Trek de Jomsom, suite et fin « Rev’olution

Trek de Jomsom, suite et fin

Jour 7 Tatopani (1190m) – Sikha (1940m) 7kms

31/03/09

L’étape d’aujourd’hui n’est pas très longue mais ce n’est que de la montée, et ça commence dur avec une ascension de plus de 360m en à peu près 2km ! On grimpe péniblement une marche après l’autre en essayant de ne pas regarder en haut car ne pas voir le bout de cet ‘escalier’ est plutôt décourageant. Des caravanes de mulets lourdement chargés descendent avec agilité vers la vallée ; le tintement de leur cloche nous prévient de leur arrivée et nous permet de leur laisser le chemin libre (je ne suis pas mécontente d’en rencontrer plusieurs car cela augmente le nombre de pauses que nous faisons). Le soleil n’est pas encore très haut dans le ciel mais ces deux premières heures de montée abrupte nous font bien suer ! Nos efforts sont récompensés : une fois arrivés en haut une magnifique vue nous attend. Nous découvrons une large vallée entourée de collines. De nombreux villages et hameaux sont visibles sur les pentes tandis que le reste du paysage dévoile de vertes cultures en terrasse. A partir de là la pente est bien plus douce et nous suivons un chemin pavé qui traverse la plupart des zones d’habitation du versant sur lequel nous nous trouvons. Nous avons pénétré en zone maoïste comme nous l’indique un panneau et nous remarquons progressivement les éléments typiques de la zone de plateaux népalais : des maisons aux murs de terre peints en rouge, des toits en pente, des buffles en train de travailler dans les champs, et des épis de maïs qui sèchent aux balcons. La plupart des habitants de la région passent les heures chaudes de la journée dehors, au soleil, et nous ne comptons plus le nombre de salutations -‘namaste’-auxquelles nous avons droit et répondons poliment.

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Arrivés à Sikha nous posons nos affaires au premier hôtel dont nous sommes d’ailleurs les seuls clients, ce qui fait que la famille gérante est aux petits soins pour nous (plutôt agréable !). Notre chambre bien que des plus rudimentaires (4 murs et un lit) nous offre grâce à ses deux fenêtres une vue imprenable sur le Dhaulagiri et le Mont Tukuche, que demander de plus ?!

Jour 8 Sikha (1940m) – Ghorepani (2750m) 7kms

01/04/09

Rebelotte ! Encore un peu plus de 800m de dénivelé à se mettre dans les jambes (et ce n’est pas un poisson d’avril !). Le guidebook que nous utilisons pour nous repérer indique que cette étape est moins éprouvante que celle d’hier mais plus nous progressons et moins je suis d’accord avec ce qui est écrit.


En quittant Sikha nous rencontrons un fort sympathique groupe de 3 Québécois accompagné de leur guide et porteurs avec lesquels nous passerons l’essentiel de la matinée. Nous discutons de plein de choses et nous rendons compte que nous avons des connaissances en commun (une de nos anciennes collègues à Kinshasa) comme quoi le monde est vraiment petit. Un grand bonjour à eux s’ils nous lisent ! Ils nous ont filé quelques tuyaux sur le Vietnam, pays qu’ils connaissent déjà un peu et j’en profite pour citer une initiative dont ils sont à l’origine et qui mérite toute notre attention ; il s’agit d’une association qui récolte les lunettes pour les envoyer ensuite au Vietnam. Voici leur site : www.visionvietnam.ca

Nous ne faisons que monter, et même si l’environnement est un régal pour les yeux – forêts de rhododendrons et magnolia parsemées de clairières d’où l’on aperçoit les sommets enneigés - , j’en ai littéralement plein le dos et désespère de n’avoir que des marches de pierre à perte de vue devant moi. Bibi fait ce qu’il peut pour m’encourager mais je passe la dernière heure et demi du trajet à maudire cette randonnée, en avançant à la vitesse d’une tortue. En fait Bibi n’est pas de très bon poil aujourd’hui car suite à une panne (un poteau s’est effondré), il n’y a plus d’électricité dans la vallée depuis 2 jours. Il n’a pas pu recharger la batterie de l’appareil photo qui est désormais complètement vide, et un Bibi qui ne peut pas prendre de photo à sa guise est un Bibi bien malheureux et frustré. Espérons qu’à Ghorepani le courant sera au rendez-vous….

caravane

A Ghorepani, nous cherchons en vain un endroit où on pourrait brancher la batterie de l’appareil photo. La situation est vraiment critique car c’est demain matin aux aurores qu’on est censé grimper encore de plusieurs centaines de mètres pour admirer le lever de soleil sur une dizaine de sommets qui s’élèvent de 6000 à 8200m. Bibi se faisait une joie d’aller y traquer LE cliché de la randonnée…

On se couche dans le noir, le moral un peu dans les baskets, mais Bibi remarque par la fenêtre que l’hôtel d’en face est illuminé ; furieux il se rhabille et descend voir le gérant pour lui faire comprendre son mécontentement. Il lui avait demandé plus tôt dans la journée s’il y a avait un générateur dans la ville et on lui avait répondu que non mais qu’il ne fallait pas s’inquiéter car le courant allait revenir dans la soirée. Bibi revient se coucher en traitant l’hôtelier de tous les noms. Vers 22 heures la femme du gérant vient taper à notre porte en criant « electricity is back ! ». Alleluïa ! tout n’est pas perdu. La nuit est assez mauvaise car les cloisons des chambres sont épaisses comme du papier à cigarette et le système de fermeture des portes est des plus bruyants (il s’agit de loquets très grinçants) ce qui fait qu’on entend tous ceux qui se lèvent pour aller aux toilettes, qui toussent, qui ronflent, etc…

A 5h00 tout le monde s’agite et se prépare pour monter au point de vue. En tirant les rideaux on se rend compte que les nuages ont envahi la vallée : on ne voit pas à 15 mètres. Bibi me conseille de rester au lit car la vue risque de ne pas être meilleure là-haut. Je le vois quitter l’hôtel entouré de dizaines de randonneurs emmitouflés dans leurs parka et affublés de leur lampe frontale. Je suis la situation météo à travers mes fenêtres : les nuages ne semblent pas se dissiper malgré le jour qui se lève. Une heure plus tard je vois Bibi qui redescend en compagnie des Québécois rencontrés la veille. Ils me font signe qu’ils n’ont rien vu du tout. Je ne regrette vraiment pas d’être restée bien au chaud sous la couette, d’autant qu’aujourd’hui une nouvelle longue étape nous attend.

Jour 9 Ghorepani (2750m) – Tadapani (2700m) 9kms

02/04/09

Une des plus belles étapes du trek. Ça démarre par une belle montée qui nous mène sur une crête brumeuse avant de plonger dans une incroyable forêt humide tropicale (alors que nous sommes encore à bien plus de 2500m d’altitude !). Nous descendons doucement l’escalier de pierre, le nez en l’air pour ne rien manquer des cascades, rochers recouverts de mousse, arbres à lianes et colonies de singes qui nous entourent. Un tel spectacle nous fait vite oublier nos maux de genoux.

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Plus bas, alors que nous sommes sortis de cette fabuleuse forêt la descente continue toujours aussi vertigineuse. Nous croisons plusieurs groupes de randonneurs plus ou moins en forme, la plupart ont le visage rouge écarlate et le souffle court, et nous n’osons pas leur raconter ce qui les attend pour rejoindre Ghorepani. Nous sommes bien contents de faire le trajet dans le sens de la descente !! Notre bonheur sera pourtant de courte durée car alors que nous entamons une énième pente dont nous ne voyons pas le fond, nous remarquons quelques randonneurs progresser à notre hauteur sur le versant d’en face… Bibi essaie de se convaincre qu’il s’agit de ceux qui vont vers Chomrong, une ville au nord est de Tadapani, mais après quelques minutes il nous faut bien nous rendre à l’évidence : nous allons devoir remonter tout ce que nous sommes en train de descendre, un détail que le guidebook s’est bien gardé de mentionner…

Arrivés à Tadapani, nous suivons machinalement le groupe qui nous précède et nous installons dans un hôtel plus que minable. La chambre est minuscule, aveugle, très mal isolée, et le lit est tout étroit, le tout pour 2 fois plus cher qu’ailleurs, bref THE arnaque of the trek (il fallait bien qu’on se fasse avoir une fois). J’espère au moins pouvoir profiter d’une douche chaude tel que le panneau l’indique. Je me rends dans l’une des 2 douches communes qui se situent sur le côté du bâtiment. Avant toute chose : vérifier qu’il y a bien de l’eau chaude. Satisfaite de la température que j’obtiens, je me déshabille. Au moment où je rouvre le robinet, j’entends le type qui est dans la douche d’à côté hurler avec un accent qui ne peut être que français : « the water is too hot ! it’s like a sauna, please do something ! » J’ai à peine le temps de comprendre ce qui est en train de se passer que je l’entends lancer un ‘thank you’ et que je me retrouve à court d’eau chaude. Quel imbécile !!! Il y a deux boutons, un pour l’eau chaude et un pour l’eau froide ; si c’est trop chaud, il suffit de rajouter de l’eau froide ! Et puis de toute façon ce n’est jamais trop chaud vu la température extérieure… Je suis restée 10 mn, à poil à attendre en vain le retour de l’eau chaude. Ils avaient tout bonnement coupé l’arrivée d’eau chaude. Dépitée (et franchement en colère contre ce compatriote) je me suis rhabillée et suis allée raconter ma mésaventure à Bibi qui n’a même pas tenté la douche ce soir là.

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Jour 10 Tadapani (2700m) – Naya Pul (1070m) 18kms puis retour sur Pokhara

03/04/09

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Une très longue étape de descente pour terminer ce trek. Nous étions a priori censés la faire en deux jours, avec une escale dans le très beau village de Gandruk, mais bien que cette randonnée nous ait pleinement satisfaits, la perspective de retrouver les bons restos et notre petit hôtel de Pokhara a été la plus forte et nous a fait presser le pas. Nous dévalons les escaliers, traversons les champs en terrasse, doublons les caravanes de chevaux et mules jusqu’à atteindre le fin fond de la vallée où nous pouvons prendre un bus qui nous ramène à Pokhara.

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Nous voilà de retour, un peu poussiéreux, mais vraiment heureux et des images plein les yeux ! Bibi a déjà décidé qu’il reviendra faire le circuit complet du Tour des Annapurnas combiné au Camp de Base (durée d’environ un mois) : avis aux amateurs !!

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2 commentaires sur “Trek de Jomsom, suite et fin”

  1. maman dit :

    On a du mal à croire que ces derniers paysages viennent d’Asie , on se croirait en effet en Afrique. Sauf la dernière photo où là on se croirait au Bout du Monde à Sixt!!

  2. Yolande dit :

    En lisant la narration de ce trek impressionnant, j’ ai compris que ma remarque de l’ autre jour sur le temps toujours beau était pour le moins déplacée et en tout cas ne collait guère à la réalité ; mais que de découvertes , que d’ impressions extraordinaires ! Ce qui m’ a à vrai dire le plus épatée, ce sont les traverséees sur les ponts suspendus , je crois que je n’ y serais jamais arrivée : chapeau !