchevêtrement de rues commerçantes dont chacune a sa spécialité. Le tout crée un joyeux bazaar où on trouve pratiquement tout ce dont on peut avoir besoin.

Jaïpur a été baptisée la cité rose car en 1876 le maharadja Ram Singh fit peindre tous les batiments en rose, couleur de l’hospitalité, pour accueillir le Prince de Galles (futur Edouard VII) ; la tradition a toujours été maintenue.

Détail d'une porte du City Palace

Détail d'une porte du City Palace

Notre promenade nous mène jusqu’aux portes du City Palace que nous visitons. Nous y retrouvons les principaux édifices constitutifs des demeures de maharadja, à savoir les salles d’audience, le palais principal, les palais réservés aux épouses et aux invités. Le maharadja actuel et sa famillle habite un magnifique bâtiment jaune appelé Palais de la Lune ; nous avons la chance de croiser son hôte alors qu’il s’apprête à quitter sa demeure. La cour principale du palais abrite la salle d’audience privée dont les colonnes sont finement sculptées et où 2 énormes jarres en argent massif sont exposées. Chacune d’elles pèse environ 350Kg et elles ont été fabriquées afin de permettre au Maharadja Madho Singh d’emporter avec lui de l’eau sacrée du Gange lors de ses voyages en Angleterre en ; ainsi l’homme qui était très pieux était sûr de pouvoir effectuer ses rituels. Lors de notre visite cette cour étaient apparemment en train d’être apprêtée pour des festivités. Nous apprendrons plus tard qu’il s’agissait en fait des préparatifs pour le mariage de la fille d’un important homme d’affaires du milieu de la communication ; le palais avait été loué pour plusieurs jours et allait donc être fermé au public (nous avons été bien inspirés de le visiter ce jour !). Le mariage dont le coût était annoncé à plusieurs millions de dollars et qui avait nécessité la réservation de quasiement la totalité des chambres d’hôtels cinq étoiles de la ville allait durer toute la semaine et es journaux locaux ne parlaient que de cet événement.

les jarres d'argent du maharadja

les jarres d'argent du maharadja

La visite de la cité et de ses environs se poursuit le lendemain en compagnie de Kumar qui vient nous chercher tôt le matin pour nous emmener réaliser notre ‘aventure’ de la journée : un ‘safari’ à dos d’éléphant compris dans le prix de notre séjour. Au début ne sachant pas du tout à quoi m’attendre j’imagine une ballade tranquille dans la verdure, mais je me rends bien compte que nous restons dans un environnement ‘urbain’…plus la voiture s’engage vers les collines qui entourent la ville et plus je commence à comprendre ce dans quoi on nous a embarqués. J’ai en effet lu dans le guide Lonely Planet qu’une des principales attractions de la région est le fort d’Amber, petite bourgade qui se situe à une dizaine de Km de Jaïpur. Pour accéder à la porte d’entrée de cette forteresse il faut grimper un versant rocheux ; une autre solutiion consiste à parcourir cette distance à dos d’éléphant, mais les rédacteurs déconseillaient ce choix étant donné les éventuels mauvais traitements infligés aux animaux…Mon excitation fait une chute libre et Bertrand et moi décidons de voir de quoi il retourne, mais si nous estimons que ce nouvel ‘attrape touristes’ contribue à faire souffrir nos chers amis pachydermes, nous refuserons d’y participer. Tout au long de la route qui mène à Ajmer nous doublons des éléphants qui progressent paisiblement sur le bitume. Une fois arrivés au pied du fort nous sommes surpris par le nombre de montures qui attendent leurs passagers. Une longue file d’attente s’est déjà crée. Nous sommes littéralement harassés par des vendeurs ambulants qui brandissent sous notre nez une multitude de gadgets et souvenirs plus inutiles et laids les uns que les autres. Nous gravissons quelques marches et prenons place à bord de la nacelle installée sur le dos d’un éléphant qui a été richement ‘maquillé’ pour l’occasion. La montée jusqu’à l’entrée du fort dure un petit quart d’heure ; nous doublons une bonne trentaine d’autres éléphants et sommes impressionnés par le nombre d’individus de la même espèce qui nous suivent. Au total il doit bien y avoir une centaine de pachydermes qui se suivent de près et enchaînent les ascensions/descentes. La vision de ce ‘manège’ touristique est quelque peu écoeurante, et l’idée d’y prendre part ne me plaît pas trop mais notre monture à l’air en bonne santé ; nous avons vu que les éléphants ont de l’eau et de la nourriture qui les attendent au pied de la côte, et un des responsables du site nous assure que les bêtes n’effectuent que trois rotations le matin et trois en fin d’après midi, quand il ne fait pas encore trop chaud…

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Nous entamons ensuite la visite du palais dont les fortifications ocres sont splendides. On nous explique que le site sert souvent de décor pour les films de Bollywood, et nous en avons la preuve dès notre entrée dans la première cour où de nombreux panneaux en carton sont en train d’être détruits.

De retour à Jaïpur nous nous rendons à son édifice le plus symbolique, le Palais des Vents, un bâtiment spécifiquement conçu pour abriter les jeux et divertissements des épouses du maharadja et de leurs suivantes. Il s’agit d’une cour intérieure entourée de hautes façades percées de nombreuses ouvertures sculptées dans la pierre qui permettaient aux femmes d’observer l’agitation du bazaar sans être vues. Le bâtiment est absolument superbe, mais il est décevant de voir le peu de respect que les indiens lui réservent : les murs de l’escalier en colimaçon qui relie les divers étages du palais sont couverts d’inscriptions et gravures reprenant les initiales des couples d’amoureux.

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Après un repas express au Mac’Do (et oui une petite touche d’occident de temps en temps ça ne fait pas de mal…et ça change du riz !!!) nous continuons de déambuler dans les ruelles animées, et faisons quelques emplettes avant de rejoindre Kumar qui a promis de nous emmener faire une séance photo au bord du lac. L’endroit me fait penser à la Croisette, sauf qu’il vaut mieux rester éloigné du bord de l’eau car l’odeur n’y est pas vraiment agréable…

Nous terminons cette longue journée par la visite d’un beau temple érigé par un riche industriel indien, Birla, dont nous avions déjà pu admirer les œuvres à Delhi.

Voilà qui clôt un bien beau séjour au Rajasthan, mais notre voyage ne se termine pas là, puisque nous avons encore une dernière étape de taille avant de rentrer à Delhi : Agra et sa célèbre merveille, le Taj Mahal.

Pushkar…la ville où je ne me sens pas vraiment à ma place

Samedi 14 mars 2009

26/02/09

Difficile de quitter Udaïpur qui nous a vraiment beaucoup plu. On a toujours envie de découvrir de nouvelles choses, mais en même temps on ne sait pas ce qui nous attend et on ressent un peu d’appréhension à ne pas trouver mieux…

La route vers le nord est longue et le paysage change peu .

Un petit moment savoureux au moment de la pause déjeuner : nous nous arrêtons au bord de la route, dans un petit resto local et commençons à manger paisiblement lorsqu’un cortège de mariage envahit le lieu. Les occupants des 2 voitures et du bus déboulent à toute vitesse et s’installent, femmes d’un côté, hommes de l’autre, les enfants un peu partout, et nous en plein milieu. Tout le monde a l’air très heureux ; les femmes se mettent à chanter, tout cela est très gai.

Pushkar est une belle petite ville lovée autour d’un lac qui est malheureusement pour l’instant peu alimenté. De somptueux palais, hôtels et temples sont visibles derrière les ghats qui longent les rives. Je suis immédiatement surprise de la densité de touristes qui me semble particulièrement élevée étant donné la taille de la cité. Mais contrairement aux autres villes visitées, il ne s’agit pas de groupes de voyageurs retraités, mais plutôt de personnes – jeunes et moins jeunes – de style baba cool ; il y a même plusieurs familles ‘nombreuses’ dont les jeunes enfants ont les cheveux ‘tressés’ en ‘dread’. Au début nous trouvons cela très étrange, mais nous ne tardons pas à comprendre : il s’agit en fait en majorité de commerçants européens qui ont des boutiques bohèmes et qui viennent s’approvisionner en babioles hippies qu’ils revendront ensuite 3 à 4 fois le prix de base.

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Plus je progresse dans la ville (qui se résume à une longue rue marchande)et plus je me sens mal à l’aise face à cette ambiance que je qualifierais de très superficielle. Nous nous trouvons dans une ville qui est un haut lieu de pèlerinage pour les hindous car elle enferme un des rares temples au monde dédié au dieu Brahma, mais tous ces gens venus d’ailleurs n’en ont rien à faire ; ils sont juste là pour affaires, et on les croise tout au long de la journée avec des sacs en jute emplis de bibelots. Ils sont tous vêtus de sarouel et babouches, alors que les indiens ne portent pas ce genre de vêtement…certains osent même porter un turban sans bien comprendre l’importance et la signification de cet élément central dans l’habillement des indiens.

Bon, je ne vais pas m’étendre sur le sujet…revenons à nos moutons, nous sommes à Pushkar pour visiter le temple de Brahma. La légende veut que Brahma se soit rendu près du lac ; son épouse Savitri ne l’ayant pas accompagné, il en profita pour prendre une nouvelle femme. Savitri, très contrariée fit le vœu que Brahma ne soit vénéré nulle part ailleurs.

Je suis seule à visiter le temple car nous ne pouvons pénétrer avec nos sacs or il est hors de question de les laisser à l’entrée. L’enceinte est toute petite, avec un autel très coloré au milieu. Presque toutes les dalles qui l’entourent sont gravées en mémoire des défunts des familles riches de la région. Le sol est assez sâle et plusieurs petits vieux sont quasiment à l’agonie par terre, raisons pour lesquelles je ne m’attarde pas trop, d’autant que bibi m’attend dehors. Les pélerins affluent par centaines dans cet endroit étroit, preuve que l’importance et le degré de sainteté des temples n’ont rien à voir avec la grandeur et la splendeur des édifices religieux. Après 2 semaines de visites de temples et palais peut être que l’overdose nous guette… en tout cas, Kumar qui était persuadé que nous aimerions beaucoup Pushkar et qui nous avait conseillé d’y rester une nuit supplémentaire a encore une fois tout faux !!

Après un dîner quelconque sur une terrasse infestée de moustiques, nous rentrons à l’hôtel et nous endormons en rêvant avec enthousiasme à notre prochaine étape : Jaïpur, la cité rose, ville des éléphants.