Tango et rythmes gauchos à Buenos Aires « Rev’olution

Tango et rythmes gauchos à Buenos Aires

09-14/12/2009

Buenos aires, c’est :

Le temps qui semble s’être arrêté par endroits. Le quartier de San Telmo se trouve au cœur de la culture du tango argentin. De superbes couples de danseurs dévoilent leur art tout au long de la journée sur les places et terrasses populaires.

tango

Les façades et perrons des vieilles demeures sont encore parfois couverts de célèbres fileteados type de dessin artistique typique de la région mêlant plantes grimpantes stylisées et maximes souvent déclinées sur un ton comique. San Telmo fut un lieu très à la mode jusqu’en 1870 ; une série d’épidémies dans les décennies qui suivirent forcèrent les familles riches à quitter le quartier. Par la suite, les loyers modérés ont surtout attiré des artistes, mais de nos jours les prix ont largement augmenté, et les rues étroites abritent de plus en plus de boutiques chics et de studios réputés.

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Autre lieu, autre histoire, mais même nostalgie : le quartier de la Boca, premier port de la ville de Buenos Aires. Les premiers habitants étaient des immigrants italiens de la région de Gênes. Les maisons étaient principalement construites en bois et zinc, et les façades peintes avec les restes de peinture des bateaux.

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Cette tradition des plus colorées perdure encore aujourd’hui et donne à la Boca un ‘je ne sais quoi’ qui plait beaucoup aux artistes locaux ainsi qu’aux touristes de passage dans la capitale.

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A quelques kilomètres de là, un tout autre univers, issu lui aussi du passé. Il s’agit du barrio (quartier) Puerto Madero qui correspond aux anciens docks de la capitale. Ici on a conservé les objets et lieux emblématiques, non sans leur offrir une touche de modernité. Les grues métalliques sont aujourd’hui immobiles mais tellement belles dans leurs couleurs chatoyantes ; quant aux hangars, ils ont été transformés en logement et restaurants de haut standing. Un pari osé mais fort bien réussi !

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Buenos Aires, c’est également le mythe vivant du Gaucho, ce cavalier gardien de troupeaux dans la pampa sud américaine. Plus qu’une tradition, c’est un véritable art de vivre pour de nombreux argentins qui viennent partager leur passion chaque dimanche dans la capitale, lors de la feria de Mataderos, grand rassemblement gaucho. On peut y admirer leurs magnifiques costumes : pantalon noir large, chemise blanche ou noire et gilet noir pour les hommes, sans oublier les bérets noirs ; longue robe à franges et écharpe en coton pour les femmes. L’accessoire phare étant les chaussures qui se déclinent en trois modèles : des espadrilles, des bottes en cuir auxquelles sont attachés des éperons en argent, ou les fameuses botas de potro, confectionnées d’une seule pièce de cuir, sans couture, taillées généralement dans les extrémités postérieures d’ânes, chevaux, pumas ou jaguars.

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La feria est l’occasion de les voir danser et dresser des chevaux, mais aussi de découvrir l’excellence de leur artisanat, avec notamment un impressionnant travail du bois et du cuir.

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Buenos Aires, c’est également la dévotion faite à ‘Evita’ (Eva Peron). Maria Eva Duarte est issue d’un milieu social rural défavorisé. Très jeune, elle part chercher du travail à Buenos Aires et est employée en tant qu’actrice pour des séries B et dans des feuilletons pour la radio. Elle rencontre le colonel Juan Peron lors d’une vente de charité et l’épouse en 1945. Ses racines humbles l’ont tout naturellement destinée à assurer la liaison entre son mari et les travailleurs, ceux qu’on appelle les « sans-chemises », base sociale importante du régime. Elle a fortement contribué à la campagne de son mari pour l’élection présidentielle de 1946. Utilisant son émission de radio hebdomadaire, elle se lance dans de grands discours appelant les pauvres à se relever. Elle met en avant ses racines modestes afin de montrer sa solidarité avec les classes les plus défavorisées. Après l’élection de son mari, Evita Perón prit immédiatement un rôle considérable dans son entourage. Elle crée la Fondation Eva Perón dont le rôle est d’assister les pauvres. Elle devient rapidement très populaire et a laissé au pays des contributions non négligeables : nombre d’hôpitaux ou d’orphelinats créés par la Fondation ont survécu à sa mort prématurée (elle meurt d’un cancer de l’utérus à 33 ans). En 1949, Mme Duarte, désormais populairement surnommée “Evita”, est une des figures les plus influentes d’Argentine. Elle devient l’objet d’un culte de la personnalité, son nom et son image apparaissant partout. Elle ne cache pas ses goûts de luxe (bijoux, fourrures et robes de la maison Dior entre autres), et cela ne l’empêche pas d’être acclamée comme la ‘championne des pauvres’.

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L’icône dont je souhaite vous parler maintenant est une petite fille, personnage principal de l’historieta du même nom, créée en 1964 par Quino. Tout comme son auteur, elle est argentine, issue de la classe moyenne, et devient très vite populaire dans tout l’Amérique latine et même jusqu’en Europe ! Vous avez trouvé de qui il s’agit ? Et oui, c’est bien de Mafalda dont il est question !

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Anticapitaliste, féministe, idéaliste et militante de toutes les bonnes causes, Mafalda a du caractère et réagit à tout ce qui se passe autour d’elle et ce qu’elle lit dans les journaux. La fillette est entourée de plusieurs personnages très caricaturaux, et de points de vue très opposés sur le monde. Parmi eux, certains sont incontournables, comme Manolito, le garçon le plus capitaliste de toute l’Argentine, ou encore Susanita, la gamine se voulant indépendante, mais totalement soumise à son futur mari. Humour engagé, à savourer sans modération…

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Enfin, Buenos Aires (et par extension tout l’Argentine), c’est la convivialité à toute heure de la journée. L’exemple le plus parlant est le Mate, infusion à partager entre amis. N’est pas argentin celui qui ne possède pas plusieurs services à mate, composé d’une petite gourde ronde (en calebasse ou bien métallique) dans laquelle se tient la bombilla, une sorte de paille métallique. Quand les Conquistadors sont arrivés en Amérique du Sud, ils ont remarqué que les indiens buvaient régulièrement une infusion qu’ils appelaient caigua (herbe et eau). La cérémonie du mate a traversé les âges pour devenir un héritage du peuple argentin. En voici certaines règles : l’eau doit être frémissante, mais pas bouillante ; seul un convive est censé faire le mélange herbe et eau ; chaque personne dispose d’un certain temps pour boire le mate ; dire ‘merci’ en passant la gourde au suivant signifie que vous ne souhaitez plus boire davantage ; il ne faut jamais passer la gourde si celle-ci est à moitié vide, il faut toujours la re-remplir ; ne jamais jouer avec la bombilla, ou la sortir de la gourde ; etc, etc, etc…mais après tout il s’agit de partager un bon moment ensemble, entre amis, et les amis sauront vous pardonner si vous en oubliez l’une ou l’autre… Enfin, sachez qu’outre ses vertus amicales, le mate est reconnu comme étant un excellent diurétique et antioxydant. Convivialité, et santé : que demander de plus ?!

Voilà, en quelques mots (mais il y en a tellement d’autres) ce que nous retiendrons de cette ville envoûtante, espérant pouvoir y revenir un jour, afin de poursuivre la quête de ses trésors.

We Buenos Aires !

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